vendredi 21 novembre 2014

"La N-VA se fait servir sa propre soupe"

Walter Pauli Knack

" Ce que fait aujourd'hui le PS est aussi intellectuellement malhonnête que ce que faisait la N-VA lors de la précédente législature". Le politologue Carl Devos semble plus remonté que jamais. A contrario, il ne trouve rien d'anormal aux mouvements sociaux. "Rien de bien inhabituel. Il y a 50 ans, on déplorait encore des morts lors de manifestations".


/ © Belga

CARL DEVOS : la violence doit bien entendu être réprimée, mais, dans le fond, il n'y a rien d'inhabituel. Il y a 50 ans, on déplorait encore des morts lors de manifestations. Dans les années 70 et 80, les grèves se faisaient au finish et dans l'aigreur la plus absolue. Les mouvements de cette fin d'automne, avec une manifestation nationale et quatre jours de grèves, ne peuvent donc que difficilement être qualifiés de déstabilisants. On est ici face à des actions relativement pacifiques. Tout cela ne m'inquiète guère. Ce que je trouve beaucoup plus inquiétant, c'est que l'on remet en question le principe même d'une démocratie du consensus.

DE QUELLE FAÇON ?

Lorsqu'on a augmenté l'âge de la pension, l'opposition a directement fait savoir qu'elle annulerait cette loi une fois de retour au pouvoir. Cela démontre un manque de stabilité. Frank Vandenbroucke l'a rappelé la semaine dernière : pour des réformes aussi importantes que l'âge des pensions, il faut un consensus qui dépasse les clivages majorité-opposition.

AU REGARD DE LA RÉACTION DE LAURETTE ONKELINX AU PARLEMENT, ON SE DIT QU'UN PACTE N'EST PAS POUR DEMAIN.

J'ai trouvé son attaque sur Theo Francken pour le moins inappropriée. Il peut y avoir du pathos au parlement, ou des incidents, mais il existe tout de même quelques règles à respecter. Les représentants du peuple doivent montrer l'exemple et montrer de quelle façon il est possible de débattre avec quelqu'un qui ne partage pas nos idées.

DONC LORSQUE CERTAINS MEMBRES DU PARTI DE BART DE WEVER ONT REFUSÉ DE DONNER DU "PREMIER MINISTRE" À DI RUPO, CE N'ÉTAIT PAS NON PLUS TRÈS APPROPRIÉ ...

Tout à fait. Ce que fait le PS aujourd'hui est du même tonneau que ce que faisait la N-VA lors de la dernière législature : lier le débat socio-économique au débat communautaire. Pour la N-VA, le gouvernement Di Rupo était un gouvernement de gauche dominé par la politique taxatrice du PS. Pour le PS, le gouvernement Michel est un gouvernement de droite dominé par la politique de réduction des dépenses de la N-VA. La N-VA se fait donc resservir sa propre soupe. Ceci dit, aucun des deux raisonnements n'est intellectuellement honnête.

LE SOCIOLOGUE SOCIOLOOG LUC HUYSE A SUBI LES FOUDRES DES SUPPORTERS DE LA N-VA APRÈS AVOIR DÉCLARÉ QUE LA DÉMOCRATIE N'ÉTAIT PAS QU'UNE QUESTION DE RÉSULTAT ÉLECTORAL, TANT LA SOCIÉTÉ CIVILE A AUSSI SON IMPORTANCE.

Je suis d'accord avec Huyse. Je trouve qu'il est réellement anxiogène de limiter la démocratie aux élections. Sans débat de société et sans concertation avec la société civile, les élections ne sont qu'une boite vide.

LE MOUVEMENT FLAMAND N'A-T-IL PAS EN PLUS TOUJOURS FAIT ÇA ?

Exactement. Toute l'émancipation de la Flandre est le résultat d'actions non parlementaires. Les nationalistes qui ont attaqué Huyse ne connaissent donc par leur propre histoire. Aurait-on dû à l'époque interdire le pèlerinage de l'Yser en tant que manifestation non autorisée contre un gouvernement démocratiquement élu ? La manifestation de Bruxelles n'est donc en réalité rien d'autre qu'un des rouages nécessaires au bon déroulement de la démocratie.

Joël De Ceulaer et Walter Pauli

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FRERES ENNEMIS

Autant, ils sont différents par leur électorat et les idées qu’ils défendent, autant le PS et la N-VA se rejoignent dans la stratégie de communication et la manière de se diaboliser mutuellement.

Comme le fit la N-VA pour le gouvernement papillon qu’elle nia en le reniant, lui reprochant son absence de majorité en Flandre, le PS conteste la légitimité de la suédoise minoritaire chez les francophones.  

Ensemble, ils sont en train de détricoter la Belgique en faisant la preuve par l’absurde qu’elle est d’ores et déjà « confédérale ».

Ce qui est sûr c’est que de même que le PS est en train de décevoir la gauche, la N-VA déçoit les classes moyennes qui seront touchées par le saut d’index tandis que certains de ses représentants au fédéral la profilent très à droite. De pluscomme le souligne Hervé Hasquin« la N-VA avec ses ministères puissants porte le fardeau des mauvaises nouvelles et le gouvernement Michel est instrumentalisé par le CD&V pour affaiblir la N-VA. »

« Le vrai divorce belge peut venir du renoncement à des valeurs communes et à des mesures socio-économiques communément partagées. L’indexation en fait partie »(…) Nos repères mutuels se sont-ils effondrés ? Que (nous) reste-il ? La fabrication de l’identité belge a échoué. Le confédéralisme s’installe de manière sournoise en Belgique. Entre Flamands et francophones, on se côtoie. On ne se connaît plus. . On ne se hait pas. (…) la Belgique ne tient et ne tiendra qu’à condition de continuer à être élastique. » (in Match 686)

Il semble bien qu’une espèce de panique s’empare de la direction du PS qui sent l’adhésion populaire et celle de l’intelligentsia lui échapper de plus en plus au profit du PTB dont la FGTB semble se rapprocher en s’éloignant du boulevard de l’Empereur. La FGTB n’a pas manqué de dénoncer durement la politique taxée d’austérité du gouvernement wallon PS-CDH. C’est dire qu’entre le MR et le PS la guerre est totale. La grève du 15 décembre nous dira vers quel horizon socio-économique on se dirige. Elle nous offrira une radioscopie des forces en présence en Wallonie, à Bruxelles et surtout en Flandre. Si la mobilisation devait être forte en Flandre, le gouvernement Michel risque  d’être très affaibli, voire menacé dans son existence et  le CD&V tenté de tirer la prise comme le fit De CrooThough this be madness, yet there is method in it.

MG 


WALEN VOELEN ZICH STEEDS MINDER VERWANT MET DE VLAMINGEN


©PHOTO NEWS

De Morgen 

Twee Walen op de drie (66,1 procentvoelen zich eerder anders of heel andersdan de VlamingenDat blijkt uit een onderzoek van het Waals instituut voorevaluatietoekomstverwachting en statistiek (IWEPS) waarover de RTBF vandaag berichtte. Tien jaar geleden gaf nog amper 35 procent aan zich anderste voelen dan hun landgenoten aan de noordelijke kant van de taalgrens.

De nieuwe sociale barometer van Wallonië 2012-2013 van IWEPS behandeldeonder andere het identiteitsgevoel van de Waal. Volgens een peiling bij 1.200 personen (met een foutenmarge van 2,76 procent) is 78 procent van de respondenten eerder fier tot heel fier een Waal te zijn. Die trots blijkt eenBelgische fierheid niet in de weg te staan, want 79 procent van de Walen geefttegelijkertijd aan ook gehecht te zijn aan hun land.

Wat duidelijk uit het onderzoek blijkt is dat Walen zich steeds minder verwantvoelen met Vlamingenen steeds meer met hun buren in het zuidenZo voelt'slechts' 54,9 procent van de ondervraagde personen zich eerder anders of heel anders dan de Fransen. IWEPS ziet hierin een dominantie van het taalkundige enculturele aspect, ten koste van het gevoel samen tot een Belgische natie tebehoren.

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