mardi 23 septembre 2014

La menace terroriste mérite d’être comprise

Marc Metdepenningen 

Le Soir

La menace est obscure, expliquez la, de grâce !  » La supplique de Placide dans Théodore, une tragédie de Pierre Corneille, suscite pour réplique de sa marâtre Marcelle : « L’effet expliquera le sens de la menace. »

Dans la tragédie qu’est la menace terroriste, le parquet fédéral justifie sa discrétion absolue en s’inspirant des mêmes alexandrins que l’épouse du gouverneur d’Antioche (aujourd’hui, sas d’entrée turc des djihadistes vers la Syrie …) : la menace, si elle devait se concrétiser, justifiera alors son invocation antérieure et le souci, en ne la détaillant pas, de « ne pas faire paniquer la population ». Cette position réduit cette population à un troupeau de veaux, incapables de comprendre la portée d’une menace qui les concerne au premier chef et rétifs à accepter les mesures qui en découlent. Elle est priée de croire sur parole ceux qui œuvrent pour sa sécurité.

Sept ans plus tard, cette « population qu’on ne veut pas faire paniquer », n’a toujours pas reçu d’explication sur les « menaces terroristes graves» qui justifièrent en 2007 l’annulation à Bruxelles du feu d’artifices du réveillon. Cette menace-là, si elle exista, a pourtant disparu depuis longtemps. Ce culte du secret a pour effet pervers de virtualiser la menace terroriste, d’ériger ceux qui la traitent en garnison du fort de Bastiani, aux confins du désert des Tartares cher à Dino Buzzati, dont les vigoureux « Qui vive ?» s’adressent à un ennemi qui ne vient pas mais qui pourtant est là.

Ce culte du secret ne s’exerce pas qu’à l’encontre de la «  population qu’on ne veut pas faire paniquer ». De nombreux bourgmestres regrettent, comme l’a rappellé dimanche Olivier Maingain, le maïeur de Woluwe-saint-Lambert, sur RTL-Tvi, le « manque de transparence » et le peu d’informations qui leur sont communiquées. Les communes, d’où partent les candidats au djihad et où ils reviennent parfois, sont pourtant affirmées comme les premières lignes de front de la lutte contre le radicalisme. Elles sont priées de mettre en place des politiques de prévention et de réinsertion de ceux qui rentrent, en naviguant parfois à vue. Mais aussi avec succès. Le « Plan intégré pour plus de convivialité et de sécurité» de la commune de Vilvorde sera prochainement présenté à Columbus (Etats-Unis) par une délégation conduite par le bourgmestre Hans Bonte (sp-a).

La menace djihadiste mérite d’être comprise et expliquée. La dissimuler à outrance la rend incompréhensible.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

WOLLT IHR DEN TOTALEN KRIEG ?



« Wollt ihr den totalen Krieg ? Voulez-vous la guerre totale ?
C’est par ces paroles que, le 18 février 1943, Joseph Goebbels demanda au peuple allemand d’entrer en guerre totale contre le bolchévisme en exigeant des Allemands des sacrifices majeursIl semble bien qu’une nouvelle guerre totale soit engagée entre l’Occident coalisé (sans la Russie, remarquons le bien) contre l’islamisme politique qui riposte en menaçant la vie d’un otage français. La menace djihadiste est partout. « Elle mérite d’être comprise et expliquée. La dissimuler à outrance la rend incompréhensible » commente Le Soir. Tout se passe comme si « une guerre de tous contre tous » (Hobbes) avait commencé. Il s’agit d’un choc de civilisation où deux visions du monde, deux conceptions de la société s’opposent et se télescopent: d’un côté un modèle démocratique, pluraliste et capitaliste, de l’autre la Sharia, c’est-à-dire la loi du dieu du coran imposée à tous avec tout ce qu’elle comporte d’arbitraire. Cette guerre totale a un début comme août 14ou mai 40 chez nous mais on en ignore encore et l’ampleur et la fin. Pour François Hollande c’est l’occasion de reprendre du poil de la bête en s’autoproclamant chef de guerre, le seul rôle dans lequel les Français ont reconnu son leadership. 


Mais attention qu’au premier sang français, l’opinion publique française ne lui réclame des comptes. La politique de Paris fut toujours de payer des rançons pour sauver ses otages à la grande colère de Londres et de Washington. Les otages français seront sacrifiés comme les moines de Tibhirine. 



