samedi 25 octobre 2014

"Dans ce pays, il y a deux partis communautaires: le PS et la N-VA"

ENTRETIEN>ANTOINE CLEVERS ET VINCENT ROCOUR LA LIBRE BELGIQUE 


 

Kristof Calvo, le chef du groupe Ecolo-Groen, juge l’accord du gouvernement "déséquilibré" et muet sur l’environnement. Il regrette que le PS ait choisi la voie du confédéralisme. Rencontre avec un jeune homme de 27 ans qui voulait déjà devenir ministre à 12 ans quand ses camarades de classe ne rêvaient que de gloire au football...

 

EST-CE QUE LES FRANCOPHONES EXAGÈRENT SUR LE DÉBAT DE LA COLLABORATION SUSCITÉ PAR LES ÉLUS N-VA ?

Ce n’est pas une question de francophones contre Flamands. C’est un débat sensible des deux côtés. Mais nous, on a essayé de faire plus que ça. Le combat de notre groupe, c’était sur les chiffres budgétaires. Et nous les avons eus. C’est une victoire historique pour les écologistes. Pour avoir un vrai débat, il nous les fallait. Les chiffrent ne mentent pas. On voit ainsi que, en 2015, il y a des économies incompréhensibles sur les navetteurs; que le gouvernement prévoit le même montant dans la lutte contre la fraude sociale et la fraude fiscale…

SUR LE SOCIO-ÉCONOMIQUE, EST-CE UN GOUVERNEMENT DE RUPTURE OU DANS LA CONTINUITÉ DU PRÉCÉDENT ?

Je suis nuancé. Même Di Rupo est nuancé puisqu’il a dit que ce gouvernement reprend 70 % de ses mesures… Di Rupo, c’était un peu les préliminaires de Michel : dégressivité des allocations de chômage, prolongation de Tihange 1, saut d’index - Di Rupo a fait un saut d’index déguisé, comme l’a dit Wouter Beke (CD&V). Il a tracé le chemin.

QUELLES SONT VOS PRINCIPALES CRITIQUES ?

Elles sont de deux ordres. D’abord, sur l’environnement. Le volet environnemental de l’accord de gouvernement, c’est zéro ambition. Si le mot n’était pas délicat, je dirais que c’est du négationnisme climatique. Si on parle de climat dans l’accord, c’est le climat des entreprises… On dirait un accord des années 80.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UNE ETOILE MONTANTE

Ce jeune homme brillant a tout à fait raison  : PS et N-VA sont deux partis communautaristes qui conduisent le pays au confédéralisme et à la sécession. Ils se sont déclaré une guerre mutuelle totale  et  sans merci. Tenaillés l’un par sa droite extrême et l’autre par sa gauche activiste qui les harcèlent le PS et la N-VA en font des tonnes et exaspèrent l’électeur de demain, dans un climat d’électoralisme permanent. 

C’est le contraire du compromis des Belges, c’est l’offensive à outrance qui mènera le pays à la ruine. Le VLD, le MR et le CD&V se situent dans la continuité de Di Rupo 1 (à 70%) avec des accents à l’évidence plus thatchériens (à 30%) mais la rupture est moins nette que ne veulent le laisser entendre les ultras du bataillon PS anti MR. L’arrogance du mouvement de Bart et la frustration de celui d’Elio sont délétères.

« Ze halen alles uit de kast », ils tirent sur tout ce qui bouge chez l’ennemi absolu : comme en Allemagne dans les années trente.

On a dit avec raison que la seule coalition démocratique aurait dû unir le PS vainqueur en francophonie et  la NV-A triomphante en Flandre. On comprend aujourd’hui que cette formule était inconcevable.

Le  drame de notre démocratie c’est que les politiques ne se sentent pas responsables de leur engagement au-delà d’une législature, quand la démocratie a besoin d’une vision et d’une gouvernance à long terme au moment où le système s’effondre.



MOUREAUX SUR LA COLLABORATION : "ON DEVRAIT TOURNER LA PAGE"

François Brabant

Source: Le Vif/L'Express

L'historien et ancien ministre socialiste Philippe Moureaux ne considère pas l'amnistie comme un tabou. Cette opinion à contre-courant, il s'y est rallié progressivement. Mais sans jamais l'exprimer en public. Retraité de la vie politique depuis cinq mois, il livre pour la première fois le fond de sa pensée.


Philippe Moureaux © Belga

LE VIF/L'EXPRESS : CETTE HYSTÉRIE DANS LE DÉBAT SUR LA COLLABORATION, LA BELGIQUE N'EN SORTIRA JAMAIS ?

Philippe Moureaux : Je pense malheureusement que la société belge a une très grande difficulté à dépasser cet événement historique. Le danger, c'est de confondre les errements de certains, qui sont aujourd'hui tellement lointains que je ne vois pas comment on pourrait encore poursuivre leurs descendants, et les idées abominables qui ont mené à la catastrophe que l'on sait. Autant je suis d'une extrême fermeté sur la condamnation des idées, autant je n'aime pas que l'on en revienne toujours à ce procès de la Flandre qui a été, partiellement, un foyer de la collaboration.

QU'AURAIT-IL FALLU FAIRE ?

Solder non pas les idées du passé, mais les séquelles qui touchaient encore les personnes. D'autant qu'on a pratiqué, en Belgique, des dizaines de mini-amnisties honteuses. Moi-même, ministre de la Justice, j'ai régularisé des dossiers. Mais je disais à mes collaborateurs : surtout, il ne faut pas que ça se sache. Je n'ai pas eu le courage d'assumer cette position. C'était de toute façon inaudible à l'époque, et ça l'est encore largement aujourd'hui.

VOUS AURIEZ ÉTÉ FAVORABLE À UNE AMNISTIE GÉNÉRALE ?

Amnistie, c'est un mot tout à fait recevable. Les actes répréhensibles ne peuvent pas être poursuivis éternellement. Sauf cas exceptionnels, comme les gens qui ont participé à la Shoah. Peut-être aurait-il fallu trouver un autre mot qu'amnistie, pour éviter de braquer la population. Mais je pense en effet qu'on aurait dû être plus actif qu'on ne l'a été dans le règlement de ce passé-là.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LAURETTE VA DETESTER SON MENTOR

On peut ne pas aimer l’ancien bourgmestre de Molenbeek mais il est difficile de ne pas admirer le sage Philippe Moureaux qui avec feu Jean Luc De Haene et Mark Eyskens et quelques « grand old men » sont la conscience historique et la mémoire de notre pays. Puissent-ils continuer à nous éclairer mais réjouissons-nous de l’intelligence qui émane de plusieurs jeunes talents de Groen, un parti qui va nous surprendre et nous étonner tandis que le PS et la N-VA vont nous exaspérer de plus en plus.

MG

 

 

Aucun commentaire: