samedi 13 décembre 2014

Prêter l’oreille à ceux qui veulent changer le monde

Maroun Labaki 

Le Soir

L’appel de « Tout autre chose », le mouvement citoyen qui vient de débouler sur les réseaux sociaux, est éminemment respectable. Parce qu’il y est beaucoup question de solidarité et d’autres belles valeurs. Si le réalisme est nécessaire, l’idéalisme est indispensable.

C’est vrai que l’époque est un peu déprimante. Avec ces promesses de reprise qui ne débouchent jamais sur rien et n’engagent au demeurant personne. Avec les agences de notation qui, du haut de leurs tours, nous jugent. Avec les marchés qui, du fond de leurs mystères, nous sanctionnent. Quelles perspectives avons-nous ? En quoi l’avenir sera-t-il meilleur ?

Cela étant, l’appel de « Tout autre chose » est clairement d’inspiration gauchisante. C’est surtout haro sur l’austérité ! Air connu. Suffirait-il donc de faire tourner la planche à billets pour relancer l’économie et l’emploi ? Le monde est infiniment plus compliqué que cela. Et la question ne se pose même pas : notre planche à euros est aujourd’hui partagée entre dix-huit pays, qui ont décidé de lier leurs destins – avec d’incontestables avantages à la clé. Yakayakayaka ?

« Tout autre chose » est-il dès lors un sous-marin du PTB ? Rien ne le dit. Ne fantasmons pas, positivons et saluons alors l’apparition d’un nouvel acteur de la société civile – un concept qui ne doit pas être réservé aux pays en développement.

La situation n’est cependant pas sans risques. Car le problème avec les bons sentiments, c’est qu’ils peuvent vite être manipulés. Beppe Grillo a incarné l’espoir d’« autre chose » de millions d’Italiens. C’était table rase du passé, table rase des pourris ! A présent, la baudruche s’est dégonflée, ne laissant qu’amertume et désarroi. En France, de réponse simple en réponse simple, le rejet de la politique a profité… au FN !

En réalité, ce sont les partis traditionnels qui doivent se sentir les plus interpellés par l’appel de « Tout autre chose ». Ils sont certes, à travers leurs élus, les seuls dépositaires de la légitimité démocratique. Cela ne les dispense pas de prêter l’oreille à cette exigence virale – comme on dit maintenant – de changement, dont « Tout autre chose » est l’une des manifestations.

Au minimum, les partis traditionnels devraient rompre avec leurs vieux slogans, se moderniser, tout bêtement, et commencer à parler vrai. Au mieux, ils pourraient nous enthousiasmer avec de grands desseins pour le nouveau monde qui vient. Il y a tant de belles choses à faire.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« EXIGENCE VIRALE  DE CHANGEMENT »


Que n’ai-je cité Gramsci : « L'ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour, dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

A l’évidence, nous pataugeons depuis quelques décennies dans ce clair- obscur qui génère des phénomènes bizarres. Difficile de cerner dans le fatras monstrueux voire barbare « la » ou « les » hirondelles qui annonceraient un vrai printemps démocratique. On a voulu croire à un printemps arabe. Il a déçu, comme Obama du reste, comme Hollande et comme la Suédoise en déçoit plus d’un.  

Certes on devine dans ce « mouvement spontané » une « exigence virale de changement ». Curieusement le « V » de la N-VA est aussi la première lettre d« Verandering », mais c’est là d’un tout autre changement qu’il s’agit.

Gramsci nous dit aussi : « Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté. »

Certes mais un « volontarisme » d’un genre nouveau se retrouve autant à gauche qu’à droite. Ce qui manque c’est le compromis à mi-chemin des ambitions de la gauche et de la droite. Désormais, tout le monde se cabre, se braque et refuse toute forme de flexibilité préalable indispensable à tout consensus.

 Frank Vandenbroucke Er is nood aan een diep compromis. Beide partijenmoeten het probleem dat de anderen op tafel leggen ernstig nemen en bereid zijnhun agenda daarin wat open te gooien.” 

Ce brave Frank -un des hommes les plus intelligents de Flandre- se réfère à sa longue expérience politique du siècle dernier, le siècle des De HaeneMaertens et autres Eyskens, tous de signature CVP. The times are changing, comme dit Di Rupoen citant Bob Dylan.  

MG

   

VOLGENS VANDENBROUCKE HEEFT ONS LAND NOOD AAN EEN DIEP COMPROMIS.


 "Als je een dergelijk conflict in goede banen wil leidenmoeten de verschillende partijen van de twee kanten tegelijk oversteken", legdehij op Canvas uit. "Je moet het probleem dat de anderen op tafel leggen ernstignemen en bereid zijn je agenda daarin wat open te gooienAls de regering enondernemers zeggen dat er een probleem van loonkosten is, moet dat probleemernstig genomen worden. Maar als je elke dag in het nieuws iets hoort over grotebedrijven die geen belastingen betalen en over de onrechtvaardigheid in fiscaliteitmoet men langs de kant van de regering ook ernstig begrip opbrengenvoor de vragen van de stakers."

In die zin is er reden tot bezorgdheidmeent Vandenbroucke"Maar mogelijk zijner nu spelers in het spel die een conflict op zichzelf een goede zaak vinden, die vinden dat het 'bewijst dat we goed bezig zijndat er eindelijk schoon schipgemaakt wordt'. En dan eindigt het natuurlijk nooit", zei hij.

"De N-VA is de meest nieuwe factor in dit speldus we kunnen het niet weten. Maar ik kan me inbeelden die denkwijze aanwezig is. En mogelijk - en dat is al helemaal verontrustend - denkt men zelfs'Hoe het ook afloopt, we verliezennooitAls de regering haar programma kan uitvoerendan hebben we gewonnen. Maar als de regering kapseist in grote ellendehebben we ookgewonnen want dan bewijzen we dat België niet werkt.' Ik zeg niet dat het zo is,maar als men dit intentieproces wil tegensprekenmoet men een signaal gevendat men werk wilt maken van een compromis."




VOICI «TOUT AUTRE CHOSE», LE NOUVEAU «MOUVEMENT CITOYEN»

DAVID COPPI 
Le Soir

Un « mouvement citoyen » voit le jour, contre l’austérité, pour l’alternative. Nous publions son « appel », et la liste (une septantaine) de signataires à ce stade.



Delph

Trois ans après le « G1000 » de David Van Reybrouck, qui voulait« redonner de l’oxygène à la démocratie et montrer qu’elle peut se régénérer », voici « Tout autre chose », c’est le cas de le dire, car ce « mouvement citoyen », qui sera lancé officiellement ce jeudi 11 décembre, moins détaché, plus engagé, fait irruption, lui, dans l’arène politico-sociale, proclamant dans un « appel » (lire ci-dessous) fort déjà d’une septantaine de signataires : « Stop ! Les idées de solidarité, de consensus et de concertation sont remises en question. Le seul horizon qui nous est désormais imposé est celui de l’austérité. Comme si, au nom d’une prétendue rigueur, il n’y avait d’autre solution que de rogner dans les salaires, les pensions, les services publics, la culture, la recherche scientifique, l’aide au développement… Nous, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, salarié-esindépendant-espensionné-es, sans emploi, parents, profs, étudiant-es, artistes et associations, appelons à prendre le chemin de la confiance et de la solidarité ! ».

Un cri de l’âme, celui d’une société déchirée aujourd’hui, en lambeaux demain « si l’on ne fait rien », nous expliquent Delphine Noels, réalisatrice, et David Murgia, auteur, metteur en scène, comédien, figurant parmi les initiateurs du mouvement, et mandatés par une « assemblée générale » pour fixer le cap à ce stade – analyse et entretien à lire dans Le Soir.


Voici le texte de l’appel, et la liste des signataires pour l’instant.

L’appel :

« STOP ! Les idées de solidarité, de consensus et de concertation sont remises en question. Le seul horizon qui nous est désormais imposé est celui de l’austérité. Comme si, au nom d’une prétendue rigueur, il n’y avait d’autre solution que de rogner dans les salaires, les pensions, les services publics, la culture, la recherche scientifique, l’aide au développement… Comme si, au nom de la sécurité, il n’y avait d’autre choix que de diminuer nos libertés, de nous monter les uns contre les autres et de nous mettre sous surveillance. Comme si, au nom de la sacro-sainte compétitivité, la seule option était de détricoter notre modèle social et de reporter à plus tard les défis environnementaux et climatiques. Comme s’il n’y avait pas d’alternative.

Aujourd’hui, nos gouvernants accélèrent la destruction de cette cohésion qui fait notre richesse, pour nous imposer la politique du fort qui écrase les faibles. Cette politique est injuste, ne fonctionne pas et nous entraîne dans une société de la violence. Injuste parce qu’elle frappe systématiquement les plus fragiles et qu’elle les stigmatise. L’allocataire social, le chômeur, le pensionné ou l’immigré sont soupçonnés d’abuser du système, voire de le menacer. Injuste parce qu’elle ne s’attaque pas à la spéculation, la dérégulation de l’économie, l’évasion fiscale des plus riches et l’augmentation drastique des inégalités. Mais aussi inefficace comme l’histoire le montre : les politiques d’austérité échouent systématiquement à atteindre leurs prétendus objectifs. Les pays d’Europe auxquels on impose ces recettes s’enfoncent dans la pauvreté, les inégalités, voire la violence. Nous ne voulons plus d’une société qui a peur de l’autre, peur d’elle-même, peur de son avenir. Nous disons stop à cette marche en arrière !

TOUT AUTRE CHOSE ! Nous, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, salarié-esindépendant-espensionné-es, sans emploi, parents, profs, étudiant-es, artistes et associations, appelons aujourd’hui à prendre le chemin de la confiance et de la solidarité ! Nous voulons construire une démocratie où le citoyen ne soit plus à la merci des lobbys et du pouvoir de l’argent, où chacun puisse se faire entendre. Nous croyons qu’il ne suffit pas de résister, de défendre les acquis, de préserver un modèle de société essoufflé. Que c’est d’un vrai débat démocratique que surgiront les alternatives. Qu’il faut bâtir tout autre chose. Qu’il faut intensifier le débat citoyen pour créer notre avenir commun. Que c’est dans l’exercice de nos droits que nous construirons notre bien-être partagé. Que seul le renforcement des liens sociaux nous permettra de faire face aux défis que pose notre société multiple et bigarrée. Que nous n’avons pas de problème budgétaire, mais un problème fiscal. Que l’on ne peut poser la question de la pauvreté sans poser celle des inégalités sociales et de genre. Que parler de bien-être partagé n’a de sens que si nous prenons en compte celui du reste du monde et celui des générations futures, sans oublier que la planète a des ressources limitées. Qu’une réelle justice fiscale est possible et que nous pouvons assurer une transition écologique tout en garantissant la justice sociale.

Citoyens de tous horizons, nous appelons à démultiplier le débat public, partout en Belgique, en Flandre, à Bruxelles, en Wallonie. Avec nos partenaires flamands de « Hart boven Hard », nous appelons chacun à signer ce manifeste et, plus encore, à agir avec nous pour inventer et construire ensemble une société tout autre, qui retrouve le chemin de la solidarité ! C’est maintenant qu’il faut ouvrir un débat reliant tous les secteurs malmenés et fédérer les innombrables innovations locales. Il y a urgence à agir avant que la machine infernale du tout à l’argent ne broie ce qui nous reste de libertés. »

Signataires Fonction

Bernard Foccroulle Culture et démocratie

George Vercheval Créateur du Musée de la photographie

Xavier Canonne Directeur du Musée de la Photographie de Charleroi

Frédéric Fonteyne réalisateur

Jacques Delcuvellerie metteur en scène, directeur artistique du Groupov

Marie-France Collard réalisatrice

Nathanaël « l Harcq directeur du Conservatoire Royal de Liège

Jaco Van Dormael réalisateur

Michèle Anne de Mey metteur en scène

Fabrice Murgia metteur en scène

Alexis Deswaef Président Ligue des droits de l’homme

Paul Lootens Secrétaire Générale Centrale Générale – FGTB

Jean-Jacques Jespers Journaliste

Marc Jacquemain Sociologue-ULg

Andrea Réa (sociologue ULB) Sociologue ULB

Anne Levy-Morelle Cinéaste

Laurent d’Ursel « artiste-président »

Jean -Louis Colinet Directeur théâtre National

Jérôme Lechien Président du Conseil de la jeunesse

Mourade Zeguendi Acteur

Isabelle Cassiers Professeur d’économie à l’UCL et chercheuse qualifiée FNRS

Pascale Fonteneau Ecrivain

Barbara Delcourt Présidente département science politique ULB

Isabelle Stengers Sociologue ULB

Felice Dassetto Fondateur du Centre d’études de l’islam dans le monde contemporain

Fatima Zibou Politologue

Christian Kunch Président du MOC

Vincent Engel Ecrivain

Arnaud Zacharie Secrétaire Général du CNCD 11.11.11

Felipe Van Keirsbilck Secrétaire Générale CNE

Mateo Alaluf Sociologue ULB, un des fondateurs de l’université populaire de Bruxelles

Jean Yves Laffineur Directeur du Festival Esperanzah !

Michel Genet Directeur Greenpeace

David Murgia Acteur

Pascale Vielle Sociologue UCL

Michel Gevers Professeur émérite UCL

Paul Jorion Economiste

Fred Mawet Directrice du CIRé (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers)

Christine Mahy secrétaire générale du RWLP

Joel Roucloux Culture et démocratie

Corinne Martin Présidente de la FEF

Caroline Lamarche Ecrivain

Fabrizio Rangione réalisateur, acteur

Martine Collin Enseignante spécialisée

Jo Dekmine Directeur – Théâtre 140

Dan Van Raemdonck Professeur ULB VUB – Secrétaire général FIDH

Eric D’Agostino Cinéaste

Carla Nagels Professeure criminologie ULB

Patric Jean Cinéaste & producteur

Françoise Bloch Metteure en scène

Gael Turine – Photographe Photographe

Edwin de Boevé Directeur – Dynamo International

Uman Artiste

Alain Vanoeteren Directeur – Ulysse asbl

Fabrice Van Reymenant Directeur festival des Libertés et Bruxelles Laïque

Carlo Calderini Directeur Observatoire des politiques sociales en Europe – INCA CGIL

Hugues Dorzée (Imagine) Rédacteur en chef d’Imagine

Pierre De Vleeshouwer (Ã titre personnel) de la Fédération bruxelloise des organismes d’insertion socioprofessionnelle et d’économie sociale d’insertion

Sabine Panet Rédactrice en Chef du Magazine Axelle

Philippe Sireuil metteur en scène

Jean Luc Outers Ecrivain

Irene Petre Permanente CNE Commerce à la retraite

Salim Hellalet Photographe

Philippe Jeusette Acteur

Hugues Le Paige Directeur Revue Politique

Marc Delrez Ulg

Jan Hammenecker acteur

Pierre Verberen Directeur de Médecins du monde / mais à titre personnel

Bruno Frère Chercheur FNRS-Ulg-Sciences Po Paris

Jean Daems ancen secrétaire general du MOC

Christophe Schoune Secrétaire général Inter-Environnement Wallonie

Maria Miguel-Sierra Directrice de la Voix des Femmes

Olivier Guilitte Ecologue

Marie-Caroline Collard directrice SAW-B

Isabelle Heymans Sécrétaire générale des maisons médicales

 

 

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