mardi 5 août 2014

LE PRÉSIDENT ALLEMAND DÉNONCE LE NATIONALISME À L'ORIGINE DU CONFLIT


La Libre Belgique

Le président allemand Joachim Gauck a dénoncé lundi à Liège le nationalisme qui régnait dans son pays en 1914 et qui a été, selon lui, responsable du déclenchement de la Première Guerre mondiale, tout en remerçiant la Belgique pour la réconciliation intervenue au lendemain du second conflit mondial. "Nous commémorons aujourd'hui la terrible 'Grande Guerre', qui allait être la première des deux guerres mondiales. Cette guerre commença en Europe occidentale par l'invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes, une invasion que rien ne pouvait justifier", a-t-il déclaré devant un parterre de représentants rassemblés au Mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des Alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

"Cette invasion ne faisait que suivre la logique militaire. Ainsi, dès le premier jour du conflit, il devint manifeste que les traités étaient sans valeur aucune et les normes de civilisation abolies", a ajouté M. Gauck, un ex-pasteur et militant des droits de l'homme à la fin de la RDA.

"Le nationalisme avait presque aveuglé tous les coeurs et les esprits. Ni les normes culturelles et de civilisation, ni les croyances religieuses, ni la raison n'avaient été assez fortes pour donner une autre orientation à la conscience. Au contraire. On croyait même être dans son droit, tant du côté de la morale que de la religion. Dans cette lutte d'une culture contre une autre, les sentiments de supériorité et un égoïsme nationaliste extrême triomphaient de l'empathie", a poursuivi le président allemand.

Il a en particulier évoqué l'"horreur" suscitée par les troupes allemandes, et en particulier par leur attitude à l'égard des civils, et les attaques contre le patrimoine culturel. "La destruction de la célèbre bibliothèque de Louvain devint un symbole qui déclencha la peur, la consternation et l'ire générales", a-t-il dit.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE NATIONALISME AVEUGLE LES CŒURS ET LES ESPRITS.



"Le nationalisme avait presque aveuglé tous les coeurs et les esprits. Ni les normes culturelles et de civilisation, ni les croyances religieuses, ni la raison n'avaient été assez fortes pour donner une autre orientation à la conscience. Au contraire. On croyait même être dans son droit, tant du côté de la morale que de la religion. Dans cette lutte d'une culture contre une autre, les sentiments de supériorité et un égoïsme nationaliste extrême triomphaient de l'empathie", a poursuivi le président allemand.

Il a en particulier évoqué l'"horreur" suscitée par les troupes allemandes, et en particulier par leur attitude à l'égard des civils, et les attaques contre le patrimoine culturel. "La destruction de la célèbre bibliothèque de Louvain devint un symbole qui déclencha la peur, la consternation et l'ire générales".

Pour ce qui ne l’auraient pas encore compris, c’est cela l’Europe : un président de la république allemand qui s’excuse de tout le mal provoqué par le nationalisme dans son pays. Non ce n’est pas, ce n’est plus l’esprit revanchard qui tous les 20 ou 30 ans exigeait une nouvelle guerre. Jean-Jaurès avait rêvé avec Rosa Luxembourg d’une amitié franco-allemande capable d’enrayer le processus belliqueux. Il faudra attendre l’initiative Charles De Gaulle et Conrad Adenauer pour réaliser ce projet environ 10 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. L’Europe, c’est la coopération, le respect de l’autre, le dialogue interculturel entre des nations parlant d’autres langues qui se sont affrontées pendant des siècles et des siècles. L’esprit Europe, c’est le contraire d’un esprit belliqueux, c’est une idée au service de la paix. C’est une idée qui mérite qu’on se batte pour elle. Si le nationalisme, c’est la guerre, en revanche le dialogue interculturel est le seul chemin qui conduise directement à la paix.

MG

 

 

 

Aucun commentaire: