mercredi 27 août 2014

Le lycée Molière vole au secours des élèves sans école



La ministre de l'Enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet, a récemment annoncé que plus de deux cents enfants n'avaient toujours pas trouvé d'école pour entamer leurs études secondaires. Parmi ceux-ci, 125 étaient originaires de Bruxelles. Pour empêcher un quelconque retard scolaire qui pourrait avoir des conséquences tout au long de l'année, le Lycée Molière propose une solution:"accueillir temporairement à titre d’élèves boursiers les élèves qui n’auraient pas trouvé de place dans une autre école de la capitale en date du premier septembre", est-il indiqué dans un communiqué.

Une initiative intéressante, quand on sait que le minerval s'élève à quelques 7500 euros par an."Nous restons cependant 30% moins chers que n’importe quelle autre école privée à Bruxelles", précise-t-on du côté du Lycée, tout en rappelant que cette situation est due au fait que l'établissement ne bénéficie d'aucun subside de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Nous tentons, dans la mesure de nos moyens, d’offrir des bourses aux élèves qui ne peuvent pas se permettre de payer le minerval", explique Félix de Mérode, le président de l'ASBL Lycée Molière.

"Nous pouvons accueillir une dizaine d'enfants en première (ceux concernés par la pénurie), de manière temporaire, le temps que la FWB leur trouve une école", précise également M. de Mérode à LaLibre.be"Nous allons rechercher de notre côté des modes de financement (Lion's Club et autres organismes philanthropiques) pour, à tout le moins, payer les frais que nous occasionneront ces élèves. Ceux dont les familles voudront qu'ils restent au Lycée après que la FWB leur aura trouvé une place dans une école publique, devront commencer à payer le minerval".

Outre les élèves qui entament leurs secondaires, le Lycée également accueillir des élèves dans les cinq autres années, "en fonction des demandes, puisque depuis [notre] déménagement en septembre dernier, [nous] disposons de bâtiments plus spacieux au bord du bois de la Cambre""Ces nouveaux bâtiments sont donc la raison principale pour laquelle notre proposition intervient cette année, outre le fait, bien sûr, que nous nous sentons concernés par la situation des élèves qui n'ont pas encore eu de place attribuée et sommes probablement l'unique école à Bruxelles qui bénéficie de la souplesse nécessaire pour les accueillir puisque, je le rappelle, nous sommes les seuls à organiser les humanités générales en dehors du réseau subventionné", conclut notre interlocuteur.




COMMENTAIRE DE  DIVERCITY

UN FORMIDABLE COUP DE PUB



Le Lycée Molière, cette institution privée où les cancres de bonne famille trouvent contre monnaie sonnante et trébuchante une ultime chance de réussite s’offre une page de pub formidable qui va booster son image et lui rapporter beaucoup de nouveaux clients.

Il y a de fortes chances que Joëlle Milquet, désormais en charge du ministère de l’Education accepte cette proposition qui va dans le sens d’une reconnaissance de l’enseignement privé par la Communauté française et pourrait déboucher sur une prochaine subsidiation et un nouveau pas vers la privatisation de l’enseignement. Un singulier effet pervers du décret inscription soucieux de promouvoir la mixité sociale. Reste à savoir qui va payer les jolis blazers bleus frappés au blason du Lycée Molière.

MG

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