jeudi 16 octobre 2014

Théo Francken émet des doutes quant à la «valeur ajoutée» des Marocains et des Congolais

Le Soir

« Je peux me figurer la valeur ajoutée des diasporas juive, chinoise et indienne mais moins celle des diasporas marocaine, congolaise ou algérienne ». 


• 
Ph
© Photo News

Photo News

Nouvelle polémique autour du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Théo Francken. Après les révélations sur sa participation à une fête d’anniversaire de Bob Maes, fondateur du groupe nationaliste et d’extrême droite VMO, et la publication de courriels dans lesquels il appelle à signer « les grandes lignes de la gestion (et notamment de la fin) de notre pays », c’est cette fois un post facebook datant de 2011 qui refait surface et qui est mis en avant par la RTBF.

Théo Francken y commente un article de The Economist. Intitulé « La magie des diasporas », il traite de la valeur ajoutée économique des immigrés pour les économies des pays d’accueil.

Le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration émet alors des doutes quant à la « valeur ajoutée » des Marocains et des Congolais. «  Je peux me figurer la valeur ajoutée des diasporas juive, chinoise et indienne mais moins celle des diasporas marocaine, congolaise ou algérienne  ».

Un porte-parole de la N-VA a confirmé au Standaard que Théo Franckenavait bien posté ce message sur facebook. On ne trouve toutefois plus aucune trace de cette publication sur la page du secrétaire d’Etat.

Plus tôt dans la soirée, lors des débats à la Chambre, Charles Michel a condamné la collaboration au nom du gouvernement. Il réagissait aux attaques de l’opposition suite aux révélations sur la participation de Théo Francken à une fête d’anniversaire de Bob Maes.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FUSIBLE


Ce Francken, personnage douteux à la rhétorique rance, est un lansquenet de l’arrière ban de la N-VA où se réfugient d’anciens électeurs du Vlaams Belang

Un forumeur écrit : « Francken sera le fusible qui sautera pour permettre à Jambon et ce gouvernement de survivre politiquement. Après cela, le PS aura eu la tête de quelqu'un et pourra se calmer (ou pas ? ) »

Toute cette polémique-des foutaises selon De Wever qui en remet une couche-habilement orchestrée n’a qu’un objectif : déstabiliser Charles Michel. Opération réussie : l’homme est affaibli et son image médiatique anéantie.

Les syndicats réunis en coalition anti kamikaze lui assèneront le coup de grâce : grève générale annoncée. Si Charles Michel tombe, c’en est fini de la Belgique et le PS qui enrage de n’être plus au fédéral pourra régner sans partage sur la Wallonie et Bruxelles. Wallo Brux sera alors comme un clone de la France de Hollande et la Flandre se prendra pour une Bavière sur mer.

MG



« De oppositie zal een jaar moeten wachten, en dan de regering moeten afrekenen op haar belofte dat dit masochistische beleid voor meer jobs zorgt en dus sociaal zou zijn. Pas wanneer binnen een jaar blijkt dat er geen jobs bijgekomen zijnmaar wel dat de ondernemingswinsten spectaculair gestegenzijn en de inkomensongelijkheid toegenomen - een hypothese waarop ondergetekende alvast zijn geld wil inzetten - zal je misschien mensen ervan kunnen overtuigen dat er verkeerde ideologische keuzes gemaakt zijnTot dan zit de oppositie vast op een hometrainerze kunnen trappen wat ze willenze komen geen meter vooruit.”
Yves Desmet
Opiniërend hoofdredacteur de Morgen

 


AFFAIRE FRANCKEN: «DES FOUTAISES» POUR BART DE WEVER

B.Dn. Le soir

Le CDH réclame quant à lui une nouvelle fois la démission de Theo Francken.


• 
© Belga

c Belga


Plusieurs journaux ont publié ce mercredi des courriels envoyés en 2007 et 2008 par le secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration dans lesquels il appelle à signer, en toute discrétion, « les grandes lignes de la gestion (et notamment de la fin) de notre pays ». Des courriels qui avaient déjà été diffusés par Humo il y a plusieurs années. Theo Francken se revendique comme leader de la VNV – acronyme du Vlaams Nationaal Verbond, un parti qui a collaboré avec les nazis pendant la Seconde guerre mondiale – et qui serait, selon le quotidien, « un groupuscule interne secret à la N-VA ».

Dans ses échanges, le secrétaire d’Etat de la N-VA prend un ton parfois menaçant :« Si certains révélaient ces réunions secrètes, ils recevraient une balle ou devraient passer une nuit avec Christian Dutoit », qui est un homosexuel flamand.

Theo Francken minimise la portée de ses écrits : « Il s’agit de mails entre collègues qui organisaient un drink. Notre groupe s’appelait Vlaamse Nationale Vriendenkring. L’utilisation de l’acronyme VNV pour nommer ce groupe était de très mauvais goût. Les mails étaient écrits sur un ton ironique ».

DES « FOUTAISES »

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a indiqué ce mercredi à la VRT-Radio ne pas souhaiter réagir au débat houleux qui s’est tenu mardi lors de la rentrée parlementaire en pleine polémique autour de la collaboration avec le régime nazi qu’il a préféré ranger au rayon des « foutaises » qui animent la politique belge, singulièrement du côté francophone.

Le président de la N-VA était interrogé par téléphone depuis la Chine où il effectue comme bourgmestre d’Anvers un déplacement économique pour défendre les intérêts du port d’Anvers.

