jeudi 15 janvier 2015

Le grand malaise des musulmans


Le Figaro

 


Les instances nationales de l'islam se mobilisent, mais les jeunes des banlieues les récusent.

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Après le choc, l'onde de choc. En France, la communauté musulmane et ses responsables sont comme pris en étau. Et la pression ne cesse de monter. Dans l'opinion, les musulmans sont montrés du doigt. Ils répondent «non à l'amalgame». Sur le terrain, une cinquantaine de mosquées ont été la cible de balles, de tags ou d'incendies. Les musulmans s'insurgent: «Non à la stigmatisation.» À sa base, la communauté tente de gérer une frange jeune qui gronde mais qui échappe à tout contrôle. Elle la supplie «de garder son calme».

Mercredi, le Conseil français du culte musulman (CFCM) se réunit à cet effet pour un conseil extraordinaire. L'idée est de lancer des mesures d'urgence pour lutter contre «la radicalisation» (Le Figaro du 13 janvier). Mais mardi, dans cette même précipitation, cette instance a dû publier un appel au calme en direction des musulmans pour prévenir un nouveau choc: «À la veille de la publication du nouveau numéro de Charlie Hebdo, toutes les organisations musulmanes de France, y compris l'UOIF, appellent la communauté musulmane de France à garder son calme en évitant les réactions émotives ou incongrues incompatibles avec sa dignité et sa réserve, tout en respectant la liberté d'opinion», écrit Dalil Boubaker, président du CFCM. 

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris fait part également de «l'inquiétude» de toutes les organisations musulmanes devant les «nombreux actes antimusulmans observés ces derniers jours», appelant «les pouvoirs publics à la vigilance afin de veiller à la sécurité des mosquées.» Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, on souligne que la nomination, mercredi, d'un préfet, Patrice Latron, «chargé de la coordination de la protection des lieux à caractère religieux» dans toute la France, reçoit une mission qui ne se limite pas aux lieux de prière juifs. Elle couvre aussi les «mosquées», qui nécessitent une «protection adaptée», selon la lettre.

«UNE HAINE INCROYABLE EN EUX»

La tension est aussi palpable sur le terrain. Jamel Guenaoui, porte-parole d'un «Collectif démocrate des couleurs de la diversité», établi à Drancy, connaît les cités du département de la Seine-Saint-Denis comme sa poche. «Le malaise est dans la bouche de tout le monde, explique-t-il au Figaro. La Cocotte-Minute est déjà prête à exploser. Si vous ajoutez l'amalgame avec l'islam pour les assassinats et quelques attentats contre les mosquées, le mélange deviendra plus puissant que celui qui provoqua les émeutes de 2005. Préparez-vous à ce que cela éclate…»

Cet enseignant sillonne les banlieues avec des artistes ou des sportifs connus pour éduquer ne serait-ce qu'au «respect» des jeunes sans aucun repère, sinon une certaine version de l'islam. Il ne voit pas quelles mesures d'urgence pourraient changer la donne, mais prône un travail de fond auprès des jeunes en question. «Ils n'ont rien à faire de rien, précise-t-il. Ils ont une haine incroyable en eux. Il faut les faire sortir de ce milieu pour qu'ils commencent à accepter les autres et, par conséquent, eux-mêmes.»

Pourtant, conclut-il, «les gens aspirent à la paix civile et à la tranquillité. Il faut plutôt lancer des idées originales pour fédérer la bonne volonté qui existe, ainsi que l'amour de la France». Son association travaille par exemple à mettre sur pied un «grand rassemblement devant la préfecture de Bobigny avec deux milles jeunes pour faire sortir la police et… l'applaudir!»

Nader Alami, responsable de Islamopsy, une association basée à Gennevilliers qui aide par centaines, de façon «très ciblée», des jeunes en difficulté «convaincus de ne pas appartenir à une société qu'ils veulent détruire», raconte comment il doit faire face cette semaine à «la théorie du complot qui se répand comme une traînée de poudre chez les jeunes de banlieues». Pour eux, cette affaire est depuis le début un «montage» destiné à nuire à l'islam…

Les aider passe par un travail individuel, car même «leurs parents sont dépassés». Le Coran? Ils s'en recommandent, mais «peu le connaissent». Le CFCM? «Ceux qui le connaissent ne s'y reconnaissent pas.» Cette «jeunesse désemparée» est «prête à suivre» le premier «héros ou tribun venu». Elle vit «à l'heure des sites Internet radicaux et il faudrait que le CFCM le réalise».

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA COCOTTE-MINUTE EST DÉJÀ PRÊTE À EXPLOSER.


Tout se met en place pour un clash majeur. 

Tout peut arriver et ce sera un test pour l’Europe.

C’est au niveau européen qu’il faudra engager une lutte globale et finale contre l’islamisme. Tout ou presque a été dit sur le sujet.  

Tout se résume à une phrase : « Cette «jeunesse désemparée» est «prête à suivre» le premier «héros ou tribun venu».

Ayons néanmoins la volonté de l’optimisme.

MG

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