vendredi 9 janvier 2015

"Les corps des victimes de Charlie Hebdo ne sont pas encore froids que De Wever les utilise pour polariser"


Le Vif

Le PTB a dénoncé jeudi une récupération "pathétique" de la fusillade de Charlie Hebdo à Paris par le président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers Bart De Wever.



Bart De Wever © Belga

"Les corps des victimes de Charlie Hebdo ne sont pas encore froids que Bart De Wever les utilise pour polariser encore, contre le PTB, contre la gauche et contre les musulmans", a dénoncé Peter Mertens, le président du parti de gauche radicale. Dans l'émission Reyers Laat, mercredi soir sur la VRT, M. De Wever a critiqué les "alliances" conclues selon lui entre la gauche radicale et "les musulmans radicaux".

Le président de la N-VA évoquait "la boîte vide que l'Europe est", selon lui, "devenue sur le plan des valeurs, qui pourrait être remplie à nouveau par l'Islam". "Je vois des partis, qui pendant un siècle, ont dit que 'la religion est l'opium du peuple', aller à la pêche aux voix musulmanes. Pour des pures raisons démographiques, car il y en a incroyablement beaucoup. Comment les communistes, le PTB, concluent maintenant des alliances avec les musulmans radicaux et comment ils vont dans leur sens pour aller chercher les voix de ce groupe en croissance, c'est fascinant à voir", a-t-il enchaîné.

M. De Wever n'a pas précisé quelles étaient les "alliances" en question, mais son allusion vise probablement le district anversois de Borgerhout, à forte composante musulmane, dirigé par une coalition de gauche impliquant PTB, socialistes et écologistes. Durant la campagne électorale de 2012, la N-VA avait déjà accusé la gauche de courtiser l'islam radical, sans toutefois jamais donner d'exemple précis.

"UN HOMME PATHÉTIQUE, EN GUERRE CONTRE TOUT LE MONDE, APPELANT À LA GUERRE CONTRE TOUT LE MONDE"

Les derniers propos de M. De Wever ont choqué le président du PTB, Peter Mertens, qui a réagi par communiqué de presse. "Parce que nous refusons résolument la stratégie du diviser pour régner, parce que nous participons à une large coalition interculturelle dans le district de Borgerhout, parce que nous refusons toute forme de discrimination et de racisme, Bart de Wever nous met dans le même sac que les lâches qui ont tué avec des kalachnikovs des dessinateurs, des caricaturistes, des journalistes", s'indigne-t-il.

"Ce soir, Bart De Wever a fait tomber le masque et il se trouvait nu, un homme pathétique, en guerre contre tout le monde, appelant à la guerre contre tout le monde", ajoute M. Mertens.

Au passage, il souligne que trois des douze victimes de l'attentat de ce mercredi contre la rédaction de Charlie Hebdo étaient aussi des plumes du quotidien communiste L'Humanité.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN REGARD DIFFERENT

Les masques tombent, sauf que De Wever n’a jamais avancé masqué.

Ses paroles choquentnon pas qu’elles soient non pertinentes mais parce que dans un contexte d’émotion générale elles sont impertinentes par le timing. Ceci s’explique aussi et surtout par un décalage référentiel entre une culture francophone tournée vers Paris et familière de Charlie Hebdo et une culture flamande qui lira plus volontiers Humo que Charlie. Ce qui est intéressant, une fois de plus, c’est la technique éditoriale de la majorité des journaux en ligne et du Vif en particulier. On poste un article très provoquant et on publie une vingtaine de réactions de forumeurs courroucés et ça part dans tous les sens. Àchacun de faire alors le tri avec son esprit critique. Voyez plutôt par vous mêmeUne lectrice commente : « Oui, je me sens Charlie, Charlie n'est pas Français, il habite partout. Certains diront qu'il ne faut pas polémiquer face à l'horreur. Pourtant, il est indispensable d'avoir un regard critique qui puisse donner du sens à ce massacre. Un regard qui n’occulterait pas  les accommodements raisonnables adoptés dans un but électoralistes. Qui porte une grande part de responsabilité, sinon ceux qui s'arrogent le droit de violenter la démocratie par leurs pratiques politiques et qui simultanément s'affichent comme les chantres de cette même démocratie sur laquelle ils s'assoient ? Pareil pour beaucoup de journalistes « politiquement correct »

Un autre : « Je n'ai pas entendu beaucoup de citoyens s'opposer aux Fatwas incitant aux meurtres. » Qu’on ne se voile pas la face : « Le PS, les écolos, le CDH, le PTB tous ont récupérés des personnes d'autres origines; uniquement comme attrape-voix. »

Certes, ce n’est pas inconvenant de le rappeler dans un forum. Mais il faut rappeler cependant et on ne l’a pas assez souligné que   « parmi les 12 victimes, il y Mustapha Ourrad correcteur de la rédaction de Charlie hebdo, et surtout, ce brave policier Ahmed Merabet mort en direct parce qu’il s'est courageusement opposé aux tueurs. »

« La liberté d'expression est le meilleur moyen de s'expliquer entre communautés afin de changer les mentalités. » on ne saurait le nier.

« On entend dire partout: ne faisons pas d'amalgame. BDW ne doit pas faire d'amalgame. D'accord. Tous les pays actuellement en conflit dans le monde ont l'islam comme dénominateur commun, mais...pas d'amalgames! En Afrique, au nom de l'islam, on enlève des centaines de jeunes filles...on tue ceux qui ne disent pas all.. akbar...mais... pas d'amalgames! Les talibans veulent à tout prix imposer un islam pur et dur, mais...pas d'amalgames! Nos prisons sont peuplées à plus de 50% de musulmans, mais...pas d'amalgame! On nous impose du halal dans certains établissements scolaires, mais...pas d'amalgames! A force d'entendre "pas d'amalgame", comme Bart De Wever on se pose des questions sur nos propres valeurs, notre propre atavisme! »

« Quant au PTB, et les partis de la sphère du politiquement correct, se rendent-ils rendent compte qu'ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis . Qu'arrivera -t-il le jour où des partis religieux seront au pouvoir ? »« Dans son dernier ouvrage qui fait grand bruit, Houellebecq fait précisément allusion à une possible alliance des partis de gauche pour propulser un président musulman à la tête de la France. » 

« On a vu un nombre incroyable d'hypocrites de tous bords pleurer devant le monstrueux attentat de Paris. Pendant des années ils n'ont rien fait pour empêcher l'islamisation de nos contrées européennes, la favorisant largement en accordant ces accommodements raisonnables qui encouragent les musulmans à rester enfermés dans leur communauté. Par pure ambition électoraliste, ces hypocrites ont collaboré à l'émergence des radicaux. »

« Certains parlent de musulmans modérés. Avez-vous déjà vu une seule manifestation de musulmans pour crier au scandale sur le comportement des égorgeurs? »  

« BDW récupère l'évènement comme Di Rupo a récupéré l'évènement. Chacun dans le discours propre aux orientations de sa formation politique. »

La question de la récupération politique de l’événement vient d’être posée à Paris. Daniel Cohn-Bendit : « il faut que les partis politiques se mettent en retrait». Et de formuler une proposition: «Que devant la manifestation, il y ait des journalistes et des policiers. Les victimes, des amis des victimes. Puis le président de la République, entouré des musulmans qui appellent à la manifestation». Et derrière, l'ensemble des citoyens, et les politiques parmi eux.

Pour l'écologiste, la question de la présence du FN ne se pose pas. «C'est évident qu'on ne va pas demander aux manifestants s'ils ont voté Front national. Tout le monde participe. C'est ça l'unité. Tous les citoyens sont invités.» Jean-Luc Mélenchon a aussi exprimé le souhait de voir les politiques prendre de la distance. Pour lui, la manifestation de dimanche ne devrait pas être organisée par des partis politiques. L'ancien candidat à l'élection présidentielle considère que «le mieux à cette heure c'est que ce soient les associations qui appellent au rassemblement et que les partis se mettent à leur suite et à leur disposition, pour que tout le monde trouve sa place et puisse manifester sa ferveur républicaine»

Certains le constateront avec surprise d’autres avec satisfaction on est doucement en train de remettre les pendules à l’heure sous la pression d’une opinion publique qui n’en peut plus du Zeitgeist « politiquement correct », après plus d’un demi-siècle de gauchisme échevelé, le balancier repart à droite. Puisse-t-il s’arrêter avant l’extrême droite.

MG


 

L'ETAT ISLAMIQUE CÉLÈBRE LES «HÉROS» QUI ONT TUÉ «CHARLIE»

HALA KODMANI  Libération



Une image qui circule sur Internet dans les milieux jihadistes.

Sur Internet, les milieux jihadistes suivent de très près les développements et réactions en France.

«Cette opération fera réfléchir l’Europe sur ses comportements qui ont produit une génération ne connaissant ni peur ni effroi!» dit le commentaire sous la photo des deux tireurs qui abattent l’un des policiers sur le trottoir devant les locaux de Charlie Hebdo

Si aucune revendication officielle de l’attentat de Paris n’a encore eu lieu de la part des grandes formations jihadistes, leurs militants et sympathisants saluent depuis mercredi matin sur les réseaux sociaux l’action des tueurs. Ceux-là sont qualifiés de «héros», de «lions indomptables» de «loups solitaires» pour avoir «avec la foi de leurs deux esprits secoué les fondements de la France croisée». Car l’objet de réjouissance principale des extrémistes est l’effroi causé en France. «La France sous les tirs», «La France s’enflamme!», «L’Etat islamique montre la grandeur de Dieu en plein centre de Paris» sont les quelques titres des pages spéciales célébrant l’opération sur Facebook ou Twitter. 

 

«La guerre est maintenant au cœur de l'Europe, et l'Europe va devenir un champ de bataille pour les loups du calife Al-Bagdadi»

Car les commentaires des jihadistes s’attaquent aussi avec virulence contre les musulmans qui se désolidarisent de l’action des tueurs de Charlie Hebdo. «Une grande victoire pour tous les musulmans car celui qui ne se réjouit pas de la mort des impies est certainement infidèle à sa religion», commente l’un d’entre eux. Un autre, visant clairement les déclarations des autorités islamiques modérées en France ou dans les pays arabes qui ont condamné l’attaque écrit: «Je ris de voir ces prostitués venir nous apprendre notre religion!» Les partisans de l’Etat islamique se montrent d’autant plus satisfaits de l’attaque qu’ils repèrent et affichent le dernier dessin de Charlie Hebdo sur les «vœux d’Al-Bagdadi» soulignant que le journal «s’est moqué du Calife».

Les commentaires des milieux jihadistes montrent en tout cas un suivi très précis des développements et des réactions en France, y compris les manifestations de solidarité et pour la liberté d’expression. L’un d’entre eux leur répond en ces termes : « Si votre liberté de parole est sans limite alors vous n’avez qu’à accepter notre liberté d’action ».

Hala KODMANI

 

«MANIFESTER EST CONTRAIRE AUX PRÉCEPTES DE LA RELIGION» LIBÉRATION

Dans son prêche du vendredi, l’imam Ibrahim Abou Talha, d’origine malienne, reste plus évasif. Devant une assemblée qui comporte beaucoup de jeunes salafistes, il marche sur des œufs, ne prononce pas le nom de Charlie Hebdo, ni ne parle d’attentat, mais il met en cause la presse qui déforme l’islam. «Si les gens vous témoignent de l’inimitié, il n’y a pas à s’étonner de cela. Car l’islam que propagent les médias n’est pas celui du prophète, dit-il. Sauf pour ceux qui parmi eux auront fait preuve de justice et de recul dans ces situations […] Les gens doivent montrer ce qu’est le véritable islam et se comporter comme le faisait le prophète et ne pas répondre aux provocations, ni à l’injustice», déclare-t-il. Il donne en modèle le fondateur de l’islam qui n’a pas répondu, dit-il, aux «violences qui lui étaient faites».

Après la prière, sur le trottoir devant la mosquée, un petit groupe de jeunes salafistes approuve les propos de l’imam. «Il est toujours dans le vrai», dit l’un d’eux. Pour ces jeunes-là, il n’est pas question d’aller manifester dimanche. «C’est contraire aux préceptes de la religion», lâche Kevin, se référant aux prescriptions d’un islam très fondamentaliste. A quelques mètres de là, Yacine explique, lui aussi, qu’il n’ira pas non plus. Pour d’autres raisons. De son point de vue, les faits de l’attentat contre Charlie Hebdo sont manipulés. «Tout cela est plus compliqué que cela en a l’air», lâche-t-il. Mais sans vouloir en dire davantage.

Bernadette SAUVAGET

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« SI VOTRE LIBERTÉ DE PAROLE EST SANS LIMITE ALORS VOUS N’AVEZ QU’À ACCEPTER NOTRE LIBERTÉ D’ACTION ».

Nous sommes en guerre. Une guerre totale et sans merci s’est engagée entre les partisans de la liberté et ceux du totalitarisme qu’il soit islamiste et barbare ou d’extrême droite. Une guerre sans frontière, une guerre civile, larvée, une guérilla urbaine sans merci une guerre de tous contre tous comme celle que prédisait Hobbes dans son Léviathan. Les frères assassins ont frappé un coup psychologique qui marquera l’inconsient collectif, qui sonne la France et fait chanceler la République sur ses fondements. Dimanche, François Hollande a rendez-vous avec lui-même et aussi avec l’histoire. Il peut, s’il en trouve la force, donner enfin sa vraie mesure. 

MG

 

"NOUS SOMMES TOUS CHARLIE" VRAIMENT ?

 

Alain Destexhe

Sénateur MR, Coauteur de la "Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac"

Le Vif

 Par Alain Destexhe


Alain Destexhe est sénateur belge. Ex Secrétaire Général de Médecins Sans Frontières et ex Président de l'International Crisis Group, il est, entre autres, l'auteur de «Le Mouvement flamand expliqué aux francophones» et «Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac». 

 

Je me méfie de ces grands élans de compassion lors des grandes tragédies. Aptes à canaliser la tristesse et l'émotion générale, ils risquent aussi de masquer l'essentiel. Ce n'est pas à «la liberté d'expression», que se sont attaqués les assassins mais à la liberté de blasphémer l'islam et de critiquer et caricaturer le prophète.

CE N'EST PAS À «LA LIBERTÉ D'EXPRESSION», QUE SE SONT ATTAQUÉS LES ASSASSINS MAIS À LA LIBERTÉ DE BLASPHÉMER L'ISLAM ET DE CRITIQUER ET CARICATURER LE PROPHÈTE.

Si «nous sommes Charlie», tous les journaux de France et d'Europe devraient s'empresser de reproduire les dessins qui ont condamné à mort les journalistes de Charlie Hebdo. Le feront-ils? Probablement pas.

Si «nous sommes en guerre», il faudrait peut-être songer à dire contre qui et non se contenter, comme le Président de la République, de termes vagues censés nous faire comprendre qui est l'adversaire («l'obscurantisme», «le fondamentalisme»…) sans offenser «la grande religion de paix et de bénédiction» (David Cameron) au nom de laquelle un attentat terroriste est commis tous les jours dans le monde.

Bien sûr, l'immense majorité des musulmans sont horrifiés, mais on ne peut réduire l'islam radical à une poignée d'égarés, d'illuminés ou de «déséquilibrés». C'est un phénomène de société qui touche un nombre croissant de jeunes. On se demande d'ailleurs si les actes de «déséquilibrés» avant Noël ont bien permis au gouvernement français de saisir la nature et l'ampleur de la menace.

Les ennuis de Charlie hebdo avec les islamistes radicaux remontent à la reproduction dans l'hebdomadaire des caricatures du journal danois. A l'époque certains qui «sont Charlie» ont jugé cette attitude «provocante» et «inutile».

Dans un livre récent The Tyranny of SilenceFemming Rose, l'éditeur danois du Jyllands-Posten, revient sur les caricatures de Mohamed qu'il a publié en 2005 et montre le peu de soutien qu'il a reçu dans les sociétés dites libres. Qu'au lieu d'affirmer haut et fort que ces caricatures restaient dans le champ de la liberté d'expression, des sociétés privées et les gouvernements européens ont cherché à se démarquer du Danemark, bien seul en première ligne. Le Haut représentant de l'Union européenne de l'époque, Javier Solana, cherchant à tout prix à apaiser l'ire des gouvernements musulmans et de l'Organisation de la Conférence islamique. En sera-t-il autrement après l'attentat de Paris? J'en doute.

On voit déjà ceux qui «condamneront le terrorisme» mais dans le même communiqué appelleront à «lutter contre l'islamophobie», un concept qui s'est, hélas, imposé dans les médias, mais qui n'est autre que la liberté de critiquer l'islam en tant que religion.

N'en déplaise au Président de la République, passé le stade de l'émotion, on va évidemment voir refleurir les divisions dans l'analyse ainsi que sur les mesures à prendre. On va voir -on voit déjà- ceux qui appelleront à «ne pas provoquer» (avec des phrases ou des dessins) car «ce serait mettre de l'huile sur le feu». On voit déjà ceux qui «condamneront le terrorisme» mais dans le même communiqué appelleront à «lutter contre l'islamophobie», un concept qui s'est, hélas, imposé dans les médias, mais qui n'est autre que la liberté de critiquer l'islam en tant que religion (l'islam n'est pas une personne). On voit déjà «dénoncé le risque d'amalgame», une ritournelle chaque fois qu'un incident grave est provoqué par l'islam radical. Certains sujets seraient donc tabous? N'est-il pas temps, au contraire, d'engager un débat sur les sujets qui divisent et par exemple celui-ci: le refus de l'apostasie est-il compatible avec les valeurs de nos sociétés? N'est-il pas temps de reparler d'intégration voire d'assimilation autrement qu'en se balançant des insultes?

On voit déjà, surtout, comment l'autocensure, qui est -déjà- la règle dans les rédactions, risque de triompher encore un peu plus. Nous aurons peur et c'est bien le but recherché. Les terroristes seront en prison mais le souvenir de la terreur qu'ils peuvent imposer restera et en ce sens ils auront gagné. Pourtant, si nous acceptons l'idée qu'une religion, et une seule, a le droit de ne pas être caricaturée ou offensée, nous aboutirons à cette «tyrannie du silence». Ce sont les soi-disant offensés qui décideront in fine de ce qui se publie ou pas.

Si nous acceptons l'idée qu'une religion, et une seule, a le droit de ne pas être caricaturée ou offensée, nous aboutirons à cette «tyrannie du silence».

Certains qui «sont Charlie» voudraient limiter la parole et l'audience d'EricZemmour, un autre «provocateur», lui aussi menacé, qui «ne mérite pas d'être lu» selon le Premier Ministre Valls. Défendre Zemmour, c'est aussi honorer la mémoire des journalistes de Charlie Hebdo.

Zemmour prophétise des guerres civiles en Europe: des propos inacceptables pour d'aucuns. Ironie du sort, cette semaine, le jour de sa visite à Bruxelles, un commissariat de police était attaqué au cocktail Molotov par une cinquantaine de «jeunes», selon la terminologie consacrée. En Allemagne, à Dresde, PEGIDA mobilise 18 000 personnes contre l'islamisation de l'Europe; en Suède quatre mosquées sont visées par des incendies… Ce n'est pas encore la guerre civile mais cela commence à ressembler à des sociétés profondément divisées, en désaccord sur des valeurs fondamentales. Les mêmes qui «sont Charlie» refusent souvent de débattre de ces sujets autrement qu'en disqualifiant ceux qui les abordent en les traitant de racistes ou de fascistes.

Charb, le directeur de Charlie Hebdo disait: «Je préfère mourir debout que vivre à genoux». Reste à voir comment nos sociétés vont honorer sa mémoire. Mais je crains que Plus ça change* 

*«The more it changes, the more it's the same thing», un épigramme de Alphonse Karr en 1849

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« C’EST AVOIR TORT QUE D’AVOIR RAISON TROP TÔT. »

M. Yourcenar

« ON NE PEUT RÉDUIRE L'ISLAM RADICAL À UNE POIGNÉE D'ÉGARÉS, D'ILLUMINÉS OU DE «DÉSÉQUILIBRÉS». C'EST UN PHÉNOMÈNE DE SOCIÉTÉ QUI TOUCHE UN NOMBRE CROISSANT DE JEUNES. »

Que retenir des commentaires des forumeurs ? « Ce qui sera toujours source d'étonnement, c'est l’aptitude de certains Européens à persévérer dans leur refus de la lucidité. » «  Alain Destexhe n'a qu'un tort, c'est d'avoir souvent raison trop tôt. Mais nul n'est prophète en son pays... » «La troisième guerre mondiale est vraiment déclarée même pour ceux qui ne l'ont pas encore compris. Cette guerre a débuté le 11 septembre à New York avec l'attentat des tours jumelles. Cette guerre sera une guérilla totale avec un ennemi invisible omniprésent. La cinquième colonne est en place depuis longtemps, ses agents dormants sont prêts à agir. Non, je ne fais pas d'amalgame, j'ai des amis musulmans, ce sont de braves gens, mais il y a des fous partout. Sachant que dans 20 ans les musulmans seront majoritaires à Bruxelles, il est des questions qu'on ne peut plus éluder et qu'il faudra mettre à plat. »

Nous sommes en pleine accélération de l’accélération, ces journées tragiques ont donné comme un coup de vieux à la Vème République.

Ce qui me semble évident, c’est que ces événements atroces annoncent la fin du « politiquement correct » qui tellement exaspère le grand public et pas que lui.

MG

 

 

Aucun commentaire: