mardi 18 novembre 2014

Les demandes d'asile explosent en Italie


Le Vif

L'Italie a enregistré pendant les six premiers mois de l'année 25.401 demandes d'asile, soit quasiment autant que les 26.520 déposées pendant toute l'année 2013, souligne un rapport publié lundi par plusieurs organisations d'aide aux migrants.



© Image Globe/LEONARDI

Cette évolution est logique dans la mesure où les arrivées sur les côtes italiennes connaissent une croissance exponentielle depuis l'été 2013: 7.916 au premier semestre 2013, 35.009 au second, 65.456 au premier semestre 2014 et le total de cette année est déjà estimé à plus de 150.000.

Seule une petite partie de ces arrivants dépose une demande d'asile en Italie. Malgré la règle qui impose aux réfugiés de déposer leur demande dans le premier pays de l'Union européenne qu'ils atteignent, beaucoup préfèrent poursuivre clandestinement leur route vers l'Allemagne, la France, la Suède...

Ainsi, plus de la moitié des migrants arrivés cette année viennent de Syrie ou d'Erythrée, selon les statistiques du ministère de l'Intérieur. Mais ce sont les Maliens qui ont été les plus nombreux à demander l'asile en Italie au cours du premier semestre 2014. Quant à l'issue des demandes, sur les quelque 24.000 dossiers examinés en 2013 (déposés fin 2012 et courant 2013), 13% des demandeurs ont obtenu le statut de réfugié, 24% une protection subsidiaire et encore 24% un permis de séjour à titre humanitaire, soit un total de 61% autorisés à s'installer en Italie.

Depuis l'été 2013, le pays est confronté à des arrivées massives sur ses côtes, qui se sont encore accentuées avec la mise en place de l'opération de secours Mare Nostrum après deux naufrages dramatiques en octobre. Mais la fin annoncée de Mare Nostrum, qui cède progressivement la place à Triton, une opération européenne de contrôle des frontières beaucoup plus limitée, n'a pas mis fin aux tentatives de traversée: ce week-end, la marine militaire italienne a encore secouru plus de 2.500 migrants en Méditerranée.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PRESSION MIGRATOIRE.

La pression migratoire croît de manière exponentielle sur les remparts de la forteresse Europe. Il n’existe pas de volonté générale européenne pour l’endiguervoire même pour la canaliser. C’est un processus qui rappelle celui de l’envahissement lent mais irréversible de l’empire romain affaibli par des populations périphériques qualifiées de barbares car ne parlant pas latin. Ce processus a duré plus de quatre siècles ; on se déplaçait alors au rythme des bovidés et des lourds charriots, à peu de choses près, les mêmes que ceux utilisés au 19 siècle par les colons du Far West, des immigrants venus d’Europe pour la majorité d’entre eux.

Les réfugiés qui demandent l’asile en Europe viennent d’Afrique et du Moyen Orient, de l’est européen aussi, chassés par les guerres intestines, les famines, les troubles politiques qui transforment ces régions en enfer. Que ceux qui n’en seraient pas persuadés aillent voir le film que Wim Wenders consacre à son ami le photographe Salgado. Ils viennent grossir les rangs des sans-papiers, des sans diplômes et des sans formation mettant à mal les CPAS et autres structures destinées à secourir ces nouveau nomades de plus en plus nombreux. Notre système de protection sociale généreux et solidaire ploie sous la charge et menace ruine.  

Le monde est en profonde mutation ; l’Europe est à la croisée des chemins, son principal moteur le binôme franco-allemand a des ratés. Une crise politique majeure se développe comme un abcès sur le front ukrainien face au géant russe de plus en plus menaçant. « L’Europe doit se réveiller d’urgence et s’armer». « Les dirigeants européens, pas plus que les citoyens ne semblent avoir conscience de ce danger » « Dans les faits l’attaque de la Russie contre l’Ukraine est une agression contre l’Europe » (Georges Soros).

C’est un point de vue de plus en plus partagé en Europe. Ce n’est pas mon analyse, je crois en effet que l’Europe se trompe d’alliés en suivant aveuglément les Etats Unis et leur poisson pilote britannique. Daniel Reynders: "Il n'est pas impossible de bâtir un nouveau dialogue avec la Russie". Angela Merkel en semble également persuadée mais le dernier sommet australien a manifestement tourné le dos à l’homme fort de Moscou. 

 

L’Europe, affirme encore Soros, est confrontée à un double problème: la récession économique et la déflation. Le salut, pense-t-il, ne viendra pas de l’austérité. C’est clair, il ne peut venir que d’un New Deal européen dont on ne voit pas l’ombre d’une amorce.

