vendredi 16 janvier 2015

Joëlle Milquet veut réformer le secteur des écoles de devoirs


BELGA La Libre Belgique



La ministre francophone de l'Education, Joëlle Milquet, a affiché jeudi sa volonté de réformer le secteur des écoles des devoirs, un des outils-clés de la lutte contre l'échec scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mme Milquet (cdH) entend mener ce chantier dans le cadre plus global du "pacte pour un enseignement d'excellence" qui sera lancé d'ici la fin de ce mois.

L'objectif, a-t-elle indiqué mercredi en réponse à une question du député Bruno Lefebvre (PS), est d'améliorer l'efficacité de ces services, et d'assurer une "meilleure cohérence de l'offre pédagogique".

Il s'agira notamment d'assurer, dans un esprit de concertation des différents acteurs, une meilleure articulation entre les rôles respectifs des établissements scolaires et des écoles de devoirs, a-t-elle expliqué.

La ministre a indiqué dans la foulée que le budget alloué à ces écoles de devoirs serait porté à 1,5 million d'euros dès cette année, contre 1,2 million l'année dernière, et que ces moyens continueraient par après à augmenter de l'ordre de 3% par an.

"Mais je pense que cela ne sera pas suffisant et qu'il faudra trouver des moyens complémentaires ailleurs", a ajouté Mme Milquet.

On dénombre actuellement quelque 200 écoles des devoirs en Fédération qui sont regroupées au sein de cinq coordinations régionales.

Celles-ci accueillent chaque année plusieurs milliers de jeunes de 6 à 18 ans pour les accompagner dans leurs travaux scolaires, mais aussi mener avec eux un travail éducatif, culturel et de formation citoyenne.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PRENDRE LES ADOS EN CHARGE ET LEUR OFFRIR UNE PERSPECTIVE.


Soyons lucides. Les ados filles et fils de riches qui fréquentent les bahuts huppés de la capitale (Saint Michel, Catteau, Saint Pierre, Jacqmain etc)  se font payer des leçons particulières-un treizième mois pour pas mal de profs prof, tandis que des boites privées en font leur core business-- tandis que les filles et les fils de pauvres vont  à l’école de devoirs pour tenter de  rattraper leurs retards scolaires. Ces dernières sont organisées par de petites ASBL dont la plupart vivent d’un saupoudrage de subsides Communauté française obtenus sans beaucoup de contreparties, ni surtout de contrôles. Joëlle va se heurter à son cher ami Di Rupo dont le parti soutient aveuglément et par pur clientélisme un très grand nombre d’asbl de ce type dont quelques-unes ont un caractère communautariste très marqué.  

Quant aux structures de rattrapage mises en place par l’école actuellement, elles sont bien souvent ressenties comme une punition infligée par la direction aux enseignants comme aux élèves qui répugnent à faire des heures sup au sein de leur établissement scolaire. Mais ne blasphémons pas, il existe de très sympathiques et de très efficaces écoles de devoirs à côtés d’autres qui s’intéressent plus aux subsides récoltés qu’au sauvetage des élèves en détresse . Certaines sont organisées dans et par les mosquées…On braquera évidemmentun projecteur sur le très efficace « tutorat » organisé par Ahmed Meddounegrand initiateur et coordinateur de cette formidable initiative de l’ULB. Nous en avons parlé souvent déjà sur ce blog.

Il est évident qu’on s’attaquant au problème des écoles de devoir Joëlle Milquet fait mouche. C’est en effet un des leviers les plus efficaces pour vaincre le triple problème de l’échec, du redoublement et du décrochage. Une bonne école de devoirs devrait inculquer par priorité  une méthode de travail doublée d’un apprentissage de la gestion de temps, plus un entrainement de la mémoire, des ateliers d’impro et d’écriture, des clubs d’échec, de bridge et des jeunesses scientifiques. Il s’agit de donner aux jeunes le goût de maîtriser leur cerveau en faisant le plein emploi de leurs aptitudes. On en est vraiment très, très loin.

Le tutorat est une relation formative entre un enseignant, le tuteur et un apprenant, une personne (ou un petit groupe de personnes) en apprentissage. Il se distingue de l'enseignement classique impliquant professeurs et élèves par une formation individualisée et flexible. Le tuteur n'a pas forcément toutes les connaissances que doit maîtriser l'apprenant au terme de sa formation car son rôle n'est pas d'apporter des réponses aux problèmes posés mais de guider l'apprentissage.

Il est clair que dans les meilleures conditions, le tutorat est un puissantincubateur de dialogues interculturels entre des ados en difficultés et de jeunes étudiants- beaucoup sont issus de l’immigration- qui accomplissent un parcours de réussite. C’est une manière très humaine et hyper efficace de pratiquer l’école de la réussite grâce parrainage d’un jeune qui en veut par un étudiant bosseur, volontaire et généreux de son temps.


QU’EST-CE QUE LE TUTORAT 


La finalité globale du Tutorat est d’aider les jeunes en difficulté scolaire et aussi de leur permettre de reprendre goût à l’école et à l’apprentissage. Schola ULB met aussi l’accent sur la (re)construction d’un projet d’avenir qui leur est propre. Pour ce faire, des étudiants des Universités et des Hautes Écoles bruxelloises sont recrutés pour apporter aux élèves de l’enseignement secondaire et primaire un soutien hebdomadaire de qualité.

 

Au-delà de ces ambitions, le Programme Tutorat est aussi l’occasion pour l’école de s’ouvrir vers l’extérieur et d’éviter son isolement. En effet, bon nombre des établissements scolaires accueillant des populations socio-économiquement fragilisées se replient sur elles-mêmes. Il s’agit donc de favoriser les plus démunis pour une réelle égalité des chances.

 


 

 

 

 

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