mardi 21 octobre 2014

Le Soir et Théo Francken

Christophe Berti et Béatrice Delvaux 

Mise au point sur le cas « Francken », par Christophe Berti, rédacteur en chef et Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef.

Le cas « Francken » mérite une mise au point, après une semaine où les nouveaux démons communautaires sont sortis de leur boîte, avec leur cortège d’accusations, de soupçons et de diabolisations.

Nous parlons ici pour nous, Le Soir  : les questions sur la légitimité du secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration ne relèvent pas d’une charge obsessionnelle contre la N-VA, d’une volonté de délégitimer un gouvernement qui prend place ou de placer une partie du nationalisme flamand dans le camp de l’extrême droite. Si Le Soir conteste la place de Théo Francken au gouvernement, en particulier au poste qu’il occupe, et continuera à être extrêmement attentif à tout propos du passé et à tout acte désormais posé, ce n’est pas en raison d’un clivage nord-sud, mais au nom des valeurs qui sont celles de notre quotidien, et qui surtout fondent notre démocratie, au niveau fédéral ainsi que dans chacune des entités fédérées.

Le rejet du racisme, la défense de la dignité humaine, l’interdiction de stigmatiser les groupes d’êtres humains selon leurs origines, sont des éléments sine qua non des démocraties. Si des partis utilisent ces arguments par tactique politique, c’est leur responsabilité et nous serons là, comme journalistes, pour dénoncer ces petits jeux malsains. Mais il ne faut pas tout mélanger.

Oui, la N-VA est un parti dont la présence au gouvernement est légitime. La gestion par un parti séparatiste d’un niveau de pouvoir qu’il veut faire disparaître, ne cesse certes de nous étonner et suscite notre extrême vigilance, mais cela n’exclut en rien l’accès au pouvoir à Bart De Wever, grand vainqueur de ces élections et des négociations tant en Flandre qu’au fédéral.

Oui, le gouvernement Michel a mis sur papier une série de réformes socioéconomiques légitimes (pensions, déficit public, marché du travail, poids de l’Etat, compétitivité). Le Soir s’est d’ailleurs souvent prononcé sur la nécessité et l’urgence d’oser un certain nombre de mesures structurelles qui permettent au modèle belge (la sécurité sociale notamment) de perdurer. A charge pour le gouvernement en place de prouver que ces réformes modernisent la société, sans la fracturer. Nous attendrons les projets précis et leur mise en œuvre pour les jauger sur pièces, un à un.

Mais, oui aussi, Le Soir tire la sonnette d’alarme sur le danger que postule la présence d’un secrétaire d’Etat en charge de l’Asile et de l’Immigration, qui a déclaré dans un passé très récent et via un support public, qu’il ne voyait pas « la valeur ajoutée de la diaspora congolaise, algérienne et marocaine ».


UNE LIGNE DE « FRACTURE » QUI N’EST PAS COMMUNAUTAIRE

Ces propos dans la bouche d’un PS, d’un MR ou d’un CD&V, au sein d’un gouvernement de gauche, de centre-droit ou tripartite, wallon, bruxellois ou fédéral, auraient suscité la même indignation et les mêmes condamnations de notre part. Il se fait que M. Francken est N-VA, ce qui n’est une raison ni de l’épargner ni de l’accabler plus particulièrement. Si ce n’est que l’ambiguïté des relations de membres de ce parti avec certains milieux laisse une place au questionnement plus réelle que pour d’autres formations politiques : il n’est ainsi pas coutume d’assister à des réunions de M. Le Pen, ou à des anniversaires d’ex-collaborateurs, apparemment pas tout à fait repentis.

On peut comprendre l’histoire des autres (la Flandre ici en l’occurrence), mais ces autres doivent aussi réaliser que les interrogations francophones ne relèvent pas que d’une foutaise ou d’une préoccupation surannée, mais d’une sensibilité qui, elle aussi, à ses ramifications. D’autant que les propos tenus par M. Francken ne posent pas question qu’au sud du pays. La ligne de « fracture » sur ce sujet n’est pas communautaire, mais elle traverse les frontières linguistiques et idéologiques : on ne s’interroge pas ici « Flamands contre francophones », ou « opposition contre gouvernement ».

Les éléments sur table aujourd’hui ne donneraient sans doute pas lieu en justice à une condamnation de M. Francken. Reste qu’aujourd’hui un grand spectre d’opinions estime que ces propos sont teintés de racisme et nuisent à la vie en communauté car des groupes d’individus sont soupçonnés. Un malaise de fond est créé entre d’une part le ministre en cause et le gouvernement qui l’abrite, et d’autre part des groupes d’individus. Voilà qui fragilise la position du ministre dans un domaine où il y aura place au doute désormais entre les décisions officielles et les intentions qui les inspirent. C’est d’autant plus dommageable que l’heure est à une politique d’asile qui combine rigueur et droits de l’homme : celui qui doit réaliser ce difficile équilibre ne peut, pour réussir, qu’être au-dessus de tout soupçon.

Ceux qui veulent faire de Théo Francken une victime de francophones injustes, se trompent et manipulent une vérité qui traverse le territoire belge. Si le secrétaire d’Etat doit désormais être imparable dans tous les actes et paroles, passé c’est parce que tous les partis démocratiques, dans et hors du gouvernement, nord et sud confondus, à part la N-VA et son président, le lui demandent. Le Soir avec eux.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA CROISEE DES CHEMINS


C.Q.F.D. Ce Qu’il Fallait Dire. Bravo Le Soir! Cette mise au point était indispensable.

Entre la diabolisation et l’instrumentalisation du Franckensteingate par le PS et sa banalisation par Bart De Wever la juste mesure vient d’être donnée et clairement exprimée par deux grandes signatures du Soir. Nous rencontrons leur point de vue sans réserve et le faisons nôtre sans autre commentaire. Ceci dit, et pour revenir sur le fond du problème, Jules Gheude a raison quand il affirme que si la coalition suédoise devait tomber rapidement, la formation d’un nouveau gouvernement se révélerait quasiment impossible-  ce qui serait tout bénéfice pour la cause du nationalisme flamand.

D’autre part Devos fait preuve d’une belle lucidité quand il laisse entendre que si la mobilisation générale syndicale  du 15 décembre devait concerner beaucoup moins de travailleurs flamands que de grévistes wallons et bruxellois, la grève générale pourrait se révéler un boomerang politique qui viendrait renforcer la thèse des deux nations belges et donnerait une raison supplémentaire aux socialistes, tenaillés par le PTB d’exprimer leur indignation morale.

Tout peut arriver : la Belgique est bel et bien à la croisée des chemins.

 MG


DEVOS WAARSCHUWT N-VA: "DEMOCRATIE EINDIGT NIET BIJ WINNEN VERKIEZINGEN"

De passie van Devos in De Morgen

De politieke actualiteit volgens politicoloog Carl Devos (UGent): "N-VA ontwikkelde in haar jarenlange strijd vanuit politieke loopgraven eenafgetopte bunkermentaliteitmaar ziet best niet in elke tegenstand eendemonstratie van overdadige radicalen die de democratische triomf van N-VA niet verdragenDemocratie eindigt niet bij het winnen van verkiezingen."

Carl Devos: "De Wever mag veel opmerkingen als flauwekul wegzetten, niet elke vraag over voorbije verklaringen van angry young man Francken, nu bevoegd staatssecretariswas onterecht." ©BELGA


©Photo News

Carl Devos

In het debat over de federale beleidsverklaring schoof de PS van de overtreffende trap der verontwaardiging. Maar ze raakte precies zo hoog als zekomen wouDe PS herdefinieerde de strijd tegen Michel I: die is niet louterpolitiek, maar moreelNiet enkel zakelijk of ideologisch, maar emotioneel enprincipieel. Inzet: de waarde van democratieDaarmee wil de PS verzet tegenMichel I oproepenook bij wie de socialistische afkeer van een rechts-liberaleregering te evident vindt.

Zeer terecht gromt gramschap over deze excessieve stijlfiguur van de PS. Ze is zo buitensporig als de verlopen veroordelingen van enkele Waalse kameradenaangrijpen om in een regering met PS-ministers de hand van de cosa nostra tezienMaar in die veroordeling miskennen velen het vernuft van de PS-strategieenbelangrijkersommigen zelfs de legitimiteit van democratisch protest. De Wever mag veel opmerkingen als flauwekul wegzettenniet elke vraag over voorbije verklaringen van angry young man Francken, nu bevoegdstaatssecretaris, was onterechtNiet elke kritiekniet elk verzet tegen de regering geboren uit de N-VA-overwinning is een copieuze uiting van radelozefrustratie van slechte verliezers.

N-VA ontwikkelde in haar jarenlange strijd vanuit politieke loopgraven eenafgetopte bunkermentaliteit, maar ziet best niet in elke tegenstand eendemonstratie van overdadige radicalen die de democratische triomf van N-VA niet verdragenDat geldt bij uitbreiding voor heel Michel I. Democratie eindigtniet bij het winnen van verkiezingen. Majoritarianisme is een sluipend gif.

STAKING IS ZWAKTEBOD

De komende maanden ontmoet Michel I forse tegenstandWie ditregeerakkoord leestkan niet anders dan begrijpen dat links of vakbonden nietanders kunnen dan er massief tegen zijnAls ze daar niet impressief tegenmobiliserenwaartegen wel nog? De nationale staking, na aanlopendeprovinciale, is inderdaad politiekZo ging het ook op 30 januari 2012 tegen het 'asociale beleid' van de regering Di Rupo of op 28 oktober 2005 tegen het Generatiepact. De regering beslist over het sociaal-economisch lot van werknemers, die mogen dus via collectieve actie de regering bestrijdenOok alsze daarmee werkgevers treffen die strikt gezien niets met die regeringsmaatregelen te maken hebbenNiet sympathiekwellicht niet effectiefwel legitiem.

Zo'n staking is een zwaktebodals niets anders werktDat 'anders': het sociaaloverleg en politiek lobbywerk. Het tweede neemt het steeds vaker over van het eersteIn gelobby zijn werkgevers effectiever. De tijden gunnen hen een grotereluisterbereidheid bij deze al eerder patronale regeringeen kapitaalstaking komtdoor ongunstige omstandighedeneen arbeidsstaking door onwilAlswerkgevers na enkele zachte zuchten de tweede maand gewaarborgd loon bijziekte geschrapt zien, hoe moeten vakbonden zich daar bij voelenDezeregering koos onder andere voor een indexsprong, die de bonden eerder tot oorlogsverklaring promoveerdenWie dan de gebalde vuist afraadt en een open hand toontoverschat zichzelf. De regering vraagt vakbonden een akkoord meeuit te voeren dat deze principieel verwerpenVanuit een selectief corporatismeallen schouder aan schouder de belangentegenstelling overstijgen in naam van de toekomst. Hoe gemeend ook, het is een wat doorzichtige camouflage van belangentegenstellingenDe politieke democratie beslist, maar nooit zondertegengewicht van een weerbaar middenveld.

De syndicale actie zal verdacht en beschuldigd worden omdat ze inderdaad ookpolitiek is. De aanklachttegen de electorale uitkomst van de democratie, die volgens N-VA een regering opleverde zoals Vlamingen ze willenMaar het grootste politieke venijn en gevaar van de politieke staking zit niet eens daar. De communautarisering van het sociaal verzet kan zich ook tegen die federaledemocratie zelf kerenWat als straks blijkt dat in Vlaanderen veel minder actiebereidheid is dan in WalloniëLastig voor de krampachtig federaalblijvende vakbondengunstig voor al wie zoals N-VA in België eentweemodellenland ziet. En nog een bouwsteen voor de PS om zich tepositioneren als bruggenhoofd van morele verontwaardiging tegen het door conservatief Vlaanderen gedomineerde België


HOE LANG KAN BELGIË NOG STANDHOUDEN?


Jules Gheude

Politiek essayist en stichtend voorzitter van de Staten Generaal van Walloniëdat pleit voor de aanhechting van Wallonië bij Frankrijk mochtBelgië uit elkaar vallen.

'Na de politieke verwikkelingen van de afgelopen dagenrijst de vraag hoelang België nog kan standhouden', schrijft politiek essayist Jules GheudeEén ding is zeker : indien de Zweedse coalitie een vroege dood sterftzal het Vlaams-nationalisme nog meer vooruitgang boeken en de vorming van eennieuwe regering onmogelijk maken.

WIE KAN ER NA DE POLITIEKE VERWIKKELINGEN VAN DE AFGELOPEN DAGEN DENKEN DAT BELGIË NOG LANG KAN STANDHOUDEN?

We schreven het eerder al, de Staten Generaal van Wallonië keurde het akkoordvan de Zweedse coalitie goed omdat het de economische en budgettaire situatiekan herstellen en tegelijkertijd over het behoud van de fundamentele sociale aspecten van ons land waaktHoewel de vakbondsorganisaties al hebben beslistde ganse machine te verlammen.

HOE LANG KAN BELGIË NOG STANDHOUDEN?

Het regeringsakkoord focust op het sociaal overleg. Maar zoals Patrick Dewael(Open VLD) het echter opportuun herhaalde op 15 oktober in de Kamer, is het aan de regering om een knoop door te hakken als het overleg er niet uitgeraaktDat laatste beletten ondermijnt de grondslag van de democratie.

JAMBON EN FRANCKEN: OPGEBLAZEN POLEMIEK DOOR FRANSTALIGE OPPOSITIE

Dit gezegd zijndemoeten we terugkomen op de heisa rond de houding van tweeN-VA-leden van de nieuwe coalitie. De polemiek werd opgeblazen door de Franstalige oppositie om de debatten in de Kamer tijdens de lezing en de analyse van de regeringsverklaring te verstoren.

Jan Jambon, de minister van Binnenlandse zaken en Theo Francken, de Staatssecretaris voor Asiel en Migratiehebben inderdaad deelgenomen aanvergaderingen met een link naar de collaboratie in de Tweede WereldoorlogHet gaat hier over een uiterst gevoelige materie waarover het Noorden en het Zuidenvan ons land totaal verschillende visies hebben.

In het midden van de negentiende eeuw begon de Vlaamse Beweging zich teorganiseren. Van oorsprong cultureel werd de beweging ook politiek omVlaanderen in een staat die voornamelijk onder Franstalige invloed stond meermacht te geven.

HARDE REPRESSIE

Tijdens de twee Wereldoorlogen zocht die Vlaamse Beweging contact met de bezetter omdat het dacht dat Duitsland dankzij de Germaanse genen van de VlamingenVlaanderen sneller een politieke autonomie zou gevenDenk maar aan de bevrijding van Vlaamse krijgsgevangenen vanaf het begin van de TweedeWereldoorlog.

In hun geest hebben de Vlaamse collaborateurs dus uit ideaal voor hun regiogehandeld. "Alles voor VlaanderenVlaanderen voor Christus". De harderepressie die ze na de oorlog te verduren kregen werd dan ook zeer slechtonthaald in het Noorden. In de daaropvolgende decennia werden een grootaantal Vlaamse wetontwerpen ingediend om de amnestie te verkrijgen.

LÉON DEGRELLE

Wallonië werd natuurlijk ook niet gespaard van collaboratie, maar de zaak Léon Degrelle vond in een totaal verschillende context plaats. Guido Fonteyn merktdat verschil terecht op in zijn boek "Les Wallonsuit 1979: "Er vond inderdaadcollaboratie plaats in Wallonië en in Vlaanderen. Maar terwijl de collaboratie in zeker mate binnen de Vlaamse Beweging plaats vond was dat niet het geval in de Waalse bewegingTijdens de oorlog volgde de Waalse beweging enkel de lijnvan het Verzet".

We willen de Vlaamse collaboratie absoluut niet rechtvaardigen, we willenenkel de redenen ervan in herinnering brengen.

VERSCHILLENDE PLANETEN

Bart De Wever heeft op een dag gezegd Vlamingen en Walen op verschillendeplaneten leefdenen de recente gebeurtenissen bevestigen dat eens te meer.

In 1983 wijdde het weekblad Knack een reeks artikels aan het Vlaanderen van de jaren 1940-1980. In de inleiding kon je het volgende lezen: in het begin waser de oorlog, de collaboratie en de repressie"Er is geen enkele kroniek over het huidige Vlaanderen mogelijk zonder terug te blikken naar die onrustige periode. Het overgrote deel van de politieke generatie die macht en bekendheid geniet in het huidige Vlaanderen heeft al zijn daden en ideeën met de gebeurtenissen van bijna vijftig jaar geleden moeten confronteren".

Eén ding is zeker : indien de Zweedse coalitie een vroege dood sterftzal het Vlaams-nationalisme nog meer vooruitgang boeken en de vorming van eennieuwe regering onmogelijk maken.

Knack.

 

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