mercredi 3 septembre 2014

Bart De Wever Premier ministre : chiche !

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef

Le Soir

Tout le monde se trompe de débat et de personnes. Même Louis Michel, ce vieux briscard de la politique a tout faux – et il le sait pertinemment – en revendiquant le poste de Premier ministre pour le MR. Ce poste de chef de gouvernement revient à la N-VA. Si on voulait respecter les rapports de force issus des élections, le poste de Premier ministre n’est en tout cas pas automatiquement attribuable à Kris Peeters – le CD&V n’est ni le premier parti ni la première famille du pays – comme on semble l’acter désormais, mais à Bart De Wever. On devrait d’ailleurs s’étonner que le président de la N-VA ne réclame rien.

D’éminents éditorialistes du nord du pays ont épinglé cette anomalie, et ce qu’ils ont eux-mêmes assimilé à une fuite de responsabilités du président de la N-VA, tant comme ministre-président de Flandre ou comme Premier ministre. Certes, Bart De Wever tient la promesse faite lorsqu’il est devenu bourgmestre d’Anvers, de rester quoi qu’il arrive à ce poste. Et pourtant, dans cette suédoise qui relève du jamais-vu, étant donné la position clé que la N-VA y occupe et les leçons d’excellence qu’elle a formulées « si elle gérait le fédéral », il serait logique que De Wever prenne ses responsabilités et assume ce leadership. Cette non-revendication pourrait être vue comme du bon sens et de la modestie, de la part d’un parti séparatiste qui accède au fédéral et ne voudrait pas provoquer. Mais là n’est pas la raison, comme l’historien Bruno De Wever l’a rappelé.

Avec l’homme tout-puissant de la N-VA retranché dans sa ville d’Anvers, tout autre Premier ministre sera fantôme et suspendu au bon vouloir d’un Bart De Wever, uniquement bourgmestre, totalement libre de ses paroles et de ses actes et tenant ce gouvernement sous la menace d’une déclaration, d’une implosion ou du « coup suivant » (dixit son frère) venus d’Anvers.

Un Premier ministre doit être au-dessus de la mêlée, veiller au consensus dans son équipe et assurer le respect de l’accord gouvernemental – comme la trêve communautaire. Voilà qui aurait mis Bart De Wever au pied du mur et aurait lié son sort à la réussite de « son » gouvernement. Mais un De Wever en embuscade dans sa citadelle anversoise, n’est lié par rien, si ce n’est son projet pour la Flandre et la N-VA.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MARCHÉ PERSAN


 

Un article, une idée. C’est la règle première d’un éditorial réussi.

Béatrice a le chic de lever des lièvres en habile limier doué d’un flair politique infaillible.

Elle met le doigt où ça fait mal, flaire les contradictions et il nous reste à constater : « mais c’est bien sûr », comment ne l’ai-je pas vu ?  Mais c’est bien sûr que depuis son « schoon verdiep » de l’hôtel de ville d’Anvers De Wever nous tient tous en otage.

Belle leçon de journalisme.

Le marchandage pour le poste de commissaire européen est franchement grotesque.

Bien sûr que Joëlle Milquet ne saurait avoir tort quand elle laisse entendre que le clan Michel cherche à toute force à éloigner Reynders le plus loin possible du gouvernement fédéral. Les négociations au sein de la suédoise ressemblent à un marché persan.  On finira par dégoûter les plus motivés de la politique politicienne.

Quant à Kroll, il a, comme d’habitude, tout compris. Un sacré duo.

MG

 

 

 

 

 

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