mercredi 14 janvier 2015

Joëlle Milquet coupe court à toute suppression des cours de religion à l'école

La DH

BELGA 



La ministre en charge de l'Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet, a rejeté mardi les appels politiques en faveur d'une suppression des cours de religion à l'école, après les attentats sanglants de Paris.

"Le problème, ce sont les extrémismes. Pas les religions. Ne faisons pas d'amalgame", a réagi mardi Mme Milquet, interrogée par l'agence Belga.

Et la ministre centriste de presser dans la foulée "ceux qui défendent la méthode laïque" d'éviter toute "exploitation politique" des récents événements.

Dans un communiqué de presse, les FDF plaidaient mardi matin pour la suppression complète des deux heures de religions ou morale assurées actuellement dans les écoles, et leur remplacement par un cours de cours de philosophie et de citoyenneté.

Pour le parti amarante, il s'agit de la sorte de pallier auprès des jeunes l'"absence de valeurs liées au vivre en commun, un manque de connaissance des croyances de l'autre, une difficulté manifeste de dialogue".

Dans un communiqué distinct, les eurodéputés PS Marc Tarabella et Hugues Bayet appuyaient eux aussi cette idée de substitution.

"Lorsque l'on constate que le manque d'éducation ou de connaissances de l'autre est pour beaucoup dans les tueries récentes que nous avons vécues, je trouve qu'instaurer des tels cours de philosophie prendrait tout son sens", juge M. Tarabella.

L'accord de majorité PS-cdH bouclé l'été dernier prévoit, à partir de 2016, de progressivement remplacer une de deux heures de cours de religion dans les écoles du réseau officiel par une heure de cours d'éveil à la citoyenneté.

Pour la ministre Milquet, il n'est pas question d'aller plus loin. "Je m'en tiens à l'accord de majorité. C'est déjà suffisamment difficile à respecter comme cela...".



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAIS QU’EN PENSE DONC LE SYNDICAT DES PROF DE RELIGION MENACÉS ?

Magnifique intervention du FDF, qui s’impose comme le plus laïque des partis et donne une belle leçon à l’ensemble des autres formations politiques francophones de plus en plus compromises par leur chasse aux voix musulmanes comme en témoigne la vive polémique entre le PS et le président de la Ligue belge contre l'antisémitisme. Celui-ci laissant entendre que les israélites seraient lâchés par le PS très proche des musulmans a suscité l’ire de Elio Di Rupo . Voilà qui met beaucoup de piquant dans la vie politique belge.

L’attitude très polémique de Joëlle Milquet montre que la patronne de l’enseignement officiel penche très nettement en faveur du confessionnalisme ce qui va, d’emblée fortement compromettre la réussite de son pacte d’excellence.

MG  



LUTTE CONTRE L'ANTISÉMITISME : LE PS TACLE JOËL RUBINFELD

FRÉDÉRIC CHARDON  la Libre


Le boulevard de l'Empereur contre-attaque face au président de la Ligue belge contre l'antisémitisme (LBCA), Joël Rubinfeld. Ce dernier, dans une interview publiée dans "La Libre" attaque durement les partis de gauche dans la foulée des attentats à Paris. Il reproche en particulier au PS d'avoir renoncé à la lutte contre l'antisémitisme par passivité, d'une part, et par opportunisme électoral, d'autre part. Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), est particulièrement visé par le président de LBCA.

Mais le PS réagit fortement à son tour à ces propos : "Joël Rubinfeld, ancien vice-président du PP, parti situé à la droite extrême du paysage politique belge, qui a propulsé Laurent Louis à la Chambre comme député, cherche à instrumentaliser les attentats de Paris pour sa croisade politique de toujours contre le PS. Le PS n’a pas de leçon à recevoir de M. Rubinfeld en matière de lutte contre l’antisémitisme, ou de lutte contre le racisme et les valeurs démocratiques et du vivre-ensemble. Le PS est à la base de la création de tout l’arsenal législatif et institutionnel de lutte contre toute forme de discrimination, qu’il a continuellement renforcé. Ce sont des bourgmestres socialistes, Thielemans à Bruxelles, Demeyer à Liège, Moureaux à Molenbeek, Janssens à Anvers, qui ont reconnu la responsabilités de leurs autorités locales dans la déportation des Juifs. Excuses que l’actuel bourgmestre De Wever, salué par monsieur Rubinfeld, avait trouvées 'gratuites'."

Le PS accuse le président de LBCA de jouer sur la corde sensible de l'antisémitisme à des fins politiques. "Depuis longtemps, M. Rubinfeld instrumentalise la lutte contre l’antisémitisme pour intimider ceux qui militent pour la fin de l’occupation et des violences au Proche-Orient, et la résolution pacifique du conflit israélo-palestinien. Connaissant l’engagement de Charlie Hebdo à cet égard, et plus largement ses valeurs progressistes aux antipodes de celles du PP dont M.Rubinfeld fut l’un des dirigeants, l’instrumentalisation de ce monsieur est particulièrement de mauvais goût. Par ailleurs, le PS a déjà eu l’occasion dans le passé de publiquement prendre ses distance et dénoncer les dérapages antisémites et négationnistes de certaines manifestations. Le PS souhaite que toutes les composantes de la société belge restent plus soudées que jamais, autour du socle de nos valeurs démocratiques pour lutter contre le fanatisme, pour la défense de notre démocratie et de notre vivre-ensemble."

Enfin, le PS rappelle qu'il a fallu attendre 2012 et qu’Elio Di Rupo, actuel président du PS, soit Premier ministre pour que le gouvernement reconnaisse les responsabilités de l’Etat belge dans la déportation des Juifs de Belgique.

 

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