lundi 20 octobre 2014

Eric Zemmour, champion de France de la polémique

AFP La Libre



Dans une France déboussolée par l'impuissance politique à surmonter la crise, le polémiste Eric Zemmour défend avec une indéboulonnable assurance sur les plateaux de télévision sa vision catastrophiste du pays, et son nouveau livre "le suicide français" fait un tabac.

Ce pavé de 500 pages, déjà vendu à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires deux semaines après sa parution, dénonce les élites politiques, économiques, médiatiques et intellectuelles, accusées d'avoir bradé les valeurs sur lesquelles la France s'est construite, et désigne pour cibles principales l'Europe et l'immigration. Le succès du livre est dû pour une part à l'aura sulfureuse qui entoure son auteur, un ancien journaliste de 56 ans, véritable bête médiatique que s'arrachent les émissions de talk show, certaines qu'avec lui le spectacle sera au rendez-vous.

Face à des interlocuteurs démontés par son assurance, Eric Zemmour énonce des affirmations qui lui ont déjà valu d'être poursuivi en justice. Il a été condamné pour incitation à la haine raciale pour avoir dit en 2010 que "la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes". Le 6 mai, il a avancé sur la radio RTL que "les grandes invasions d'après la chute de Rome sont désormais remplacées par les bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d'Africains qui dévalisent, violentent ou dépouillent ".

La dernière polémique lancée par ce juif originaire d'Afrique du nord concerne le régime de Vichy durant l'Occupation allemande. Prenant le contrepied des travaux d'historiens, il a affirmé que le régime dirigé par le maréchal Pétain avait sauvé les juifs français de la déportation en sacrifiant les juifs étrangers. "Un argument totalement vide", a répliqué l'historien Robert Paxton, rappelant que Vichy avait édicté dés juillet 1940 des lois anti-juives sans attendre les injonctions de Hitler.

Mais si le polémiste a autant de succès, "c'est parce qu'il exprime clairement ce qu'une partie de la population ressent confusément", explique à l'AFP Jérôme Fourquet, politologue à l'institut français d'opinion publique (Ifop).

"ZEMMOURISATION DE LA SOCIÉTÉ"

Eric Zemmour est "le symptôme d'une droitisation de notre société" déboussolée par les évolutions engendrées par la mondialisation, selon Jérôme Fourquet.

"Ses thèses sont majoritaires aujourd'hui malheureusement dans notre société", constate Jean-Christophe Cambadélis, numéro un du Parti socialiste au pouvoir, qui parle de "zemmourisation de la société". "Tous les thèmes réactionnaires classiques ont pris le dessus: l'identité par rapport à l'égalité (...), une liberté pour les Français de souche et pas pour ceux qui sont issus de l'immigration, relativiser l'antisémitisme", regrette-t-il.

"Il vient remplir intellectuellement le vide ouvert par le discrédit général des forces politiques", estime aussi le sociologue Michel Wievorka. Le sociologue relève cependant que si les thèses du polémiste sont proches du Front National, le parti d'extrême droite dirigé par Marine Le Pen, ou de l'aile dure de la droite classique obsédée par le "déclin français", il se garde de leur être inféodé sous peine de perdre sa crédibilité auprès de ceux qu'il séduit.

"Il se dit isolé dans le paysage politico-médiatique mais majoritaire dans le pays ce qui constitue un levier puissant pour ses idées", souligne Jérôme Fourquet.

"Aujourd'hui, le roi de la transgression c'est lui et le transgressif c'est ce qui se vend le mieux", regrette Alain Jakubowicz, président de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).

Michel Wievorka, directeur d'études à l'institut des hautes études en sciences sociales (EHESS), explique aussi l'audience remportée par les discours à l'emporte-pièce du polémiste par l'évolution de la sphère médiatique, "où la figure de l'intellectuel classique n'a plus sa place". Il relève "une autre dimension importante" du phénomène Zemmour: "autrefois le débat intellectuel français était le cœur du débat mondial", autour de philosophes ou de sociologues comme Jean-Paul Sartre, Michel Foucauld ou encore Pierre Bourdieu. "Aujourd'hui c'est fini. Le débat français est devenu franco-français, provincial. La vie intellectuelle française a perdu de sa centralité".

