vendredi 31 octobre 2014

La Tunisie, l'Occident et le monde arabe élisent le parti séculier Nidaa Tounes


Wided Bouchrika

Le parti séculier et moderniste Nidaa Tounes a remporté les élections parlementaires tunisiennes, devançant les islamistes d'Ennahda. Les Tunisiens en Occident et dans le monde arabe ont également voté en masse pour le parti qui a participé à ses premières élections démocratiques.



Des Tunisiens fêtent la victoire de Nidaa Tounes aux élections parlementaires. © Reuters

L'ISIE (l'Instance Supérieure Indépendante pour les Élections) qui surveille les élections démocratiques en Tunisie, a dévoilé les résultats provisoires des élections parlementaires la nuit de mercredi à jeudi.

16 SIÈGES DE DIFFÉRENCE

Nidaa Tounes, un parti séculier et moderniste dont la figure pilier, Béji Caïd Essebsi, est également candidat aux présentielles, aurait remporté le plus grand nombre de sièges : 85 sur 217. Les islamistes d'Ennahda, qui avaient remporté les élections de 2011, le suivent avec 69 sièges. L'Union Patriotique Libre (UPL) se classe en troisième position avec 16 sièges, le Front Populaire en a 15, Afek Tounes 8, et, comme le twitte ISIE "les autres partis" 24.

Le président de l'ISIE, Chafik Sarsar, fait comprendre lors d'une conférence de presse que 69 % de l'électorat s'est rendu aux urnes. À l'étranger, où les Tunisiens émigrés se sont également rendus au bureau de vote, ce chiffre était beaucoup plus bas. En revanche, Nidaa Tounes a remporté le plus de voix autant parmi les habitants de Tunisie que parmi les Tunisiens vivant à l'étranger.

L'OCCIDENT ÉLIT NIDAA TOUNES

Dans la circonscription électorale "les deux Amériques et le reste de l'Europe", dont fait partie la Belgique, 29,90% des électeurs, soit 15.623 Tunisiens, se sont rendus aux urnes. Là, autant Nidaa Tounes (45,24%) qu'Ennahda (27,75%) ont remporté un siège. Afek Tounes termine troisième avec seulement 5,50% des voix.

L'Allemagne possède sa propre circonscription, forte d'une participation de 29,03% pour 7.358 voix. Ici, Nidaa Tounes (40,95%) est le seul parti à avoir conquis un siège. Il est suivi d'Ennahda (35,92 %) et du Congrès pour la République (6,77 %).

ENNAHDA GRAND GAGNANT EN ITALIE

L'Italie se démarque en affichant une très faible participation de 12,17 % et de 7.115 voix. Contrairement aux autres pays occidentaux, Ennahda y obtient 41,81 % des voix et deux sièges, Nidaa Tounes (30,18%) en reçoit un et le Front Populaire complète le classement avec 4,74 %.

LARGE PARTICIPATION EN FRANCE

La France compte deux circonscriptions. La première, qui comprend Paris, Pantin et Strasbourg, affiche le taux le plus élevé de participation étrangère. 48,36% des Tunisiens, soit 39.021 voix, y ont rempli leur devoir électoral. NidaaTounes (39,48 %) et Ennahda (29,56 %) ont remporté chacun deux sièges et Afek Tounes (5,76%) s'est également vu récompenser d'un siège.

La seconde circonscription française inclut les consulats de Lyon, Toulouse, Grenoble, Nice et Marseille. La participation de 27,45 % et 30.852 voix y était un peu plus faible. Ici aussi, Nidaa Tounes (42,09 ) et Ennahda (26,36%) ont raflé chacun deux sièges. Appel des Tunisiens à l'étranger (5,88 %) en a obtenu un.

LES PARTIS SÉCULIERS LÉGÈREMENT EN AVANCE DANS LE MONDE ARABE

Finalement, dans la sixième circonscription électorale "Les pays arabes et le reste du monde", 34,38% des électeurs sont allés voter et Nidaa Tounes (37,02 %) y a remporté un siège. Ennadha, qui talonne le parti séculier, y obtient un siège avec 36,04% des voix. Congrès de la République complète le top trois avec 6,01%.

Les Tunisiens installés à l'étranger ont donc voté comme les habitants de leur pays d'origine : Nidaa Tounes caracole en tête suivi par Ennahda. Cependant, Union Patriotique Libre, troisième parti selon le résultat final, ne figure pas parmi les bons scores à l'étranger.

Les participants ont encore jusqu'à la confirmation des résultats officiels, dans deux à trois semaines, pour contester les résultats. Les élections présidentielles se tiendront le 23 novembre.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SURSAUT DÉMOCRATIQUE

C’est une belle victoire des forces démocratiques en Tunisie et un signal important dans l’espace musulman où l’islamisme a le vent en poupe depuis des années. L’effet Bourguiba se fait sentir longtemps après sa mort. On a beaucoup glosé sur le printemps arabe et voici que point l’automne tunisien.

MG

 

 

 

19 december: nationale actiedag tegen Theo Francken

ANN VAN DEN BROEK DE MORGEN


Staatssecretaris voor Asiel en Migratie Theo Francken. ©BELGA

De Congolese gemeenschap plant samen met migranten vanuit allewindstreken op 19 december thuis te blijven van het werk en van de winkelZo willen ze staatssecretaris voor Asiel en Migratie Theo Francken (N-VA) wijzen op hun economische meerwaarde.



Dokter Béatrice Léonard Lomami.©PHOTO NEWS

"We zijn niet zo zeer boos, we zijn vooral droef", zegt dokter Béatrice Léonard Lomami uit Oud-HeverleeSamen met Hélène Madindasecretaris-generaal van de raad van Afrikaanse gemeenschappen in België en Europa, is zij de drijvendekracht achter de actiedag op de laatste werkdag voor de kerstvakantievrijdag 19 december.

Bron van hun droefheid is het Facebookbericht dat huidig staatssecretaris voorAsiel en Migratie Theo Francken (N-VA) in 2011 posttetoen nog als 'gewoonKamerlidDaarin stelde hijnaar aanleiding van een artikel in The Economist, dat hij zich wel wat kan voorstellen bij de economische meerwaarde van de Joodse, Chinese en Indiaanse (sic) diaspora, maar minder bij de Marokkaanse, Congolese en Algerijnse. "Of is dat te aangebrand?", voegde de N-VA'er eraantoe.

Het bericht werd enkele weken geleden weer opgerakeld door de Franstaligepers en schoot de Congolese gemeenschap behoorlijk in het verkeerde keelgatschrijft De Standaard. Velen van hen wonen en werken al verschillende decennia in BelgiëEen nationale stakingsdag van de migrantengemeenschap leek hen de ideale reactie. "Op die manier kan Francken zelf merken wat onze economischemeerwaarde is", zegt Lomami. "We willen vooral overleg met hem, pratenmaakt alles zoveel makkelijker."

LIEVER EEN GESPREK

Op 19 december is het dus de bedoeling dat de migranten die in België wonenniet gaan werkennoch inkopen gaan doen"Iedereen moet gewoonwegthuisblijven. Niet werkengeen geld uitgevenniks", vat Lomami het samen. Lomami en Madinda maken zich sterk dat hun 'stay away day' ook weerklankzal vinden bij migranten van andere origine.

