samedi 23 août 2014

Une rencontre concoctée par Milady Renoir autour d'ICI, dernier livre de Christine van Acker publié au Éditions Le Dilettante

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Une rencontre entre une lectrice néo-citadine avec l'auteure post-urbaine.

De ce livre, on a dit beaucoup ici et là. Surtout, les gens de là-bas mentionnés dans ICI ne sont pas ceux qu'on croit, qu'on ait visité ICI ou qu'on soit d'ailleurs.La rencontre aura lieu dans une librairie de ville. Les bottes et les tabliers et les cisailles ne sont pas obligatoires dans le dress code.



Venez entendre ce que Milady Renoir et Christine Van Acker peuvent dire du livre, des aventures du livre ICI et d'à côté.

LE 24 SEPTEMBRE 18H31 - LIBRAIRIE 100 PAPIERS, AVENUE LOUIS BERTRAND 23 À SCHAERBEEK.



Allez, venez, on évoquera des bons vieux clichés, des clivages et on fera le contraire aussi.

 

Christine Van Acker : Ici, chroniques savoureuses d’une néo-rurale

Ecrivains et auteurs : Christine Van Acker

Editeur : Le Dilettante

Thèmes : Roman


 

Peut-on s’emmerder à la campagne ? Surtout quand a fait le choix de s’y retirer et changer de vie ? Christine van Acker, citadine, vient de poser ses valises dans le “trou du cul du monde”, tout au bas de la carte de la Belgique, un village ordinaire et comme les autres sauf qu’il est Ici et pas ailleurs. Les enfants descendent à vélo la côte de la mort qui tueGaluchet brûle les portes de sa maison un soir d’éthylisme, les vieux vont à la messe chercher, dans les épaisseurs de l’invisible, l’écoute qui leur fait défaut ; les chiens tirent sur la laisse en attendant la chasse, Kevin sera fonctionnaire bientôt et partira là-bas chercher le travail qui n’a de cesse de s’enfuir toujours plus loin de nos villages, tels les aurochs ou les bisons de nos ancêtres nomades.   

 

En attendant le travail et les manifestations plurielles de l’ennui, notre chroniqueuse inventorie, avec un humour baigné de poésie, les manières d’y échapper en “reprenant les chemins d’Ici” – à la façon de Rimbaud –, en usant les petits riens qui font l’ordinaire des jours. Il suffit de s’ennuyer parfaitement, de regarder les touristes passer, de faire son bois, d’acheter ses vêtements en ligne, de vivre au rythme des cloches, de contempler, si besoin, son horloge un jour de pluie. Le plaisir supérieur est d’accueillir les citadins venus du Nord et d’ailleurs, qui vous demandent si vous vous plaisez bien Ici ? Comment s’ensauvager, s’acclimater à ce coin paumé loin de tout, des soins d’urgence et des manifestations de la culture ? Peut-on s’emmerder à la campagne ? Oui, répond la transplantée, qui cueille les salades encore vivantes de son jardin comme un carnet à spirales où les mots justes font mouche. Etre sur le banc de touche un moment, ne plus jouer, attendre que le matin, l’après-midi et le soir se succèdent pareillement chaque jour, aller se coucher dans l’espoir que ça s’arrête, qu’un rêve donne encore l’illusion d’être en vie ?

 

Vivre à la campagne aujourd’hui, c’est sans doute accepter le silence et le regard des autres, loin du stress des villes tentaculaires, mais proche de soi, du tic tacdes saisons retrouvées. A la campagne tout prend du temps, cette grosse bouchée qui ne veut pas passer, même le beau temps à venir après l’hiver, où la solitude se prend à bras-le-corps, se presse contre notre poitrine. Peu importe, si l’on a fait le choix de vivre Ici, loin de là-bas,de l’autre côté de la civilisation. Jean Tardieu, cité à la rescousse, nous rappelle qu’Il n’y a aucun lieu ici ni ailleurs. Ici n’existe pas. Ailleurs n’est pas. Alors que faire en attendant ? Se réjouir d’avoir fait son nid quelque part au bout du monde, Ici, pour se sentir moins éloigné de soi-même : C’est Ici qu’il faudra que nous passions. Le chemin nous paraîtra moins long et l’éternité moins inutile.         

 

Frédéric Chef

 

Christine Van Acker, Ici, Le Dilettante, mai 2014, 160 pages, 15 €


 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES VACANCES DE L’ESPRIT


Le rapport avec l’interculturel ? Ne le cherchez pas il n’y en a aucun. À moins que l’on envisage un dialogue entre rats des villes et rats des champs, entre la citadine Milady et Christine la rurale. De fait c’est un peu de cela qu’il s’agira le 24 septembre au rendez-vous des Cent-Papiers dans la belle avenue Bertrand. Cela ne s’adresse pas qu’aux saturés de la cité ou aux néo-ruraux qui surfent sur la vague alternative. Simplement à toutes celles et à tous ceux qui en ont marre du bruit, de la puanteur, des moteurs d’avions et autres embarras de Bruxelles. Il est bon de s’immerger quelquefois dans le meuglement des vaches, le tintement d’un clocher, le chuintement d’une source, le caquètement des poules pour se souvenir qu’on est issu de la terre et qu’on y retournera.

Savourer à la campagne les longueurs du temps de la glandouille, de la lecture, lécriture, la rêverie éveillée à écran fermé, à GSM éteint. Cette invitation à la rusticité, cet angélus littéraire me conforte dans mes envies de campagne et de fumier aux semelles. Trop stimulé par l’air des villes qui rend libre, tellement libre « Stadtluft macht frei », j’éprouve à l’automne de ma vie des velléités de lenteur et une envie de grandes vacances de l’esprit. Un livre à lire donc avant que finisse l’été et que l’on rallume le feu de bois en se préparant un vin chaud à l’orange piquée de clous de girofles.

MG

 




 


 

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