dimanche 21 décembre 2014

Etienne de Callataÿ: la Wallonie ne se redresse pas, "c'est du pipeau"


Thierry DenoelJournaliste au Vif/L'Express


Source: Le Vif

Il aurait pu être ministre des Finances si la suédoise s'était ouverte à la société civile. Le chief economist de la banque Degroof ne se montre guère tendre à l'égard du gouvernement Michel. Pas plus qu'à l'encontre de l'opposition...



Étienne De Callataÿ © Reporters

Auriez-vous souscrit à l'accord de gouvernement tel qu'il est ?

Non. Mais pas à cause de la réforme des retraites ou du saut d'index sur lesquels se focalisent les partis de gauche et les syndicats. Ce qui me dérange a trait aux droits des plus faibles, aux personnes incarcérées, aux réfugiés, à la coopération au développement, ainsi que cette impression de complaisance vis-à-vis de la "petite" fraude fiscale. Certains passages donnent l'image d'une droite qui défend les intérêts corporatistes de certaines professions.

LE MR EST-IL PIÉGÉ PAR LA N-VA ?

Sur le plan communautaire, le risque vient moins du MR que du PS et du CDH qui, en critiquant sans nuance l'action du gouvernement fédéral, joueraient le jeu de ceux qui veulent régionaliser la sécurité sociale. Il est anachronique de refuser de calquer la politique socio-économique de la Belgique sur celle qui prévaut chez la plupart de nos voisins. Je pense à l'indexation des salaires ou à l'absence de limitation dans le temps des allocations de chômage. Nos pays sont plus interdépendants que jamais, surtout en Europe, donc l'intégration est une nécessité. Croire qu'on peut demeurer un ultime bastion en matière d'indexation est une grave erreur.

ON SAIT QUE LE PLUS GRAND PERDANT, EN CAS DE SCISSION, SERA LA WALLONIE. MAIS CELLE-CI NE SE REDRESSE-T-ELLE PAS, COMME LE DISENT SES RESPONSABLES ?

Non, c'est du pipeau. On observe sans doute un ralentissement dans la dégradation de la situation. On peut lancer tous les plans Marshall qu'on veut, mais tant que l'enseignement francophone affichera des résultats aussi médiocres aux tests Pisa, le sud du pays ne peut espérer rejoindre le nord, même à moyen terme. Il ne faut pas oublier que la Wallonie, avec un secteur public et parapublic plus développé, est moins sensible à la conjoncture que la Flandre. Elle aurait dû être moins affectée par la crise et rattraper le nord. Avec le retour de la croissance, l'écart risque de se creuser à nouveau.

Propos recueillis par Thierry Denoël


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« C'EST DU PIPEAU. »

« On observe sans doute un ralentissement dans la dégradation de la situation. On peut lancer tous les plans Marshall qu'on veut, mais tant que l'enseignement francophone affichera des résultats aussi médiocres aux tests Pisa, le sud du pays ne peut espérer rejoindre le nord, même à moyen terme. »

Que ne l’a-t-on dit et répété ici… Un internaute désabusé commente :

«  Depuis 25 ans (et plus) que le PS est au pouvoir, avec des ministres CDH qui se succèdent à l'enseignement (CDH-PS même combat). On pourrait croire que le déclin de l'école wallonne semble programmé. L'ignorance de la masse ne peut servir qu'à la classe gouvernante qui peut ainsi la 'manipuler' (faire croire que tout peut continuer) plus facilement. ---- Ce sont les plus instruits qui remettent en cause le régime, voyez les révoltes en Chine ! »

Un autre surenchérit : « Ce qui va détruire notre société, c'est la combinaison de l'augmentation exponentielle de l'inégalité combinée avec l'effondrement du système éducatif. Tout s'achète quand on y met le prix même l'opinion publique et c'est d'autant plus facile que le monde devient complexe et le citoyen ignorant. Ne nous faisons pas d'illusion, nous ne vivons plus en démocratie mais dans une oligarchie de l'argent et dans une moindre mesure du savoir. »  

Changer le système scolaire ? Non changer de système scolaire, celui-ci a fait largement son temps.

MG

 

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