Francken betreurt dat de Congolese gemeenschap de actie wil ondernemen. "Wijzouden liever een gesprek voerendat zal wellicht binnenkort ook plaatsvinden", zegt partijwoordvoerder Joachim Pohlmann. "Met zijn uitspraak heeft Franckende passieve en actieve migratie met elkaar willen vergelijken, het was niet zijnbedoeling iemand te kwetsenMocht dat toch gebeurd zijnheeft hij zich daar al voor verontschuldigd."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DIALOGUE  OU CHOC DES CULTURES

C’est clair, la surprise du chef De Wever qu’on entend peu mais qui tire les ficelles, c’est le retour des tensions interculturelles avec la désignation d’un Francken à l’immigration. Sans doute y-a-t-il du noyautage PS derrière l’initiative de Béatrice Léonard Lomami

mais ce n’est qu’une hypothèse. C’est pain béni pour la N-VA et son fond de commerce xénophobe. La désignation du N-VA Matthias Stormeà la tête du centre interfédéral pour l’égalité des chances va aussi dans le sens de la provocation.  On entend peu Charles Michel sur ces sujets qui font débat et risquent de tourner à la tension  totale. 

MG


UN ADVERSAIRE DE LA LOI ANTI-DISCRIMINATION NOMMÉ ADMINISTRATEUR DU CENTRE POUR L'ÉGALITÉ DES CHANCES

Céline Bouckaert le Vif

Source: De Morgen

Selon les révélations du quotidien De Morgen, la N-VA a désigné Matthias Storme, un professeur en droit constitutionnel pour qui "discriminer constitue une liberté fondamentale", administrateur du nouveau Centre pour l'Égalité des Chances.


Matthias Storme © BELGA

En 2004, Matthias Storme a été obligé de quitter la direction de la N-VA après avoir déclaré au Morgen que la condamnation pour racisme du Vlaams Blok l'obligeait presque moralement à voter pour l'extrême droite. Le dossier contre le Vlaams Blok avait été constitué par le même Centre pour l'Égalité des Chances (à présent le Centre interfédéral pour l'Égalité des Chances).

Dix ans plus tard, l'avocat gantois, qui estime qu'interdire la discrimination constitue une atteinte à la démocratie, est réhabilité par la N-VA qui lui offre un siège dans l'organisme auquel il s'est toujours vivement opposé.

D'après Joachim Pohlmann, le porte-parole de la N-VA, le but n'est pas de provoquer. "Un conseil d'administration de détermine pas le fonctionnement quotidien ou les objectifs liés au contenu. C'est la tâche du management" explique-t-il.

Interrogé par De Morgen, Bart Van Malderen, le chef de groupe sp.a au parlement flamand, n'est pas convaincu par les propos du porte-parole du parti nationaliste flamand. Il évoque une "stratégie de pourrissement" et s'interroge également sur la nomination de l'ancien parlementaire LDD BoudewijnBouckaert comme suppléant. "Bouckaert estimait qu'il fallait supprimer le centre. Il trouvait que c'était une forme de police de la pensée".


OPINIE

DEBATTEREN OVER DISCRIMINATIE LUKT PRIMA MET MATTHIAS STORME

De Morgen

Patrick Loobuyck is moraalfilosoof aan de Universiteit Antwerpen en UGent en auteur van 'De seculiere samenleving'. "Waarom zou eenzakenman die volgens islamitische regels bankiert een atheïstischpersoneelslid mogen weigerenterwijl Hema geen regels mag uitvaardigeninzake levensbeschouwelijke tekens op de werkvloer?", vraagt hij zich af.

"Tendensondernemingenzoals een christelijk rusthuis of een vrijzinnigeverenigingmogen discrimineren in hun personeelsbeleid om hunlevensbeschouwelijke eigenheid te beschermen."

Dit is geen uitspraak van de 'omstreden' Matthias Storme maar van Jozef De Witte, directeur van het Interfederaal GelijkekansencentrumOok hij verdedigt"de vrijheid om te discrimineren". We discrimineren eigenlijk voortdurend endat is vaak onproblematisch. In een democratische rechtsstaat geldt enkel eenverbod op discriminatie als het basisvrijheden en grondrechten schaadt.

De overheid moet zich daarom steeds aan het gelijkheidsbeginsel houdenOngelijke behandeling kan enkel als daarvoor een voldoende reden is. Datmensen met een handicap aparte parkeerplaatsen krijgen, is een klassiekvoorbeeld. Maar als moslims zonder afdoende reden in openbare scholenongelijk behandeld worden, is er wel een probleem

Storme, professor in Leuven, verdedigt dit uitgangspunt heel expliciet - wat me overigens benieuwd maakt naar de argumentatie die hij destijds als advocaatgebruikte om het homohuwelijk aan te vallenHet is ieders recht om het homohuwelijk onwenselijkimmoreel of zondig te vinden, maar dat is ietsanders dan de legalisering ervan te bestrijdenEen neutrale overheid mag nietdiscrimineren tussen hetero's en holebi's. Ze is de legalisering van het homohuwelijk daarom aan zichzelf verplicht.

HET RECHT OP VERENIGING GEEFT DE VRIJHEID OM ORGANISATIES OP TE RICHTEN WAARIN DISCRIMINERENDE REGELS GELDEN. VEEL VRIJMETSELAARSLOGES ZIJN ENKEL VOOR MANNEN EN ANDERE VERENIGINGEN RICHTEN ZICH SPECIFIEK TOT HOLEBI'S

Ook in de civil society en op het individuele niveau moet discriminatie aangrondrechten getoetst worden. Ik mag discrimineren in mijn partnerkeuze, want gelukkig heeft niet iedereen het recht om met mij een relatie te beginnen. Het recht op vereniging geeft ook de vrijheid om organisaties op te richten waarindiscriminerende regels geldenVeel vrijmetselaarsloges zijn enkel voor mannenen andere verenigingen richten zich specifiek tot holebi's

vindt dat misschien ouderwets of onwenselijk, maar mensen hebben het rechtzich op die manier te verenigenNiet alles wat mensen immoreel vindenmoetjuridisch strafbaar zijn. De vrijheid om te discrimineren verdedigen, is overigensniet hetzelfde als het goedkeuren of aanmoedigen ervan.

Wie deze individuele vrijheid doortrektconcludeert met Storme dat mensen ookmogen discrimineren als ze hun huis verhuren of een taxibedrijf opbellen met de vraag naar een blanke of mooie vrouwelijke chauffeur. Mensen hebben immersgeen recht om precies mijn huis te huren en als ik mijn chauffeur niet mag kiezen, mag ik dan ook mijn kruidenier of advocaat niet meer kiezen

We moeten hier twee zaken toevoegen. Wanneer er veel verhuurders enwerkgevers zijn die geen mensen toelaten met een moslimnaamdan komen erwel degelijk grondrechten in het gedrang: het recht op wonen en op arbeidHet probleem wordt dan 'structureelen maakt het legitiem dat de overheid ingrijpt - niet omdat verhuurders niet mogen discrimineren, maar omdat huurders in hunrechten worden geschonden. Dit vraagt een breed en efficiëntgelijkekansenbeleideventueel zelfs quota.

TERWIJL DE OVERHEID DISCRIMINATIE MOET BESTRIJDEN OM ONZE GRONDRECHTEN TE BESCHERMEN, KUNNEN INDIVIDUEN BINNEN BEPAALDE GRENZEN VRIJ DISCRIMINEREN OMDAT ZE DRAGERS VAN GRONDRECHTEN ZIJN

Anders dan Storme denk ik dat hier ook een antidiscriminatiewet een plaatsheeft. De overheid moet dan niet de voorkeur van de klant voor een bepaaldsoort taxichauffeur strafbaar maken, de relevante vraag is of het taxibedrijf op die discriminerende vraag mag ingaanStorme zou hier positief op antwoordenik niet. Dat maakt ook het Hof van Justitie van de EU duidelijk in de zaak-Feryn, de kantelpoortenfirma die geen allochtone monteurs wilde omdat klantengeen vreemde arbeiders wensenWie een publieke dienst aanbiedt, mag voorbepaalde groepen de gelijke toegang tot de arbeidsmarkt niet structureelweigeren.

We moeten dus verschillende niveaus onderscheiden. En terwijl de overheiddiscriminatie moet bestrijden om onze grondrechten te beschermenkunnenindividuen binnen bepaalde grenzen vrij discrimineren omdat ze dragers van grondrechten zijnEn daartussen zit de civil society, de arbeids- en onderwijsmarkt

Is hiermee alles uitgeklaardNeeBijvoorbeeld inzake de tendensondernemingenwaarom zou een zakenman die volgens islamitischeregels bankiert een atheïstisch personeelslid mogen weigerenterwijl Hema geenregels mag uitvaardigen inzake levensbeschouwelijke tekens op de werkvloer? En waarom zou het katholiek lager onderwijs dat 70 procent van het onderwijsaanbod vertegenwoordigtpositief mogen discrimineren ten aanzienvan gedoopte leerkrachtenwaardoor mogelijk het recht op arbeid van ongedoopte leerkrachten in het gedrang komt?
Storme lijkt me voor deze en andere discussies eigenlijk een prima gesprekspartner.

 

 

 

 

 

jeudi 30 octobre 2014

"Il est scandaleux que les autorités n'imposent pas d'exigences linguistiques aux imams"


Jeroen Zuallaert

Spécialiste de la radicalisation islamique et du jihad international, le chercheur Montasser AlDe'emeh explique qu'il voit toujours passer les jeunes musulmans sur le point de partir en Syrie. Il les reçoit dans son studio à Molenbeek.


Montasser AlDe'emeh © .

Il y a quelque temps, AlDe'emeh a reçu un garçon de son quartier, fermement décidé à partir en Syrie. Il hésitait à se joindre au Front Al-Nosra ou à l'État islamique. "J'essaie de dialoguer avec eux, d'écouter leurs arguments. J'ai réussi à persuader certains de l'utilité de leur présence en Belgique, mais à présent ce garçon se bat en Syrie".

Il se dit frustré par le manque complet d'organisation de la communauté musulmane belge. "C'est une honte qu'après cinquante ans les imams ne parlent toujours pas néerlandais ou français, parce qu'on doit encore les importer du Maroc ou de l'Arabie saoudite. Il est carrément scandaleux que les autorités n'imposent pas d'exigences linguistiques aux imams. On ne peut pas s'attendre à ce qu'un imam qui ne parle pas la langue, s'occupe de l'engagement social des jeunes. Cela relève de la responsabilité de tous. Non seulement de la communauté musulmane, mais aussi de l'état".

"Cette situation illustre le manque de reconnaissance des musulmans dans notre pays" estime AlDe'emeh. "Beaucoup de Belges ne tiennent toujours pas compte du fait que 600.000 musulmans vivent en Belgique. Nous sommes tout au plus tolérés, mais pas reconnus. Je trouve grossier d'être toléré. "

"Ce manque d'organisation et de reconnaissance a produit une génération de musulmans qui connaissent très peu l'Islam et qui se prennent pour Dieu sur Terre. Je trouve que beaucoup de musulmans se comportent de manière ingrate. Ils s'insurgent contre l'Occident, comme si tout le monde était raciste. Ils ne voient pas les chances que leurs parents ont reçues ici. Le racisme est un grand problème en Belgique, mais je trouve qu'il faut également tenter de comprendre les racistes. Personne ne naît raciste".

Selon lui, la politique de déradicalisation des autorités belges ne sert à rien. "Vous pouvez rédiger mille projets, si l'initiative ne vient pas de la communauté musulmane, le problème ne sera jamais résolu. Il faut d'ailleurs veiller à ce que ces projets ne radicalisent pas encore davantage les jeunes. L'état sous-estime le désir d'activisme politique auprès des jeunes musulmans. Si ces jeunes s'étaient sentis représentés dans la société, ils n'auraient pas rejoint Sharia4Belgium".

