mercredi 1 octobre 2014

"Si la N-VA n'arrive pas à ajouter l'article 195 à l'accord gouvernemental, elle devra s'inquiéter pour 2019"


Bart Maddens

Politologue à la KULeuven et proche du mouvement flamand( in Le Vif)

Pour le politologue Bart Maddens, la N-VA doit faire ajouter l'article 195, qui organise la révision de la Constitution, dans l'accord du gouvernement "suédois". "Une large déclaration de révision de la constitution ne signifie pas qu'il faut qu'il y ait une réforme de l'état après 2019. Cela signifie seulement qu'elle ne soit pas rendue impossible d'avance. Selon lui, les militants de la N-VA n'accepteront pas que le confédéralisme soit mis au frigo pour au moins 10 ans".


Jan Jambon et Bart De Wever (N-VA) © BELGA

Qu'est-ce qui a pris la N-VA de balayer aussi radicalement le dossier communautaire? Que le parti ne tente pas tout de suite de faire passer une grande réforme de l'Etat , passe encore. Cependant, il semble que le thème communautaire soit déclaré tabou pour cinq ans. Pour la première fois dans l'histoire, le gouvernement flamand est dominé par un parti nationaliste flamand. Et c'est aussi le premier gouvernement flamand à s'incliner devant un statu quo institutionnel, ce qui reste un paradoxe bizarre.

Il semble cependant entendu, parmi les nationalistes flamands, que le N-VA ne peut se permettre de mettre deux fois de suite son "core-business" au frigo. Si en 2019 Bart De Wever redonne priorité à la politique économique, la N-VA cesse, de facto, d'être un parti nationaliste flamand.

La N-VA doit-elle déjà s'en inquiéter maintenant? Au fond oui, car il n'y a qu'une seule façon d'éviter ce scénario : convenir dans l'accord gouvernemental d'aujourd'hui quels articles de la Constitution seront déclarés ouverts à la révision en 2019, ce qui ne doit pas donner lieu à des négociations communautaires détaillées. Il peut suffire que les négociateurs s'engagent à ajouter l'article 195 (qui organise la révision de la Constitution) à leur déclaration, permettant ainsi une révision complète de la Constitution.

Il ne s'agit évidemment pas d'une garantie ultime. Mais si on se met d'accord maintenant, il y a tout de même une réelle possibilité que le MR honore cet accord et qu'il y ait une large déclaration de révision en 2019. Cependant, si on ne conclut pas cet accord, il est peu probable qu'il y ait une large déclaration en 2019. La N-VA doit donc battre le fer tant qu'il est chaud et mettre cette exigence sur la table avant la conclusion de l'accord définitif gouvernemental.

Il s'agit d'ailleurs une exigence raisonnable. Une large déclaration de révision de la constitution ne signifie pas qu'il faut qu'il y ait une réforme de l'état après 2019. Cela signifie seulement qu'elle ne soit pas rendue impossible d'avance, car le parti nationaliste flamand a déjà fait une concession immense en approuvant un statu quo communautaire de cinq ans. S'il n'y a pas de déclaration de révision en 2019, ce moratoire sera prolongé de cinq ans et la N-VA devra renoncer à ses projets confédéraux non pas pour cinq ans, mais pour au moins dix ans, ce que n'accepteront jamais les militants flamands nationalistes.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PLUS CATHOLIQUE QUE LE PAPE

Ce Maddens donneur de leçons m’exaspère depuis longtemps. Le voilà qui, à nouveau, surgit de sa boîte comme un diablotin animé par son ressort. Et voilà qu’une fois encore, il souffle sur les braises et jette de l’huile sur un feu communautaire qui couve à peine. Miraculeusement ou presque, Bart De Wever, à sa propre initiative, a mis le débat communautaire en veilleuse. Voilà qui déplaît souverainement à ce professeur agitateur qui se prend pour le ban et l’arrière-ban du parti de la nouvelle alliance flamande. Il veut, il demande, il exige que la coalition mette à son programme un agenda de révision de la constitution pour 2019 faute de quoi, le parti de Bart De Wever perdrait selon lui de sa crédibilité. Nonsense ! De quoi je me mêle ? Décidément la coalition suédoise est attaquée sur sa gauche par l’artillerie d’Elio Di Rupo et les syndicats, sur sa droite par l’ultra réactionnaire professeur Maddens. Preuve de plus que, selon nous, son cap est le bon. Reste à déterminer le nom du capitaine qui la pilotera. Nous n’y reviendrons pas. De fait, les médias, l’opinion publique, le peuple commencent à vraiment s’impatienter. 

Il est plus que temps que les coalisés de la suédoise fassent atterrir l’avion et cessent de faire des ronds dans le ciel dit Yves Goosens dans on édito : « overschot van gelijk ! »

MG

 

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