mercredi 19 novembre 2014

Les Néerlandais aux petits soins avec leurs jihadistes


SABINE CESSOU LIBÉRATION.

Une vingtaine de jihadistes néerlandais, rescapés des combats en Syrie, n’ont pas été arrêtés à leur retour aux Pays-Bas en 2013. Au contraire, ils ont été aidés par les pouvoirs publics. En plus d’un toit et d’un emploi, ils se sont vus offrir des cours de «déradicalisation» par certaines villes. C’est ce qu’a révélé l’émission Een Vandaag, après recoupement de plusieurs sources. Sur ce sujet controversé, les villes concernées ne veulent pas communiquer. En fait, leur action s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme de déradicalisation, à l’œuvre depuis 2007.

Depuis le meurtre en 2005 du cinéaste Theo Van Gogh par Mohamed Bouyeri, Néerlandais d’origine marocaine, le royaume finance des initiatives locales. L’objectif : éveiller un esprit critique et défendre les principes de la démocratie. Des ateliers «Gérer vos frustrations» ou «Gérer les critiques de votre foi» ont été organisés par la mairie de Slotervaart, un quartier d’Amsterdam qui compte de nombreux immigrés. Désormais, il ne s’agit pas de prévenir, mais de guérir. Mais les villes, en ces temps de coupes budgétaires, sont-elles équipées pour gérer le stress post-traumatique des jihadistes ? On peut en douter.

En Allemagne, cette mission revient à Exit, une organisation d’abord destinée à «désintoxiquer» les néonazis. Au programme : des thérapies cognitives et beaucoup de relationnel. Deux chercheurs, Mark Dechesne et Charlotte De Roon, ont publié un rapport dans la revue d’Exit, dans lequel ils mentionnent le Système national d’aide aux vétérans, un organisme néerlandais de tutelle qui regroupe diverses organisations spécialisées, pour les soldats. Leur recommandation : laisser les islamistes en bénéficier, afin de les réintégrer symboliquement à la nation, tout en leur épargnant les discours binaires et moralisateurs sur le «bien» et le «mal».

Les Pays-Bas suivent plusieurs voies : le parquet a décidé de poursuivre les jeunes arrêtés en partance pour la Syrie - mais pas ceux qui en reviennent. Rob Bertholee, le chef des services secrets (AIVD), s’est publiquement inquiété du retour de personnes «traumatisées», susceptibles de commettre des actes violents. En décembre, le dernier rapport du Centre international d’études de la radicalisation (ICSR) du King’s College de Londres estimait à 11 000 le nombre maximum d’étrangers ayant rejoint les forces rebelles en Syrie depuis 2011. Parmi eux, 1 900 ressortissants d’Europe de l’Ouest, dont 412 Français, 366 Britanniques, 296 Belges, 240 Allemands et 152 Néerlandais.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CHEVAL DE TROIE

Curieusement, la proportion de djihadistes partis du sol belge est deux fois plus élevée que celles partis du sol hollandais et supérieures aux nombre des mercenaires partis d’Allemagne. S’est-on posé la question de savoir pourquoi ?

Ne viennent-il pas majoritairement de Bruxelles et de son hinterland (Vilvorde notamment). L’efficacité du recrutement de Sharia Belgium ne fait aucun doute et l’influence des mosquées troubles pas d’avantage.  Reste à savoir ce qu’on fait de ces dangereux jeunes gens à leur retour en Belgique. Les mettre en prison ? On sait que nos prisons sont des centres d’endoctrinement salafiste…Les soumettre à une rééducation ? C’est rêver éveillé. Leur imposer une formation professionnelle débouchant sur un emploi ? Cela semble la moins mauvaise solution. Leur imposer un bracelet électronique de surveillance ? Sans aucun doute. Leur enseigner le Coran autrement ? On peut toujours le faire, mais qui va se charger de cette mission ?

On comprend assez mal de quelle mission sont chargés les nouveaux « responsables radicalisme ». Visiblement chaque commune dessine le profil de ces fonctionnaires selon la sensibilité locale. C’est dire qu’on est en pleine cacophonie.  Bart De Wever prétend qu’Anvers on serait mieux inspiré. Cela mérite d’être vérifié. 

On retiendra que l’objectif des Hollandais c’est d’ « éveiller un esprit critique et défendre les principes de la démocratie. » mais aussi «gérer vos frustrations» ou «Gérer les critiques de votre foi». Il ne s’agit pas « de prévenir, mais de guérir ».

Vaste programme

MG

 

QUI SONT LES RESPONSABLES RADICALISME ?

Le Vif

Pour renforcer le volet préventif de la lutte contre la radicalisation islamiste dans les quartiers, la Ville de Bruxelles, Schaerbeek et Molenbeek ont créé un nouveau poste : " responsables radicalisme ". Mais le flou subsiste sur cette fonction inédite.



La Grande Mosquée de Bruxelles est située dans le parc du Cinquantenaire. © Belga

Depuis mars 2013, les services de sécurité belges se concertent au sein d'une Task Force Syrie qui se réunit une fois par mois, pour enrayer le phénomène de départs au front syrien. L'organe réunit notamment des représentants de l'Ocam(Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace), de la Sûreté de l'État, du SGRS (renseignements de l'armée), du parquet fédéral, du centre de crise et de la police. La Task Force a aussi pour vocation d'identifier les réseaux infiltrés dans les quartiers, les mosquées, les écoles ou les prisons. Et préconise, entre autres, aux communes de pratiquer la radiation de ses registres des combattants ayant quitté le territoire, de manière à ce qu'ils soient immédiatement identifiés à leur retour.

Dans la foulée, Joëlle Milquet, alors ministre de l'Intérieur, a permis à certaines communes de recruter un fonctionnaire chargé de coordonner la lutte et la prévention contre le radicalisme. Pour les inciter, un subside de 40 000 euros est désormais accordé aux entités locales souhaitant procéder à un tel recrutement. Mais avec une nuance : pour prétendre au subside en question, la commune doit avoir conclu un contrat de sécurité avec le SPF Intérieur.

Six mois après Anvers, Gand, Malines et Vilvorde, la Ville de Bruxelles et Schaerbeek, qui répondent à ce critère, ont désigné leur premier "Mr. Radicalisme", en octobre. Molenbeek-Saint-Jean, aussi, vient d'engager son nouveau fonctionnaire. Ce sont les communes elles-mêmes qui déterminent le profil recherché, ainsi que ses missions. Mais le flou subsiste sur cette fonction encore inédite. Si Schaerbeek a recruté un universitaire bilingue, diplômé en sociologie, la Ville de Bruxelles a engagé un candidat "déjà actif dans la prévention, une personne qui a l'expérience des quartiers". A Schaerbeek, le responsable radicalisme est attaché au fonctionnaire de prévention. A Bruxelles, il a été engagé par l'ASBL Bravvo (Bruxelles Avance - Brussel Vooruit), qui dépend directement du collège échevinal et centralise la politique de prévention.

Comment ces fonctionnaires composent-ils avec les services de prévention déjà en place et les acteurs de proximité ? Remplissent-ils une fonction de policier ? Interrogée au sujet des mesures pour lutter contre la radicalisation, labourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans (MR), précise qu'une cellule a été mise en place pour surveiller les habitants de la commune soupçonnés d'être partis combattre pour les djihadistes. Vision similaire à la Ville de Bruxelles. Un groupe de travail a été mis sur pied, il y a quelques mois, réunissant plusieurs partenaires: l'asbl Bravvo, en charge de la politique de prévention de la Ville, le CPAS, l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM), la Sûreté de l'État, plusieurs services de l'administration communale et la police. Ce fonctionnaire "sert essentiellement d'interface entre ces différents services".

 

 

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