dimanche 30 novembre 2014

"Il est exagéré de dire que De Wever décide tout dans le gouvernement suédois"

DORIAN DE MEEÛS & JONAS LEGGE La Libre


 

Le politologue flamand Dave Sinardet expose son analyse "vue de Flandre" sur la situation politique actuelle. Bart De Wever est-il le véritable chef de la "coalition suédoise" ? Comment les observateurs flamands jugent-ils les premiers pas des nouveaux ministres MR et N-VA ? Les syndicats du nord du pays sont-ils sur la même longueur d'onde que les wallons. Comment les nationalistes flamands devront-ils éviter le piège dans lequel les indépendantistes québécois sont tombés ?

 DAVE SINARDET EST L'INVITÉ DU SAMEDI DE LALIBRE.BE.

SOUS LE GOUVERNEMENT DI RUPO, LES NATIONALISTES FLAMANDS CONSPUAIENT LE FAIT D'AVOIR UN PREMIER MINISTRE FRANCOPHONE. CETTE CRITIQUE SEMBLE MOINS À L'ORDRE DU JOUR. LA PRÉSENCE DE LA N-VA DANS LA "SUÉDOISE" CHANGE LA DONNE ?

Oui, je crois. Mais le nouveau Premier ministre parle mieux le néerlandais que le précédent et s'explique dans les médias flamands. Il me semble normal qu'un chef de gouvernement puisse bien communiquer avec les habitants de tout le pays. Le néerlandais de Di Rupo était un handicap pour pouvoir bien exprimer sa politique, pour débattre avec ses opposants. Même s’il ne faut pas le blâmer, les langues ne sont pas son fort et l'apprentissage des langues dans l’enseignement francophone laisse à désirer. Autre élément probant : Di Rupo était socialiste, Charles Michel est libéral. Pour la partie plus à droite de la Flandre, Di Rupo était aussi le symbole d’une politique jugée trop à gauche.

LES TROIS PARTIS FLAMANDS DE LA SUÉDOISE (N-VA/CD&V/OPEN VLD) GOUVERNENT AUSSI ENSEMBLE EN RÉGION FLAMANDE. COMMENT SE PASSE CETTE ENTENTE ?

Comme au fédéral, on n'a pas toujours l'impression que l'équipe soit très soudée. Le CD&V s’est quand même allié à la N-VA pour, entre autres, espérer la brûler au pouvoir. En plus, le CD&V ne voulait pas du VLD mais a été obligé de l'accepter pour pouvoir former le gouvernement fédéral. Il ne faut pas sous-estimer la méfiance profonde entre ces deux partis, qui date déjà de la période quand Verhofstadt s’est senti "trahi" quand le CVP l’a renvoyé dans l’opposition en 1988. Mais il n'y a pas non plus de gros accrocs pour l'instant, même si certaines discussions émergent, comme au Parlement flamand où Marino Keulen (Open VLD) a dit à Liesbeth Homans (N-VA) que sa politique du néerlandais dans les logements sociaux n’est pas crédible car pas possible constitutionnellement.

LES DÉBUTS DES MINISTRES N-VA ONT ÉTÉ VIVEMENT CRITIQUÉS PAR LES POLITIQUES ET JOURNAUX FRANCOPHONES. COMMENT ONT-ILS ÉTÉ PERÇUS AU NORD DU PAYS ?

La première à demander la démission de Francken était la chef de groupe des socialistes flamands, même si le parti n’a pas vraiment suivi. Ensuite, notamment le PS, a fortement joué là-dessus, d'une manière excessive, allant jusqu'à empêcher le Premier ministre de prononcer sa déclaration de politique gouvernementale ce qui va quand même très loin. D'ailleurs, le PS a adouci son style d'opposition depuis. Mais il ne faut pas non plus y voir une sorte de communautarisation, qui est présentée avec excès.

(...)



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

RECADRAGE


Certains s’en plaindront mais les « décodeurs » du style Devos ou Sinardet sont bien utiles pour interpréter la partition qui se joue rue de la Loi non sans quelques fausses notes, au demeurant.

Les musiciens manquent de discipline, certains solistes carrément de virtuosité et le chef d’orchestre d’assertivité. Sinardet nous explique, non sans talent, que De Wever n’est pas l’auteur de ce concerto pour la main droite.

MG

 

vendredi 28 novembre 2014

Des mines comme s’il en pleuvait


Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au journal Le Soir 

Et bien voilà, en soi, ce n’est pas si difficile. Un patron, une politique, des décisions, une unité de vue : pour le coup, hier matin le gouvernement a maîtrisé son moment de communication. Le Premier ministre Charles Michel était ainsi, face à la presse, dans son rôle, tenant la séance en main. On peut être d’accord ou pas avec la politique menée, mais dans l’instant, cela avait le mérite de la clarté, soutenu de plus par un rapport de la Banque nationale qui prenait le pari qu’au bout des efforts, il y aurait de l’emploi.

Mais pour un moment d’unité, que de lézardes inutiles qui portent préjudice à la crédibilité de l’ensemble présenté hier matin, et qui fragilisent l’édifice que veut construire ce gouvernement. Que de secousses, d’embardées et de dérapages contrôlés ou non, à répétition, qui poussent évidemment à s’interroger sur la durée, au-delà de quelques heures, de l’unité constatée ce jeudi matin.

Pour pérenniser ce moment de concorde et de cohérence, il faudrait primo, que Charles Michel s’affirme davantage (et que Bart De Wever lui laisse son espace). Aujourd’hui, c’est la presse flamande qui ne croit pas au leadership du Premier francophone, le présentant comme le béni-oui-oui du bourgmestre d’Anvers. Le caricaturiste du Laatste Nieuws le met ainsi en scène chaque matin dans cette position du « dominé » face au Bart dominant, dans un effet de répétition du plus mauvais effet.

Il faudrait aussi que les membres du gouvernement pensent que la cohérence du tout est préférable aux effets de manches de certains. Mais comment donc Alexander De Croo peut-il sortir publiquement sur le salaire des top managers publics, en disant l’inverse de ce qui est défendu par la ministre compétente, et de ce qui s’avère in fine être la position de son gouvernement ? C’est d’autant plus ridicule et vain que cette prise de position a accru durant quelques heures l’image d’un « gouvernement qui protège les riches » dont il se serait bien passé. Pas facile hier matin dès lors pour Charles Michel de démontrer sa volonté égalitaire via les mesures sur la déduction des frais professionnels, déjà minée par les sorties du CD&V sur le tax shift, qui disent que vu du gouvernement aussi, l’effort est mal réparti. Il faudrait aussi que la connaissance des dossiers soit imparable. On ne peut pas dire, pour le budget par exemple, qu’on soit, rue de la Loi, au top de la forme sur ce plan.

Au rang des mines que le gouvernement lui-même et ses membres sèment sous leurs propres pas, les sorties « humoristiques » de certains ministres N-VA causent les plus fortes déflagrations à l’image du Premier ministre et à la crédibilité de ses engagements. Avec des amis comme cela, Charles Michel n’a pas besoin d’ennemis…

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"BELGICISATION" DE LA N-VA ?

« PREMIER MINISTRE DE TRANSITION ? »

 

UN PREMIER MINISTRE DE TRANSITION ? 



duBus


Louis Michel et son fils Charles, c’est carrément Dédale et Icare. Le pauvre fiston a voulu s’approcher du soleil et s’y brûle les ailes, les vautours se tiennent en embuscade. Il a voulu jouer dans la cour des grands, on sait que les coups y pleuvent, qu’il assume. Personne n’analyse mieux cela que madame Delvaux, Olivier Mouton n’est pas mal non plus pourquoi vouloir rivaliser avec meilleur que soi. On nage en plein rififi, y compris au sein du M.R. Magnette se prend pour Tarzan à l’élysette ; Di Rupo pour Dieu en fédération Wallonie Bruxelles mais n’a-ton-pas proclamé la mort de Dieu, même au PS ? A suivre donc et de très près. Bart de Wever et Daniel Reynders attendent leur heure l’un dans son hôtel de ville de style renaissance, l’autre dans son somptueux Palais d’Egmont.

Comme disait Zappy Max autrefois : « ça va bouillir !»

MG



LE CLAN REYNDERS VEUT RENOUER AVEC LE PS

Olivier MoutonJournaliste politique au Vif/L'Express

: Le Vif/L'Express

Frustrés, "en réserve de la république de l'euphorie fédérale", les partisans du vice-Premier MR oeuvrent en coulisses à un rapprochement avec les socialistes. Pour préparer la prochaine étape : le confédéralisme. Tout en soutenant leur Premier ministre, Charles Michel... Du moins provisoirement.



Didier Reynders. © Belga

Charles Michel est devenu Premier ministre d'un attelage atypique, très à droite. "C'est une ironie cruelle, glisse un membre du bureau du MR. En accédant au 16, Charles a en réalité été jusqu'au bout d'une logique portée jusqu'ici... par Didier Reynders." Reynders, que Michel a déboulonné de la présidence interne en 2011 après une terrible lutte fratricide, était le dépositaire d'une droite libérale décomplexée, d'une farouche volonté de bipolariser le débat politique. Il fut aussi le premier à avoir initié les contacts avec la N-VA. Tout a été concrétisé, alors que Charles Michel avait juré qu'il ne prendrait jamais l'initiative de négocier avec la N-VA s'il avait la main.

"Auparavant, le MR a été purement et simplement jugé indésirable par le PS et le CDH en Wallonie et à Bruxelles, poursuit cette source influente au sein du parti. Or, l'engagement de Charles quand il est devenu président, n'était-ce pas précisément de nous faire revenir au pouvoir dans les Régions ? Il n'y a eu qu'une rencontre entre Charles Michel et Paul Magnette après les élections, à l'issue de laquelle le rideau a été toute de suite tiré." D'où une frustration qui commence à s'exprimer parmi les partisans de Didier Reynders sur l'absence des libéraux à la table des Régions, à l'heure où la Wallonie et Bruxelles devraient prendre des mesures décisives pour préparer leur avenir de façon autonome.

Retisser des liens dans les Régions : voilà donc la tâche à laquelle vont désormais s'atteler dans l'ombre... les "reyndersiens". Ce sont les seuls qui restent pour l'instant "en réserve de la République de l'euphorie fédérale", pour reprendre l'expression de l'un d'entre eux. Selon nos informations, les partisans de Reynders se préparent déjà... à la prochaine étape. En coulisses, ils ont désormais la volonté de renouer rapidement... avec les socialistes. A très bonnes sources, Le Vif/ L'Express a appris que des contacts vont être initiés, notamment avec le ministre-président wallon Paul Magnette. Objectif ? Apaiser les tensions, travailler ensemble là où c'est possible, évoquer l'avenir des Régions et... préparer le virage confédéral que ne manquera pas de réclamer la N-VA pendant la seconde partie de législature. Avec, in fine, l'espoir d'un retour au pouvoir dans les Régions en 2019. La vengeance est un plat qui se mange froid. Les "reyndersiens" attendent aussi du nouveau président du MR, Olivier Chastel, qu'il s'émancipe peu à peu de Charles Michel.



MICHEL EN TENAILLE ENTRE "L'HUMOUR" DE JAMBON ET LE CYNISME DE REYNDERS

Olivier MoutonJournaliste politique au Vif/L'Express


Source: Le Vif

Entre les cahiers Atoma de la N-VA et la volonté du clan Reynders de renouer avec le PS, le Premier ministre voit monter la crainte d'être pris en otage par les agendas cachés. Et s'il n'était en réalité qu'un numéro un de transition ?


Jan Jambon © Belga

Elles sont gratinées, les déclarations du vice-Premier ministre N-VA Jan Jambon devant un parterre d'étudiants nationalistes flamands à Anvers. L'homme devait évidemment donner des gages symboliques face à un auditoire qui rêve de confédéralisme et d'indépendance chaque matin en se rasant. Aussi, l'entendre tenir exprimer des ressentis - il est gêné de recevoir le Roi, tous les drapeaux belges ont été enlevés du cabinet, il ne voulait fondamentalement pas être un vice-Premier belge... - peut paraître choquant et destructif pour l'Etat, mais s'apparenter surtout à une opération de com' à destination d'un public radical mal à l'aise avec un risque de "belgicisation" de la N-VA.

Là où le vice-Premier dérape plus franchement et met littéralement à mal la loyauté fédérale à son gouvernement, c'est quand il dévoile l'existence d'un accord secret jetant les bases d'une future réforme de l'Etat en prévoyant les articles de la Constitution qui pourraient être soumis à révision. Bien sûr, pour cela, il faut une majorité spéciale et un large consensus. Oui, a priori, on ne parle que d'une échéance "lointaine", à savoir le prochain scrutin de 2019 si la Suédoise tient bon jusque-là. Mais en affirmant que des cahiers Atoma sont cachés dans le coffre-fort des partis de la majorité, il fragilise - volontairement ? - son seul allié francophone, le MR. S'ils sont secrets, de tels accords ne sont-ils précisément pas destinés à ne pas être dévoilés - a fortiori dans les premières semaines d'une législature destinée à la priorité socio-économique ?

Jan Jambon répète aussi ouvertement la stratégie de la N-VA : mettre en place des réformes de droite à ce point insoutenables pour les socialistes francophones que ceux-ci viendront eux-mêmes réclamer le confédéralisme. Elio Di Rupo, ancien et nouveau président du PS, a déjà rétorqué qu'il ne tomberait pas dans ce piège. Jour après jour, pourtant, le premier parti francophone tend à prouver le contraire en nourrissant la graine communautaire par des propos qui confortent la N-VA dans sa volonté de prouver qu'il y a, dans notre pays, deux démocraties qui coexistent.

 

Tout cela fait étrangement écho aux révélations publiées dans Le Vif/ L'Express de ce jeudi. Dans l'entourage de Didier Reynders, on partage certes l'euphorie qui règne dans les rangs libéraux, avec cette possibilité inédite de mettre en place d'ambitieuses réformes socio-économiques, mais tout en étant "en réserve de la république", attentiste à tout le moins, voire désireux... de préparer l'étape suivante. Le souhait de renouer avec les socialistes, pour étonnant qu'il soit et paradoxal quand on sait les élans passés du clan Reynders, miserait sinon sur un échec du gouvernement, à tout le moins sur la préparation de la législature suivante, avec l'ambition également de revenir au pouvoir dans les Régions. Mais avec une conviction qui répond aux propos de Jan Jambon : à terme, le confédéralisme est inéluctable, un stop institutionnel sera impossible pour la N-VA et les partis flamands au-delà de cette législature.

Ce jeudi matin, Charles Michel a poursuivi son cap, inflexible, en présentant lors d'une première conférence de presse la loi-programme qui, scotchée à l'accord de gouvernement, balise les décisions budgétaires et les premières esquisses de réformes. Le pari reste en place : il s'agit de montrer que l'on peut réformer le pays afin de couper l'herbe sous le pied aux tendances autonomistes voire indépendantistes pour sauver la sécurité sociale et le système belge. Le jeune leader, dont l'image "people" sort grandie par l'annonce de sa future paternité, a repris en mains la communication avec un certain aplomb, une froide conviction et un bilinguisme parfait. "Nous sommes au travail, clame-t-il. Nous avons une orientation claire. La création d'emplois est la meilleure protection de notre système social. Nous avons la volonté politique de réussir !"

Des accords secrets sur la réforme de l'Etat ? Charles Michel : "La réponse est non ! Comme toujours, il y aura en fin de législature un débat sur les articles à réviser de la Constitution. C'est comme cela depuis trente ans." Jan Jambon confirme ce que le Premier affirme, un rien penaud il faut le dire : "C'était tiré hors de son contexte. On n'a pas compris la touche d'humour. Les cahiers Atoma, c'était une image..." Rideau ? Charles Michel rit. Pourtant, le porte-parole de Jan Jambon avait confirmé au Standaard qu'il n'y avait "pas d'erreurs factuelles" dans le récit de la réunion avec les étudiants nationalistes fait par le site Apache.be. Et en matière d'humour, il faut bien concéder que l'on a déjà entendu des blagues plus subtiles. L'incident est tourné en dérision, mais il laissera des traces, ne fut-ce que dans des imaginaires déjà bien remplis d'une diabolisation de la N-VA du côté francophone.

L'image d'une première conférence de presse du gouvernement - un moment symbolique fort - sans Didier Reynders mais avec Willy Borsus pour représenter le MR, restera aussi. Le vice-Premier en charge des Affaires étrangères a une bonne excuse : il est en mission économique en Malaisie. Mais cela rejoint néanmoins cette "prise de distance" perceptible de sa part.

Le risque pour Charles Michel, et il en est certainement conscient, serait de n'être qu'un Premier ministre de transition si ces agendas cachés en viennent à prendre trop de place. Avec Bart De Wever à l'hôtel de Ville d'Anvers, Didier Reynders dans les grands sphères du monde et l'opposition francophone, Elio Di Rupo en tête, le couteau entre les dents, le Premier devra être très fort pour garder le cap. Et éviter un retour de flammes d'ici la fin de la législature... Il l'a dit, concernant les réformes à mener : "On le sait, ce n'est pas le choix de la facilité." Pour le moins...

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE GRAND CHAMBOULEMENT

J’ai pris connaissance des 21 réactions qu’ont suscitées ces articles extrêmement provocateurs. En voici quelques morceaux choisis.

Je les soumets à votre sagacité de fidèles lecteurs de DiverCity

« Mr JAMBON semble être le trouble-fête, qui lance des ballons d'essai afin de voir jusqu'où la NVA peut aller trop loin. »

« La NV-A ne rate plus une occasion de "dérapage de com". Je pense que BDW doit râler dans son coin, car on voit maintenant où sont ses incapables »

Jambon, parlementaire expérimenté (il faisait merveille au parlement flamand) est-il un provocateur machiavellique, un incendiaire inconscient ou la poupée ventriloque du bourgmestre anversois ? J’avoue que je suis extrêmement perplexe mais très agacé par ce personnage extrêmement déplaisant et franchement grossier.

« Depuis longtemps, tous les hommes politiques français (de gauche ou de droite) sont très favorables au rattachement de la Wallonie à la France. La scission du pays aura bientôt lieu » C’est loin d’être sûr. Que les rattachistes ne sablent pas le champagne trop tôt. Ils risquent une solide gueule de bois.

« L'humour est périlleux dans les rôles de représentation. Il y a ceux qui ne comprennent pas, ceux qui ne veulent pas comprendre » Trouver Jambon marrant ? ... Il ne rate aucune occasion de faire parler de lui ce qui en politique est le plus important. » 

« Humor ist wenn man trotzdem lacht » dit on en allemande “ l’humour c’est quand on rit quand même, même si on rit jaune »…comme devant « La gare PHARAONIQUE de Mons ( gare secondaire ) coûtera aux contribuables selon le journal L'Echo, 190 millions d'euros, alors qu'on tournait en 2007 autour d'un budget de 37 millions d'euros. »Quel est le rapport ? Aucun sauf que  pendant qu’on se chamaille au fédéral le bourgmestre montois assure son avenir à la tête du collège montois au prix du contribuable wallon.

« Si le gouvernemenfédéral tient ( et c'est bien parti ), il y en a pour cinq ans. En cinq ans la NV-A peut se faire étriller en Flandre et elle le sait. Par contre, la Wallonie est une région qui, correctement gérée, peut devenir un investissement des plus rentables. De là à imaginer une Flandre ambitieuse désireuse de coloniser cette région au travers de leviers économiques, il n'y à qu'un pas. La gestion du PS-CDH est cataclysmique et fera toucher le fond à une Wallonie déjà moribonde. Il ne faudra plus que s'abaisser pour racheter ses fleurons offerts au plus offrant. Avec un peu de recul, ce point de vue ne vous semblera pas si invraisemblable que cela ! »

C’est un point de vue paradoxal qui vaut son poids de chair de panda.

Mais tout devient paradoxal dans le plus paradoxal des royaumes, où une princesse désargentée se croyant fille du roi et voulant en faire la preuve par la génétique, se retrouve fille de grand bourgeois. 

Bien fait !

MG

 

 

jeudi 27 novembre 2014

Antisocial, injuste et incompréhensible: le budget 2015 de Milquet fait débat

Le Vif

Source: Belga

L''opposition MR en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bernard ClerfayT ou encore le MOC ont dénoncé la volonté du gouvernement d'utiliser dans le budget 2015 les subsides complémentaires jusqu'ici octroyés aux écoles à "encadrement différencié" (ex-discrimination positive) pour financer un renforcement de la remédiation et lutter contre l'échec scolaire enFédération.




© Belga

"La ministre de l'Enseignement va donc frapper à l'aveugle pour financer 350 engagements supplémentaires qui ne seront visiblement pas forcément destinés à travailler dans les écoles chez qui elle ponctionne, mais qui seront répartis dans toutes les écoles de la Fédération", ajoute celui-ci.

Les réformateurs doutent par ailleurs de l'efficacité de ces 350 engagements qui devront être "saucissonnés" entre les différentes écoles de la Fédération.

Pour eux, la mesure frappera "durement" des écoles situées dans des communes "déjà touchées par d'importantes difficultés socio-économiques".

"Avec ce projet, la ministre de l'Enseignement fait donc exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire! ", fustige l'opposition MR.

Et celle-ci de rappeler qu'elle réclame depuis plusieurs années déjà une évaluation indépendante du financement et des mécanismes de l'enseignement différencié.

"A l'heure actuelle, personne ne sait si les montants alloués à cette politique sont suffisants, insuffisants voire efficaces? (Cette évaluation) est désormais devenue une urgence avant que Mme Milquet ne frappe à l'aveugle!", conclut le communiqué.

Pour Bernard Clerfayt, la suppression de subventions renforcera un enseignement à deux vitesses, juge B. Clerfayt. Le maïeur FDF de Schaerbeek et son échevin de l'Enseignement communal, Michel De Herde (FDF) ont tiré jeudi "la sonnette d'alarme" devant la perspective de cette suppression de subventions. "Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles est souvent pointée du doigt car son enseignement est l'un des plus inégalitaires et que ses écoles sont en dessous de la moyenne dans les enquêtes PISA, le gouvernement juge approprié de diminuer les moyens financiers consacrés aux écoles accueillant les élèves les plus défavorisés", se sont indignés jeudi soir Clerfayt et De Herde.

A leurs yeux, tous les politiques s'accordent à dire que l'éducation est le meilleur moyen d'assurer l'avenir des enfants. "Mais au regard des choix effectués par la ministre de l'Enseignement Joëlle Milquet, les priorités semblent être ailleurs".

Pour les écoles organisées par la commune de Schaerbeek, cette décision représente, d'après les deux mandataires FDF, une diminution des moyens de l'ordre de 100.000 euros pour l'année scolaire 2014-2015 et de 430.000 euros pour l'année 2015-2016.

Les édiles schaerbeekois rappellent que l'idée sous-jacente à la mise en place de subventions pour ce type d'école était de compenser les différences objectives de moyens dépensés par les parents pour l'éducation, en donnant la possibilité à ces enfants d'accéder à des activités culturelles, scientifiques et d'éveil, par l'intermédiaire des écoles.

Un bref coup d'oeil sur une carte des communes pénalisées par cette mesure, celles du nord de Bruxelles et du sillon Sambre et Meuse, en révèle le caractère profondément antisocial, "car il est peu probable que les communes concernées auront la capacité de compenser cette coupe budgétaire injuste", ont encore déploré Bernard Clerfayt et Michel De Herde.

Ceux-ci se sont par conséquent associés aux demandes des fédérations de Pouvoirs Organisateurs (CECP et SEGEC) et des syndicats visant à préserver des moyens financiers complémentaires pour les écoles accueillant les enfants des familles pauvres.

Ils demandent aux parlementaires de la Fédération d'amender le texte déposé en ce sens par la ministre de l'Education.

De son côté, le Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) a invité jeudi la ministre de l'Enseignement, Joëlle Milquet, à retirer cette disposition très contestée du budget 2015.

Le gouvernement PS-cdH veut utiliser les subsides complémentaires jusqu'ici octroyés aux écoles à "encadrement différencié" (ex-discrimination positive) pour financer un renforcement de la remédiation et lutter contre l'échec scolaire en Fédération. Ce faisant, 350 enseignants ou conseillers pédagogiques seraient engagés au bénéfice de toutes les écoles.

Selon le MOC, ces enseignants et conseillers ne seront pas forcément affectés aux écoles qui bénéficient de cet encadrement différencié. Or, ce sont ces écoles, sélectionnées sur la base de critères socio-économiques, qui ont le plus besoin de moyens pour lutter contre l'échec scolaire et aider les familles d'élèves, a fait remarquer la coupole des organisations sociales chrétiennes.

"La mesure est d'autant plus injuste et incompréhensible qu'elle touchera surtout les élèves de l'enseignement fondamental et principalement de l'enseignement maternel. Certaines écoles, pour leurs classes maternelles, perdront ainsi jusqu'à 25% du montant de leur subvention! C'est d'autant plus inacceptable qu'une lutte efficace contre les inégalités scolaires nécessite précisément que l'on renforce les moyens à destination de l'enseignement fondamental", souligne le MOC.

Le Mouvement tient à rappeler les priorités de la nouvelle majorité énoncées dans la Déclaration de politique communautaire, notamment celle de lutter contre l'échec scolaire et d'enrayer la reproduction des inégalités sociales.

"La volonté de diminuer les budgets de l'encadrement différencié va totalement à l'encontre de ces objectifs", estime le MOC.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES NULLITÉS SE SUCCÈDENT AU MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT


Sans doute le marocain de l’éducation était-il le prix à payer par le PS pour acheter une fidélité aveugle du CDH à la Région wallonne, bruxelloise et à la communauté française.

On ne saurait expliquer autrement l’abandon de l’enseignement par le PS aux mains des humanistes chrétiens grands défenseurs de l’enseignement libre et pourfendeurs de l’officiel.

Schaerbeek, deuxième plus gros pouvoir organisateur après la ville de Bruxelles, rue dans les brancards et lance un exocet à la ministre de l’éducation et de la culture qui semble complètement dépassée par les défis de son lourd ministère.

Il faut de la témérité et un vrai courage politique pour s’insurger comme le font Clerfayt-Deherde à la puissante ministre qui ne manquera pas de prendre des mesures de rétorsion à l’égard de Schaerbeek. Il est trop tôt pour se prononcer sur les vraies intentions de la ministre à l’égard de l’enseignement non libre catholique au bénéfice des écoles libres qui sont le vivier très poissonneux où elle compte pêcher ses voix à l’avenir.

Voici qui en donne un avant-goût très amer.

En attendant, constatons que l’enseignement officiel et singulièrement communal sur les épaules duquel pèse, en région bruxelloise, toute la responsabilité de l’intégration et de la formation des enfants issus de l’immigration est à l’agonie. C’est plus qu’un scandale, c’est une faute politique et éthique majeure.

MG

 


 

 

 

Vidéos de l'Etat islamique : "L'information, c'est aussi ne pas montrer"

L'Obs

Droit à l'information ou propagande ? Les images des exécutions menées par les djihadistes font le tour des chaînes d'info et la une des journaux. Jusqu'où les médias peuvent-ils aller? Dominique Wolton répond.



Des combattants de l'EI sont aussi montrés en train d'exécuter au moins 18 hommes présentés comme des soldats syriens. (AL-FURQAN MEDIA/AFP)

Flouter, censurer ou décider de tout montrer, pour interpeller ? Telle est la question à laquelle sont confrontées télévisions, journaux et sites d'information du monde entier, face aux exécutions d'otages filmées et diffusées par les membres de l'Etat islamique. Dernière en date, la vidéo rendue publique, dimanche 16 novembre, de la décapitation de l'Américain Peter Kassig et de 18 soldats syriens. 

"L'Obsn'a pas échappé à ce dilemme : devait-on poster des images affichant ces djihadistes brandissant leur arme, les soldats syriens à leurs pieds, ou était-ce offrir une tribune au groupe terroriste ? Nous avons choisi la retenue. Quand les médias anglo-saxons, eux, préfèrent souvent montrer. Dominique Wolton, spécialiste des médias et directeur de recherche au CNRS en sciences de la communication, est catégorique : "Il ne faut absolument rien montrer de ces exécutions." Interview. 

 

L'UTILISATION DES MÉDIAS PAR LES TERRORISTES EST-IL UN PHÉNOMÈNE NOUVEAU ?

- Absolument pas. Les groupes qui commettent des actes terroristes ont recours aux médias depuis les années 1985-1990. J'ai sorti un livre à ce sujet, "Le terrorisme à la une" (Gallimard), en ... 1987 ! Et depuis, les terroristes savent encore mieux manipuler les médias. Il est donc extrêmement compliqué d’avoir des informations fiables sur le sujet.

LES IMAGES DES EXÉCUTIONS MENÉES PAR LES DJIHADISTES FONT LE TOUR DES CHAÎNES D'INFORMATION ET LA UNE DES JOURNAUX. NOURRISSENT-ELLELA PROPAGANDE EN FAVEUR DE L'EI ? 