MG

 

REYNDERS: "IL N'EST PAS IMPOSSIBLE DE BÂTIR UN NOUVEAU DIALOGUE AVEC LA RUSSIE"



Il faut construire un nouveau dialogue avec la Russie, dans un cadre plus formel, pour redéfinir progressivement les relations avec Moscou, a estimé lundi soir le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, à l'issue du Conseil Affaires étrangères dont une large partie a été consacrée à la crise entre l'Ukraine et la Russie. "Pour de nombreux dossiers internationaux, que ce soit la situation au Proche-Orient ou le conflit en Syrie, c'est important de parler avec la Russie", a commenté Didier Reynders, reconnaissant que "des erreurs ont été commises de part et d'autres ces vingt-cinq dernières années". Il a cité l'appel, lancé par certains responsables politiques aux Ukrainiens, à choisir entre la Russie et l'Union européenne.

La reprise du dialogue et la mise en place de nouvelles relations avec Moscou "ne se feront pas en quelques semaines". Des contacts bilatéraux auront cependant lieu ces prochaines semaines, d'abord avec la visite du secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland à Moscou fin novembre, puis avec celle de Didier Reynders, début décembre, à Kiev et puis Moscou.

Le Conseil a décidé lundi d'aller plus loin dans la phase 2 des sanctions, c'est-à-dire des gels d'avoirs et des refus de visas. Les nouvelles sanctions viseront des séparatistes, mais la liste exacte doit être établie d'ici la fin du mois. "Il est trop tôt pour aller sur autre chose que des sanctions individuelles", a expliqué le ministre des Affaires étrangères.

L'Union européenne "peut appuyer les réformes en Ukraine", tant au niveau électoral qu'au niveau économique. "Il faut relancer le dialogue politique en vue de donner, à terme, plus d'autonomies à certaines régions", a-t-il constaté. Ce soutien peut se faire en collaboration avec d'autres institutions internationales, comme l'OSCE pour contrôler les frontières, ou le Conseil de l'Europe pour la protection des droits de l'homme.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ENFIN, UN PEU DE BON SENS ! 


Tous, Syriens, Maliens, Gabonais, Ukrainiens… ne rêvent que d’une chose rejoindre l’Europe, tandis que les eurosceptiques anglais, les europhobes lepénistes ou hongrois ne rêvent que d’en sortir.

La réunification de l’Europe et celle de l’Allemagne n’a été possible que grâce à une négociation fine avec l’Union soviétique dirigée alors par le subtil Gorbatchev à qui on ne rendra jamais assez hommage.

Les liens de coopération germano-russes sont une des données fondamentales de l’histoire européenne, à l’exception bien sûr de l’invasion allemande arrêtée tragiquement à Stalingrad en 1942.

Merkel sait mieux que personne que les sanctions économiques exigées par Washington qui ne rêve que d’une extension sans fin de l’OTAN feront plus de mal à l’économie allemande qu’à la Russie.

MG



L’OPTIMISME FORCE DE POUTINE

La Libre Belgique

Pendant que ses collègues du sommet du G20 à Brisbane étaient réunis pour un déjeuner, Vladimir Poutine donnait une conférence de presse pour dresser le bilan de ses contacts et pour expliquer son départ anticipé d’Australie. Cette explication s’est résumée à l’aveu qu’il a besoin de sommeil, car ses horaires ont été passablement perturbés par des longs voyages entre Moscou, Vladivostok et Brisbane. Quant à ses impressions sur les résultats du sommet M. Poutine s’est montré très optimiste en affirmant que son atmosphère était bienveillante et constructive pour souligner que les conversations qu’il a eues avec ses collègues occidentaux ont été franches et utiles dans la mesure où ils ont mieux compris la position de la Russie sur l’Ukraine. 

Une telle conclusion semble pour le moins étrange compte tenu du fait que les sources dans l’entourage du président russe laissaient entendre que les contacts plus ou moins brefs de M. Poutine à Brisbane avec certains leaders occidentaux n’ont rien changé dans leurs attitudes respectives vis-à-vis de Moscou.vis du comportement de la Russie en Ukraine. Comment expliquer alors l’optimisme presque serein de M. Poutine ? Ferait-il bonne mine à mauvais jeu pour rassurer l’opinion russe ? La prépare-t-il à un futur compromis avec l’Occident ? Ou au contraire entend-il assoupir la vigilance de l’Occident pour entreprendre en Ukraine une sorte de fuite en avant ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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