lundi 6 octobre 2014

Bruxelles "trop dangereuse" pour un voyage scolaire ?

Le Vif


Source: Belga

Une école primaire de Hasselt (province de Limbourg) a annulé une excursion de trois jours à Bruxelles en raison de craintes d'un attentat terroriste, lit-on samedi dans De Standaard et Het Nieuwsblad


© Belga

"La sécurité pour les enfants et le personnel est prioritaire. Chaque jour, nous lisons des informations relatant des menaces terroristes sur plusieurs lieux. Et maintenant, la Belgique a aussi envoyé des F-16 en Irak. Je le sais bien: le risque que quelque chose se produise est très faible. Mais nous sommes responsables d'enfants qui ne sont pas les nôtres, et ce durant 24 heures sur 24. Si nous ne pouvons garantir leur sécurité à Bruxelles, nous n'y allons pas", affirme Filip Kuijpers, le directeur de l'établissement scolaire.

Les parents ont été avertis vendredi sans avoir été consultés au préalable. Le président du conseil des parents s'est dit surpris, estimant cette décision "tirée par les cheveux".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

COURT CIRCUIT

Entre Flamands et Bruxellois, le courant ne passe plus depuis longtemps.

Très longtemps, les Flamands ont redouté la pieuvre tentaculaire bruxelloise, laquelle, comme toutes les grandes métropoles a tendance à étendre ses bras innombrables vers la périphérie. Ils appellent cela " la tâche d’huile" et ils estiment que cela dénature le caractère historiquement flamand de Halle, Vilvorde, Overijse, Hoeillaert en noem maar op. Depuis quelques années leur crainte a changé d’objet car ce sont des fils et des filles d’immigrés qui « envahissent » le Brabant flamand. « Vilvoorde waar de Vlaming thuis is » a eu beau arracher les rails de tram de la Schaarbeeklei et de l’avenue de Vilvorde, de plus en plus d’immigrés y prennent racine : pas moins de trente djihadistes sont partis de Vilvorde contre 50 d’Anvers et 100 de  Bruxelles. C’est dire que l’immigration s’étend de plus en plus vers le Brabant flamand. Les medias font un travail de sape pour dénigrer l’image de  Bruxelles. Le Vif relaye systématiquement des articles hostiles à Bruxelles du magazine Knack. Rappelons que le seul avenir digne de Bruxelles, capitale de l’Europe passe par la création d’une communauté urbaine bruxelloise de plus de 100 communes (soit près de nonante en plus des 19) qui compte près de trois millions d’habitants et recouvre l’ensemble de l’ancienne province de Brabant, autrement dit une vaste zone où il conviendrait de promouvoir le vivre ensemble.

MG

 

 

DES "SAFARIS URBAINS" POUR LES FONCTIONNAIRES FLAMANDS QUI ONT PEUR DE BRUXELLES

Source: Le Vif

En 2018, environ 2000 fonctionnaires vont devoir déménager de la gare du Nord au site de Tours & Taxis, un quartier "à risque" qui leur fait peur. Des "safaris urbains" sont organisés par l'administration flamande pour les rassurer sur leur nouveau lieu de travail. Une situation à la fois drôle et pathétique.


Le reportage satirique de la VIER sur le déménagement des fonctionnaires. © DR

Quelque 2000 fonctionnaires de l'administration flamande seront bientôt contraints de quitter leur bureau situé à un jet de pierre de la gare du Nord pour aller s'installer dans un nouveau bâtiment qui sera construit sur le site de Tours & Taxis, "de l'autre côté du Canal". "Bientôt" est en fait un bien grand mot, car les nouveaux bureaux ne seront réellement prêts qu'en 2018. Mais ce déménagement attise d'ores et déjà la grogne d'une partie de ces fonctionnaires soutenus par les syndicats. La raison invoquée: une fois sortis du train, les navetteurs vont devoir parcourir tous les jours 1,5 km (!) pour rejoindre leur nouveau lieu de travail.

C'est moins la distance qui les irrite que le quartier qu'ils devront traverser, considéré comme une "zone à risques", dont un parc décrit comme "hostile". Des termes sulfureux que la police tente, de son côté, de relativiser tant bien que mal. Si dans l'inconscient collectif, le concept bruxellois de "l'autre côté du Canal" résonne pour la plupart des navetteurs flamands et wallons comme le "bronxbruxellois", zone dangereuse où la criminalité fait rage, il serait de bon ton de redonner une image un peu plus reluisante à cette partie de Bruxelles en pleine mutation qui attire de plus en plus de sociétés. Non seulement à ce quartier spécifique mais à notre capitale dans son entiereté, souvent vue de l'extérieur comme une ville sale, mal gérée et où règne l'insécurité.

LES "SAFARIS" URBAINS POUR FONCTIONNAIRES "TIMORÉS" : DRÔLE ET PATHÉTIQUE À LA FOIS

Dans ce contexte, et pour apaiser les tensions, l'administration flamande a décidé d'organiser des "promenades guidées" d'une heure et demi afin de rassurer ses ouailles et de leur permettre de découvrir ce quartier qu'ils devront traverser au quotidien pour rejoindre leur nouveau siège. Ces "balades" confiées à des guides locaux suscitent un grand engouement. Quinze étaient initialement prévues, il y en a déjà 24 de planifiées à l'heure actuelle. Au nombre de trois par jour, dont une planifiée sur les heures de travail, elles ont affiché complet en un temps record, selon les informations fournies par Ben Nauwelaers, le porte-parole de l'Agentschap Facilitair Management qui espère toucher de cette manière environ 600 employés.

L'initiative est louable. Cependant, dans cette histoire bien belge, le fonctionnaire flamand renvoie encore l'image - apparemment pas si éculée - d'un employé embourbé dans ses petites habitudes et d'une administration dont on imaginait l'immobilisme révolu. On n'échappe pas non plus au cliché trop facile du personnel étatique qui profite de ses heures de bureau pour aller prendre l'air, et qui a besoin de 4 ans (!) pour se faire à l'idée d'un (petit) déménagement qu'il devrait plutôt envisager comme une belle opportunité de changement.

L'organisation de ce genre de "safaris" urbains pour fonctionnaires "timorés" pousse malheureusement à ce genre de vision à la fois drôle et pathétique. Le programme satirique à succès de la chaine flamande VIER "De Ideale Wereld" ("Le Monde Idéal") en a d'ailleurs fait ses choux gras en réalisant dernièrement une petite séquence pleine d'autodérision qui met en scène une poignée de fonctionnaires flamands pris par la main comme lors d'une dangereuse excursion dans la jungle urbaine à la découverte de leurs nouveaux bureaux : cordée, escalade d'obstacles, traversée fébrile du redouté Canal, embuscade derrière des fourrés lors du passage d'un fourgon de police et, enfin, arrivée exaltée devant le bâtiment tant décrié...Et dans ce cas-là, mieux vaut en rire.

 

 

Aucun commentaire: