lundi 22 décembre 2014

Allez-y, osez le mental shift!

Ce qui se passe aujourd’hui sur la réforme fiscale est absolument… réjouissant ! Le monde politique dispose d’un momentum, d’arguments, d’études, d’adhésions, de suggestions comme jamais pour nourrir un vrai grand projet et le mettre en pratique.

Ils ne sont pas tous d’accord : il suffisait encore d’entendre en télé, les Open VLD De Croo ou Daems plus coincés sur le sujet que le MR Didier Reynders. Mais soit, l’enjeu n’est pas simple, comporte des zones de susceptibilité, d’où la nécessité d’un débat. Mais rien n’excuserait que les partis au gouvernement laissent passer cette chance. D’autant qu’ils avaient tous promis cette grande réforme lors de la campagne.

Ce qu’il faut espérer, c’est qu’on ose le virage mental (mental shift) : qu’on arrête de voir de façon isolée chaque élément qui composerait cette réforme (« Mais non, pas les plus-values, pas la TVA, pas les voitures de société ! »), mais comme un tout cohérent qui, une fois bien construit, pourrait être vendu aux cibles électorales tant craintes par certains partis.

Les atouts ?

1 – Ils sont tous d’accord sur l’objectif : réduire les charges sur le travail (à la source et salaire poche).

2 – Ils semblent prêts à voir la fiscalité comme un instrument au service d’un projet de société, économique et de valeurs. Mais oui, tout cela à la fois, dans certains cas même, majorité et opposition réunies. Koen Schoors, économiste de Gand, résumait ce week-end l’enjeu dans De Morgen  : «  Déplacer les charges du travail vers la consommation, la pollution et les revenus du capital : c’est la meilleure idée économique des trente dernières années. C’est la réforme socio-économique dont nous avons besoin comme de pain et qui va rendre notre société plus active, plus verte et plus juste, notre économie plus compétitive et plus durable, et le vieillissement payable. » Le CD&V a mis le pied dans la porte, le MR apporte, via Didier Reynders, une pierre angulaire à l’édifice, il faut aller jusqu’au bout et poser un acte audacieux, copernicien. Condition sine qua non  : ne pas considérer cette réforme fiscale comme un moyen de boucler le budget, mais comme un projet cohérent et de long terme. Ça ne pourrait mieux tomber : ce gouvernement a cinq ans devant lui !


Commentaire de Divercity 

En attendant Reynders, suite 

Le Soir assume très mal ses contradictions internes. D'une part, l'éditorial de Béatrice Delvaux salue une belle avancée de Didier Reynders en matière de réforme fiscale qui mérite cinq colonnes à la une ; d'autre part, il consacre sa première page à l'assaut d'un groupe de jeunes harpies qui ont bombardé notre premier ministre de frites et de mayonnaise gluante. Certes, il n'y a ni mort d'homme ni effusion de sang mais seulement un attentat à la bienséance dans la meilleure tradition surréaliste et belgicaine.  Paradoxalement, on ne pouvait faire meilleure publicité à un premier ministre qui a la fadeur du clown blanc. On l'aura compris, des deux libéraux c'est bien évidemment l'aîné qui est en train de prendre le leadership, tandis que son cadet, qui inconsciemment arbore la tête de turc, se contente d'essuyer les plâtres et son visage maculé de mayonnaise. S'il est bien un fusible qui tôt ou tard ne manquera pas de sauter, c'est le premier de cordée de la suédoise.

MG

 


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