vendredi 16 janvier 2015

En Arabie Saoudite, 1 000 coups de fouet pour un blog




Le blogueur saoudien Raef Badaoui (photo non datée). (Photo Human RightsWatch)

LIBERATION

Le blogueur Raef Badaoui devrait subir ce vendredi sa deuxième séance de flagellation en place publique pour «insulte à l'islam».

Vendredi dernier, pendant que le monde entier avait le regard tourné vers la traque des assassins de CharlieRaef Badaoui (Raif Badawi, selon l'orthographe anglo-saxonne), un Saoudien de 31 ans, était fouetté en place publique. Cinquante coups de fouet. A moins d’une grâce, ce sera pareil ce vendredi et les 18 qui suivront : l’Arabie Saoudite l’a condamné en novembre à dix ans de prison et 1 000 coups de fouet, à raison de 50 tous les vendredis après la prière, devant la mosquée Al-Jafali à Djedda.

De quoi est-il accusé ? Raef Badaoui tenait le blog Liberal Saudi Network (aujourd’hui fermé), un espace de forum et de débats, critique envers la police religieuse et certains édits islamiques. Le jeune homme, musulman, mettait sur la table la question de la laïcité et de la liberté d’expression. «Dès qu’un penseur commence à exposer ses idées, on peut trouver des centaines de fatwas l’accusant d’être un infidèle, simplement parce qu’il a eu le courage de discuter de certains sujets sacrés», faisait-il par exemple remarquer sur son blog. «Je suis vraiment inquiet à l’idée que les penseurs arabes puissent migrer ailleurs pour trouver de l’air frais et échapper au glaive des autorités religieuses.» Ou: «La laïcité est le meilleur refuge pour les citoyens d’un pays.»  Un post d’un autre chroniqueur suggérait que l’université islamique de l’imam Mohamed ibn Saud, à Riyad, était devenue un «nid à terroristes». En Arabie Saoudite, où seule la plus stricte application de l’islam sunnite est tolérée et l’apostasie passible de la peine de mort, de tels écrits suffisent à déchaîner les foudres des autorités.

Le royaume, premier client de la France en matière d’armement et membre de la coalition militaire internationale qui mène des frappes aériennes contre l'Etat islamique, a dépêché à Paris dimanche 11 janvier le numéro 2 de sa diplomatie, Nizar al-Madani, pour représenter le pays lors de la marche en soutien à Charlie Hebdo et à la liberté d’expression. Deux jours plus tôt, le 9 janvier, la peine de flagellation pour «insulte à l’islam» avait commencé à être appliquée à Djedda. Un témoin a pu filmer une partie de la scène, malgré l’interdiction des forces de l'ordre présentes.

La scène a également été rapportée à Amnesty International par un habitant: «Raef a été escorté depuis un bus et placé au milieu de la foule, gardé par huit ou neuf policiers. Il était menotté et entravé aux pieds, mais son visage n’était pas couvert. Tout le monde pouvait le voir. Toujours entravé, Raef s’est levé au milieu de la foule. Il était vêtu d’un pantalon et d’une chemise. Un agent des forces de sécurité s’est approché de lui par-derrière avec un énorme bâton et a commencé à le frapper. Raef a levé la tête vers le ciel, en fermant les yeux et en courbant le dos. Il était silencieux, mais on voyait à son visage et son corps qu’il souffrait terriblement. L’agent a frappé Raef dans le dos et sur les jambes, en comptant les coups jusqu’à atteindre cinquante. Le châtiment a duré environ cinq minutes. Il a été très rapide, sans pause entre les coups. Quand il eut terminé, la foule a crié: "Allah akbar! Allah akbar!" Comme si Raef avait été purifié. Raef a été emmené dans le bus et reconduit en prison. La scène a duré moins d’une demi-heure au total.»

Ensaf Haidar, l’épouse de Raef Badaoui, est réfugiée à Montréal avec leurs trois enfants. Elle plaide la cause de son mari, avec le soutien de plusieurs ONG, dont Amnesty International ou Reporters sans frontières. «Mon mari est emprisonné pour le seul fait d’avoir exprimé des idées libérales dans un pays» où sévissent «des tribunaux d’Inquisition islamiques dignes du Moyen-Age», a-t-elle dénoncé mardi lors d’un rassemblement organisé pour réclamer une grâce au roi d’Arabie Saoudite, Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud. «La pression internationale est essentielle»,souligne la jeune femme. «Je suis convaincue que si nous maintenons notre soutien, il finira par payer. Nous devons continuer de nous battre. »


A Montréal, mardi. Au centre, son épouse, Ensaf Haidar. (Photo Clément Sabourin. AFP)


Raif Badaoui, avant son arrestation, et ses trois enfants. (Photo Amnesty International)

Les Etats-Unis, l’Union européenne, le Canada ont dénoncé la peine infligée au jeune blogueur. Des rassemblements se sont tenus dans plusieurs pays. Les hashtags#freeraif et #jesuisraif tournent sur les réseaux. Mais aucun signe de clémence n’est parvenue d’Arabie saoudite. 

«C’est bien de blâmer l’Iran, c’est bien de blâmer la Corée du Nord, mais ça serait bien aussi de blâmer l’Arabie saoudite qui décapite, qui fouette depuis des décennies», a dénoncé la directrice générale de la section francophone d’Amnesty International Canada, Béatrice Vaugrante. «Il est temps de demander des comptes à l’Arabie Saoudite.»

Lundi, l’avocat de Raef BadaouiWaleed Abu al-Khair, a lui-même vu sa condamnation confirmée en appel. Il devra passer dix ans en prison pour «déloyauté envers le souverain», «atteinte au pouvoir judiciaire» et «création d’une organisation non autorisée».

Cordélia BONAL

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

JE SUIS RAEF BADAOUI


Il n’y a pas de mots pour commenter ceci qui ne saurait se produire que dans un Etat totalitaire, une théocratie régie par la  sharia .

Une sharia telle que celle que les djihaddistes de Sharia 4 Europe et autres fous de dieu entendent imposer par la terreur à la France et à l’Europe. Indignons nous et surtout résistons en soutenant les musulmans libéraux là-bas et ici.

Mille coups de fouets pour avoir nourri un blog libéral, pas même libertaire. Le moyen âge règne à cinq heures d’avion de Bruxelles. C’est l’horreur. C’est absolument insoutenable et répugnant comme les décapitations d’otages, l’esclavage sexuel des captives de guerre, les lapidations de musulmanes « égarées ». On en revient à la fosse aux lions réservée aux martyrs chrétiens, au supplice de la roue, aux bûchers dressés par l’inquisition contre de soi-disant hérétiques qui entendaient interpréter librement les écritures. Les ennemis de la liberté sont les ennemis de l’humanité. Les thuriféraires de l’islamisme, du salafisme, du djihadisme s'accordant avec les coryphées de l’intégrisme sont en effet les ennemis de l’humanité. Il faut les combattre sans merci avec les armes de la démocratie et l’esprit des lumières. A défaut de moderniser l’islam, l’islamisme veut islamiser la modernité. Il s’agit de le vaincre sans merci, comme fut vaincu le national-socialisme, perversion sémantique du socialisme. 

Nous l’avons écrit souvent : l’islamisme est à l’islam ce que le national-socialisme est au socialisme. Cela semble se confirmer de plus en plus.  De même que les nazis ont déclaré la guerre totale contre le monde libre, les islamistes sont entrés en conflit total, ici et là-bas contre le camp démocratique. Cela a commencé avec l’attentat des tours jumelles et prend un tour nouveau aujourd’hui avec le meurtre des journalistes et caricaturistes Charley.

La riposte brutale des forces de l’ordre belge est un pas dans la bonne direction, celle de la fermetéMais attention, l’ennemi ne pourra être vaincu sur le seul front de la répression. Il va falloir travailler en amont à la fois là-bas notamment en résolvant enfin le conflit israélo-palestinien et ici, chez nous injectant nos derniers moyens financiers dans l’éducation, l’instruction et la formation de notre jeunesse plurielle européenne laissée en délicatesse.

Le laxisme bêtifiant des réformateurs gauchisants de l’école s’est révélé totalement improductif pour ne pas dire contre-productif. Il va falloir réintroduire la rigueur et la discipline à l’école sans perdre le visage humain. Sus aux discours inspirés du politiquement correct.

C’est tout cela que les enseignants doivent exiger de leur ministre Joëlle Milquet : du crédit bien plus que des crédits car on sait que les caisses sont vides.

MG

 

 

 

 

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