lundi 25 août 2014

Syrie: les jihadistes prennent le dernier bastion du régime dans la région de Raqa


AFP 




Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont pris dimanche l'aéroport de Tabqa, dernier bastion du régime de Bachar al-Assad dans la province septentrionale deRaqa, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Les combats se poursuivent aux alentours de l'aéroport qui est tombé aux mains de l'EI, alors que les corps de dizaines de soldats syriens gisent" à l'intérieur, a indiqué l'OSDH. "La majorité des forces du régime se sont retirées de

 

Les jihadistes avaient lancé mardi un assaut contre l'aéroport. Au moins 100 combattants de l'EI et 25 membres des troupes gouvernementales avaient été tués jusque-là, selon l'OSDH.

L'aéroport de Tabqa constituait le dernier bastion du régime dans la province deRaqa, contrôlée par l'EI. En juillet et début août, l'EI avait chassé l'armée de deux bases importantes de Raqa, la base 93 et la division 17, après avoir tué plus d'une centaine de soldats.

5 PAYS ARABES D'ACCORD POUR LUTTER CONTRE LES JIHADISTES

L'Arabie saoudite et quatre autres pays arabes, dont le Qatar, sont convenus dimanche de la nécessité de lutter contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI), qui "menacent" la sécurité et la stabilité de la région et du monde.

Dans un communiqué publié au terme d'une réunion ministérielle à Jeddah(ouest de l'Arabie saoudite), les participants ont indiqué avoir discuté de "la progression de l'idéologie terroriste et extrémiste, et des troubles que connaissent certains pays arabes", dans une allusion aux avancées des jihadistesde l'EI en Irak et en Syrie.

Ils ont également passé en revue "les graves répercussions" sur "les Etats de la région et la menace que (ces jihadistes) représentent pour la sécurité et la paix mondiales", selon le texte publié par l'agence officielle saoudienne Spa.

Les participants, qui ont examiné aussi "les développements de la situation en Syrie", ont relevé "une convergence de vues sur les questions évoquées et sur la nécessité d'agir sérieusement (...) pour préserver la sécurité et la stabilité des Etats arabes", souligne le communiqué.

Les résultats de la rencontre devraient être soumis aux autres membres de la Ligue arabe, qui en compte 22 au total.

La réunion s'est tenue à huis clos. Elle a regroupé autour du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, ses homologues d'Egypte, des Emirats arabes unis et du Qatar et un conseiller de Jordanie, représentant "les pays arabes membres du comité de contact international sur la Syrie".

Elle est intervenue alors que les Etats-Unis, qui mènent des raids aériens dans le nord de l'Irak pour stopper la progression des jihadistes de l'EI, pourraient, selon la presse, envisager des frappes également en Syrie.

Au Caire, le ministère égyptien des Affaires étrangères avait indiqué samedi que la réunion de Jeddah devait porter sur "la dégradation de la situation dans la région du Levant et la présence croissante en Irak et en Syrie de courants extrémistes, notamment l'Etat islamique, ce qui nécessite plus que jamais la recherche d'une solution politique à la crise en Syrie".

Le bilan humain de la guerre civile qui fait rage depuis plus de trois ans en Syrie a doublé en un an pour dépasser le seuil de 190.000 morts, selon l'ONU.

L'EI, un groupe extrémiste sunnite, né en 2006 en Irak sous un autre nom et réapparu avec toute sa force en 2013 en pleine guerre en Syrie voisine, s'est taillé une réputation d'organisation sanguinaire responsable d'exactions, de viols et de persécutions.

Le 9 juin, il a lancé une offensive fulgurante au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad s'emparant de larges pans de territoire face à une armée en déroute dans un pays miné par des années de violences et de divisions, et poussant à la fuite des centaines de milliers de personnes.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PRENONS DU RECUL


Cent ans après le début de la première guerre mondiale, l’humanité fait face à une nouvelle crise majeure, un cas de figure extrêmement dangereux pour le maintien de la paix dans le monde avec trois foyers de crise : Gaza, l’Ukraine et les déserts de Syrie et d’Irak.

Si sur le plan économique des États-Unis, la Chine et l’Allemagne (mais jusqu’à quand) se partagent le pouvoir, sur un plan plus strictement politique, un nouvel acteur s’impose de plus en plus durement sur l’échiquier, il s’agit du mouvement islamiste qui partout s’enracine : en Afghanistan, dans les anciennes républiques musulmanes du glacis soviétique-désormais russe-, en Afrique et aussi dans ce que l’on appelle désormais le nouveau califat qui s’étend de la Syrie à l’Irak comme une tâche d’huile qui ne cesse de grandir. Mais surtout, l’islamisme pousse ses métastases, comme un cancer foudroyant, jusque dans les villes d’Occident et singulièrement en Europe, notamment à Bruxelles. Les États-Unis portent une très grande responsabilité dans cette prolifération des bandes armées djihadistes. À cet égard, les avis de Jean-Michel Quatrepoint sont éclairants. En voici la seconde partie qui révèle le « dessous des cartes »

En prenant connaissance de cette analyse implacable, on a l’impression que l’Europe en se mettant à la remorque des États-Unis se trompe d’allié. « Si l'Europe demeure inféodé aux Etats-Unis, elle sera vassalisée et n'existera plus. »

Elle serait mieux inspirée, de prendre ses distances par rapport à Washington et à son poisson pilote britannique pour entamer un round de négociations avec la Russie qui lui offre des débouchés économiques considérables, une formidable possibilité d’importer d’inépuisables réserves de gaz et enfin une alliance potentielle pour faire barrage à l’islamisme. En Allemagne, l’opinion publique se montre de plus en plus sévère et critique à l’égard de la politique ambiguë de Angela Merkel qui, à force de vouloir ménager la chèvre américaine et le chou russe, finit par se mettre les Allemands à dos. De plus en plus de voix s’élèvent en faveur d’une reprise de la politique de coopération et de bon voisinage avec la Russie initiée par trois chanceliers socialistes : Willy Brandt, Helmut Schmidt et surtout Georg Schröder et son ministre des affaires étrangères Steinmeyer, lequel occupe à nouveau ce poste dans la grande coalition(SPD-CDU).

Sous cet éclairage, on comprend mieux pourquoi les Américains ont pris le risque de surveiller le téléphone personnel de Angela Merkel. Il s’agissait bien sûr de contrôler les conversations éventuelles qu’elle pouvait échanger avec Vladimir Poutine.

Mais c’est qui l'Europe incapable de parler d’une seule voix? C’est quel numéro de téléphone, l’Europe? se demandait déjà Henry Kissinger. Quant au pilote, un certain Juncker, on ne l’entend jamais, pas plus d’ailleurs que la troïka Barroso, Van Rompuy, Ashton.

Même le bouillant Guy Verhofstadt semble avoir soudain perdu sa langue…

MG

 

 

LE DESSOUS DES CARTES PAR JEAN-MICHEL QUATREPOINT FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN 

Le Figaro

Jean-Michel Quatrepoint décrypte pour FigaroVox les principales crises internationales. Pour lui, les dirigeants occidentaux ne maîtrisent plus la situation et un dérapage est désormais possible à tout instant.

 

L'arrivée au pouvoir des islamistes a totalement déstabilisé la région. Les régimes autocrates, qui étaient en place, protégeaient les minorités chrétiennes. Pour un chrétien, il valait mieux vivre sous Saddam Hussein qu'aujourd'hui sous le régime chiite. De la première guerre d'Irak de 1991 jusqu'à la guerre en Libye de 2011, les pays occidentaux ont semé le chaos. Certes les dirigeants en place au Moyen Orient n'étaient pas recommandables, mais au moins ces pays n'étaient pas des champs de ruines. On ne déclenche plus de guerre mondiale, mais on déclenche des guerres civiles avec des centaines de milliers de morts.

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FIGAROVOX: MONTÉE EN PUISSANCE DU CALIFAT, MASSACRES DES CHRÉTIENS D'ORIENT, REPRISE DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN... PLUS QU'À UN CHOC DES EMPIRES, ASSISTONS-NOUS À UN CHOC DES CIVILISATIONS?

Jean-Michel QUATREPOINT: Il y a un choc avec les islamistes qui ont effectivement une volonté messianique et veulent importer leur religion dans le monde entier. Face à cette volonté d'imposer une idéologie par le fer ou par la force, nous devons nous défendre. L'Eglise catholique, qui a été longtemps très silencieuse face à ce qui se passait pour les chrétiens d'Orient, l'a enfin compris. Dans le comportement de Poutine face à l'Occident, il y a aussi le rapport à l'islamisme. Les Russes ont été les premiers à être confrontés à l'islamisme en Tchétchénie, voire en Afghanistan. Il faut se souvenir que jusqu'au 11 septembre, les américains ont été alliés aux islamistes et qu'ils ont arméOussama ben Laden pour combattre les soviétiques. En outre, les Russes sont entourés de pays musulmans et sont donc plus sensibles à la menace islamiste. Enfin, ils n'ont pas compris et pas accepté le rôle que les occidentaux ont laissé jouer à l'Arabie saoudite et au Quatar dans les printemps arabes. Les Russes ont notamment le sentiment de s'être fait duper concernant l'intervention en Libye puisqu'ils avaient donné leur accord à une intervention pour sauver Benghazi, mais pas pour faire tomber le régime.

 

LE CALIFAT EST-IL UNE MENACE SÉRIEUSE?

Oui, le Califat progresse car il a su surfer sur les erreurs des Américains qui après avoir semé le désordre en Irak sont partis sans en assumer les conséquences. Leur principale faute est d'avoir voulu détruire l'armée irakienne alors qu'il aurait fallu garder l'ossature du régime après la chute de Saddam Hussein. (…)

Aujourd'hui, si l'Europe est inféodé aux Etats-Unis, elle sera vassalisée et n'existera plus.

Aujourd'hui, les Américains sont les seuls à être capables d'envoyer des troupes au sol. Mais Barack Obama ne le fera pas car l'opinion publique ne l'acceptera pas. Les Américains ne veulent plus faire la guerre avec des GI's. Désormais, l'Amérique fait la guerre avec des drones à travers des frappes cibléesElle mène également une guerre idéologique et économique et utilise des abcès de fixation tel que l'Ukraine pour contrer ses adversaires, mais n'envoie plus de soldats sur le terrain. Le problème, c'est que les islamistes l'ont compris et progressent eux au sol. Entre un américain et un islamiste, l'irakien risque de choisir l'islamiste qui a l'avantage d'être sur place et de connaître la population.

 

DANS LE CHOC DES EMPIRES, VOUS DÉCRIVEZ NOTAMMENT LES CIRCONSTANCES QUI ONT MENÉ À LA SECONDE GUERRE MONDIALE. EXISTE-T-IL UN RISQUE D'ESCALADE SIMILAIRE AUJOURD'HUI?

J'ai le sentiment que les dirigeants des grandes puissances mondiales ne maitrisent plus vraiment le système. A partir de ce moment-là, la machine peut déraper.

 

 

"LES USA CRÉENT LEURS PROPRES ENNEMIS : CHAQUE BOMBE NE FAIT QUE RENFORCER L'ÉTAT ISLAMIQUE"

Le Vif

Montasser  AlDe'emeh 


Montasser AlDe'emeh est chercheur à la KuLeuven et à l'Université d'Anvers. Il étudie la radicalisation islamique, le jihad international et les combattants belges en Syrie.  

"La décapitation du journaliste James Foley par un djihadiste britannique est un message clair de l’État islamique (EI) à l’Occident : ‘même dans une société libre et démocratique, les jeunes musulmans sont réceptifs à notre idéologie’", affirme Montasser AlDe'emeh, qui étudie la radicalisation islamique.



Le drapeau de l'État islamique © Reuters

Enlevé en novembre 2012, James Foley a donné sa vie pour montrer au monde la souffrance du peuple syrien. La décapitation de Foley a définitivement enterré la révolution syrienne. 

Après la révolte en Syrie, la population locale a attendu en vain une aide qui aurait pu mettre fin au carnage. Les Syriens attendent toujours le moment où les leaders du monde enterreront leurs intérêts stratégiques et prendront leurs responsabilités morales. On n’aurait jamais dû abandonner à son sort la population civile sans défense. 

Dès le début des protestations, l’Occident s’est trouvé face à un choix primordial. Chasser Bachar el-Assad et briser ledit croissant chiite ou soutenir les groupes de rebelles syriens qui à long terme pourraient représenter un danger pour le maintien de l’État d’Israël
La lutte a continué à cause de ce dilemme et l’Occident a perdu de vue le désespoir de nombreux Syriens privés de liberté. De plus en plus de musulmans ont perdu confiance en la communauté internationale, ce qui a augmenté le soutien en Occident aux hommes d’al-Baghdadi (le leader de l’EI). 

LA MAUVAISE POLITIQUE DES ÉTATS-UNIS 

Foley n’était pas n’importe quel journaliste. Il prenait ses responsabilités pour aider les Syriens. "J’appelle mes amis, ma famille et les êtres que j’aime à s’opposer à mes véritables meurtriers, le gouvernement américain", avait déclaré Foley. 

En 2003, les États-Unis ont attaqué l’Irak sous de faux prétextes. On n’a jamais trouvé d’armes de destruction massive ou de liens avec Al-Qaïda ou des milices djihadistes. Cependant, en réponse à l’invasion américaine, l’Irak est devenu un bastion de l’EI, le mouvement djihadiste le plus violent que le monde islamique ait jamais connu. 

Il est clair que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient a échoué. Avec ses drones lancés au Pakistan, en Afghanistan et au Yémen, les États-Unis n’ont fait que renforcer le mouvement djihadiste international. 

Jamais encore les djihadistes n’avaient occupé autant de territoire. Ils peuvent d’ailleurs frapper l’Occident à tout moment. Pourtant, l’injustice au Moyen-Orient ne peut jamais justifier la dépersonnalisation, la déshumanisation et la décapitation d’un journaliste innocent. 

Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes croyaient que l’humanité avait retenu définitivement les leçons du passé. Pourtant, depuis lors des millions de personnes ont perdu la vie suite à de guerres injustes. 

LA DÉSHUMANISATION DE L’ENNEMI 

L’État islamique traite ses ennemis de la même façon que les nazis traitaient les juifs. Lorsque les djihadistes capturent leurs victimes, ils commencent par les dépouiller de tout ce qui a trait à leur identité. Les victimes sont "bombardées" de paroles humiliantes et ils perdent même leurs noms. Elles sont également menacées de mort en permanence. 

Les nazis voulaient fonder le troisième Reich, alors que l’EI désire rétablir le califat transfrontalier. Tous ceux qui s’y opposent sont considérés comme des obstacles qu’il faut éliminer. Les ennemis de l’État islamique ne sont plus considérés comme des personnes. Les djihadistes de l’EI déshumanisent leurs ennemis. 

Après la dépersonnalisation et la déshumanisation, ils exécutent leurs victimes. Un jour, les nazis ont reçu l’ordre d’accélérer l’extermination de juifs dans un village pour assister à temps à la messe. Les membres de l’EI aussi assassinent les gens avant d’aller prier calmement. Après la décapitation de Foley, le djihadiste britannique s’est adressé au Dieu miséricordieux. 

Comment est-ce possible ? Le bourreau a dressé une barrière entre l’acte atroce de décapiter Foley et son espace de vie personnel. Inconsciemment, ce djihadiste britannique s’est fragmenté en plusieurs parties. Cette séparation dans sa tête lui permet de tuer et de faire l’amour avec sa femme immédiatement après. 

Le mois passé, je résidais à Alep auprès des djihadistes belges. Là aussi, j’ai remarqué que les djihadistes (les Britanniques aussi) faisaient des courses, étaient aimables avec leurs femmes et leurs enfants, tout en étant capables de tuer leurs adversaires au front. 

MESSAGE À L’OCCIDENT 

La décapitation de Foley envoie un message clair à l’Occident. L’EI désire montrer que même dans une société libre et démocratique les jeunes musulmans sont réceptifs à leur idéologie, comme le djihadiste élevé au Royaume-Uni qui a décapité Foley. 

Les récents bombardements américains en Irak n’ont fait que renforcer le soutien à l’État islamique, notamment parmi des centaines de jeunes musulmans occidentaux qui éprouvaient déjà un sentiment anti-américain. Les États-Unis créent manifestement leurs propres ennemis

QUE SOUHAITE L’ÉTAT ISLAMIQUE ? 

L’EI sait qu’une intervention américaine ne fera qu’augmenter le soutien à l’égard de son organisation. "Nous avons rétabli le califat pour faire en sorte que contrairement à l’Occident, vous puissiez vivre selon vos valeurs et normes. Mais voyez qui s’attaque à votre rêve. L’Occident vous opprime et lorsque vous émigrez, il bombarde vos maisons", diront-ils. C’est là la stratégie de l’EI: pousser les musulmans frustrés à bout jusqu’à ce qu’ils commettent un attentat à Bruxelles, Paris, Londres, Amsterdam, Berlin ou New York. 

L’État islamique désire également attirer l’Occident dans le guêpier irakien et syrien pour le combattre. Ils pourront utiliser cet argument pour jeter encore plus d’huile sur le feu. "On vous massacre en Syrie depuis des années. Personne ne s’en soucie. Mais quand nous voulons vous protéger, nous sommes attaqués", diront-ils. Nous verrons un djihad armé très fort durant les dix années à venir à cause de l’échec de la politique étrangère, surtout celle des États-Unis. 

DONNEZ LEURS DROITS AUX SUNNITES 

Après le retrait des troupes américaines d’Irak, on n’a pas tenu compte des sunnites pour l’organisation administrative. Les sunnites se sont révoltés, mais ont également été abandonnés par l’Occident. Ces frustrations ont alimenté la montée de l’État islamique

On n’arrivera jamais à arrêter l’État islamique (EI) en lâchant des bombes. Au contraire, chaque bombe qui tombe ne fera que les renforcer. 

Il vaudrait mieux que l’Irak devienne une sorte de confédération composée de trois parties: une pour les Kurdes, une pour les sunnites et une pour les chiites. Après, les tribus sunnites d’Irak devront résoudre le problème. 


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

INACCESSIBLE ETOILE


Force est de constater que les événements dramatiques qui agitent la planète donnent raison à la théorie du choc des civilisations de Huntington. Nous demeurons persuadés que ce choc ne peut déboucher que sur une chose : le suicide de l’humanité du fait de la guerre de tous contre tous (Hobbes). Par conséquent nous ne voyons qu’une seule issue possible : celle du dialogue des civilisations et des cultures, aussi des religions. Force est de constater que le camp des militants cosmopolites champions de l’interculturel se réduit comme peau de chagrin tandis que celui des nationalistes, des intégristes de tout poil, des populistes se renforce jour après jour.

 

« Les récents bombardements américains en Irak n’ont fait que renforcer le soutien à l’État islamique, notamment parmi des centaines de jeunes musulmans occidentaux qui éprouvaient déjà un sentiment anti-américain. Les États-Unis créent manifestement leurs propres ennemis. » 
Quelques voix prophétiques s’élèvent ici et là comme celle de Stéphane Hessel qui s’est éteint à jamais mais dont les échos nous hantent encore.

Indignons-nous contre les partisans de Thanatos, contre le camp des bellicistes nationalistes et jusqu’au-boutistes du monde entier.

Nonobstant les ricanements de nos ennemis, tentons de maintenir le cap d’une main ferme et continuons à croire que la raison l’emportera contre le camp de ceux qui veulent la guerre et continuons à rêver avec Kant d’une « paix perpétuelle », cette inaccessible étoile.

MG´

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