dimanche 30 novembre 2014

"Il est exagéré de dire que De Wever décide tout dans le gouvernement suédois"

DORIAN DE MEEÛS & JONAS LEGGE La Libre


 

Le politologue flamand Dave Sinardet expose son analyse "vue de Flandre" sur la situation politique actuelle. Bart De Wever est-il le véritable chef de la "coalition suédoise" ? Comment les observateurs flamands jugent-ils les premiers pas des nouveaux ministres MR et N-VA ? Les syndicats du nord du pays sont-ils sur la même longueur d'onde que les wallons. Comment les nationalistes flamands devront-ils éviter le piège dans lequel les indépendantistes québécois sont tombés ?

 DAVE SINARDET EST L'INVITÉ DU SAMEDI DE LALIBRE.BE.

SOUS LE GOUVERNEMENT DI RUPO, LES NATIONALISTES FLAMANDS CONSPUAIENT LE FAIT D'AVOIR UN PREMIER MINISTRE FRANCOPHONE. CETTE CRITIQUE SEMBLE MOINS À L'ORDRE DU JOUR. LA PRÉSENCE DE LA N-VA DANS LA "SUÉDOISE" CHANGE LA DONNE ?

Oui, je crois. Mais le nouveau Premier ministre parle mieux le néerlandais que le précédent et s'explique dans les médias flamands. Il me semble normal qu'un chef de gouvernement puisse bien communiquer avec les habitants de tout le pays. Le néerlandais de Di Rupo était un handicap pour pouvoir bien exprimer sa politique, pour débattre avec ses opposants. Même s’il ne faut pas le blâmer, les langues ne sont pas son fort et l'apprentissage des langues dans l’enseignement francophone laisse à désirer. Autre élément probant : Di Rupo était socialiste, Charles Michel est libéral. Pour la partie plus à droite de la Flandre, Di Rupo était aussi le symbole d’une politique jugée trop à gauche.

LES TROIS PARTIS FLAMANDS DE LA SUÉDOISE (N-VA/CD&V/OPEN VLD) GOUVERNENT AUSSI ENSEMBLE EN RÉGION FLAMANDE. COMMENT SE PASSE CETTE ENTENTE ?

Comme au fédéral, on n'a pas toujours l'impression que l'équipe soit très soudée. Le CD&V s’est quand même allié à la N-VA pour, entre autres, espérer la brûler au pouvoir. En plus, le CD&V ne voulait pas du VLD mais a été obligé de l'accepter pour pouvoir former le gouvernement fédéral. Il ne faut pas sous-estimer la méfiance profonde entre ces deux partis, qui date déjà de la période quand Verhofstadt s’est senti "trahi" quand le CVP l’a renvoyé dans l’opposition en 1988. Mais il n'y a pas non plus de gros accrocs pour l'instant, même si certaines discussions émergent, comme au Parlement flamand où Marino Keulen (Open VLD) a dit à Liesbeth Homans (N-VA) que sa politique du néerlandais dans les logements sociaux n’est pas crédible car pas possible constitutionnellement.

LES DÉBUTS DES MINISTRES N-VA ONT ÉTÉ VIVEMENT CRITIQUÉS PAR LES POLITIQUES ET JOURNAUX FRANCOPHONES. COMMENT ONT-ILS ÉTÉ PERÇUS AU NORD DU PAYS ?

La première à demander la démission de Francken était la chef de groupe des socialistes flamands, même si le parti n’a pas vraiment suivi. Ensuite, notamment le PS, a fortement joué là-dessus, d'une manière excessive, allant jusqu'à empêcher le Premier ministre de prononcer sa déclaration de politique gouvernementale ce qui va quand même très loin. D'ailleurs, le PS a adouci son style d'opposition depuis. Mais il ne faut pas non plus y voir une sorte de communautarisation, qui est présentée avec excès.

(...)



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

RECADRAGE


Certains s’en plaindront mais les « décodeurs » du style Devos ou Sinardet sont bien utiles pour interpréter la partition qui se joue rue de la Loi non sans quelques fausses notes, au demeurant.

Les musiciens manquent de discipline, certains solistes carrément de virtuosité et le chef d’orchestre d’assertivité. Sinardet nous explique, non sans talent, que De Wever n’est pas l’auteur de ce concerto pour la main droite.

MG

 

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