mardi 23 septembre 2014

Demelenne aux milliers de manifestants à Bruxelles: «La suédoise veut la peau des travailleurs!»


Bernard Demonty (édité par C.D.P.)
Le Soir

Des milliers de personnes ont répondu à l’appel des syndicats et rallient la place de la Monnaie, dans le centre de Bruxelles. 



Manifestants et représentants syndicaux ont dit tout le mal qu’il pensaient des mesures qui se profilent sous le gouvernement « suédois ». © EricLalmand.


Les représentants syndicaux attendaient entre 4.000 et 5.000 personnes ce mardi. Et le chiffre devrait être atteint, sans problème, vu le monde présent ce mardi en fin de matinée dans les rues de Bruxelles. C’est un cortège ininterrompu de manifestants de toutes les couleurs s’étalant de la gare Centrale à la place de la Monnaie qui a envahi le centre de Bruxelles.

Parmi la foule, on pointera la présence de délégués syndicaux de Delhaize, en proie à un vaste plan de restructuration, de policiers, qui organisaient un meeting place Rouppe et ont rallié la Monnaie, le PS est présent en nombre, on croise aussi une délégation Ecolo, une autre du PTB… Et un slogan, qui émerge de la foule compacte : « Non au gouvernement Thatcher ! ». Est visée, bien évidemment, la coalition « suédoise » toujours en gestation et les mesures d’austérité qui se profilent.



A la tribune, les représentants syndicaux se succèdent, et assènent des discours virulents. Réforme des prépensions, limitation dans le temps des allocations de chômage, les motifs de griefs ne manquent pas. Mais la grande préoccupation, c’est le saut d’index qui que prépare la suédoise.


« Lopettes show »

Marc Lammens, président de la CSC, prévient : « Si ce qu’on nous dit se confirme, on va vers une fin d’année chaude socialement. » Et de railler la coalition gouvernementale qui se dessine : « C’est le lopettes show ! »« un mauvais chef coq suédois qui prépare une tambouille immangeable ! On va saigner les fauchés. On dit que beaucoup de gens vivent au-dessus de leurs moyens, mais beaucoup payent en dessous de leurs moyens ! »« La suédoise veut la peau des travailleurs ! », assène Anne Demelenne, secrétaire générale sortante de la FGTB.

« On ne veut pas que la classe moyenne disparaisse ! », lance Rudy De Leeuw, président de la FGTB. « On ne veut pas d’une société où les riches sont plus riches et les pauvres plus pauvres. Ce serait une catastrophe pour le pays ! »


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

AUTOMNE CHAUD

« Faites vos jeux ! » Tant que le croupier n’a pas hurlé « rien ne va plus » toutes les surenchères sont permises pour remporter la mise : la participation au fédéral. Il y a deux Belgique, mais pas forcément une flamande et une francophone mais assurément une rouge et une bleue. Comme le Ying et le Yang, il y a du bleu dans le rouge wallon et du rouge dans le bleu flamand.  Tant qu’on n’a pas crié "rien ne va plus" tout reste possible, même et surtout une tripartite classique dominée par le PS qui se tient en embuscade. C’est quoi au juste la démocratie à la belge?: un exercice en quatre tours. Le premier tour est celui des citoyens ; le deuxième tour, celui des présidents de partis ; le troisième tour, celui des interlocuteurs sociaux en attendant le quatrième, celui de la rue.

Ils ne sont que cinq mille à tout casser, emballés dans le rouge FGTB ou le vert CSC pour faire image à la télé. Les medias font caisse de résonnance et le citoyen est perplexe devant les tergiversations de la potentielle suédoise. Il faut conclure et désigner rapidement un premier ministre qui ait du charisme et du caractère. Le peuple s’impatiente et les problèmes s’accumulent.

MG

 

 

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