dimanche 9 novembre 2014

Gorbatchev: "Le monde est au bord d'une nouvelle Guerre froide"


AFP 



Le dernier dirigeant de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a estimé samedi que le monde était "au bord d'une nouvelle Guerre froide", en marge des célébrations marquant le 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, selon des propos rapportés par l'agence allemande dpa.

"Le monde est au bord d'une nouvelle Guerre froide", a affirmé l'ancien responsable de 83 ans, dans une allusion manifeste à la crise ukrainienne. "Certains disent qu'elle a déjà commencé", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés en allemand par dpa.

Au cours des derniers mois, "la confiance s'est rompue", selon lui.

"Souvenons-nous qu'il ne peut y avoir de sécurité en Europe sans le partenariat germano-russe", a-t-il encore insisté au cours d'une manifestation organisée par la Fondation "Cinema for peace" à laquelle il appartient.

Dans un entretien à la Radio Télévision suisse (RTS) qui doit être diffusé dimanche, Gorbatchev a également estimé: "On essaie de nous attirer dans une nouvelle Guerre froide. On voit de nouveaux murs. En Ukraine c'est un fossé énorme qu'ils veulent creuser".

"Le danger est toujours là", selon lui. "Eux, ils croient qu'ils ont gagné la Guerre froide. Il n'y a pas eu de vainqueur, tout le monde a gagné", a-t-il jugé. "Mais aujourd'hui, ils veulent commencer une nouvelle course aux armements".

Interrogé ensuite pour savoir si par "eux", il entendait les pays de l'Otan, il a répondu: "L'Otan est un instrument qui est utilisé".

Présent à Berlin tout au long d'un week-end de festivités marquant le 25e anniversaire de la chute du Mur, l'ancien leader soviétique doit s'entretenir lundi avec la chancelière Angela Merkel.

Mikhaïl Gorbatchev, largement crédité d'avoir permis la Réunification allemande, avait déclaré avant son départ pour Berlin qu'il entendait défendre la position du président russe Vladimir Poutine auprès de la chancelière Angela Merkel.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MIKHAÏL GORBATCHEV MET EN GARDE.

• Mikhaïl Gorbat

«Le monde est au bord d’une nouvelle Guerre froide»,  la crise ukrainienne, une erreur de casting des Européens poussés dans le dos par Washington et Londres, par l’entremise de l’OTAN.

«Certains disent qu’elle a déjà commencé»,

«la confiance s’est rompue».

«Souvenons-nous qu’il ne peut y avoir de sécurité en Europe sans le partenariat germano-russe» Voilà qui est la prémisse de tout raisonnement et l’alpha de toute stratégie globale. Nous n’avons cessé de l’affirmer ici in tempore non suspecto.

«On essaie de nous attirer dans une nouvelle Guerre froide. On voit de nouveaux murs. En Ukraine c’est un fossé énorme qu’ils veulent creuser».

«Le danger est toujours là»,  «Eux, (lisez l’occident) croient qu’ils ont gagné la Guerre froide. Il n’y a pas eu de vainqueur, tout le monde a gagné», «Mais aujourd’hui, ils veulent commencer une nouvelle course aux armements».

«L’Otan est un instrument qui est utilisé». 

Mikhaïl Gorbatchev est celui qui a rendue possible la réunification allemande et par conséquent aussi la réunification européenne. Vouloir y ajouter l’Ukraine comme ultime trophée fut et demeure une erreur de casting. On ne voit pas à qui le crime profite. L’ours russe s’est réveillé de son long sommeil et il menace de rugir puissamment.

Il est symbolique et impressionnant de voir le vieux Gorbatchev se rendre à Berlin pour défendre la position de son « successeur » Vladimir Poutine auprès de la chancelière Angela Merkel.

«Je suis absolument convaincu que Poutine défend aujourd’hui mieux que quiconque les intérêts de la Russie. Il y a bien sûr dans sa politique de quoi attirer les critiques. Mais je ne souhaite pas le faire et je ne veux pas que quelqu’un d’autre le fasse»

Quelle chance nous avons eue que ce très grand monsieur Gorbatchev ait pris les rênes de l’empire russe au moment de son effondrement sans qu’il n’y ait eu la moindre effusion de sang. Cet homme mérite notre respect à même titre que Willy Brandt, De Gaulle, Adenauer ou Churchill. Curieusement, on l’a presque qu’oublié. Plus qu’une rreur c’est une faute.

L’Europe en pleine crise serait très mal inspirée de s’encombrer d’un 29ème Etat en plein désarroi.

MG


 

L’ALLEMAGNE RÉUNIFIÉE... VRAIMENT ?

LIBERATION 

Vingt-cinq ans après la chute du Mur, des disparités subsistent entre ancienne RFA et ex-RDA, comme l'indique une série de cartes publiée par un site allemand.

Alors que Berlin célèbre ce week-end les 25 ans de la chute du Mur, le 9 novembre 1989, le site Zeit on line publie une série de cartes un rien troublantes sur la réunification effective de l’Allemagne. En faisant parler des données récentes – entre 2012 et 2014 -, comme les revenus moyens par habitants, le nombre d’exploitations agricoles, le nombre de voitures par habitant, ces cartes semblent reconstituer, 24 ans après, une délimitation virtuelle entre ancienne RFA et ex-RDA. Contraste qui fonctionne aussi bien pour la possession d’armes à feu par habitant ou pour la fréquence du prénom Ronny, clairement plus prisé à l’Est du pays.

«Dans l’euphorie de la chute du mur de Berlin, l’Allemagne a voulu vite effacer les cicatrices de ses divisions de la Guerre froide. Mais l’héritage de la RDA reste visible dans les statistiques», relève le site de l’hebdomadaire allemand.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

COMPÉTITION À MORT OU SOLIDARITÉ ?

Que la Thuringe n’ait pas (encore) atteint le niveau socio-économique de la Westphalie ne devrait émouvoir personne. Rome ne fut pas construite en 25 ans même si Berlin fut reconstruite en deux décennies. La Roumanie n’a pas rattrapé le niveau du Portugal mais la Pologne l’a dépassé. Cet article est carrément indécent. On pourrait dire également que la Wallonie est loin d’avoir rattrapé la Flandre et qu’elle n’est pas prête d’y arriver. Et si l’Allemagne entière et l’Europe à son tour et le monde devaient atteindre le niveau économique de la Bavière, il nous faudrait trois planètes terre en termes de matières première.  C’est faire fausse route que de suivre de tels raisonnements. La seule chance de l’Europe c’est que l’Allemagne réussisse à négocier avec Moscou les termes d’une désescalade sur la base d’un bon voisinage fondée comme disait De Gaulle sur « entente, détente et coopération ». Et plutôt que de renforcer l’Otan, il conviendrait de donner force et vigueur à la dynamique de l'organisation européenne de sécurité et de coopération (OCSE) qui s’obstine à ne pas jouer son rôle. 

L’avenir de l’Europe est à l’est et pas dans l’arrimage à la puissance américaine en déclin. Il serait bon que le poisson pilote US, l’Angleterre sorte enfin de l’Europe qu’elle mine de l’intérieur.

MG  

 

 

 

 

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