lundi 15 septembre 2014

Bart De Wever doit faire partie du gouvernement!


Olivier Mouton

Journaliste politique au Vif/L'Express

 

La N-VA pourrait abandonner son visage radical en participant à la Suédoise. C'est le pari du MR. En effet, avec son président en dehors de l'équipe au pouvoir, le parti nationaliste risque de poursuivre ses visées confédéralistes. Mouiller De Wever, n'est-ce pas une nécessité?


© Belga

Pour ceux qui en doutaient, vu l'étonnante discrétion actuelle du leader de la N-VA, Bart De Wever est bien à la table des négociations fédérales visant à mettre sur pied la Suédoise (N-VA, CD&V, Open VLD et MR). Il s'est rappelé au bon souvenir de chacun via quelques petites phrases anodines, mais significatives, lundi soir, à l'occasion de la projection d'un documentaire en son honneur.

Il y avait pourtant de quoi douter de la vivacité du poil à gratter de la politique belge. Ces derniers temps, ce sont surtout le CD&V et le MR qui se sont illustrés autour de la crisette relative à la désignation de notre commissaire européen et, surtout, au sujet de l'identité linguistique du futur Premier ministre. Selon les derniers pronostics, le Seize reviendrait finalement à la famille libérale, Charles Michel devançant Didier Reynders aux yeux des bookmakers.

Vraiment? Bart De Wever, subodorait-on, éprouverait toutefois quelques difficultés à accepter un nouveau Premier ministre francophone après Elio Di Rupo, cible privilégiée de la N-VA lors de la défunte législature. Un Premier francophone? "Cela reste à voir, rétorque-t-il. Si le contenu est bon, il faut être ouvert à tout." Est-ce là une façon de brouiller les cartes? Jusqu'ici, l'avis unanime consistait à dire que les nationalistes refuseraient une fonction sacralisant la Belgique, par principe. Cela reste sans doute vrai. Mais après le rififi CD&V - MR, De Wever confirme une chose: le poste de Premier ministre n'est donné à personne, il aura un prix à payer lors des négociations.

Sur le fond, "le moment est peut-être venu de faire ce qu'il faut faire", insiste le président de la N-VA. Il faut cesser d'écouter ceux qui disent non, dit-il, pour réformer le pays. C'est une piqûre de rappel douce à l'heure où, déjà, certains laissent entendre que les mesures prises par la Suédoise pourraient provoquer des mouvements sociaux, voire "des émeutes". C'est, aussi, une mise en garde discrète à l'encontre du CD&V que l'on sent embarrassé par la force de ses piliers syndicaux et mutuellistes.

Dans la future opposition fédérale francophone (massive: PS, CDH, FDF et Ecolo), on tire la sonnette d'alarme. Les partis flamands, CD&V et N-VA en tête entameraient "la phase de suffocation" pour noyer le MR dans une coalition où il est ultra-minoritaire en lui concédant le poste de Premier ministre pour mieux avoir les coudées franches. Ils envisageraient de revoir de façon larvée le fonctionnement de notre fédéralisme (en touchant notamment à la parité au sein du Conseil des ministres) et n'auraient d'autre objectif que de détricoter la solidarité pour obtenir le confédéralisme.

La discrétion de Bart De Wever, jusqu'ici, était une bonne nouvelle pour la Suédoise, elle était un gage de loyauté de la N-VA. La sortie anodine du leader nationaliste témoigne que son parti reste à l'affût et attend un programme fort illustrant "le changement de droite" voulu par sa base. Elle illustre aussi le fait que, jusqu'ici, et au-delà du fait que ce sera le premier gouvernement sans le PS depuis vingt-cinq ans (ce qui n'est pas rien), le parti nationaliste "n'a pas encore obtenu de grandes victoires symboliques" lors de ces négociations, souligne le politologue gantois Carl Devos. Or, elle devra défendre cet accord devant sa base avant de monter au gouvernement.

Au MR, on assume le choix posé de négocier avec la N-VA en se disant convaincu que cette coalition fédérale permettra de lisser peu à peu la formation nationaliste, de supprimer ses aspects les plus radicaux. C'est un coup de poker. Ses détracteurs affirment, sans doute avec raison, que la N-VA n'abandonnera pas ses objectifs, qu'elle reviendra rapidement avec ses visés confédéralistes.

De Wever doit faire partie du gouvernement fédéral afin qu'il perde cette virginité radicale qui le rend si populaire au nord du pays

Ce qui est sûr, c'est que Bart De Wever restera le poil à gratter de la politique belge s'il reste lui-même hors du gouvernement. Bourgmestre d'Anvers et président de parti, il pourrait à sa guise préparer les prochaines étapes du parti dans sa quête confédérale, dénoncer les politiques menées depuis Namur par le PS tout en critiquant le Premier ministre fédéral, a fortiori s'il est francophone.

Une condition sine qua non de la stratégie du MR n'est autre que celle-ci: De Wever doit faire partie du gouvernement fédéral afin qu'il perde cette virginité radicale qui le rend si populaire au nord du pays.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NUMERO UNO

De Wever (premier) ministre ? Il n’a aucune expérience pour exercer cette fonction, lui qui n’a jamais été qu’échevin ou bourgmestre de sa ville. Ce n’est pas rien mais pas assez pour maîtriser la complexité d’un ministère. L’homme est intelligent mais l’intelligence ne saurait compenser à elle seule l’inexpérience. Seuls Kris Peeters (il a tiré son épingle du jeu) et Daniel Reynders (il a dirigé le département des finances et celui des affaires étrangères) ont le profil pour occuper efficacement le 16 rue de la Loi et succéder dignement au très expérimenté Elio di Rupo. N’est pas Numero Uno qui veut. De Wever, l’Icare de la politique flamande est très conscient qu’à monter trop vite, trop haut, il risque comme le fils de Dédale la chute finale. Charles Michel, le fils de Louis, semble plus inconscient. (Datkrijg je als een derde partij de premier wel wil leverenmaar nog niet durft kiezenuit angst voorinterne rebellie)

Quant à la très populaire Maggie De Block, c’est un géant aux pieds d’argile.

Tandis qu’il reste beaucoup de points à discuter et à régler, le PS et Di Rupo en personne tirent à boulets rouges sur les négociateurs en sachant que tant qu’il n’y a pas accord sur tout, il n’y a accord sur rien et que la suédoise pourrait très bien échouer, faisant place nette pour une tripartite dans laquelle les socialistes auraient la main. Rien n’est joué.

MG



HET SPELLETJE DAT MET HET PREMIERSCHAP GESPEELD WORDT, IS BESPOTTELIJK

Bart Eeckhout – De Morgen


© Wouter Van Vooren.

Het moet van 1992 en de vorming van de eerste regering-Dehaene geleden zijn dat tijdensregeringsonderhandelingen zolang onduidelijk is gebleven wie uiteindelijk de leiding van het kabinetin handen zou krijgenUittredend premier Wilfried Martens had toen op Zwarte Zondag een pak voorde broek gekregen, maar het kostte de toenmalige CVP veel tijd om de klassieke vadermoord tevoltrekken.

Dan staan de toekomstige coalitiepartners er vandaag helemaal anders voor. De samenstelling van degewenste regering is dan wel onuitgegevenideologisch zou deze puzzel toch snel gelegd moetenkunnen wordenEindelijk verlost van links, zou niets de verkondiging van de centrumrechtse heilstaatin de weg mogen staantoch?

Wat is dan het probleemWaarom zitten de vier onderhandelende partijen al twee weken het wit uitelkaars ogen te kijken? Het zal wel dat het wat tijd nodig heeft om te beslissen of je, in grauweeconomische tijden, tot bloedens toe bespaart of toch het onzinnige taboe op extra inkomsten laatvarenMaar ook andere regeringen in andere landen staan voor dergelijke keuzesen daar wordt eenkabinetsformatie tegen een slakkengangetje niet normaal gevonden.

Wat deze centrumrechtse kabinetsformule vooral ontbeert, is leiderschapDeze onderhandeling heefteen formateur nodig met de doortastendheid van een kandidaat-premier. Dat krijg je als de grootstepartij/verkiezingswinnaar de verantwoordelijkheid ontloopt om ook echt richting te geven aan dezedoor haar zo vurig gewenste coalitieDat krijg je als een andere partij, in een toch wel zeermerkwaardige deal, het geclaimde premierschap inruilt voor een eurocommissariaat van tweede rang.Dat krijg je als een derde partij de premier wel wil leveren, maar nog niet durft kiezenuit angst voorinterne rebellie.

Zo kan het gebeuren dat nu zelfs Maggie De Block komt snuffelen aan het premierschapOfficieel zegtDe Block "niet ja en niet neen", maar ze kwam toch erg graag naar de tv-studio's om dat geheelnietszeggend te zeggen. Maggie De Block is populairwerkte hard als staatssecretaris en is erpersoonlijk verantwoordelijk voor dat er bij Open Vld op verkiezingsavond een plusje stond. Maar het is niet vernederend om te stellen dat dat haar nog geen goede regeringsleider maaktDaarvoorontbreekt het haar en haar partij aan gezag aan de onderhandelingstafel.

Het is ongetwijfeld zo dat de functie van eerste minister in een geglobaliseerde tijd aan status heeftingeboet, maar het schaduwspelletje dat nu met de regeringsleiding gespeeld wordt, is bespottelijk.Het kost ons, burgers, tijd. En het kost de onderhandelende partijen vertrouwen en samenhang.

Bart Eeckhout

 

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