dimanche 17 août 2014

Syrie: l'EI a tué plus de 700 membres d'une tribu, les djihadistes avancent à Alep


AFP La Libre



Les djihadistes de l'Etat islamique (EI), engagés dans la guerre en Syrie, ont tué ces deux dernières semaines plus de 700 membres d'une tribu dans l'est du pays et avançaient samedi dans la province d'Alep face aux rebelles, selon une ONG.

L'opposition en exil a, de con côté, appelé les Occidentaux, en tête desquels les Etats-Unis, à agir "rapidement" contre l'EI et le régime syrien, à l'instar de leur intervention en Irak, un appel indirect à des frappes aériennes contre ses deux ennemis.

Les combattants ultra-radicaux de l'EI combattent en Syrie, où ils contrôlent plusieurs régions, aussi bien le régime de Bachar al-Assad que les rebelles et les groupes islamistes comme le Front al-Nosra, la branche irakienne d'Al-Qaïda.

Ils ont parallèlement lancé en juin une offensive d'envergure chez le voisin irakien, où ils se sont emparés de larges pans du territoire, proclamant un califat islamique sur les régions qu'ils contrôlent à cheval entre la Syrie et l'Irak.

Ces deux dernières semaines en Syrie, ils ont tué plus de 700 membres de la tribu sunnite des Chaïtat, qui a tenté de se rebeller contre leur autorité dans la province riche en pétrole de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par l'EI, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Parmi les morts, "100 sont des membres armés de la tribu et le reste des hommes civils", a indiqué l'ONG, précisant qu'ils avaient été "tués dans les villages deGhranij, Abou Hamam et Kashkiyé".

Selon le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "le sort de près de 1.800 membres de cette tribu est inconnu".

 

La tribu des Chaïtat se bat depuis fin juillet contre l'EI dans ces trois villages après la rupture d'un accord entre les deux camps, en vertu duquel la tribu ne s'opposerait pas à l'EI qui de son coté s'abstiendrait de s'en prendre à ses membres.

L'EI a pris de nouveau le contrôle des trois village la semaine dernière.

Dans le nord du pays, l'EI progressait vers les bastions rebelles de Marea etAzaz, après s'être emparé d'une dizaine de localités dans la province d'Alep frontalière de la Turquie, selon l'OSDH et un militant.

Une prise d'Azaz et de Marea, autour desquelles les combats font rage, pourrait porter un coup fatal à la rébellion qui tente depuis trois ans de renverser le pouvoir à Damas et combat dans le même temps l'EI.

Si l'EI s'empare de Marea et d'Azaz il coupera la principale route d'approvisionnement des rebelles.

"Pour les rebelles, il s'agit d'une des plus importantes batailles contre l'EI (...)", a déclaré à l'AFP le militant Abou Omar. "Les rebelles ont envoyé beaucoup de renforts et d'armes" sur place.

L'opposition syrienne a mis en garde contre la progression de l'EI vers Marea, estimant "que le danger que représente ce groupe en Irak et en Syrie est indivisible".

Le chef de la Coalition nationale syrienne (CNS), l'opposition en exil, Hadi al-Bahra, a d'ailleurs appelé indirectement à des frappes aériennes contre l'EI et le régime Assad.

"Au nom de l'Humanité, j'appelle l'ONU, et tous les pays qui croient en la liberté, avec à leur tête les Etats-Unis, à agir face à la situation en Syrie de la même manière qu'ils le font dans le Kurdistan irakien (car) les causes sont les mêmes, l'ennemi est le même", a dit M. Bahra en Turquie.

Parallèlement à la progression des jihadistes, les rebelles syriens font face également à l'avancée des forces du régime en périphérie de la ville d'Alep, selon l'OSDH.

Et à Damas, une personne a été tuée samedi et 29 blessées dans la chute d'obus tirés par les rebelles sur plusieurs quartiers du centre de la ville, selon l'OSDH.

