jeudi 25 septembre 2014

Pascal Bruckner: «Nous sommes en guerre, il faudra être impitoyable


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 Par Vincent Tremolet de Villers

 


FIGAROVOX/EXTRAITS-Dans un entretien au Figaro, l'intellectuel demande aux musulmans de France de condamner avec force l'assassinat d'Hervé Gourdel. Il s'inquiète des menaces sur le sol français.

Pascal Bruckner est romancier et essayiste
QUE VOUS INSPIRE LE SAUVAGE ASSASSINAT D'HERVÉ GOURDEL?

A part l'horreur absolue, cela confirme qu'il n'y a plus un seul endroit du monde où l'on peut être tranquille. Nous sommes face à une internationale du crime. Même si nous devions nous y attendre, on est toujours surpris par l'abomination humaine. D'autant que ces crimes filmées rappellent les films d'horreur. Comme si les assassins «rejouaient» des scènes vues en vidéo. Le principe de la décapitation est aussi effroyable. Les djihadistes, enfants du Net, pratiquent la propagande par le fait bien connu des révolutionnaires du XIXe siècle: ils galvanisent leurs partisans et terrorisent leurs ennemis. L'islamisme, après avoir parlé le langage des victimes parle le langage des bourreaux. Hier ils étaient les victimes des «infidèles», des «croisés», aujourd'hui ils paradent en bourreaux. Les nazis, eux-mêmes, cachaient leur crime suprême! Je crains, malheureusement, que ce ne soit qu'un début et que ça devienne une habitude et presque un rituel pour les esprits désaxés.

L'ISLAMISME, APRÈS AVOIR PARLÉ LE LANGAGE DES VICTIMES PARLE LE LANGAGE DES BOURREAUX. HIER ILS ÉTAIENT LES VICTIMES DES «INFIDÈLES», DES «CROISÉS», AUJOURD'HUI ILS PARADENT EN BOURREAUX.

CELA DOIT- IL REMETTRE EN CAUSE LA PARTICIPATION DE LA FRANCE À LA COALITION?

Non seulement ça ne la remet pas en cause mais ça la justifie. Contre ces groupuscules, il nous faudra être impitoyable. On croyait qu'Al- Qaida avait atteint le sommet dans la barbarie. L'Etat Islamique raffine un peu plus encore ses cruautés. L'intervention doit être d'autant plus forte.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ON NE SAURAIT MIEUX DIRE

 



BARACK OBAMA JUSTIFIE L'EMPLOI DE LA FORCE CONTRE « LE MAL »

Figaro

 Par Laure Mandeville

 


Le président américain appelle à l'union des nations face à l'extrémisme musulman.


C'est un monde très sombre, situé à «un carrefour entre la guerre et la paix», «la peur et l'espoir», «le désordre et l'intégration», que Barack Obama a décrit mardi dans son discours annuel devant l'Assemblée générale de l'ONU, en évoquant un «échec collectif du système international» auquel l'Amérique ne pourra pas remédier seule. Solennel, alors qu'il engage son pays fatigué dans une nouvelle forme de guerre contre le terrorisme islamique en Irak et en Syrie, le président des États-Unis n'a pas cherché à camoufler la gravité des défis. Et de citer la politique de destruction de l'indépendance ukrainienne menée par Moscou et l'extrémisme musulman qui ravage le Moyen-Orient et menace l'Occident, qui nécessitent une «solution urgente».

«La brutalité des terroristes en Syrie et en Irak nous force à regarder au cœur des ténèbres», a-t-il ajouté, évoquant «un cancer» qui «pervertit l'une des grandes religions mondiales» et «embrasse une vision cauchemardesque qui voudrait diviser le monde entre adeptes et infidèles».

Le président est aujourd'hui occupé sur un front jugé pressant, celui des islamistes extrémistes, qu'il a promis de combattre «par la force», «le seul langage que ces assassins comprennent», note-t-il sans fard. «On ne peut raisonner le mal», insiste le président.

Mais tout en expliquant comment l'Amérique s'y prendra pour mener sa guerre contre l'État islamique et al-Qaida - en poursuivant les frappes aériennes et en formant l'armée irakienne et une force syrienne modérée -, le président avertit qu'il s'agit d'un «problème collectif». L'ensemble des pays concernés doivent l'affronter, en rejoignant la coalition que les États-Unis sont en train de mettre sur pied.

Élément intéressant, et assez nouveau, Obama en appelle spécifiquement «aux musulmans», afin qu'ils rejettent explicitement l'idéologie de haine que les radicaux tentent de promouvoir. Une manière de dire que la bataille idéologique sera aussi cruciale que le terrain militaire, sur le long terme. Pour lui, «le clash des civilisations» n'existe que dans la tête des extrémistes. «L'Amérique réaffirme qu'elle n'est pas en guerre contre l'islam, face aux terroristes, il n'y a pas eux et nous, il n'y a que nous, car des millions de musulmans font partie du tissu de notre nation», dit-il. Encore faut-il que ces derniers prennent ouvertement position, semble-t-il ajouter implicitement.

«L'AMÉRIQUE N'EST PAS EN GUERRE CONTRE L'ISLAM. FACE AUX TERRORISTES, IL N'Y A PAS EUX ET NOUS, IL N'Y A QUE NOUS, CAR DES MILLIONS DE MUSULMANS FONT PARTIE DU TISSU DE NOTRE NATION»

Barack Obama

Face aux forces du sectarisme qui enflamment le Moyen-Orient, opposant les chiites aux sunnites, seuls les pays concernés pourront trouver une issue, juge-t-il. L'Amérique ne peut jouer que le rôle d'un partenaire «respectueux», souligne le président, une manière de mettre la pression sur les leaders irakiens, appelés à construire un État plus inclusif. Pour lui, l'heure est aussi venue de réaffirmer les normes du système international et d'y ajouter des réponses propres aux défis du XXIe siècle. Le monde globalisé est plein de risques, dit-il, évoquant le défi majeur posé par Ebola. Mais fidèle au credo traditionnel de l'Amérique, Obama décrit aussi un monde plein d'opportunités, où «on peut tenir dans sa main le contenu d'une des plus grandes bibliothèques du monde», que l'on habite New York ou le petit village de sa grand-mère, près de Nairobi.

Au moment précis où un Français vient d'être décapité en Algérie, ajoutant au pessimisme ambiant, «l'Amérique refuse le fatalisme», a-t-il dit à l'ONU. Un discours de vérité, mais aussi d'espoir.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN GRAND ORATEUR


Obama, on le sait est un grand orateur mais un piètre décideur.

« Oyes we can » n’est qu’un vague souvenir dans l’inconscient collectif. Il n’est pas facile d’être Président dans un monde aussi troublé que le nôtre. Seul Sarkozy est persuadé du contraire et annonce son retour sur la scène médiatique.Quelle arrogance.

 

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