lundi 29 décembre 2014

2015 et autant de nécessités d’évoluer

PASCAL MARTIN Le Soir



L’incertitude. Bien malin celui qui peut dire de quoi demain sera fait. Reste l’incertitude qui va de pair avec les périodes de crise, puisque l’on nous dit et répète que la planète a le moral dans les chaussettes et le portefeuille en capilotade.

A son niveau, la Belgique exprime ce malaise. Si l’on parcourt les textes que la rédaction du Soir a consacrés aux principaux changements programmés en 2015  on découvre sans surprise que les réformes, les rationalisations, les interdictions, la coercition parfois, s’installent durablement entre leurs paragraphes. Est-ce la faute du pouvoir en place ? Jeter un coup d’œil sur les pays avoisinants nous apprend que nul n’échappe au diktat de l’époque et que nos bisbrouilles politiques pèsent en réalité très peu sur le cours des choses.

Des allocations de chômage définitivement perdues. Des projets de rénovation reportés parce que des primes sont réduites. Des centrales nucléaires prolongées de dix ans en dépit de leur usure. Des migrants expulsés vers la misère… Tout cela n’aide évidemment pas à voir la vie en rose. Et il y a fort à parier que 2015 et les années qui suivront apporteront également leur lot de désillusions et de déprime.

Le modèle occidental est usé. Nous le savons. Moins de travail. Moins d’enfants. Une population de plus en plus âgée. Une rage de consommer aveugle. Et la sale manie de ne pas regarder les problèmes en face. Critiques vis-à-vis de leurs gouvernants, les Belges comme les Français ou les Allemands ne leur demandent le plus souvent rien d’autre que d’approfondir le même sillon, espérant un peu naïvement qu’une terre appauvrie leur ramènera les moissons d’antan.

Il n’y a pas de société qui ne soit façonnée par l’addition des contingences. Refuser de l’accepter, refuser d’évoluer, c’est se condamner à disparaître.

Que faire ? C’est évidemment la question à 100 francs. Les alternatives avancées au cours des trente dernières années ont souvent tourné à la caricature. La certitude que l’éducation nous protégerait de toutes les arriérations n’empêche pas aujourd’hui des millions de diplômés espagnols de vivre dans la précarité. Les mesurettes imposées aux financiers n’enlèveront pas aux traders de la City le plaisir de palper des bonus records.

Alors ? Alors il faut chercher d’autres voies en se souvenant que la nécessité peut devenir l’ennemie de la liberté. C’est donc une course contre la montre qui est engagée. Bien au-delà de 2015.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE MODÈLE OCCIDENTAL EST USÉ.


« Refuser d’évoluer, c’est se condamner à disparaître. »

Cela même le pape l’a compris mais pas le politique qui s’obstine à ne pas évoluer du tout.

Faut-il alors s’inspirer du modèle néolibéral américain, de l’exemple stakhanoviste asiatique ou de celui plus autoritaire d’un Poutine ? Poser la question en ces termes c’est y répondre d’office par la négative. L’Europe est à bout de nerfs mais à bout de souffle surtout. Elle vit depuis longtemps à crédit tout en perdant le sien, de crédit. « Et il y a fort à parier que 2015 et les années qui suivront apporteront également leur lot de désillusions et de déprime. »

Quant aux oracles médiatiques du moment qui nous disent comment penser, ils ont conquis leurs lettres de noblesse sur des chaines télévisées de grande audience, responsables de leur succès lequel dépasse l’entendement.

La pythie Polony et la Cassandre Zemmour m’exaspèrent. Ils ont conquis leurs galons chez l’agaçant Ruquier qui peine à remplacer Bouvard auprès des grosses têtes allergiques à ce nouveau patron.   

La télé rend bête et c’est voulu. On m’objectera que Arte quand même Mais Arte a moins de trois % d’audience. 

On est sourd désormais aux grands intellectuels qui autrefois nous proposaient leur lecture du présent et leurs visions de l’avenir

Que faire ? Les alternatives avancées au cours des trente dernières années ont souvent tourné à la caricature. La certitude que l’éducation nous protégerait de toutes les arriérations n’empêche pas aujourd’hui des millions de diplômés espagnols de vivre dans la précarité.

Et si le nœud du problème était là, dans cette « éducation » nationale en France ou communautaire chez nous qui, depuis plus de cinquante ans, est en proie aux réformes les plus démagogiques et les plus arbitraires. Ce n’est ni un nouveau dieu, ni un prophète, ni un quelconque guide qui nous tireront de ce mauvais pas mais seulement une réforme copernicienne et à l’échelle européenne de notre système d’enseignement.

MG

 

 

"LES ÉLITES MÉDIATIQUES ET POLITIQUES N'EXISTENT QUE PAR LES DIABLES QU'ELLES SE CHOISISSENT"

J. LGG. 


Longuement interrogée par FigaroVox sur les grands événements qui l'ont marquée cette année, Natacha Polony se montre acerbe à l'égard du Parti socialiste. Pour la journaliste, "Le PS est désormais libéral, sans aucune ambiguïté".

La chroniqueuse du "Grand Journal", sur Canal+, regrette que "tous ces gens (elle cite précédemment le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Economie Manuel Macron) prônent des idées libérales sur le plan économique, mais se présentent comme défenseur de valeurs qui seraient beaucoup plus républicaines, notamment sur les questions d'immigration ou d'identité. Ils n'assument pas le fait que leur conception totalement atomiste de l'être humain, tel qu'elle se développe dans leur vision économique, est en contradiction absolue avec le discours qu'ils tiennent sur le plan des mœurs et de l'évolution de la société".

Selon Natacha Polony, "face à ce libéralisme libertaire qui ne dit pas son nom, nous assistons à la dissolution de toutes les alternatives à l'exception du Front national (...) Tous les gens qui veulent faire émerger d'autres idées sont de plus en plus et encore plus systématiquement associés au FN et accusés de faire son jeu". Or, selon elle, "la responsabilité aujourd'hui n'est pas de creuser un peu plus les fractures, mais au contraire d'essayer de maintenir des nuances de pensée".

Elle ajoute que "l'éviction d'Eric Zemmour d'I-Télé est une étape de plus dans la politique du pire menée par des élites médiatiques et politiques qui n'existent que par les diables qu'elles se choisissent ou qu'elles s'inventent. Tout défenseur de la démocratie ne peut qu'être consterné par cette décision (...) Quand le Premier ministre, Manuel Valls, dit qu'il ne faut pas le lire, on est dans l'absurdité la plus totale et la négation du débat politique".

Et bien qu'elle trouve que "Le Suicide français" soit "profondément réducteur et participe de la polarisation dramatique de la vie intellectuelle et politique", Natacha Polony estime qu'"il faut bien sûr lire ce livre pour pouvoir dire de manière nuancée ce qu'on en pense".

 

 

 

 

 

 

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