dimanche 11 janvier 2015



Lors de la minute de silence, le 8 janvier, place du Capitole (Photo Ulrich Lebeuf. MYOP)


VERBATIMS

Depuis les attentats, des leaders musulmans s’expriment sur la nécessité de se joindre aux manifestations. Voici leurs déclarations.

«LA STIGMATISATION NOUS GUETTE TOUS»

TARQ OUBROU, GRAND IMAM DE BORDEAUX

«Nous mobilisons la communauté musulmane pour participer à toutes les manifestions. Les récents événements tragiques la concerne en priorité. Cette barbarie a été perpétré au nom de notre religion. Alors, la stigmatisation nous guette tous. Je dis et redis aux musulmans qu’ils n’ont plus le droit de se taire, qu’il faut qu’ils sortent dans la rue…

«Nous irons demain (dimanche, NDLR) en cortège à la grande synagogue de Bordeaux où sera présent le grand rabbin de France, Haïm Korsia. Ensuite nous gagnerons la manifestation prévue avec tous les Bordelais. C’est très symbolique de manifester contre cette volonté qu’ont certains de construire des murs entre nous. Nous voulons montrer que les actes horribles commis ces derniers jours n’ont pas eu l’effet escompté. Aujourd’hui, le mal est profond. Cela doit tous nous interroger. Enseignants, responsables religieux et politiques, journalistes, nous devons faire tous de la pédagogie pour prévenir le pire… »

«EXTIRPER LES RACINES DE CETTE VIOLENCE»

LARBI KECHAT, L’UNE DES FIGURES HISTORIQUES DE L’ISLAM DE FRANCE, RECTEUR DE LA MOSQUÉE ADDA’WA, DANS LE XIXE ARRONDISSEMENT À PARIS.

«Même si je n’étais pas à d’accord avec Charlie Hebdo, je salue la mémoire de ceux qui sont morts. Je vais manifester, dimanche, sans aucune casquette, sans afficher aucune appartenance.

«Dieu m’a donné la possibilité de vivre, ici en France, dans une société diverse, plurielle. Nous devons montrer à tous nos concitoyens que, nous musulmans, sommes des citoyens comme les autres. Manifester est un moyen pacifique et raisonnable de dénoncer de tout ce qui peut porter atteinte à l’être humain. Etre pacifique est ce qui est le plus efficace contre toutes les expressions de violence qui conduisent à des cassures. La société française doit être unie, intelligente pour endiguer ces courants qui veulent nous diviser.

«Au-delà de la condamnation légitime de l’attentat, il est important de se mettre au travail afin d’extirper les racines de cette violence : l’injustice, la misère, l’angoisse de l’avenir... Il faut concentrer notre attention, orienter notre intention sur ce qui pourrait faire renaître la confiance. Toutes les composantes de la société sont appelées à s’exercer à l’art du vivre ensemble. »

 

 

«JE DESCENDRAI DANS LA RUE COMME CITOYEN ET HUMANISTE»

L’INTELLECTUEL MUSULMAN ET ISLAMOLOGUE RACHID BENZINE

«Je ne manifesterai pas pour dire "l’islam, c’est la paix" ou des choses de ce genre. Je descendrai dans la rue comme citoyen et humaniste. Un pays, c’est comme un corps. Dans les épreuves, nous avons besoin, au-delà de nos divergences, de nous retrouver ensemble. En quelques jours à peine, la France a connu de grands drames qui mettent à jour des points de rupture au sein de la société.

«Depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, on a créé une polarisation autour de la question de la liberté d’expression et l’islam. Avec l’affaire de la porte de Vincennes, la question de l’antisémitisme revient. Ces derniers temps, on a beaucoup associé jeunes musulmans et antisémites. Ces deux éléments se sont rencontrés de manière tragique, ces derniers jours. La société française est sur une poudrière. En manifestant, nous allons montrer que malgré les difficultés - il ne faut pas être naïfs -, nous avons encore envie de vivre ensemble. Notre territoire commun, ce qui nous fonde, c’est notre humanité.»

Bernadette SAUVAGET



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« NOUS AVONS ENVIE DE VIVRE ENSEMBLE. NOTRE TERRITOIRE COMMUN, CE QUI NOUS FONDE, C’EST NOTRE HUMANITÉ.»

J’ai eu le privilège de rencontre plusieurs fois Rachid Benzine dont le livre–« Les nouveaux penseurs de l’islam »m’a ébloui, c’est un homme de convictiondémocrate réoublicainun humaniste au sens fort, comme Bidar du reste (lettre ouverte aux musulmans). J’ai eu la chance d’être reçu par Larbi Kechat dans sa « mosquée ouverte » de la rue de Tanger à Paris Stalingrad. Ils m’ont insufflé un vrai espoir dans la gestation, ici, chez nous, d’un vrai islam européen des Lumières  parfaitement compatibles avec nos valeurs démocratiques. Le 9 mai 2013 suite à un long échange avec Larbi Kechat,  nous écrivions dans DiverCity ceci :

 

" NOUS CONSIDERONS L’EMANCIPATION DES CITOYENS MUSULMANS COMME LA FINALITE DE LA LUTTE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE"

