samedi 13 septembre 2014

Comment les industriels nous rendent accros à la junk food

Par Inès Belgacem



Photo Thinkstock

Figaro

Michael Moss : « Des études neurobiologiques ont démontré que le sucre et la graisse peuvent rendre high comme le ferait la cocaïne. »

La junk food (ou malbouffe) nous rend tous accros. C’est le constat de Michael Moss, journaliste au New York Times. Dans son livre Sucre, sel et matières grasses, sorti mercredi aux éditions Calmann-Lévy, et récompensé d’un prix Pulitzer en 2010, le reporter américain révèle comment les entreprises agroalimentaires utilisent le sel, le sucre et la graisse pour nous rendre dépendants.

Le constat est sans équivoque : l’obésité est en constante progression depuis dix ans. En France, le taux d’obésité est passé de 8,5 à 14,5% en moins de vingt ans. Michael Moss estimait en 2010 que 26 millions d’Américains étaient touchés par le diabète. La faute aux multinationales de l’agroalimentaire selon le journaliste. Pour des sommes faramineuses dépassant les 1000 milliards de bénéfices par an, ces entreprises fourniraient aux consommateurs des produits transformés, dont les doses en sel, sucre et matières grasses seraient volontairement trop élevées. La raison de ces excès n’est pas le goût, mais bien leurs effets sur le corps humain : ces produits rendent accro. Michael Moss expliquait aux Inrocks en mars dernier :
« Des études neurobiologiques ont démontré que le sucre et la graisse peuvent rendre high comme le ferait la cocaïne. Certes, l’industrie pointe avec raison que cette science est balbutiante et que les études sont menées sur des rongeurs, pas sur des humains. Mais je me réfère à la dirigeante de l’Institut national des drogues, Nora Volkow, qui m’a confié que le sucre industriellement transformé pouvait développer les mêmes schémas d’addiction que les drogues dures. »

Une théorie bien connue des acteurs de l’agroalimentaire depuis au moins le début des années 2000 d’après le journaliste d’investigation. Mais rien ne semble susceptible d’arrêter les multinationales dans la course au « stomachshares » – ces parts d’estomac en analogie aux parts de marchés – des consommateurs. Dans son livre, il établit un parallèle clair entre les stratégies des fabricants de cigarettes dans les années 1990 et celles des entreprises de malbouffe. Leurs méthodes marketing seraient les mêmes, les dangers sur la santé des consommateurs aussi.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN SUICIDE COLLECTIF QUI NE DIT PAS SON NOM



Quand les bénéfices plantureux nuisent à la santé de tous, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans la société qui tolère cette dérive.

 

Il convient donc de légiférer pour mettre fin à te telles pratiques qui à terme mettent à mal  la santé publique et la sécurité sociale.

La balle est dans le camp du politique.

Fast Food, loisirs Disney et hollywoodiens, soft drink au cola, supermarchés à l’américaine, dictature de la bagnole… Une épidémie d’obésité menace nos ados rivetés sur leurs écrans.

Sommes-nous conscients à quel point nous Européens sommes contaminés par le American Way of Life qui est très éloigné, au départ du style de vie européen. Je crains que ce matérialisme à outrance et cet hédonisme de pacotille nous conduise au suicide de la culture européenne et de notre belle jeunesse accro (addicted) aux jeux vidéos, aux réseaux sociaux et autres gadgets internet venus des States. L’avenir de l’Europe passe par un sursaut (inter)culturel et une nouvelle politique d’ouverture à l’Est (Ostpolitik) en direction de la Russie. Il ne se situe pas dans le sens du prolongement de l’expansionnisme de l’OTAN à la botte des Yankees qui nous asservissent culturellement.

MG

 

Aucun commentaire: