lundi 15 décembre 2014

Ska (CSC): «Il n’y a jamais eu de grève aussi forte»


La secrétaire générale de la CSC tire un premier bilan de la grève générale.

• © DPA.

Il n’était même pas 10h ce matin, que les syndicats tiraient déjà un premier bilan de la journée de grève nationale. « Le mouvement d’aujourd’hui est une réussite », commentait Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. « Partout où je me rends, je vois une grande détermination. Mais j’observe aussi une frustration croissante : les délégués et les travailleurs ont l’impression de ne pas être entendus. Il est grand temps que cela change. »Après s’être rendue dans un hôpital à Montigny-le-Tilleul et avoir rendu visite aux grévistes dans le zoning de Charleroi, elle s’est rendue à Liège, sur un piquet de grève installé devant l’école Sainte-Véronique.

Marie-Hélène Ska souligne que les grévistes veulent une plus juste répartition des revenus. « J’espère que les responsables politiques donneront des signaux d’inflexion », poursuit-elle. « Signaux que nous ne percevons toujours pas, même si l’idée qu’il faut générer des rentrées nouvelles progresse petit à petit. Mais on ne veut pas du symbolique. On veut relancer l’économie, et donner des signaux positifs pour les jeunes, qui sont trop souvent sans emploi. »



Aux patrons, la secrétaire fédérale de la CSC demande d’arrêter leur dogmatisme et de ne pas seulement parler de concertation sociale, mais de la mettre en œuvre. Elle réclame que le gouvernement fédéral cesse de « répéter que l’accord de gouvernement est une bible mais prenne en compte la réalité des travailleurs »« Il n’y a jamais eu de grève aussi forte, en front commun, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Une grève qui n’est pas corporatiste, mais qui est un signal fort », a-t-elle conclu, avant de se rendre à Eupen puis de revenir à Bruxelles plus tard dans la journée.

« C’est une répétition du 8 en plus fort », estimé Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB Bruxelles. 




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« Le mouvement d’aujourd’hui est une réussite »(Marie-Hélène Ska) « Partout où je me rends, je vois une grande détermination. Mais j’observe aussi une frustration croissante : les délégués et les travailleurs ont l’impression de ne pas être entendus. Il est grand temps que cela change. » « Il faudra voir si le gouvernement bouge ou s’il reste sur sa position qui est assez ’glaciale’. »

« D'après Agoria, 61% des Belges estiment que les grèves mettent nos emplois en danger et 59% espèrent qu'aucune nouvelle action ne sera menée après le 15 décembre, rapporte lundi la fédération de l'industrie technologique. En collaboration avec iVox, le groupement sectoriel a sondé 1.000 Belges sur leur opinion au sujet des grèves. Toujours d'après cette enquête, 85% des citoyens seraient opposés à l'utilisation de piquets ou de barrages empêchant les non-grévistes de travailler.

"Les grèves montent les gens les uns contre les autres. Cette polarisation doit maintenant cesser", estime Marc Lambotte, CEO d'Agoria.

"Les entreprises du secteur TIC ou celles qui ne sont pas situées dans un zoning industriel sont généralement actives aujourd'hui grâce à la mise en place du télétravail. Un grand nombre de travailleurs ont également pris congé", note toutefois la fédération.

Lundi, le Syndicat des Indépendants et des PME (SDI) a également fait savoir que, d'après une enquête qu'il a menée auprès auprès de 480 entreprises, 78% des commerçants et des TPE n'approuvent pas la manière dont sont menées les grèves de décembre par les syndicats. »

« Le secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, a déclaré lundi matin sur les ondes de Bel RTL, ne pas vouloir faire tomber le gouvernement fédéral. Il a toutefois réitéré ses menaces d'un nouveau plan d'actions en janvier si le gouvernement et les employeurs restent enfermés "dans la même logique d'autisme que celle que l'on connaît aujourd'hui". Interrogé sur son éventuelle volonté de faire tomber le gouvernement Michel, Marc Goblet a répondu que ce n'est "absolument pas le cas" et que le gouvernement "a été élu démocratiquement". "On n'est pas dans cet esprit-là. Le gouvernement ne tombera pas nécessairement par nous. Il pourra très bien tomber par des dissensions internes", a-t-il ajouté.

Enfin, le secrétaire général de la FGTB a refusé de révéler combien de temps les caisses des syndicats leur permettaient de tenir dans leur opposition aux mesures du gouvernement. "

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