mardi 16 décembre 2014

Charles Michel: « «Il faut une stratégie pour l’emploi»

B.Dn.

Le Soir

Le Premier ministre veut relancer le dialogue avec les syndicats.



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Invité du « Grand Direct » sur RTL, Charles Michel a réitéré son appel visant à remettre toutes les parties autour de la table pour renouer le dialogue social « dans la sérénité » afin de mettre en place une stratégie visant à créer de l’emploi. « Je proposerai bientôt un calendrier » a-t-il affirmé. Par ailleurs, le Premier ministre s’est exprimé sur divers sujets.

SUR LE CONFLIT AVEC LES SYNDICATS. « Si le gouvernement met de l’oxygène dans l’économie du pays, patrons et syndicats doivent s’engager vers une paix sociale. »

SUR LE SAUT D’INDEX. «Il est maintenu. Indépendamment du saut d’index, tous les salaires vont augmenter en 2015. Les bas salaires augmenteront davantage avec les mesures que nous prenons. Et ceux qui gagnent plus de 2.000 euros verront leur salaire diminuer d’une dizaine d’euros.»

SUR LES PENSIONS. « Ce gouvernement va harmoniser les pensions des indépendants et des salariés. Aucun pensionné actuel ne va perdre un centime. On va travailler pour ce que ceux qui travaillent aujourd’hui aient une pension demain. »



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UNE ANALYSE LUCIDE ET PRÉCISE. 




On regrettera que seuls les lecteurs de La Libre Belgique en bénéficient. Il serait normal que le premier ministre en charge réponde à une interview ou fasse une communication officielle ou se livre à un quelconque exercice pédagogique au micro et devant les caméras de de nos deux chaînes belges et de préférence dans les deux langues nationales. Quelque chose qui ressemble un discours du trône ou de la couronne. Il y a urgence et péril en la demeure. Le peuple a besoin de pédagogie plus que de pain. 

MG



CHARLES MICHEL: “D’HABITUDE, LA GRÈVE EST L’ARME ULTIME…”

ENTRETIEN FRÉDÉRIC CHARDON ET STÉPHANE TASSIN La Libre Belgique




Le Premier ministre Charles Michel lance un appel à la concertation sociale. Il identifie trois grands dossiers où une discussion est possible. La question de la taxation des plus-values sera tranchée au plus tard en mars 2015.

LE CONTEXTE SOCIAL RESTE TRÈS TENDU. LES SYNDICATS DISENT QUE LE GOUVERNEMENT NE LAISSE PAS DE PLACE À LA NÉGOCIATION.

"Les espaces laissés à la concertation sociale sont gigantesques. Le gouvernement est authentiquement social et on n’a de leçon à recevoir de personne. Et certainement pas de l’opposition. On est déterminé à protéger et à consolider le modèle de protection sociale. C’est la création d’emplois qui est la meilleure clef pour garantir durablement la solidarité."

UN GOUVERNEMENT “AUTHENTIQUEMENT SOCIAL”…. C’EST UN APPEL DU PIED AUX SYNDICATS, ÇA.

"Je parle à l’ensemble des citoyens et je mets les points sur les “i”. Je ne suis pas sourd ou aveugle et je vois bien qu’il y a une différence entre la réalité du programme du gouvernement et l’interprétation que l’opposition et certains journalistes en font. Cela confirme qu’il faut encore plus faire d’efforts pour expliquer et lutter contre ces mensonges."

MAIS, POUR AVOIR LES SYNDICATS À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS, IL FAUT AUSSI QU’IL Y AIT DES CHOSES À NÉGOCIER…

"Il y a trois grands points à négocier. Je vais, au nom du gouvernement, inviter le groupe des 10 à se réunir et à en discuter. Premièrement, il y a la réforme des pensions. Deuxièmement, il y a le paquet de mesures sociales déjà mises en discussion depuis plusieurs jours entre les partenaires sociaux et le gouvernement : l’adaptation des fins de carrière, le crédit temps, etc. Il y a un grand espace pour discuter des modalités d’exécution, des entrées en vigueur. Dans ce paquet, il y a aussi, par exemple, la finalisation de l’harmonisation du statut ouvrier-employé. Les partenaires sociaux n’ont pas clôturé ce débat-là lors de la précédente législature. Toujours à ce sujet, il y a aussi l’enveloppe bien-être : plus de 300 millions d’euros en 2015. Les partenaires sociaux peuvent dire qu’ils vont consacrer ces moyens-là pour revaloriser les pensions les plus basses, les allocations d’invalidité les plus basses, etc."

TROISIÈME POINT POUR LA CONCERTATION SOCIALE ?

"J’appelle à une stratégie pour l’emploi. J’attends que les employeurs prennent des engagements pour que les moyens pour la compétitivité que le gouvernement donne – la baisse des charges, le saut d’index – soient directement injectés dans l’économie réelle, l’emploi, l’innovation et la formation et ne soient pas destinés à augmenter le dividende des actionnaires. Et de la même manière, je demande aux syndicats que s’ouvre une période de paix sociale pour permettre que le développement économique puisse être une réalité. Cette stratégie pour l’emploi, est pour moi un menu qui est ouvert. Il y a par exemple le chantier gigantesque du télétravail. Il y a aussi les restrictions qui pèsent sur le travail étudiant ou les rigidités qui pèsent sur l’Horeca et le secteur de la construction."

SI LES SYNDICATS ET LES EMPLOYEURS SE METTENT D’ACCORD, PAR EXEMPLE, SUR UN CONDITIONNEMENT DES BAISSES DES CHARGES À DES ENGAGEMENTS OBLIGATOIRES, LE GOUVERNEMENT SERA D’ACCORD ?

"Je ne ferme pas la porte. J’ouvre des portes au contraire. Mais entre la contrainte absolue et la liberté totale, il y a un grand espace de discussion. La conditionnalité absolue est insensée. Ça veut dire que les entreprises qui se portent bien et peuvent engager seraient les seules à pouvoir bénéficier des baisses de charges… "

ET LA TAXATION SUR LE CAPITAL ? ALEXANDER DE CROO VIENT DE DIRE QUE ÇA N’ARRIVERA PAS. LE CD&V EST POUR ET OLIVIER CHASTEL LAISSE LA PORTE OUVERTE. CETTE MESURE POURRAIT AMADOUER LES SYNDICATS.

"On va travailler dans les mois qui viennent à une réforme fiscale plus substantielle. Sur la taxation sur le capital, on dit tous la même chose. Je vais être très clair. Est-ce qu’on doit toucher les mouvements de capitaux, les mouvements financiers ? Oui. Et on a commencé à le faire de manière substantielle. Est-ce qu’on doit faire plus et mieux ? Oui, on va faire plus et mieux que cela. Quelles mesures fiscales ? Le prochain rendez-vous à cet égard, c’est le contrôle budgétaire de début 2015, au plus tard en mars."

ON VA ÉCLAIRCIR À CE MOMENT-LÀ LA QUESTION DE LA TAXATION DES PLUS-VALUES ?

"Bien entendu. Mais dire, dans des slogans, qu’il faut toucher le capital ou ne pas le toucher, c’est une démarche absurde. Il faut seulement regarder si ce sont des mesures qui ont du sens pour protéger et créer des emplois."



"UNE LÉGITIMITÉ FORTE ET TOTALE "

BART DE WEVER A DÉNONCÉ LES “GRÈVES POLITIQUES” QUE MÈNERAIT LA FGTB. VOUS ÊTES D’ACCORD AVEC LUI ?

"Ce ne sont pas des mots que moi j’utilise. Je ne suis pas naïf non plus. Je connais les liens entre certains syndicats et certains partis politiques qui sont tristes d’être dans l’opposition. Mais je suis convaincu qu’au final les personnes engagées sur le plan syndical auront le sens des responsabilités. En tout cas, il n’y aura aucun acte de mon gouvernement pour provoquer la rupture. Mon premier acte comme informateur au mois de juillet a été d’inviter les partenaires sociaux, avant même de voir les partis politiques. Comme formateur, quelques semaines plus tard, mon premier acte a aussi été d’inviter les partenaires sociaux. Je suis totalement convaincu que notre pays a un atout grâce à sa forte tradition de concertation sociale. Mais à condition que les syndicats assument complètement leur rôle de représentant des travailleurs et pas d’un parti politique."

VOUS VOULEZ VRAIMENT OUVRIR LE JEU SOCIAL. MAIS PENSEZ-VOUS QUE CELA SUFFIRA À FAIRE VENIR LES SYNDICATS À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS ?

"Je ne fais pas de pronostic. Mais je ne veux pas non plus être mal compris. Il y a un cap et il y a des orientations : c’est l’accord de gouvernement. Je ne change pas une ligne par rapport à ce texte. Cet accord est soutenu par 85 députés sur 150. Mon gouvernement a une légitimité forte et totale pour mettre en œuvre des réformes économiques et sociales avec un espace gigantesque pour la concertation sociale. Ce qui est étrange – et je n’en fais pas un drame – c’est qu’avant même la mise en place de ce gouvernement, on ait activé la grève. Habituellement, la tradition, la coutume, c’est d’activer la grève comme arme ultime. Ça n’a pas été fait ici manifestement. C’est curieux. Maintenant que ces actions sont intervenues, j’appelle à la paix sociale pour se parler sereinement autour d’un menu que je propose. Après, chacun prend sa responsabilité. Ici, je fais le pari que les syndicats défendent bien les travailleurs et non un parti politique."

S’ILS NE VIENNENT QUAND MÊME PAS NÉGOCIER, QUE FAITES-VOUS ?

"Je n’ai pas l’intention de faire des plans sur la comète et de me poser des questions qui ne sont pas encore posées."

KRIS PEETERS (CD&V), MINISTRE DE L’EMPLOI, DIT À GWENDOLYN RUTTEN ET À BART DE WEVER QU’IL N’A PAS BESOIN DE BELLES-MÈRES SUITE À LEURS PROPOS SUR LES SYNDICATS. VOTRE RÉACTION ?

"Chacun gère sa vie familiale comme il le souhaite… Kris Peeters a eu des contacts informels avec les syndicats. Y a-t-il tout de même un réchauffement des relations ? La concertation sociale est en difficulté depuis longtemps. Pas depuis la “suédoise”. Est-ce qu’elle est morte ? Non. Le comité de gestion de l’Onem et le comité de gestion de l’Inami fonctionnent. Mardi matin, le comité A pour la fonction publique s’est réuni. Le groupe des 10 s’est vu une première fois la semaine passée, le groupe des 10 se revoit ce mercredi. Nous sommes dans une stratégie de centimètre par centimètre pour créer le minimum de confiance.

AU SEIN DU GOUVERNEMENT, ON SENT QU’IL Y A DEUX CLANS PAR RAPPORT À LA CONCERTATION SOCIALE : D’UN CÔTÉ LE MR ET LE CD&V ET, DE L’AUTRE, LA N-VA ET L’OPEN VLD.

"C’est une mauvaise impression. Tout le gouvernement pense que la concertation sociale est une valeur ajoutée.

 

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