mercredi 20 août 2014

UKRAINE. 15 corps découverts après les tirs sur un convoi de civils

Nouvel Obs


L'ONU appelle à protéger les civils, alors que Kiev et les séparatistes s'accusent mutuellement du bombardement d'un convoi fuyantLougansk.



Des soldats ukrainiens chargent un blessé à bord d'un hélicoptère, près de Lougansk, le 18 Août 2014. (ALEKSEY CHERNYSHEV/AFP)


Quinze corps ont été découverts jusqu'ici sur le site où un convoi de civils fuyant les combats deLougansk, dans l'est de l'Ukraine, a été bombardé lundi, a annoncé un porte-parole de l'armée.

"A 19 heures hier soir, nous avions retrouvé 15 corps [...]. Les recherches se sont poursuivies dans la nuit et continueront aujourd'hui", adéclaréAndriy Lyssenko, interrogé mardi 19 août par Reuters.

L'armée et les séparatistes pro-russes, qui s'affrontent dans ce secteur, se renvoient la responsabilité des tirs.

L'ONU APPELLE À PROTÉGER LES CIVILS

Les informations sur ce bombardement sont "très inquiétantes", estime de son côté le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui demande que les civils puissent quitter les zones des combats en toute sécurité.

L'ONU a aussi annoncé que deux de ses principaux responsables, le secrétaire général adjoint aux affaires politiques Jeffrey Feltman et la patronne des opérations humanitaires Valerie Amos, vont se rendre à Kiev cette semaine.

Selon son porte-parole, Ban Ki-moon demande aux belligérants "de laisser passer en toute sécurité les personnes tentant de fuir les zones où se déroulent des opérations militaires".

CE TRAGIQUE INCIDENT REND ENCORE PLUS URGENTS UN CESSEZ-LE-FEU ET UNE SOLUTION DIPLOMATIQUE" EN UKRAINE, A-T-IL AJOUTÉ.

Les Etats-Unis ont également "fermement condamné le pilonnage et les tirs de roquettes" sur ce convoi, et appelé les deux parties belligérantes à "prendre toutes les précautions pour protéger des vies innocentes", selon un communiqué du département d'Etat.

Les autorités ukrainiennes ont affirmé lundi que les insurgés pro-russes avaient tiré avec des lances-roquettes multiples Grad sur cette colonne de réfugiés, provoquant selon elles la mort "de dizaines" de civils près du bastion des insurgés à Lougansk.

Selon Andriy Lyssenko, cette colonne se trouvait sur la route entreKhriachtchouvate et Novosvitlivka dans un "couloir" humanitaire emprunté auparavant par plus de 1.800 personnes.

La colonne est tombée "en pleine zone de combats" alors que les rebelles menaient une contre-offensive. Les rebelles ont démenti avoir tiré sur des réfugiés.

POROCHENKO TENTE D'ISOLER LES PRO-RUSSES

Le président ukrainien Petro Porochenko a par ailleurs amorcé un changement dans sa stratégie militaire pour le conflit dans l'Est de l'Ukraine.

Jusque là, la tactique employée par le commandement militaire ukrainien était d'encercler et d'assiéger les principaux bastions des insurgés pro-russes, mais l'armée éprouve de grandes difficultés pour entrer dans les villes où les combats feraient de nombreuses victimes.

Selon le dernier bilan établi dans la semaine par les Nations unies, le conflit a fait 2.086 morts et près de 5.000 blessés.

Le président ukrainien a ainsi appelé à un "regroupement des forces" pour isoler les zones contrôlées par les insurgés et "empêcher leur ravitaillement en armes et équipement" via la frontière avec la Russie, dont une partie est toujours sous leur contrôle.

Porochenko a aussi confirmé les déclarations du "Premier ministre" séparatiste Alexandre Zakhartchenko, qui s'était félicité vendredi d'avoir reçu des blindés et 1.200 soldats venus de Russie, information démentie par Moscou. "Une partie de ce matériel a été détruit. Pour ce qui est du reste, nous prenons des mesures pour qu'il le soit", a-t-il affirmé.

PAS DE PROGRÈS SUR LE FRONT DIPLOMATIQUE

Sur le front diplomatique, le ministre ukrainien des Affaires étrangèresPavlo Klimkine a annoncé une visite le 23 août en Ukraine de la chancelière allemande Angela Merkel, au lendemain de discussions infructueuses à Berlin avec son homologue russe en présence des ministres allemand et français.

"Ce sera une visite très intéressante", fruit de la 30 oui ça se voit ça se fait attendre, je viendrai je viens mercredi au jeudi je sais encore exactement en des savoirs et grandissants messages les raisons sont de sortie de est-ce qu’il a de personnes éclairées d’une enveloppe empirique de Willy de en avant que je comprends pas se satirique du massif pour bâtiments et merveilles en résistent pas je n’insiste pas énormément d’histoire à la maison étant pris en charge les et manifeste pas de contacts étroits entre Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenkoa-t-il ajouté.

Aucune avancée n'a émergé d'une réunion dimanche à Berlin entre les chefs de la diplomatie ukrainienne, russe, française et allemande.

(Avec agences)

 


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES MORTS KILOMETRIQUES

 

Chacun a entendu parler de la règle journalistique du « mort kilométrique ». Un décès à Paris sera couvert moins promptement que si le même décès ce produit à Bruxelles. Et pourtant, quelquefois il y a des exceptions à cette règle. Ainsi par exemple il nous semble qu’une victime palestinienne fasse  plus de bruit médiatique qu’une mort civile ukrainienne. Sans doute sommes-nous choqués par le fait que la plupart des décès palestiniens concernent des jeunes et des enfants. Toutefois il semble qu’il y ait une disproportion, pour employer un mot à la modeentre le traitement des victimes palestiniennes et celui des blessés et des morts ukrainiens dont le nombre augmente de manière inquiétante.

MG

 


L'EI REVENDIQUE LA DÉCAPITATION D'UN JOURNALISTE AMÉRICAIN

AFP 



L'Etat islamique (EI), groupe de jihadistes extrémistes, a affirmé mardi avoir décapité le journaliste américain James Foley et menacé d'en tuer un autre en représailles aux frappes aériennes américaines en Irak. Dans une vidéo diffusée sur internet, l'EI montre un homme masqué et habillé de noir qui semble couper la gorge de James Foley, qui avait été enlevé par des hommes armés en novembre 2012 en Syrie. La Maison Blanche a indiqué que les services de renseignement américains étaient à l'oeuvre pour vérifier "aussi rapidement que possible" l'authenticité de cette vidéo.

"Nous avons vu une vidéo qui prétend montrer le meurtre du citoyen américain James Foley par l'EI. Si elle est authentique, nous sommes horrifiés par le meurtre brutal d'un journaliste américain innocent et exprimons nos sincères condoléances à sa famille et ses amis", a indiqué Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale dans un communiqué.

Dans cette vidéo, les jihadistes montrent aussi les images d'un autre journaliste américain identifié comme étant Steven Sotloff. Ils menacent de l'exécuter également si le président américain BarackObama ne met pas fin aux frappes aériennes américaines en Irak. Les deux journalistes sont vêtus d'une tenue orange, qui rappelle celle des prisonniers de Guantanamo.

Foley, qui à 40 ans était un reporter expérimenté, avait notamment couvert le conflit en Libye avant de se rendre en Syrie, où il a couvert le soulèvement contre le régime de Bashar Al-Assad pour le site d'information américain GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres médias. Selon plusieurs témoignages, James Foley a été enlevé dans le nord de la Syrie le 22 novembre 2012. Sa famille, qui avait lancé une campagne d'information, n'avait eu aucune nouvelle depuis lors.

La vidéo d'un peu moins de cinq minutes, qui s'intitule "Message à l'Amérique", a été tournée dans une zone désertique sans qu'il soit possible de savoir où. L'homme masqué qui semble procéder à l'exécution du journaliste s'exprime en anglais avec un accent britannique.

Les jihadistes de l'EI, déjà bien implantés en Syrie, ont lancé une offensive en Irak le 9 juin et ont conquis rapidement une grande partie des territoires sunnites du pays. Les Etats-Unis, réengagés militairement pour la première fois en Irak depuis leur retrait en décembre 2011, ont mené, depuis le 8 août, plusieurs dizaines de frappes aériennes contre les jihadistes de l'EI.

Lundi, Barack Obama a affirmé que son pays entendait "poursuivre une stratégie à long terme" de lutte contre l'EI, en soutenant le nouveau gouvernement irakien que doit former le Premier ministre désigné Haïdar al-Abadi.

 

 

 

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