Les Occidentaux qui soutiennent la rébellion lancée en 2011 contre le régime Assad ont refusé de l'armer ou l'aider militairement, affirmant craindre que les armes tombent dans les mains des extrémistes.

Le conflit en Syrie a éclaté avec la répression en mars 2011 de manifestations pacifiques réclamant des réformes politiques, qui a poussé des soldats ayant fait défection et des civils à prendre les armes contre le régime. Il est ensuite devenu multiforme avec l'implication de groupes infiltrés de l'étranger, comme le Front al-Nosra et l'EI.

En près de trois ans et demi, plus de 170.000 personnes y ont péri.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE SILENCE ASSOURDISSANT DES MUSULMANS



Silence on tue ! Les mercenaires islamistes se comportent comme la lie de l’humanité mais personne n’élève la voix pour hurler « stop » du côté des Mahométans, c’est sidérant.

J’aimerais que quelqu’un m’explique ce qui justifie ce silence que rien ne saurait fonder.

Je ressens pour toutes ces victimes la même tristesse que celle éprouvée pour les enfants, les femmes et les civils de Gaza.

J’ai mal à l’humanité. « Sans doute n’a-t-on pas encore pris la mesure en Occident du danger que représente l’hydre de l’Etat islamiste pour la stabilité régionale et la sécurité mondiale. De la capacité de l’Occident et de ses alliés à réduire son influence dépendront les possibilités de survie des minorités, chrétiennes et autres. A défaut, le berceau des trois principales religions monothéistes, le Moyen-Orient, sans les chrétiens, ne serait plus le Moyen-Orient. » 

L’hydre islamiste est à mille têtes, plus on en coupe, plus elles repoussent.  Tuer l'Hydre de Lerne constitua le deuxième des douze travaux d’Hercule.  Cette créature était décrite comme un monstre possédant plusieurs têtes, dont une immortelle. Celles-ci se régénéraient doublement lorsqu'elles étaient tranchées, et l'haleine soufflée par les multiples gueules exhalait un dangereux poison.


Qu’attend l’Europe pour se substituer à Hercule et éliminer la bête immonde comme l’appelait Brecht ? « Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. » 

MG

 

LES CHRÉTIENS PAIENT UN ÉNORME TRIBUT À LA PROPAGATION DE L'ISLAMISME RADICAL

Le vif

Barack Obama avait quatre « bonnes » raisons d’ordonner des frappes aériennes sur les bataillons de l’Etat islamique qui, en Irak, ont repris leur offensive vers les territoires contrôlés par les Kurdes.



Petite fille yézidi dans un camp de réfugiés © Reuters

Raison humanitaire pour éviter les massacres génocidaires contre les chrétiens et contre les yezidis, ces adeptes d’une religion monothéiste du XIe siècle qui puise ses racines en Iran. Politique pour signifier aux dirigeants à Bagdad que l’union nationale s’impose face au plus vaste défi auquel l’Irak est confronté depuis la chute de Saddam Hussein. Economique pour préserver les intérêts américains au Kurdistan. Stratégique pour que ne s’établisse pas sur l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak une sorte d’Etat voyou sur le modèle de l’Afghanistan des talibans et d’Al-Qaeda. Le souvenir des répercussions de pareille alliance est encore suffisamment vif pour s’en prémunir : le 11-Septembre, une succession d’attentats et, du fait notamment de l’impéritie de George Bush Jr, des années d’instabilité au Moyen-Orient sans durable avancée démocratique...

Pour faire pièce à ce dernier dessein, il aurait mieux valu que cette intervention précède la conquête, le 10 juin, par l’Etat islamique, de Mossoul, deuxième ville d’Irak et haut-lieu du christianisme oriental. Les armes et les dollars sur lesquels les djihadistes ont mis le grappin ont permis la percée militaire à laquelle on assiste aujourd’hui. Tardive, la réaction occidentale apparaît en outre mal concertée. Elle rassemble les trois mêmes pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France) qui, avec des résultats controversés, ont opéré en Libye ou ont tenté de le faire en Syrie. Le Conseil de sécurité des Nations unies est mis devant le fait accompli. L’Union européenne est à nouveau absente. La Belgique, embarrassée, est trop attentiste.

L’enjeu est pourtant crucial. Il y va de l’existence même d’une communauté, les yezidis, et de la présence ancestrale des chrétiens dans un Moyen-Orient de plus en plus incapable de faire cohabiter ses composantes et de protéger ses minorités. Marginalisés en Egypte, écartelés entre pouvoir et rébellion en Syrie, menacés par la contagion syrienne au Liban, persécutés en Irak... : les chrétiens paient un énorme tribut à la propagation de l’islamisme radical, vecteur d’intolérance.

Ce n’est cependant pas une opération militaire de cette nature, seule, qui suffira à rendre durablement viable en Mésopotamie la présence des chrétiens, sans défense car dépourvus de milices. C’est l’Etat irakien, préservé d’un démantèlement, qui, au premier chef, doit assurer leur sécurité et s’en donner les moyens. Jusqu’à présent, ses dirigeants n’ont pas fait la démonstration de leur capacité à répondre à cet impératif de « responsabilité de protéger » requis par l’ONU. La désignation d’un nouveau Premier ministre, en lieu et place du sectaire Nouri al-Maliki, entretient au moins l’espoir d’un changement de cap salutaire.

Sans doute n’a-t-on pas encore pris la mesure en Occident du danger que représente l’hydre de l’Etat islamique pour la stabilité régionale et la sécurité mondiale. De la capacité de l’Occident et de ses alliés à réduire son influence dépendront les possibilités de survie des minorités, chrétiennes et autres. A défaut, berceau des trois principales religions monothéistes, le Moyen-Orient, sans les chrétiens, ne serait plus le Moyen-Orient. 




REEVES : SE CONDUIRE COMME UNE BÊTE, LE PROPRE DE L'HOMME ?

Le Point.fr -

Des expressions toutes faites font des animaux des êtres sans intelligence et cruels. Il est temps de revoir nos préjugés, estime Hubert Reeves.

Des tigres de Sibérie. © Vitaliy Ankov/RIA Novosti


Par HUBERT REEVES

F

Une tradition, qui date sans doute de la proverbiale nuit des temps, considère l'humanité comme le chef-d'oeuvrede la création. Aux animaux, perçus comme des êtres inférieurs, on associe des attributs dévalorisants : ils sont dits "stupides", "sans intelligence", ou tout simplement "bêtes". Le mot parle de lui-même. On va plus loin en leur collant des comportements méchants : "se conduire comme une bête", "une cruauté bestiale".

Les observations de la science qui étudie le comportement animal, l'éthologie, nous ont amplement montré l'ineptie de cette vision du monde animal. Les manifestations géniales du comportement de certains animaux (abeilles, fourmis, dauphins, corneilles, pieuvres, etc.) nous révèlent l'existence de formes d'intelligence animale stupéfiantes. De même, la notion de méchanceté attribuée à certaines espèces animales (tigres, crocodiles, etc.) est totalement déplacée et n'a rien à voir avec la méchanceté manifestée par les humains : torture, oppression, sadisme. L'écrivain anglais George Bernard Shaw écrit : "Quand un tigre tue un homme, on crie à l'horreur ; quand un homme tue un tigre, on parle de sport."

 

NOUS-MÊMES, DES ANIMAUX

Ces changements dans notre vision du monde devraient s'accompagner d'une révision du vocabulaire. Il conviendrait, pour chacun, d'exclure de ses écrits et de ses paroles les termes "se conduire comme une bête", "une cruauté bestiale". Les mots utilisés dans la vie courante sont passibles d'affecter insidieusement les modes de pensée et les comportements.

Notons pour terminer que, grâce à Darwin, nous avons appris que nous sommes, nous-mêmes, des animaux. Et en fait, nous sommes les seuls à pouvoir manifester de la cruauté...

 

 

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