- Bien sûr ! Cela s'explique tristement par la concurrence des chaînes de télévision et des sites d'information : c’est la course au scoop. La logique du spectacle l’emporte sur la déontologie, et c’est un grave problème. Le droit à l’information est devenu une caution à ce qui n’est qu’une concurrence informationnelle au niveau mondial.

LE DROIT À L'INFORMATION N'EST-IL PAS POUR AUTANT PRIMORDIAL ? 

- Il a bon dos, le droit à l’information ! Il s'agit là d'une véritable démagogie, trop souvent utilisée pour justifier les dérives journalistiques. Informer, c'est aussi, parfois, ne pas montrer, pour ne pas transformer le citoyen en voyeur. Recourir aux images d'exécutions mobilise les pensées les plus haineuses et voyeuristes. Tout le travail du journaliste réside dans le fait d'accepter d'avoir recours, de temps en temps, à l’autocensure, et de résister à la concurrence médiatique, pour ne pas entrer dans le chantage des terroristes. 

QUELS SONT LES RISQUES DES DÉRIVES DES MÉDIAS ? 

- Les journalistes commettent souvent l'amalgame entre terrorisme et islamisme, ce qui apporte de la confusion dans l'esprit du public. Ajoutez à cela l'accélération du temps de l'information, qui invite à la surenchère : le monde entier devient alors prisonnier d’une sorte de course terroristo-médiatique qui n’apporte rien à personne, et qui donne le sentiment à l’Occident d’être complètement pieds et mains liés. 

QUELLES PRÉCAUTIONS DOIVENT ALORS PRENDRE LES JOURNAUX ? 

- Chaque média doit s'efforcer d'élargir la logique des événements et de l’information à une problématique de la connaissance : il faut contextualiser l’acte terroriste. Cela ne revient pas à l’excuser ! Ni même à le justifier, mais à le mettre en perspective, pour comprendre les contradictions entre les différents mouvements terroristes qui ne sont pas unanimes. 

Pour cela, les chaînes télévisées et les journaux doivent consulter les journalistes de guerre chevronnés, car ce sont ceux qui connaissent la réalité de terrain, contrairement aux envoyés spéciaux. Ils doivent aussi avoir recours aux universitaires qui travaillent sur ces questions. 

L’idée générale est de construire une doctrine au niveau mondial contre le terrorisme médiatique, qui soit bien plus sobre et déspectacularisée. Moins réagir à l’événement, c'est résister à la provocation et au chantage des terroristes.

Propos recueillis par Julia Mourri


 

COLMMENTAIRE DE DIVERCITY

TERRORISME MEDIATIQUE


Ceux qui regardent le font à leurs risques et péril, les autres détournent les yeux, par respect. Celui qui cède à la tentation du voyeurisme se rend, inconsciemment complice des barbares. 

Les gamins qui jubilent sont déjà passés dans le camp des bourreaux. Tout cela est profondément abject et les médias ont la latitude de ne pas se faire complices de ces crimes contre l’humanité.

MG

 

 

mercredi 26 novembre 2014

Elio Di Rupo en campagne contre le mal


Christophe Leroy Source: Le Vif

Ce 24 novembre, Elio Di Rupo était invité à évoquer la justice sociale lors d'une conférence organisée à l'Université de Namur. Mais le président du PS a surtout profité de l'occasion pour proposer une analyse rudimentaire du clivage gauche-droite. Retour sur une stratégie en perte de vitesse.



© Ch. Leroy

Le discours ferait mouche dans un congrès de parti, voire dans l'un des nombreux fiefs acquis à la cause d'Elio Di Rupo. Mais ce lundi soir, le rabâchage systématique de critiques à l'encontre du gouvernement "MR-N-VA" a plutôt suscité des murmures rieurs dans le grand auditoire de l'Université de Namur.

Après Didier Reynders en 2012 et Joëlle Milquet en 2013, l'Assemblée générale des étudiants invitait Elio Di Rupo ce 24 novembre dans le cadre d'une conférence. Si l'événement était ouvert à tous, les étudiants constituaient une très large majorité parmi ce public de 600 personnes.

Elio Di Rupo devait évoquer le "chemin du progrès" à travers la "justice sociale". D'emblée, l'orateur feint l'improvisation. "Je ne connaissais pas exactement le titre, je savais juste que je vous voyais", glisse-t-il en souriant. En vérité, le président du PS a d'autres intentions : égratigner le nouveau gouvernement fédéral et propager l'idéal socialiste en l'absence de voix contradictoires. Ce serait de bonne guerre si les ficelles n'étaient pas usées depuis de trop longs mois.

LE BIEN EN ROUGE, LE MAL EN BLEU

Avec le même ton de pédagogue que celui adopté lors de son round préélectoral dans le Hainaut, Elio Di Rupo s'attelle cette fois à présenter le clivage gauche-droite, encerclant quelques lignes de sa présentation Powerpoint. Ce sera le bien contre le mal. Le "bien" sur un fond rouge, le "mal" sur un fond bleu. Sous le titre "gouvernement Di Rupo", la colonne du bien - appelons-là ainsi - fait état du soutien au pouvoir d'achat et des 7 milliards d'euros prélevés sur les revenus du capital. La colonne du mal, celle du "gouvernement MR-N-VA", présente la "détérioration du pouvoir d'achat" et 350 petits millions de prélèvements sur les revenus du capital. Tel est le résumé, selon Di Rupo, de la "différence entre un gouvernement de centre-gauche et un gouvernement de droite".

