mardi 30 septembre 2014

IL EST TROP TARD POUR SAUVER L’ELEVE MEHDI


Lélève Mehdi, désormais majeur, prend ses décisions lui-même, s’acharne à opter pour les moins bonnesC’est que le « Le bien guidé » se guide très mal, s’est ingénié, en accumulant les absences, à rater sa dernière année d’enseignement professionnel. 

Avec son père, je suis allé plaider sa cause auprès de la direction d’école, en vain. On refuse de le réinscrire à l’Athénée d’Evere. 

En bon avocat de la défense, j’ai rappelé à Madame le proviseur -qui me fit le privilège de me recevoir, de m’écouter-, que Mehdi lisait Tolstoï à 12 ans, au grand dam de son instituteur qui manquait totalement de sérieux et bousilla toute une génération de gamins. Pas de chance, il fut autrefois mon élève. Il ne manquait pas d’esprit avant de s’adonner à la bouteille. Dans le secondaire, Mehdi rencontra très vite l’échec. Surtout, il fit tout ce qu’il put pour rejoindre un copain en section professionnelle électricité. À cette fin, il se saborda littéralement, nonobstant un quotient intellectuel de 130 et mon effort de coaching de plusieurs semaines avant les examens de juin. Il était prêt

Il finit par se retrouver en section cuisine, par choix positif, enfin. Il fait, l’an dernier, sur mon conseil et ma recommandation, un excellent stage dans un bon restaurant, le Stelle, que je remercie. Antonio le trouva un peu lent.

 Pour le reste, il passe ses loisirs à écumer les réseaux sociaux, nuitamment et à s’épuiser les yeux sur des consoles de jeux vidéo. Comme beaucoup d’ados paumés, il est incapable le matin de se lever.

C’est clair, malgré mon plaidoyer musclé, l’école refuse de le réinscrire pour un légitime redoublement. Merci, monsieur le Préfet, pour votre bel engagement. Grâce à votre irresponsabilité dictée par des impératifs de caractère purement administratifs, il ira donc rejoindre le bataillon des décrocheurs scolaires et sociaux qui se retrouvent en finale à la rue sans la moindre qualification

À qui la faute ? 

En tout premier lieu, bien sûr à l’intéressé lui-même, qui manque singulièrement de caractère contrairement à feu son grand-père, un immigré de la première génération doté d’une volonté d’acier et d’une capacité de travail effarante, comme ses fils du reste, enfin pas tous. Des résilients.  Ensuite, et sans pour autant leur jeter la pierre, à ses parents qui n’ont cessé de se déchirer devant lui et son frère, dénaturant leur enfance et leur adolescence. À ce maudit instituteur surtout, qui a manqué à tous ses devoirs et à son serment de Socrate. Il continue à faire du dégât dans une école schaerbeekoise, en toute impunité. Enfin et surtout, à notre appareil scolaire d’une incroyable lourdeur administrative qui fait peu de cas du sort de ses élèves. Il n’est plus temps de sauver l’ex-élève Mehdi. A quoi bon nos PMS, nos assistantes et assistants sociaux, les éducateurs et les éducatrices d’école? Tous ont participé, peu ou prou, à l’assassinat de ce petit Mozart, moi y compris.

Son échec est aussi le mien, celui de ne pas avoir su le motiver, ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Malgré tous ses défauts et toutes ses turpitudes, je lui conserve ma confiance et continue, contre vent et marées, à croire en lui car je le sais habité de nombreux talents.

Il n’a commis aucun larcin, ne s’est jamais livré au moindre acte de violence ou de racketing ou que sais-je encore. Simplement et bêtement, il manque d'engagement et de volonté. À quoi bon toutes nos écoles de devoirs, tous nos équipements sportifs, toutes nos salles d’entraînement, pour en arriver à ce genre de constat?

Plus grave que tout, Mehdi n’a pas l’ombre d’un désir qui le tirerait vers le haut, point dEros mais un formidable Thanatos. Sa vie manque de sens comme celle de ces milliers de gamins dont parle Olivier Roy dans le "Monde" d’hier, dans un article réservé aux seuls abonnés : « un nihilisme générationnel ».

« Oui, il y a un nihilisme générationnel qui touche des jeunes paumés de la globalisation, fascinés par la mort. » 

Et tandis que Mehdi dort encore, Joëlle Milquet fait la classe devant les caméras quelque part dans une école de la Communauté française pour faire de belles images destinées au JT de ce soir…

MG




C’EST LA DÉBANDADE AU CABINET DE JOËLLE MILQUET

MATHIEU COLLEYN  La Libre Belgique



Rien ne va déjà plus au cabinet de Joëlle Milquet. Mais alors vraiment plus. Les principaux responsables de l’équipe rapprochée de la ministre CDH de l’Enseignement ont en effet claqué la porte. On compte, pour l’heure, une dizaine de personnes qui se sont littéralement enfuies des bureaux de celle qui est également la vice-présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La démission du directeur du cabinet Enseignement de Joëlle Milquet (elle gère également la Culture) ne constituant pas le moins spectaculaire de ces départs. D’autant que Jean-Luc Adams, démissionnaire depuis plusieurs jours, avait indiqué qu’il resterait à la disposition du cabinet le temps que soit négocié le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il n’en sera finalement rien. Il quitte ses fonctions pour de bon dès cette semaine et, officiellement, pour raison de santé, apprend-on. Contacté, il n’a pas souhaité commenter. Son adjoint a également démissionné.

 

 

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