lundi 15 décembre 2014

Le monde se dirige-t-il vers une "nouvelle Guerre froide encore plus dangereuse"?


Le Vif



Les lauréats du Prix Nobel de la Paix, réunis à arsovie en 2013: Lech Walesa, le Dalai Lama, Frederik Willem de Klerk, Betty Williams , Shirin Ebadi, Muhammad YunusMairead Corrigan Maguire and Peter Launsky-Tieffenthal© Reuters

Réunis depuis vendredi dans la capitale italienne, ils ont également dénoncé "le fanatisme déguisé en religion" et attiré l'attention sur "des conflits existant ou qui couvent, en particulier en Syrie, Irak, Israël/Palestine, Afghanistan, Sud Soudan et Ukraine" et qui prennent "une tournure de plus en plus dangereuse".

Dans le document final, les lauréats, dont le dalaï lama, expriment "leur profonde inquiétude en raison des risques croissants de guerre, y compris d'une guerre nucléaire, entre de grands Etats". "Cette menace provient du fait que certaines grandes puissances pensent qu'elles peuvent atteindre leurs objectifs à travers l'usage de la force", dénoncent les Nobel, sans citer de pays. "Cette tendance, si elle reste incontrôlée, mènera inévitablement vers une confrontation militaire accrue et une nouvelle Guerre Froide encore plus dangereuse", écrivent-ils.

Les signataires du document soulignent également que "le conflit en Ukraine menace la stabilité en Europe et sape sa capacité à jouer un rôle positif dans le monde". Outre le dalaï lama, l'ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, l'ancien chef du syndicat Solidarnosc et président de Pologne, Lech Walesa, Shirin Ebadi (Iran), Leymah Gbowee (Liberia), Tawakkol Karman (Yemen), Belly Williams, Mairead Maguire et Davis Trimble (Irlande du Nord), José Ramos-Horta (Timor Oriental), Jody Williams (Etats-Unis), étaient présents. L'archevêque sud-africain Desmond Tutu, a été empêché de venir à Rome en raison de son cancer de la prostate.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« DÉTENTE, ENTENTE ET COOPÉRATION » C’EST COMPLÈTEMENT FINI

« LE BUT DE LA VIOLENCE POLITIQUE, C'EST DE FAIRE PEUR AUX GENS POUR QU'ILS NE SOIENT PLUS EUX-MÊMES »


La guerre froide, cette insupportable tension entre l’Est et l’Ouest s’est détendue et évanouie en 1989 avec la chute du mur de Berlin et celle du rideau de fer. Un des facteurs déterminants de cette évolution favorable fut la conclusion d’une série de traités bilatéraux de « non recours à la force et à la violence pour résoudre les conflits » entre l’Allemagne et ses voisins du camp soviétique en particulier l’Union SoviétiqueOn y ajoutera l’acte final de la conférence sur la sécurité et la coopération européenne d’Helsinki(1975)« Pas de sécurité sans coopération. » devrait être le nouvel adage. On ne dira jamais assez le rôle déterminant que joua Michael Gorbatchev dans le processus de détente. Ajoutons que la construction lente, à petits pas d’une Union européenne a largement contribué à résoudre les tensions entre les différentes nations européennes qui se sont fait la guerre pendant des siècles, singulièrement la France, l’Allemagne et l’Angleterre.

La formule « gaullienne » en était extrêmement simple : détente, entente et coopération.

On a l’impression aujourd’hui que les tensions sont plus fortes que jamais et que le monde confronté à des problèmes insolubles (explosion démographique, réchauffement climatique, récession économique, …)  est à nouveau au bord du gouffre face à la montée générale des violences et des périls.

Même en Belgique, patrie du surréalisme et du compromis, le consensus cède la place à la tension extrême entre la gauche et la droite, entre Flamands et francophones. Mais le grand souci, c’est la résistible (pour parler comme Brecht) ascension de l’islamisme, un produit dérivé de l’islam. Rien qu’aujourd’hui, les medias rapportent une prise d’otage en Australie et une manifestation anti islamiste en Allemagne sans parler de cette grève politique qui met la Belgique à l’arrêt. Que sont devenus la concertation, le respect mutuel, le dialogue entre les cultures et les religions ?

La dynamique interculturelle qui est le carburant qui fait tourner le moteur de ce blog est carrément à l’arrêt. On ne voit pas bien qui sont les hommes et les femmes politiques capables de la remettre en marche. Lorsque même les prix Nobel de la paix, ces prophètes de l’ère postmoderne expriment leur immense désarroi, l’humanité est en très grand péril.

MG



A DRESDE, LA PEUR DE L’AUTRE DESCEND DANS LA RUE

MARCEL LINDEN, LA LIBRE BELGIQUE



Ce lundi le mouvement des "Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident" (Pegida) descendra de nouveau dans la rue : en deux mois le nombre des participants aux défilés appelés "promenades nocturnes" à Dresde (Saxe) est monté de 300 au début à un record de 12 000 il y a huit jours.

La classe politique et la presse sont perplexes. Réunis vendredi à Cologne, les ministres de l’intérieur de l’Etat fédéral et des Länder ont eu du mal à cerner le problème. Les ministres n’ont pas pu nier que la grande majorité des manifestants sont des gens "normaux", qui redoutent l’afflux massif de réfugiés, en majorité arabes. Mais les meneurs seraient-ils des néonazis ? Pour le ministre de l’Intérieur social-démocrate de Rhénanie du Nord-Westphalie, "les initiateurs du mouvement attisent des préjugés et des craintes avec une agitation xénophobe et islamophobe".



PRISE D'OTAGES À SYDNEY: UN DRAPEAU ISLAMIQUE NOIR DÉPLOYÉ

LA LIBRE BELGIQUE

 

Un homme armé retenait lundi un nombre indéterminé de personnes dans un café de Sydney, où un drapeau islamique noir a été plaqué contre une fenêtre, mais cinq otages ont pu sortir de l'établissement situé en plein coeur de la ville.

Martin Place, place piétonne située dans le centre des affaires de Sydney, avait été évacuée par les autorités tandis que des dizaines de policiers en armes encerclaient le Lindt Chocolat Cafe.

Des images des télévisions montraient un drapeau noir avec une inscription partiellement visible en caractères arabes plaqué par des otages contre une fenêtre de l'établissement. Il semblerait qu'il s'agisse de la shahada, ou profession de foi musulmane: "Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète".

(.. .)"Le but de la violence politique, c'est de faire peur aux gens pour qu'ils ne soient plus eux-mêmes. L'Australie est une société pacifique, ouverte et généreuse. Rien ne doit changer cela et c'est pour cela que je demande aux Australiens de vaquer à leurs occupations habituelles", a lancé M. Abbott.

D'après les estimations, plus de 70 Australiens combattent actuellement dans les rangs jihadistes en Irak et en Syrie. Au moins 20 Australiens y ont été tués et les autorités craignent que de plus en plus de jeunes Australiens ne se radicalisent et commettent des attentats sur le territoire australien.

Les autorités avaient mené en septembre de multiples opérations destinées à déjouer un complot présumé de jihadistes de l'EI visant à commettre "des meurtres pour l'exemple", en particulier des décapitations publiques.

 

LIMA: TROP PEU, TROP LENT, ÉVIDEMMENT

MICHEL DE MUELENAERE 
Le Soir

Que les conclusions du sommet de l’ONU sur le climat soient « un accord aminima »« le plus petit commun dénominateur »« insuffisantes », ou « vagues », voilà les truismes du jour. Pour un moment encore, le monde est condamné à courir derrière l’urgence climatique qui s’aggrave. Il faut espérer que ce rattrapage s’accélérera et que personne ne se découragera. On doit tout faire pour éviter cela. Mais arrêtons de croire que les sommets onusiens vont apporter toutes les réponses à cet immense et complexe problème. Il y a, en cela deux dangers : celui de provoquer une déprime permanente, ou celui de vouloir casser l’outil. Cet outil est d’une lenteur exaspérante, d’une imperfection totale (humaine, en fait…). La question n’est pas de savoir si l’ONU est insuffisante. Elle l’est, point. Tout comme elle est indispensable.

Osons, en revanche, paraphraser Kennedy : « Ne demandez pas ce que l’ONU peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le climat. » Certes, il faut continuer à pousser tant et plus pour accélérer le processus des négociations multilatérales ; l’année 2015 offre au monde une occasion en or avec la perspective d’un accord à Paris. A Lima, où s’est définitivement close l’ère des stupides remises en question des constats scientifiques, les 195 pays du monde ont maintenu ouverte la perspective d’un accord ambitieux. Après la mise en jambes, il va falloir transformer l’essai. Gageons qu’on trouvera des motifs de déception au bout du chemin.

Mais l’enjeu est peut-être moins d’avoir un accord ambitieux que de mobiliser l’Humanité autour d’un problème qui concerne son bien-être et, à certains endroits, sa survie. Cette Humanité, elle commence au coin de la rue. Ce sont nos gouvernements, nos villes et communes, nos associations, nos écoles, nos entreprises, nos vies quotidiennes. C’est ici qu’il faut redire que se trouve le pouvoir. C’est ici qu’il faut exiger de l’intelligence, du courage et de la responsabilité. C’est ici qu’on peut se relier au monde.

Car rien n’est innocent. La moindre décision politique, économique ou financière, le moindre comportement individuel doit aussi s’analyser à la lumière de problèmes plus globaux : le climat, la lutte contre la pauvreté, la solidarité, la préservation de l’environnement.

C’est tellement plus passionnant que de s’échiner à faire d’un sommet climat un modèle d’efficacité. Plus difficile aussi. Car on n’y arrivera pas si les uns restent obsédés par les prochaines élections ; si les autres sont rivés sur leurs profits et les diktats de leurs actionnaires ; si pour les autres ne comptent que leur nombril, leur bagnole, leur morceau de viande ou leur écran plasma.

Cela doit changer, cela va changer. Et l’ONU n’y sera pour rien.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« DEMANDEZ-VOUS CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE POUR LE CLIMAT »


Mais que ne demandons-nous pas aux jeunes, au moins de 20 ans comment ils imaginent de résoudre ce terrible problème qui menace l’humanité dans sa survie ?

Je termine la lecture de NO TIME de Noami Klein qui dénonce le néo-libéralisme dérégulé comme la cause majeure d’une hyper-concurrence économique entraînant un pillage des matières premières au  détriment des pays les plus pauvres qui souvent les possèdent enfouies dans leur sol. Ce processus de surexploitation des ressources entraîne des rejet massifs de CO2 qui contribuent au réchauffement, lequel nous menace tous et entraîne des migrations en masse vers l’Occident.

Il faut agir: « mobiliser l’Humanité autour d’un problème qui concerne son bien-être et, à certains endroits, sa survie. Cette Humanité, elle commence au coin de la rue. Ce sont nos gouvernements, nos villes et communes, nos associations, nos écoles, nos entreprises, nos vies quotidiennes. C’est ici qu’il faut redire que se trouve le pouvoir. C’est ici qu’il faut exiger de l’intelligence, du courage et de la responsabilité. C’est ici qu’on peut se relier au monde.

Car rien n’est innocent. La moindre décision politique, économique ou financière, le moindre comportement individuel doit aussi s’analyser à la lumière de problèmes plus globaux : le climat, la lutte contre la pauvreté, la solidarité, la préservation de l’environnement. »

On est tous concernés : il n’y a pas une minute à perdre.

MG 

 

 

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