lundi 17 novembre 2014

Bruxelles, deuxième ville la plus cosmopolite d'Europe


Mélanie Geelkens Journaliste Le Vif

La population bruxelloise est composée d'un tiers de ressortissants étrangers. Mais les communautés vivent souvent des réalités diamétralement opposées. L'emploi, l'enseignement ou le logement alimentent les contrastes.



Près de 70% de la population étrangère présente dans la capitale sont des migrants européens. © Alexis Haulot pour Le Vif/L'Express

Il y a 33,8% de ressortissants étrangers vivant à Bruxelles. Ce chiffre, publié début octobre par la direction générale de la Commission européenne chargée de l'information statistique Eurostat, classe la capitale au deuxième rang des villes les plus cosmopolites d'Europe. Des statistiques similaires, il y en a beaucoup d'autres. En 2013, une étude du sociologue de la KUL Jan Hertogen estimait que trois quarts de la population était issue de l'immigration et que d'ici 2023, plus de 8 habitants sur 10 posséderont une autre nationalité, auront été naturalisés ou seront nés de parents étrangers.

Bruxelles métissée, mais Bruxelles cliché, aussi: certaines communautés sont souvent stigmatisées, alors qu'elles ne constituent qu'une partie de cette diversité. Le pays qui y est aujourd'hui le plus représenté est... la France. Entre 2000 et 2013, selon des données collectées par l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse (IBSA), le nombre d'Hexagonaux est passé de 34 497 à 57 700. Suivent les Marocains (39 758, contre 62 292 treize ans plus tôt) et les Italiens, dont la présence reste stable (29 720). Près de 70% de la population étrangère présente dans la capitale sont des migrants européens.

Les ressortissants dont la présence a la plus augmenté cette dernière décennie sont roumains (de 729 à 27 381) et polonais (de 2 096 à 26 245). L'Espagne, l'Allemagne et le Portugal ont aussi progressé, mais moins rapidement. Quant à la Turquie, elle a perdu pile 10 000 représentants depuis 2000. Quoi qu'il en soit, vivent à Bruxelles des personnes originaires de presque tous les pays du monde, des Pays-Bas à la Russie en passant par la Guinée, la Chine, le Brésil ou l'Inde.

Cette diversité est souvent présentée comme un problème. A tort, à raison? "S'il peut y avoir des conflits, des tensions, il faut se garder de céder à des visions fantasmées ou caricaturales de la réalité sociale. Du type "tout va bien, la diversité c'est super" ou d'autres discours, notamment politiques, pour lesquels "nos quartiers flambent, il y règne un état de non-droit et c'est la faute à certains"", plaide-t-on au Centre bruxellois d'action interculturelle.

La réalité est complexe et mieux vaut éviter les raccourcis. Comme celui d'utiliser le mot "intégration" pour parler de personnes vivant en Belgique depuis deux, trois, voire quatre générations... "Jusque quand renvoie-t-on les personnes à leur origine? Cela ne correspond plus à aucune réalité", dénonce Patrick Charlier. Le directeur adjoint du Centre pour l'égalité des chances constate que l'acceptation de la différence des origines n'est pas toujours admise, que la vision "eux et nous" reste trop souvent partagée de part et d'autre.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

56%

Le professeur Eric Corijn de la VUB, un des meilleurs experts des réalités bruxelloises retient le chiffre de 56% de Bruxellois d’origine étrangère (il compte les intégrés et les assimilés et ceux qui sont devenus belges par la naissance). Est-ce à dire que Bruxelles, assurément très multiculturelle, soit pour autant la capitale de l’interculturel ?

Il semble bien que le concept d’interculturalité qui renvoie à la dynamique d’échanges entre les cultures sur une base de respect mutuel et de dialogue constructif ait disparu des écrans radars de nos hommes et femmes politiques.

L’OCDE dénonce d’une part un taux d'emploi des étrangers comme un des plus faibles des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et d’autre part les manquements de l'école inégalitaire.

Que n’avons-nous ressassé ces thèmes au fil des années. Clairement : « l'acceptation de la différence des origines n'est pas toujours admise, la vision "eux et nous" reste trop souvent partagée de part et d'autre. »

Le salut ne peut venir que de l’école, or l’enseignement tel qu’il est conçu et dispensé à Bruxelles génère l’échec, les redoublements et le décrochage à grande échelle.

Notre super-ministre de l’enseignement Joëlle Milquet, habituellement si tonitruante se tait depuis des mois. Hormis les calamiteux décrets« inscription »soucieux d’organiser la mixité sociale aux dépends de la sacro-sainte liberté du père de famille, on n’observe ni mouvement, ni quelconque initiative.  Joëlle Milquet est aussi en charge de la culture en fédération Wallobrux. Pas le moindre frémissement interculturel n’émane de son département. N’est-ce pas elle qui avait pris l’initiative des assises de l’interculturel il y a quelques années ?

MG

 

 

 

MG

 

 

"LES MIGRANTS MAL ACCUEILLIS EN BELGIQUE"

Le Vif

Le taux d'emploi des étrangers en Belgique est un des plus faibles des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la situation empire, en raison, notamment, de l'école inégalitaire, révèle le journal Le Soir lundi.

© Reuters

"Si l'on effectue une comparaison internationale, le taux d'emploi des immigrants en Belgique est parmi les plus bas et l'écart par rapport aux personnes nées dans le pays est l'un des plus larges", lit-on dans le rapport provisoire de l'OCDE concernant la Belgique, qui a été remis la semaine dernière aux ministres et administrations concernées. Tous les étrangers ne sont pas logés à la même enseigne. "Le niveau d'emploi des étrangers de l'Union européenne est globalement comparable à celui des personnes nées en Belgique. Mais la performance sur le marché du travail des étrangers hors UE est nettement pire, avec un chômage élevé, et, parmi les femmes, une inactivité importante". L'OCDE s'apprête à émettre des recommandations, parmi lesquelles une lutte contre la ségrégation.

 

 

 

 

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