A l'image de la stratégie adoptée par le PS depuis plusieurs semaines, Elio Di Rupo épingle l'augmentation du coût du diesel. Sans préciser que son parti l'aurait probablement validée s'il était resté à la barre. Il y ajoute le serrage de ceinture de la SNCB et les milliards à économiser dans le secteur des soins de santé. La Fédération des entreprises de Belgique n'échappe pas aux salves du ministre d'État. "Si vous écoutiez la FEB, on ne devrait payer les travailleurs que quelques euros par heure, comme c'est le cas en Chine." Le lendemain midi, c'est devant les patrons du Cercle de Wallonie qu'il prendra la parole... Pour évoquer Mons 2015.

La conclusion de l'exposé sonne comme un dilemme caricatural. Elio Di Rupo exhorte les étudiants en présence à faire un choix : "agir ou subir", "l'unité ou la division du pays", "la solidarité ou l'égoïsme". Les applaudissements de courtoisie n'ont rien de l'écho bruyant que le message susciterait dans une salle surchauffée remplie de militants.

TECHNIQUES D'ESQUIVE

Le scepticisme est palpable lors de la séance de questions-réponses qui s'ensuit. Celle-ci a le mérite d'être plutôt spontanée, ce qui est rare dans l'encadrement de la communication de Di Rupo. Mais ce dernier a le don de renverser ou d'esquiver les remarques piquantes. Au professeur prochainement sans emploi, suite à des économies drastiques dans l'enseignement décidées par la majorité PS-CDH, Di Rupo répond que cela l'étonne mais qu'il va se "renseigner auprès de madame Milquet".

A l'étudiante qui lui demande de citer au moins quelques mesures positives du nouveau gouvernement, il se borne dans un premier temps à répondre qu'il "n'entend pas la question", parfaitement audible. L'insistance de l'intervenante le contraindra toutefois à sélectionner une mesure positive : le report de l'équilibre budgétaire en 2018 plutôt qu'en 2015. A l'étudiant pointant une hausse inévitable de l'âge de départ à la retraite, Di Rupo rétorque que "des études" montrent qu'il est possible de continuer à financer le système des pensions, moyennant "une certaine croissance économique et moins d'inégalités".

Si cette stratégie de communication semble fonctionner - jusqu'à quand ? - devant un public plutôt acquis à sa cause, elle se heurte à la méfiance légitime d'une audience plus vigilante. Et traduit, une fois de plus, le parfum de confrontation embrumant l'air de cette législature : à défaut d'un véritable projet de société, majorité comme opposition se complaisent encore dans les accusations simplistes.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE DIABLE ET LE BON DIEU.


C’est bien connu, en fin de carrière, les grands socialistes se prennent volontiers pour Dieu : Mitterrand, le Spit et maintenant Elio qui devine le diable en Charles Michel. Il est vrai que notre premier a un facies et une dégaine plutôt méphistophélique. Qu’en pense le pape François qu’il a invité en Belgique pour faire bonne figure ? Tout cela ne serait que puéril si ces farceurs ne prenaient pas en otage notre avenir politique. 

A défaut de convaincre, « cette stratégie de communication manichéenne semble fonctionner - jusqu'à quand ? » elle se heurtera « à la méfiance légitime d'une audience plus vigilante. » « A défaut d'un véritable projet de société, majorité comme opposition se complaisent encore dans les accusations simplistes. »

On aurait aimé que le président du PS, qui prend volontiers des postures d’homme d’Etat, propose à nos étudiants un vibrant plaidoyer en faveur de l’Europe ou à défaut de l’interculturel.

MG

 

 

 

 

 

 

jean-Claude Juncker annonce «315 milliards pour remettre l’Europe au travail»

Jurek KuczkiewiczLe Soir

300 milliards d’euros d’argent public et privé pour relancer « la croissance et l’emploi ».




Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dévoilé, ce mercredi matin, le projet phare de son mandat : un plan destiné à mobiliser plus de 300 milliards d’euros pour les investissements en Europe en s’appuyant principalement sur des fonds privés, afin de relancer la croissance et de « remettre l’Europe au travail ».« Nous créons un nouveau Fonds européen pour l’investissement stratégique » qui permettra « de mobiliser 315 milliards d’euros au cours des trois prochaines années », a déclaré Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen.

LE FINANCEMENT. 

L’objectif est de mobiliser un surcroît d’investissements dans l’économie réelle, en allant le chercher dans le secteur privé. Ils seront actionnés par des garanties ou des mises de départ publiques. En l’occurrence : 21 milliards d’euros. 16 milliards d’euros, au titre de garantie, proviendront du budget existant de l’Union européenne. Les 5 milliards d’euros restants seront amenés par la Banque européenne d’investissement (BEI).

Ces 21 milliards apportés en garantie à un nouveau « Fonds européen pour les investissements stratégiques » (FEIS) lui permettront, selon les concepteurs, de développer une capacité de financement de 63 milliards d’euros. Soit un effet de levier de 1 à 3. Dans un second temps, le FEIS lèvera sur cette base des fonds sur les marchés : avec un effet de levier escompté de 1 à 5, ces 65 milliards permettront donc de lever 315 milliards d’euros. CQFD. Cela fait tout de même un effet de levier peu banal de 1 à 15, qui ne manquera pas d’intriguer les financiers.

LES PROJETS. Les projets financés seront choisis parmi une liste soumise par les Etats membres, mais il n’y aura « pas de quota par Etat », souligne-t-on de source européenne. C’est un comité d’experts – constitué de professionnels et non de fonctionnaires, afin d’éviter toute interférence politique – qui sera chargé de faire le tri, en fonction de la pertinence des projets. Ils devront en particulier s’assurer à la fois que les projets choisis sont utiles à l’économie, rentables, mais qu’ils ne peuvent être financés par les systèmes de financement, publics ou privés, actuels.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NEW DEAL À L’EUROPÉENNE ?

Pas exactement. Certes, le but est de créer des emplois dans une Europe en mal de croissance et où le chômage des jeunes atteint des sommets.  « Le plan doit théoriquement combler un déficit d’investissement hérité des années de crise et servir à financer des projets d’infrastructure énergétique, numérique ou de transport. Des projets en panne de financement, car jugés trop risqués. » Mais attention il ne s’agira pas d’investissements de fonds publics : En effet, « M. Juncker va maintenant devoir « vendre » son plan et convaincre lesinvestisseurs que l’EFSI est un placement rentable() Le président de la Commission aura aussi besoin de l’accord du Parlement européen et des Etats membres. Car, pour mettre de l’argent du budget européen en garantie du fonds, les textes communautaires doivent être amendés. Une proposition de législation doit donc être proposée au Conseil européen et au Parlement. » 

La commission Juncker veut désormais « aller vite, avec un plan réaliste, et« comme l’argent privé est abondant sur le marché, on veut profiter de ce momentum », C’est un plan téméraire et non sans risque pour Juncker et sa toute nouvelle commission, comme le montre l’analyse du Monde. It is a step in the right direction. Les europhobes ne vont pas aimer.

Mais voilà que l’encre du projet n’est pas encore sèche que « Paris prévient déjà : « On ne pourra pas laisser les projets français de côté. » Chassez le nationalisme chauvin, il vous reviendra à la vitesse du galop. 

MG

 

UN PLAN DE 315 MILLIARDS D’EUROS POUR RELANCER L’INVESTISSEMENT EN EUROPE

Le Monde

C’est un véritable pari que fait Jean-Claude Juncker. Mercredi 26 novembre, le président de la Commission européenne a présenté son plan censé drainer 315 milliards d’euros additionnels dans les trois ans qui viennent pour l’investissement en Europe. Et ce sans argent public – ou presque.

Ce plan de relance « sera opérationnel en 2015 » et, s’il fonctionne, « sera reconduit pour la période de 2018 à 2020 », selon M. Juncker. « C'est le plus gros effort récent entrepris par l'Europe pour l'investissement. Pour chaque euro mis dans ce programme, on va générer 15 euros pour la recherche et développement ou les infrastructures »a-t-il ajouté.

Le plan doit théoriquement combler un déficit d’investissement hérité des années de crise et servir à financer des projets d’infrastructure énergétique, numérique ou de transport. Des projets en panne de financement, car jugés trop risqués. Le but est aussi de créer des emplois dans une Europe en mal de croissance et où le chômage des jeunes atteint des sommets.

Le montage concocté par M. Juncker et son équipe est audacieux. Il s’agit decréer un nouveau fonds, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI en anglais), qui sera géré par la Banque européenne d’investissement (BEI). Cette institution est déjà, depuis une cinquantaine d’années, la banque de l’Union pour financer les projets d’infrastructure de long terme.

L’EFSI ne sera presque pas doté, initialement, en capital et ne pourra compter que sur 5 milliards d’euros de la BEI. Pour le reste, il s’agira de garanties, à hauteur de 16 milliards, provenant de fonds du budget européen (dont 3,3 milliards du programme Connecting Europe Facility). Avec ces 21 milliards mobilisables en cas de « coup dur », la BEI pourra prêter jusqu’à 60 milliards d’euros (en empruntant sur les marchés, comme elle le fait habituellement, avec un taux très bas permis par sa notation triple A). Le reste sera apporté par des co-financeurs publics (par exemple des banques publiques nationales) ou privés.

Jusqu’à 315 milliards d’euros seront investis dans des projets, espère l’équipe de M. Juncker, qui ne ferme pas la porte aux contributions directes des Etats au fonds. Des apports bienvenus, mais pas obligatoires pour lancer l’EFSI. « On l’a bâti sans compter dessus », remarque une source européenne. Pour les pays qui contribuent, les sommes ne seront pas prises en compte comme du déficit, dans le cadre du respect du pacte de stabilité et de croissance.

PAS DE QUOTAS PAR PAYS

Les sociaux-démocrates qui espéraient une relance keynésienne, avec des dizaines de milliards d’euros d’argent public, seront déçus. De même que le ministre de l’économie français, Emmanuel Macron, qui réclamait « au moins 60 à 80 milliards d’argent frais européen ». L’argument de M. Juncker est pourtant simple : les Etats n’en ont tout simplement pas les moyens.

La commission Juncker veut désormais aller vite, avec un plan réaliste, et« comme l’argent privé est abondant sur le marché, on veut profiter de ce momentum », ajoute une source européenne. Le but est que les premiers financements soient débloqués dès mi-2015. Quels projets seront financés ? Les Etats ont envoyé leur liste à Bruxelles (sauf l’Allemagne et les Pys-Bas). « A ce jour, on compte 800 projets, mais tous ne seront pas financés », prévient une source européenne. Priorité sera donnée à ceux qui n’auraient pas trouvé de financement classique, dont le modèle économique fait sens, et qui peuvent être vite mis sur les rails. L’amélioration des infrastructures portuaires, le développement du très haut débit Internet ou encore la construction d’un gazoduc font partie des projets soumis par la France.

Mais la Commission veut absolument « dépolitiser ses choix. Il n’y aura pas de quotas par pays, assure par exemple une source européenne, car « cela ferait fuirles investisseurs »« Ce seront les meilleurs projets qui seront retenus », jure-t-elle. Un comité indépendant d’experts, « pas des politiques ou des technocrates »,précise-t-on à Bruxelles, fera le tri final.

M. Juncker va maintenant devoir « vendre » son plan et convaincrelesinvestisseurs que l’EFSI est un placement rentable… et sûr. Jyrki Katainen, vice-président de la Commission chargé de la croissance, était à Londres mi-novembre, en « road show ». Tous les commissaires seront invités à faire  de même.

Le président de la Commission aura aussi besoin de l’accord du Parlement européen et des Etats membres. Car, pour mettre de l’argent du budget européen en garantie du fonds, les textes communautaires doivent être amendés. Une proposition de législation doit donc être proposée au Conseil européen et au Parlement. A Paris, on prévient déjà : « On ne pourra pas laisser les projets français de côté. L’Europe se plaint suffisamment que la locomotive française est en panne ! », selon une source française.

Cécile Ducourtieux