jeudi 1 janvier 2015

Bonnes résolutions


Paru dans L'Express | Publié dans Sociologie - 22 décembre 2014 

Comme bien d’autres, j’aime, chaque année, quand janvier approche, faire le bilan de l’année écoulée et prendre de nouvelles résolutions pour l’année à venir.
En général, quand on s’y risque, on le fait de façon vague et générale, à la cantonade, en s’empressant ensuite d’oublier ses engagements ; et en ne vérifiant pas en fin d’année ce qui en a été réalisé.
Et pourtant, rien n’est plus éclairant, plus explosif, que de prendre cet exercice au sérieux, dans toutes ces dimensions, d’expliciter le « devenir soi » des 12 mois à venir.
Pour cela, isolez-vous 30 minutes. Prenez une feuille de papier ou ouvrez une page blanche sur votre ordinateur. Et suivez les sept étapes suivantes :
1/ Fixer une ambition majeure pour l’année. Par exemple : être heureux, rendre heureux, trouvez un emploi, ou tout autre objectif principal. Choix difficile et crucial.
2/Faire une liste des domaines privés, professionnels ou civiques, dans lesquels on veut accomplir quelque chose dans l’année à venir. Par exemple : revenus, travail, voyages, maison, conjoint, enfants, distractions, mandats électifs.
3/ Définir pour chaque domaine une liste aussi concrète et quantifiée que possible de choses à réaliser : un montant de revenu, une liste de pays à visiter, une action précise pour un conjoint.
4/ Faire une liste des dangers à écarter et des moyens dont on dispose en cas de catastrophe, aussi majeure et improbable soit-elle.
5/ Faire une liste aussi lucide et honnête que possible de ceux sur qui on doit pouvoir compter et de ceux qui doivent pouvoir compter sur vous. Personnellement, professionnellement, socialement. Et en déduire une liste des choses à faire pour les uns et les autres.
En faisant tout cela, on comprend mieux qui on est, où est sa liberté, ce qui dépend de soi. Ce qu’est, pour cette année-là, ce qu’on peut attendre du monde.
6/ Ensuite, suivre en permanence, mois par mois, la réalisation de ces objectifs, leurs dépassements ou la déception.
7 Enfin, en fin d’année, au regard des résultats et des ambitions nouvelles, réviser la structure même de ces objectifs et des valeurs qui les sous-tendent.
Cet exercice peut paraître scolaire ou naïf. Il ne l’est pas. Il est la condition même de la liberté : rien ne peut se contrôler qui ne se mesure.
Non seulement il nous appartient de le faire pour nous même, mais nous devons aussi l’exiger de ceux qui nous dirigent : Au lieu de nous présenter leurs vœux, le Président de la République, votre maire, votre députe, votre patron ou votre chef de bureau (si vous en avez un) devraient vous dire ce qu’ils comptent faire pour vous, pour nous, pour tous ceux dont ils ont en charge une partie de la vie.
Et s’ils ne le font pas, nous devons l’exigez d’eux. Imposez donc, dans les jours qui viennent, de tous qui vont, dans un réflexe mondain, venir vous « présenter leurs vœux et vous dire » bonne année, bonne santé », de répondre à cette question.
Interrompez les d’un:  «  Tu vas faire quoi, toi, concrètement, pour que ton année et la mienne soient vraiment bonnes? » Et réclamez une réponse sincère à cette question.
Essayez, faites. Pendant le réveillon lui-même. Ce sera ravageur. Donc réjouissant.
J@attali.com

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

«  TU VAS FAIRE QUOI, TOI, CONCRÈTEMENT, POUR QUE TON ANNÉE ET LA MIENNE SOIENT VRAIMENT BONNES? »

CES BONNES RESOLUTIONS QUE PERSONNE NE TIENT 


Hölderlin 

Que chacun prenne les siennes et tant pis s’il ne les tient pas ...

Quant à DiverCity, il s’efforcera de quitter la scène politique belge quoique ce soit le plus bel exemple de dialogue de surdité interculturelle qu’il se puisse trouver à l’exception bien sûr du non dialogue palestino-israëlien

Interculturel est devenu un vilain mot que plus personne n’ose prononcer comme s’il était passé de mode. Aujourd’hui c’est Zemmour, Polony et autres Houellebecq qui tiennent le haut du pavé avec des concepts éculés tels que identité, patrie, nationalisme. Le nationalisme c’est la guerre disait François Mitterrand.

Ca passera, comme le reste, on l’espère.

Quelquefois me prend l’envie de fermer ce blog chronophage mais quand un fidèle lecteur m’assure qu’il ne commence pas sa journée sans me lire, je me sens justifié dans ce gros investissement de temps qui m’oblige à réfléchir au quotidien à la pente sur laquelle glissent notre Europe et le monde.

Nous traversons ce qui est sans doute la mutation la plus brutale qu’ait eu à affronter notre civilisation technologique arque-boutée depuis plus de deux siècles sur des fondements fragiles : les carburants fossiles non renouvelables.

La lecture de « No Time » de Noami Klein m’a fortement marqué  et celle aussi de « Devenir soi » de Attali dont il est question ici, également « Een haalbare Utopie » une Utopie accessible.

J’ai bien peur que ce soit désormais de cela, « l’utopie accessible, » qu’il sera question de plus en plus sur DiverCity

Ce sera la réponse de ce blog à la question d’Attali : «  Tu vas faire quoi, toi, concrètement, pour que ton année et la mienne soient vraiment bonnes? »

Il n’est plus temps de geindre sur l’effondrement du capitalisme, 25 ans après celle du communisme mais il faut lutter pour la survie de la démocratie que je sens de plus en plus menacée par l’hyperpuissance des ordinateurs qui nous surveillent

800 personnes déplacées fuyant la détresse dans leur pays dérivent sur un cargo abandonné par son équipage. La marine italienne les sauve. Voilà donc la métaphore de notre siècle encore neuf, comme le naufrage du Titanic fut celle du siècle écoulé.

Nous assistons impuissants à la grande mutation qui va nous forcer tous à vivre autrement : plus sobrement sûrement, plus authentiquement sans doute, plus solidairement à coup sûr.

 

« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve » la formule du poète Hölderlin est souvent utilisée par Edgar Morin pour montrer que les contradictions d’un système sécrètent les bases de leur propre dépassement. Ainsi  les catastrophes entrainent des élans de solidarité, les crises économiques peuvent provoquer des réactions salutaires – des Etats, des citoyens – créant ainsi les bases d’une nouvelle société. Une nouvelle société ? Rien que ça. Efforçons nous de deviner, ensemble, les contours encore flous de ce monde qui vient. Vaste programme aurait dit le général rebelle qui fut longtemps seul à rêver à Londres à une accessible utopie.

MG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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