Alors ce sera la consternation et Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy feront monter la tension au risque de faire basculer la France dans une dangereuse crise de régime. Le Figaro, sous la plume de Philippe Gélie, interpelle François Hollande qui en «emboîtant le pas de Barack Obama, (...) a décidé de bombarder l’EI comme on donnerait un coup de pied dans la fourmilière, sans du tout savoir quel résultat cela va produire». En Belgique, sans gouvernement depuis quatre mois, ce sont les bourgmestres qui vont se retrouver en première ligne. Yvan Mayeur et Bart De Wever risquent de se trouver propulsés en plein cœur de l’actualité.  Mayeur a voulu prendre les devants en rayant deux djihadistes de ses registres et en en ciblant douze autres.

MG

 

Ich frage euch: Wollt ihr den totalen Krieg? Wollt ihr ihn, wenn nötig, totaler und radikaler, als wir ihn uns heute überhaupt erst vorstellen können?

Nun, Volk, steh auf und Sturm brich los!

 

"I ask you: Do you want total war? If necessary, do you want a war more total and radical than anything that we can even yet imagine?"

 

"Now, people, rise up, and let the storm break loose!"

 

 

DÉPARTS EN SYRIE: DEUX BRUXELLOIS RADIÉS DU REGISTRE DE LA POPULATION

Belga. Le Soir

La Ville de Bruxelles étudie 14 autres dossiers.



La Ville de Bruxelles a jusqu’à présent radié du registre de la Population, deux personnes parties combattre en Syrie. Quatorze autres propositions dans ce sens ont été formulées, a affirmé lundi soir le bourgmestre de la Ville.

Interpellé devant le conseil communal par Johan Van den Driessche (N-VA) au sujet des initiatives prises par la Ville dans le contexte de la problématique du départ de jeunes Belges pour la zone de combats en Syrie, le bourgmestre a expliqué que l’on planchait sur un raccourcissement du délai de procédure de radiation, tout en veillant au respect de la réglementation. Yvan Mayeur a précisé ne pouvoir en dire davantage sur le nombre d’habitants partis en Syrie, sans toutefois cacher qu’il disposait de certaines données chiffrées.

UN GROUPE DE TRAVAIL DÉDIÉ

Il a ajouté qu’à son initiative un groupe de travail avait été mis sur pied, réunissant plusieurs partenaires : l’asbl Bravvo, en charge de la politique de prévention de la Ville, le CPAS, l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace (OCAM), la Sûreté de l’Etat, plusieurs services de l’administration communale et la police. Celui-ci s’est réuni à plusieurs reprises dont la dernière fois en date, le 17 septembre dernier.

Il s’est déjà penché sur plusieurs enjeux liés à cette problématique : la sensibilisation du personnel des divers services concernés, l’échange d’informations entre services concernés, l’établissement d’un FAQ à destination des familles et des collaborateurs de la Ville, la formalisation de procédures d’intervention en cas de départ suspect, de départ définitif, de retour… et enfin l’embauche d’un responsable du projet « radicalisation ».

 

UN GROUPE LIÉ À L’ETAT ISLAMIQUE MENACE D’EXÉCUTER UN FRANÇAIS EN ALGÉRIE

Le Soir

Les terroristes donnent 24 heures à la France pour arrêter ses frappes en Irak. « Pas question », répond Laurent Fabius.

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Un ressortissant français a été enlevé dimanche en Algérie dans la région de Tizi Ouzou (nord-est) », a annoncé lundi soir le ministère des Affaires étrangères français. Un touriste français, âgé de 55 ans, a été enlevé dans la région montagneuse de Kabylie, dimanche, alors qu’il effectuait une randonnée.

Un groupe lié à l’organisation Etat islamique (ou Daesh) a revendiqué la prise d’otage dans une vidéo, authentifiée par les autorités françaises. Le groupe djihadiste algérien « Jund al-Khilafa » y fait parler l’otage qui demande au président français de le sortir de cette situation. Les terroristes menacent de l’exécuter dans les 24 heures si la France n’arrêtait pas ses frappes contre l’EI en Irak. «  La situation est extrêmement critique  », a commenté le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lors d’une conférence de presse. «  Les menaces proférées par ce groupe sont extrêmement graves et témoignent de la cruauté extrême de Daesh et tous ceux qui s’en réclament. »

«  Un groupe terroriste ne peut pas infléchir la position de la France (…) Pas question de céder aussi peu que ce soit aux menaces d’un groupe terroriste  », a affirmé Laurent Fabius, chef de la Diplomatie française, à New York.

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