mercredi 21 janvier 2015

Faisal Bin Muaammar: «Non à la violence!»

Tribune de Genève internationale   

Le cheikh saoudien, à la tête du KAICIID, dénonce les attentats commis au nom de l’islam et appelle au dialogue.


Par Alain Jourdan1

 

Prononcer des mots d’apaisement et œuvrer au dialogue entre les religions et les cultures. C’est ce que le cheikh saoudien Faisal Bin Muaammar, secrétaire général du Centre intergouvernemental pour le dialogue interreligieux et interculturel (KAICIID), fondé par le roi Abdullah Bin Abdulaziz, est venu faire à Genève la semaine dernière. Une rencontre qui fait voler en éclats tous les clichés et raccourcis faciles sur l’islam et les musulmans à un moment où tout le monde a besoin de garder la tête froide.

Cofondé par le royaume d’Arabie saoudite, l’Autriche et l’Espagne, le KAICIID a intégré dans son conseil d’administration les représentants de toutes les grandes religions (bouddhisme, christianisme, hindouisme, islam et judaïsme). Le Vatican y a également le statut d’observateur. Basé à Vienne, ce centre jouit du statut d’organisation intergouvernementale.

Les Etats s’y engagent à promouvoir «le dialogue interreligieux et interculturel comme un instrument pour aborder la dimension religieuse et spirituelle de l’homme (…) et soutenir la prévention et la résolution des conflits». Surtout, le KAICIID s’engage à aider au «respect mutuel et à la compréhension» à travers des conférences et programmes de formation.

Si elle est à l’origine de la création de ce centre, l’Arabie saoudite n’en est pas pour autant le seul pays à en fixer la ligne politique. Et c’est ce qui fait aussi sa particularité. A Genève, où il est venu faire la promotion de cette organisation, le cheikh Faisal Bin Muaammar a insisté sur l’esprit qui guide sa démarche. «Nous sommes là pour joindre nos efforts à ceux engagés par toutes les autres organisations internationales. J’ai un rêve: dresser des ponts entre des systèmes fondés sur des idéologies différentes, parce que nous devons apprendre à vivre ensemble», a-t-il dit.

Le KAICIID veut renforcer le dialogue entre le Nord et le Sud et créer «un climat de confiance». Pas question donc de jeter de l’huile sur le feu. S’il a été financé et initié par l’Arabie saoudite, le Centre international pour le dialogue interreligieux et interculturel n’est donc pas un instrument de lobbying islamique. Ce qui renforce le caractère inédit de la démarche engagée par le royaume saoudien.

Passée jusque-là inaperçue, cette initiative prend, en raison du contexte international, une dimension nouvelle. Le KAICIID a condamné avec fermeté l’attentat commis contre Charlie Hebdo. Pour le cheikh Faisal Bin Muaammar, les événements survenus à Paris illustrent plus que jamais le besoin de dialogue.

«Nous devons travailler ensemble, apprendre à mieux nous connaître et refuser la violence au nom de la religion, a-t-il répété. Mieux se connaître, c’est aussi rappeler, a dit le secrétaire général de la KAICIID, que des millions de musulmans ont tweeté pour condamner les attentats commis à Paris.» Et de prévenir: «Attaquer l’islam comme cela a été le cas après les attentats du 11 septembre 2001 n’est pas la solution. Le dialogue est la seule voie.» (TDG)

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE DIALOGUE EST LA SEULE VOIE


Nous le savions mais lire cela sous la signature d’un dirigeant d’Arabie Saoudite et totalement surprenant et « imprévisible ».

Décidément, l’attentat de Paris a fait bouger les lignes et « fait voler en éclats tous les clichés et raccourcis faciles sur l’islam et les musulmans à un moment où tout le monde a besoin de garder la tête froide. »

Si j’ai bien lu : les Etats concernés  « s’ engagent à promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel comme un instrument pour aborder la dimension religieuse et spirituelle de l’homme (…) et soutenir la prévention et la résolution des conflits». 

Et surtout ceci, «  le KAICIID s’engage à aider au respect mutuel et à la compréhension» « J’ai un rêve » dit-il « dresser des ponts entre des systèmes fondés sur des idéologies différentes, parce que nous devons apprendre à vivre ensemble».

Mais c’est du DiverCity pur jus.

Le KAICIID va jusqu’à vouloir « renforcer le dialogue entre le Nord et le Sud et créer un climat de confiance».

Et surtout ceci :  « Le KAICIID a condamné avec fermeté l’attentat commis contre Charlie Hebdo. »

Enfin ceci Pour le cheikh Faisal Bin Muaammar« les événements survenus à Paris illustrent plus que jamais le besoin de dialogue. »

«Nous devons travailler ensemble, apprendre à mieux nous connaître et refuser la violence au nom de la religion, a-t-il répété. «Attaquer l’islam comme cela a été le cas après les attentats du 11 septembre 2001 n’est pas la solution. Le dialogue est la seule voie.» 

Voici qui est tout franchement fascinant. Mais gardons la tête froide.

MG

 

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