AlDe'emeh partage cette désillusion politique. "Je suis content de ne pas avoir voté aux élections. Il n'y avait aucun parti qui me représentait. Pour qui dois-je encore voter ? Les socialistes ont totalement gâché leur politique d'intégration de ces vingt dernières années. Ils ont utilisé les musulmans comme bétail électoral, mais entre-temps ils ont voté l'interdiction du voile. Je préfère un N-VA conséquent à un socialiste inconséquent".


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MASSE CRITIQUE


600.000 musulmans en Belgique, cela peut compter comme masse critique dans une société de 10 millions de citoyens. Un potentiel électoral non négligeable, « du bétail électoral » pour certains. Question : combien partagent l’avis de ce monsieur ouvert et critique, combien s’identifient à une forme d’islam radical ? Nous n’avons absolument aucune idée.

Il est essentiel que l’islam de Belgique soit transmis par des imams d’ici, c’est un pas que doivent franchir tous les musulmans dans un esprit de concorde et d’harmonie entre ceux qui pensent autrement. Chacun doit faire un pas vers l’autre sinon nous aurons le grand clash des civilisations.  

MG

"Les Flamands éprouvent manifestement plus d'empathie pour les animaux que pour les immigrés"


Walter PauliHan Renard


Nos confrères de Knack se sont entretenus avec Wouter van Bellingen, le nouveau directeur du Forum flamand des Minorités , à propos du colonialisme, de la classe moyenne blanche et de Zwarte Piet.


Wouter Van Bellingen © Saskia Vanderstichelen

le centre pour l'égalité des chances a jugé récemment que la notion de zwarte piet n'est pas raciste. vous en revanche, êtes d'avis que zwarte piet est condamné à disparaître.

Van Bellingen: Il s'agit d'une tradition, mais les traditions aussi évoluent. Si aujourd'hui on constate qu'une minorité est blessée par les vieilles habitudes de la majorité, pourquoi ne pas changer cette habitude ?

LES GENS ONT ÉVIDEMMENT LE DROIT DE SE SENTIR BLESSÉS, MAIS DANS UNE SOCIÉTÉ TRÈS DIVERSIFIÉE, NE VAUDRAIT-IL PAS MIEUX QUE CHACUN NE SOIT PAS AUSSI SUSCEPTIBLE ?

Van Bellingen: Voilà une remarque caractéristique de la classe moyenne blanche. Quand il s'agit de liens entre les sentiments de la majorité et les sentiments de la minorité, il me semble qu'il faut aller dans les deux sens. Dans le débat autour de Zwarte Piet, je souhaiterais qu'on abandonne toute forme de populisme et qu'on demande aux historiens et aux chercheurs de nos universités de placer cette notion dans le bon contexte. Personnellement, je suis d'avis qu'il faut se concentrer sur des thèmes beaucoup plus importants.

BIEN, MAIS LE DÉBAT FAIT RAGE. AUX PAYS-BAS, MÊME TRÈS VIVEMENT. COMMENT CELA SE FAIT-IL ?

Van Bellingen: Il ne s'agit évidemment pas uniquement de Zwarte Piet, mais de la volonté de la majorité d'une part et des droits de la minorité d'autre part dans une société en cours d'évolution. À l'époque, le débat public était mené exclusivement par des hommes blancs hautement qualifiés. À l'heure actuelle, d'autres avis se font entendre. Que fait-on ? Les ignorer ou en tenir compte ?

QUE FAIRE D'UNE BANDE DESSINÉE COMME TINTIN AU CONGO ?

Van Bellingen: J'ai lu cet album quand j'étais petit. Mais aujourd'hui mes enfants me disent : 'qu'est-ce que c'est démodé'. Ils ne lisent plus Tintin, ils regardent YouTube. Il faut plutôt se demander à quel point la Flandre a assumé le colonialisme.

QUEL EST LE RAPPORT ENTRE LA LECTURE D'ANCIENNES BANDES DESSINÉES ET LE NÉOCOLONIALISME? PRENEZ L'ALBUM DE BOB ET BOBETTE, "LE JOUEUR DE TAMTAM", UN CLASSIQUE DE WILLY VANDERSTEEN. DANS CETTE BANDE DESSINÉE, UNE TRIBU AFRICAINE N'ARRIVE PAS À VAINCRE LES SINGES, MAIS HEUREUSEMENT LES HÉROS BLANCS ARRIVENT À LA RESCOUSSE. FAUT-IL ÉGALEMENT INTERDIRE DE TELS ALBUMS ?

Van Bellingen: Je le répète, ces anciennes bandes dessinées ne font plus partie de l'univers d'enfants d'aujourd'hui. Je ne vois donc pas l'utilité de les interdire même si je m'interroge sur la mauvaise volonté de débattre de ces questions. Récemment, Radio 1 a donné la parole à Didier Volckaert, le réalisateur d'un documentaire sur les zoos humains pendant l'exposition universelle de 1913 à Gand. Il disait : 'Je trouve bizarre que de nombreux Flamands osent laisser tomber d'anciennes coutumes quand il s'agit d'animaux, telles que boire des poissons vivants à Grammont, ou les courses de chevaux à certains endroits. Quand il s'agit de droits des animaux, le Flamand peut donc faire preuve d'empathie. Cependant, il n'arrive manifestement pas à éprouver de l'empathie pour les personnes d'origine allochtone'. Les Flamands éprouvent manifestement plus d'empathie pour les animaux que pour les immigrés. Il faut débattre de ce sujet. Quels mécanismes entrent en ligne de compte ? Je pense parfois que la Flandre a besoin d'un psychologue, pour enfin digérer ces traumatismes : du refus à voir la cruauté du colonialisme en face à la collaboration et à la répression en passant par ses rapports difficiles avec les immigrés et les nouveaux venus.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« JE PENSE PARFOIS QUE LA FLANDRE A BESOIN D'UN PSYCHOLOGUE »

Voilà une expression qui ne va pas  faire plaisir aux Flamands.

Tout se passe comme si depuis l’arrivée au pouvoir de la N-VA le « dialogue des cultures » se crispait en conflit des ethnies. La N-VA, cela s’avère de plus en plus pratique une version soft de la xénophobie Vlaams Belang ce qui augure très mal de  l’avenir des relations entre autochtones et allochtones. Il est clair que la machine PS ne manquera pas de braquer un phare  sur tout manquement e, l’occurrence. Wouter Van Bellingen (Anvers, 20 avril 1972) est d'origine rwandaise. Il a été adopté dans sa prime enfance par une famille nationaliste flamande. Depuis le 2 janvier 2007 il est échevin de Saint-Nicolas ( Flandre orientale) 

Il est le premier échevin noir de Flandre. En raison de sa couleur de peau, trois couples ont refusé que Van Bellingen les marie. Le 21 mars, journée internationale contre le racisme ,il a marié 626 couples2.

Fin février 2009, il accepte de figurer comme indépendant sur la liste du SP.A aux élections régionales.

C’est donc un cas de figure très intéressant d’un homme intelligent génétiquement rwandais et culturellement flamand  bref un mutant  qui a quelque difficulté au sein d’une société qui a du mal à l’accepter à part entière. Il souffre à l’évidence de ce qu’on pourrait appeler un complexe de zwartePiet. C’est dire combien les stéréotypes archaïque que charrie notre folklore autrement dit notre culture entravent un dialogue pour ne pas dire une symbiose entre les cultures.

Il est clair qu’on peut comprendre les réactions des couples flamando-flamands et aussi celui de l’échevin rwando flamand :ce sont des réflexes hérités du passé colonial belge, ils doivent être dépassés, comme doivent l’être également les réflexes d’un islamisme traditionnaliste et intégriste au profit d’un islam européanisé et délivré de ses scories archaïques. Les concessions et accommodements doivent se faire de part et d’autre si on veut éviter l’exacerbation des tensions.

MG