« Quand vous êtes en Chine, vous avez autre chose à faire que vous occuper de cette sorte de foutaise qui anime la politique belge, certainement du côté francophone. Je n’ai aucune envie de réagir à cela », a indiqué Bart De Wever.

« DU VIEUX BROL »

Pour Jan Jambon, ce ne sont que des informations déjà parues dans la presse. À un journaliste de RTL-TVI, il déclare « c’est du vieux brol », que tout le monde le savait avant la nomination de Theo Francken. Inutile de polémiquer selon lui.

LE CDH ACCENTUE LA PRESSION SUR CHARLES MICHEL

Pour le CDH, « aucune explication ne peut justifier ce comportement. Organiser des réunions d’extrême droite ou en être l’instigateur, ce n’est pas de l’humour, c’est pénalement condamnable ». Et de poursuivre : « Tenir des propos homophobes dans des écrits, ce n’est pas de l’humour, c’est également condamnable aux yeux de la justice ».

Le parti démocrate-chrétien réitère son désir de voir le Premier ministre Charles Michel prendre ses responsabilités vis-à-vis de Theo Francken et Jan Jambon.« Chaque minute qui s’écoulera sans les écarter sera une preuve de complicité et d’acceptation d’être aux côtés de personnages homophobes, extrémistes et prônant la fin de notre pays », ajoute le communiqué. « Il ne doit même plus venir s’expliquer devant le Parlement, il devrait garder ses explications pour les tribunaux ».

ET LA VALEUR AJOUTÉE DE THEO FRANCKEN, QUI LA VOIT?

Béatrice Delvaux Éditorialiste en chef (Le Soir) 

C’est à un moment grave que nous assistons. Un moment qui, si l’on ne réfléchit pas à toutes ses implications, pourrait marquer une rupture essentielle entre les communautés flamande et francophone de ce pays. Car ce ne sont plus seulement des discours qui s’opposent et se fracassent sur des divergences de convictions politiques (PS vs N-VA, opposition vs gouvernement « MR/N-VA »). Mais ce sont des discours dont le clivage pourrait embarquer les citoyens flamands et francophones. Car il n’est pas ici question d’index ou de pension, mais d’un combat virulent qui se joue sur les valeurs démocratiques.

« Les bruits de botte résonnent dans le gouvernement », assène ainsi Laurette Onkelinx, chef de file de l’opposition socialiste, alors que Benoît Lutgen appelle les familles des victimes de la guerre à se lever contre ce gouvernement. Tous deux évoquent la rupture de la digue démocratique. Or, sur cette N-VA qui serait proche de l’extrême droite, sur le fascisme supposé de certains de ses membres, il y a une divergence de vues profonde entre la lecture francophone – hors MR – et celle d’une majorité de Flamands. Hommes politiques, historiens, journalistes du nord redisent leur rejet de la collaboration mais dénoncent une vision folle car instrumentalisée par le monde politique francophone et qui humilie la Flandre. Alors que l’opposition francophone invoque, elle, la défense sincère de valeurs démocratiques. Il y a quelque chose de très fort et au fond de très sain à ce que cette confrontation se déroule dans l’enceinte du Parlement, le dernier lieu de dialogue (avec le gouvernement) entre les deux mondes politiques. Mais il faut être très fort pour en orchestrer le déroulement, et éviter le dérapage potentiellement dévastateur pour le vivre ensemble.

Il est ainsi évident que Charles Michel, le Premier ministre, a fait une erreur en attendant pour affirmer que pour tous les membres de son gouvernement, la collaboration était un crime injustifiable. Car il court désormais derrière les bombes. On s’est ainsi déchiré sur la vraie nature de la collaboration et de la N-VA, mais le vrai problème du présent est Theo Francken. Pas tant pour des mails outrageux de 2007 ou la participation à un drink en l’honneur d’un ex-collaborateur nonagénaire, mais pour ce statut posté sur Facebook en 2011, authentifié par le porte-parole de la N-VA, où on lit : «  Je peux me figurer la valeur ajoutée de la diaspora juive, chinoise ou indienne. Mais celle de la diaspora congolaise, marocaine et algérienne ?  » Compatible avec le fait d’être secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration ? Compatible avec le fait d’exercer une fonction au sein d’un Etat démocratique ? Poser la question, c’est y répondre.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES VRAIS QUESTIONS MAIS LES MAUVAISES REPONSES.


Analyse sereine mais grave de Béatrice Delvaux, notre Sirius belge. Chevènement a dit un jour du FN qu’il posait les bonnes questions en suggérant des mauvaises réponses. Confier le secrétariat d’Etat sur l’immigration à un provocateur de cet acabit c’est comme héberger l’incendiaire chez soi. Nous  demeurons persuadé qu’il s’agit d’une provocation de Bart De Wever. A l’évidence, Francken et ceux qui se revendiquent de sa vulgate xénophobe mettent à mal le vivre ensemble, non seulement entre les communautés flamandes et francophones mais surtout vis-à-vis des communautés d’origine maghrébine et africaine. 

Quel contraste avec l’habileté pateline de Maggie De Blok qui occupa ce poste sous la tripartite sortante.

Pour le reste on peut se demander à quoi riment les tribulations en Chine du bourgmestre d’Anvers quand l’écurie prend feu et que la jument périt dans l’incendie. « Mais à part ça, tout va très bien, madame la marquise. »

MG

 

 

 

Aucun commentaire: