mercredi 24 décembre 2014

Le gouvernement michel finit l’année sur une bonne note


Véronique Lamquin

Le gouvernement Michel termine mieux l’année qu’il n’a commencé la législature.

Sur le fond, d’abord, l’accord entre partenaires sociaux vaut son pesant de symboles. Dans un pays où la concertation sociale patine, voir patrons et syndicats s’accorder sur une série de dossiers, et ce trois jours à peine après une grève générale, ce n’est pas banal. Le gouvernement ne s’y est pas trompé. En entérinant le compromis, il a par ailleurs montré qu’il pouvait mettre de l’eau dans son vin. Les décisions du Groupe des Dix ont en effet un coût budgétaire qui n’arrange guère la coalition suédoise, confrontée, dès mars, à un difficile contrôle budgétaire ; certaines des orientations prises ne sont en outre pas vraiment celles du VLD ou de la N-VA. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement Michel a pris ses responsabilités et démontré qu’il existe une marge de négociation sur les dossiers socioéconomiques, ce que ses ténors s’époumonaient à clamer, en vain. Un acte vaut mieux que de belles paroles. De là à parler de paix sociale sous le sapin, il y a un pas que le Premier ministre franchit au nom d’une légitime stratégie de communication. Mais c’est aller vite en besogne. Dès janvier s’ouvriront, au Groupe des Dix, les négociations salariales, qui s’annoncent extrêmement difficiles. Notamment parce que le saut d’index reste tabou pour toutes les parties : imbuvable pour les syndicats, indispensable pour les patrons, non négociable pour le gouvernement. Le vrai test pour la paix sociale est là.

Mais, pour l’heure, la coalition suédoise peut savourer cette première éclaircie, aussitôt suivie d’une seconde, l’accord médico-mut. Après un automne de colère et de tensions, l’hiver s’ouvre sur deux avancées éminemment symboliques, qui démontrent que la concertation n’est pas morte, au plat pays.

Sur la forme, la majorité fédérale a également marqué des points, ces derniers jours. Grâce à Kris Peeters, qui a reconnu certaines erreurs du gouvernement, singulièrement celle d’avoir sous-estimé le sentiment d’injustice sociale. Grâce à Charles Michel, qui s’emploie désormais à communiquer sur le sens et les effets de ses réformes. Grâce aussi à Didier Reynders, très discret depuis le 11 octobre. Ce week-end, le vice-Premier MR a fait oublier les couacs de ses coreligionnaires, en menant avec maestria le débat sur la fiscalité dans les médias : fini la querelle sur la taxation des plus-values, place aux réflexions plus fondamentales sur le tax shift. Ce sont encore les ministres N-VA qui multiplient les gestes de bonne volonté. Jan Jambon a réservé deux de ses trois visites de terrain aux francophones (Mons et Braine-l’Alleud). Ses sorties médiatiques sont, comme celles de Theo Francken, minutieusement préparées : pas le moindre couac, des attitudes positives et toujours un moment d’expression en français.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« UN ACTE VAUT MIEUX QUE DE BELLES PAROLES »


Enfin un peu de lumière au bout de ce sombre tunnel.

Magnifique édito d’une grande lucidité qui remet les pendules à l’heure.

Et voici venir le temps de la décantation quand retombent les passions, les gesticulations et que la raison, la raison d’Etat reprend le dessus. Chez nous cela porte un nom : le compromis des Belges. Il y a comme un frémissement de cela dans l’air. Noël disaient les désespérés des tranchées, c’est quand ils cessent de se tirer dessus.

MG

 

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