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE ZEMMOUR FLAMAND


Bart De Wever est un peu le Zemmour flamand : même gouaille, même humour, même assertivité, même culot. Bart est, lui aussi, une « bête médiatique que s'arrachent les émissions de talk show, certaines qu'avec lui le spectacle sera au rendez-vous. » Il l’a prouvé hier encore au Zevende dag, l’émission politique phare de la VRT : « une grande partie du Mouvement flamand, dont je suis un descendant, s'est retrouvée du mauvais côté et appartient aux pages noires (de l'histoire). Mais puis-je s'il vous plaît me concentrer sur les problèmes de ce siècle ou est-ce que je dois continuer à m'occuper des problèmes de la première moitié du siècle passé?" Alors que Theo Francken s'était interrogé sur la "plus-value" des migrations congolaises et marocaines, Bart De Wever a justifié cette réflexion qui selon lui "ne fait que s'interroger sur les différents modèles de migration". Selon le président de la N-VA, l'agitation de cette semaine au parlement est essentiellement le fait du PS à qui le fait de se retrouver dans l'opposition fait particulièrement mal.(…) Bien évidemment, que des gens ont eu des raisons de rejoindre la collaboration. Il y en a eu tellement. Ratzinger (l'ancien pape Benoît XVI) appartenait aux Jeunesses hitlériennes, Mitterrand a été collaborateur. Le roi de Belgique a été prendre le café chez Hitler pour lui demander s'il pouvait prendre le pouvoir. Il faut voir cela dans le contexte de l'époque. Il s'agissait bien évidemment de fautes, tant sur le principe que tactiquement".

Les forumeurs du Vif n’y vont pas de main morte mais ils ne s’y trompent pas :« Lorsque Babar et sa clique de poujadistes, balancent des boules puantes vers les démocrates, rien n'est laissé au hasardIl y a quelque chose de machiavélique dans son discours populiste qui provoque les rires bien gras des agités agitateurs type Vlaams Blok. » (…)« L’ électorat populiste flamand a besoin de ce genre de politicien de fête foraine . » « La NVA ne renie aucune des positions du Vlaams Blok, et ne les reniera jamais puisque cette partie de son électorat fait la moitié de ses votes. »

Clairement, Zemmour adopte un discours FN soft comme De Wever entonne une rhétorique VB light. C’est bonnet brun et brun bonnet.

Reste à savoir si la zemmourisation de la France est de nature à déborder en Wallonie et à Bruxelles, auquel cas, le calcul de la suédoise pourrait se révéler payant au détriment d’un Wallobrux complètement « hollandisé ».

MG

 

DE WEVER CONDAMNE LA COLLABORATION MAIS PAS LES PROPOS DE FRANCKEN ET JAMBON

Le Vif

Sur le plateau de la VRT, le président de la N-VA a répété "pour la millième fois" que la collaboration était une faute, mais il ne se distancie pas des propos de Jan Jambon ni des déclarations racistes de Theo Francken.


Bart De Wever (N-VA) © BELGA

Le président de la N-VA Bart De Wever a répété dimanche dans l'émission De Zevende Dag sur la VRT, "pour la millième fois", que la collaboration était une faute. Il ne se distancie cependant pas de Jan Jambon qui a indiqué que certains avaient leurs "raisons" de collaborer. Bart De Wever souligne que même le roi a collaboré avec Hitler. Le président de la N-VA ne se distancie pas non plus des déclarations racistes de Theo Francken.

"Qu'une grande partie du Mouvement flamand, dont je suis un descendant, s'est retrouvée du mauvais côté appartient aux pages noires (de l'histoire). Mais puis-je s'il vous plaît me concentrer sur les problèmes de ce siècle ou est-ce que je dois continuer à m'occuper des problèmes de la première moitié du siècle passé?"

Deux membres N-VA du gouvernement fédéral se sont retrouvés au centre d'une immense polémique cette semaine pour des propos et comportements en lien avec la collaboration et pour des déclarations racistes, Bart De Wever se trouvant pendant ce temps-là à Shanghaï au moment de voter la confiance au gouvernement.

De retour de son périple au cours duquel il est allé mettre en avant les intérêts du port d'Anvers, ce dernier s'est exprimé une nouvelle fois samedi à sa descente d'avion pour dire que Theo Francken, que le Premier ministre Charles Michel avait contraint à formuler des excuses après des propos racistes, n'avait commis "aucune faute". M. De Wever a également estimé que l'agitation de cette semaine n'avait "aucun sens".

Le président de la N-VA a répété ses déclarations dimanche sur la VRT. Alors que Theo Francken s'était interrogé sur la "plus-value" des migrations congolaises et marocaines, M. De Wever a justifié cette réflexion qui selon lui ne fait que s'interroger sur les différents modèles de migration. Selon le président de la N-VA, l'agitation de cette semaine au parlement est essentiellement le fait du PS à qui le fait de se retrouver dans l'opposition "fait particulièrement mal".

Bart De Wever ne prend donc aucunement ses distances ni avec Theo Franckenni avec Jan Jambon qui a tenu des propos ambigus sur la collaboration. "Si vous reculez après un tel battage, alors vous ne cesserez de reculer. Et dès lors ils nous agiteront comme une serpillière à la Chambre. Bien évidemment, que des gens ont eu des raisons de rejoindre la collaboration. Il y en a eu tellement. Ratzinger (l'ancien pape Benoît XVI) appartenait aux Jeunesses hitlériennes, Mitterrand a été collaborateur. Le roi de Belgique a été prendre le café chez Hitler pour lui demander s'il pouvait prendre le pouvoir. Il faut voir cela dans le contexte de l'époque. Il s'agissait bien évidemment de fautes, tant sur le principe que tactiquement".

 

 

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