lundi 8 décembre 2014

Père Fouettard, un symbole raciste? L’ONU enquête

Rédaction en ligne le Soir

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Le comité des droits de l’homme de l’ONU enquête sur le caractère potentiellement raciste du « Père Fouettard » qui accompagne Saint-Nicolas lors d’une célébration traditionnelle pour les enfants.

• Père Fouettard. 




Une commission du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a envoyé un questionnaire aux Pays-Bas en début d’année, doit présenter ses conclusions le mois prochain, selon le NRC Handelsblatt.

Le Père Fouettard ou « Zwarte Piet » en néerlandais, accompagne traditionnellement Saint-Nicolas lors d’un festival qui se tient le troisième samedi de novembre, lors de son « arrivée » aux Pays-Bas, en provenance d’Espagne, sur un bateau chargé de cadeaux. En Belgique, la Saint-Nicolas est fêtée le 6 décembre.

Mais le personnage de Zwarte Piet, affublé d’un costume médiéval clinquant, coiffé d’une perruque afro, et dont le visage est peint en noir, a fait l’objet d’une polémique ces dernières années, ses détracteurs le considérant comme un stéréotype raciste.

«  Selon les informations que nous avons reçues, l’image du Pierre noir perpétue une vision stéréotypée du peuple africain et des personnes d’origine africaine qui apparaissent comme des citoyens de seconde zone », selon un courrier, daté de janvier, et publié samedi sur le site web de NRC.

Le courrier, rédigé par quatre enquêteurs de cet organisme onusien basé à Genève, a demandé aux autorités néerlandaises de clarifier la question.

Il n’a pas voulu préjuger de ce problème, mais a demandé de « bien vouloir indiquer dans quelle mesure votre gouvernement a impliqué la société néerlandaise, y compris les Africains (…), dans les discussions sur le choix de Santa Claus et de Zwarte Piet comme symbole culturel dans ce pays. »

Le problème est sensible, et les esprits s’échauffent à propos de ce personnage, dont les détracteurs disent qu’il est une réminiscence de l’esclavage dans les colonies hollandaises.

Jeudi, 21 plaintes officielles contre le Père Fouettard ont été enregistrées avant une audience à Amsterdam, où il a été demandé à la ville de révoquer son permis pour la tenue du festival cette année.

Le maire Eberhard van der Laan va statuer sur ce permis début novembre, a indiqué son porte-parole Tahira Limon.

Mais les partisans du Père Fouettard ont demandé à ce qu’on laisse les enfants profiter des fêtes de Saint-Nicolas, dont la tradition dans le pays remonte au 16e siècle, avec une première apparition de Zwarte Piet dans les années 1850.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SECULARISATION

Qu’on se le dise : nous vivons dans une société sécularisée et pluriculturelle.

Saint-Nicolas, le saint patron des enfants sages est d’origine turque, qu’on se le dise. Père fouettard ? Fouetter un enfant est interdit par la loi, même aux papas d’origine maghrébine qui ne s’en privaient pas. Il y a longtemps que les maîtres d’école ont renoncé à la férule et les collèges anglais huppés aux punitions corporelles. 

Mais surtout, Nicolas a cessé depuis des lustres d’être un saint de la légende dorée pour devenir un mythe facilitateur de la vente massive de jouets made in China par une main d’œuvre sous-payée, acheminés en conteneurs brûlant des tonnes de fuel, vendus en quantités considérables dans les grands magasins ou plus exactement dans les grandes surfaces et les commerces ouverts le dimanche pour ne pas perdre un seul client potentiel. Autrefois les enfants déposaient leurs souliers la veille du passage de Saint-Nicolas dans la cheminée. Le grand saint était censé passer la nuit du cinq au six décembre y déposer des oranges et du massepain et non pas une montagne de jouets qui ne passeraient pas par la cheminée. C’est son assistant qui faisait le boulot et se salissait la face comme les petits ramoneurs au visage maculé de suie, les faisant ressembler à des négros demeurés et rigolos : des stéréotypes évidemment. Les enfants faisaient mine de croire à ces bobards pour être bien certains que leurs parents se fendraient de cadeaux. Aujourd’hui les feux ouverts sont devenus une rareté pour enfants de nantis. Les enfants n’écrivent plus de lettres à Saint-Nicolas ; ils s’envoient des sms entre copains. Alors, qu’on en finisse avec tout ce fatras et tant à faire qu’on sorte les crèches de l’espace public où elles n’ont rien à faire et qu’on les remonte dans les églises qui manquent de monde. J’ai cru longtemps à Saint Nicolas, vous aussi et Elio Di Rupo continue à y faire croire tous les « assistés réclamants » (Attali), ses clients. Saint Nicolas c’est vraiment fini et pour de bon.

Qu’on en finisse aussi avec cette enflure de père Noël qui grève nos budgets de fin d’année et nous met dans le rouge pour commencer la suivante et qu’on arrête d’abattre des forêts d’épicéas cloués sur une croix et brûlés ensuite en masse pour célébrer le solstice d’hiver.

Et qu’on fasse un sort aux sorcières d’Halloween tant qu’on y est.

Tous ces machins ont un point commun : booster la surconsommation pour stimuler la croissance donc la pollution et le réchauffement.

Et qu’on explique aux enfants, à tous les enfants qu’il faut apprendre à vivre plus sobrement s’ils veulent laisser une terre vivable à leurs futurs enfants et petits-enfants. Et qu’on ne me dise pas qu’ils ne sont pas en âge de comprendre. A bas Saint-Nicolas, père fouettard, père Noël et toutes les noires sorcières de Halloween. A bas les « Plaisirs d’hiver » qui encombrent Bruxelles en le transformant en un immense marché de Noël où ne se vend que du brol et la plus médiocre des camelotes. Qu’on se le dise : nous vivons dans une société pluriculturelle et sécularisée.

MG

 

 

 

 

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