Il est aujourd’hui impératif et urgent de soutenir les démocrates musulmans partisans d'un Islam d’apaisement. On nous assure que les musulmans sont, dans leur grande majorité, pacifiques et démocrates qu’ils soient intellectuels, artistes, artisans, travailleurs sociaux ou de simples croyants... Qu'ils le proclament donc clairement et sans complexe. Qu'ils brisent enfin, s'ils veulent être crédibles, la chape de conformisme qui pèse sur la communauté musulmane où les mosquées exercent un contrôle social pesant. On aimerait vraiment, au surplus, que les jeunes musulmans se manifestent autrement que par leurs expéditions en Syrie ou leurs incivilités citoyennes. 
Les musulmans progressistes ont un rôle clef à jouer à cet égard. Leur action est louable, sympathique et courageuse, mais quel écho rencontre-t-elle au sein de la ou des communautés musulmanes? C'est une question essentielle que se posent les démocrates non musulmans.
Quelle est leur position face à la naissance d'un réseau d'enseignement islamique dont on nous annonce la création à Bruxelles (notamment à Schaerbeek)?
De toute évidence, la société et en particulier les pouvoirs publics et les partis politiques ont tort de ne pas donner plus de visibilité à cet Islam démocrate et tolérant, vécu comme une ouverture sur l’autre. Ils ont tort de s'en désintéresser en le considérant comme peu représentatif.
DiverCity souhaite un Islam de l’épanouissement et de l’apaisement plutôt qu’un Islam -disons un islamisme- de la frustration, de la peur de l'autre qui ne peut mener qu’à la méfiance et à la confrontation.

Il ne faut pas se voiler la face, les partisans d’une idéologie islamiste bénéficient de puissants relais : l’actualité nous le rappelle malheureusement quotidiennement. Il faut donc absolument que les voix qui prônent l’apaisement soient entendues, surtout par les nombreux islamophobes à oeillères et au "front de taureau".

De nombreux Belges de souche - dont nous- se demandent s'il est raisonnable d'imaginer qu'il existe, face à un Islam intégriste violent, agressif, délétère, un Islam que nous qualifierions d’humaniste, de positif (Larbi Kechat). Autre question essentielle: est-il concevable et raisonnable de promouvoir au XXIème siècle, en Europe, une lecture humaniste, libre exaministe du Coran? Humaniste parce qu’elle s’adresse à l’humain et à sa capacité de s’élever. Libre exaministe car le Coran affirme en appeler à la raison, à la rationalité. 
Pas de foi sans la liberté de croire ou de ne pas croire : « Point de contrainte en matière de religion » dit le Coran (II, 256). Le libre examen ce n’est pas, comme le pensent certains, l’absence du divin. C'est le refus des dogmes et de l'obscurantisme! De fait, il concerne au départ la libre interprétation des Écritures, des Évangiles en l’occurrence, par chaque croyant protestant. Chaque famille était tenue de posséder une Bible et d’explorer celle-ci sur le mode critique, d’interpeller quotidiennement, librement, le texte fondateur. On appelait cela le questionnement critique, fondement de la philosophie des Lumières.
On nous objectera qu'il est plus confortable de suivre les rails de la lecture littérale et simplificatrice sous la conduite de commentateurs peu ou mal inspirés parce qu'idéologiquement partisans. Peut-on imaginer que la foi islamique soit vécue de manière pragmatique et non pas fantasmée?

Est-il raisonnable d'opposer à une lecture littérale, partisane, à œillères du Coran, une lecture structuraliste selon la suggestion de Jacques Berque, traducteur inspiré mais rigoureux du Coran? Une lecture structuraliste aborde, selon lui, le texte en synthèse dans son unité, sa totalité, dans les relations qu’ont les signes et les versets coraniques les uns avec les autres. C'est, selon Berque, la seule manière d'aborder le texte dans toute sa richesse et c'est surtout l'inverse d’une lecture littérale, schématique, réductrice, aveugle, obtuse. La lecture structuraliste et synthétique n’altère pas les mailles du tissu coranique. Bien au contraire, elle l'appréhende dans sa totalité, synthétiquement et dans toute sa complexité comme un texte vivant qui se lirait aujourd’hui avec les yeux d’aujourd’hui et qui peut apporter des réponses à des questions d’aujourd’hui, dans la vie d’aujourd’hui. Ou est-il préférable d'apporter, aveuglément, mécaniquement les réponses d’hier aux problèmes d’aujourd’hui et de demain?

Qu'est ce qui importe le plus : revendiquer une foi, une appartenance religieuse, identitaire ou traduire celle-ci en actes positifs, l'Agir Bellement (ishran) comme le suggère le Coran? 
Saurait-on être musulman, c’est-à-dire pacifié (selon l’étymologie même du terme) sans intérioriser l’héritage à la fois juif et chrétien, sans revendiquer aussi celui de la laïcité, de la démocratie et du libre examen? Autrement dit, sans être en phase avec l’universel et avec son temps: la démocratie pluraliste ici et maintenant?

Dans sa démarche de guidance éthique, le Coran incite les hommes et les femmes de bonne volonté à devenir meilleurs et à cheminer sur la voie de Rectitude. "Que notre fin soit meilleure que notre commencement" répète à l'envi une musulmane âgée et illettrée. Pourquoi tant de jeunes musulmans belges s'égarent-ils dans l'errance? Songeons à ces pauvres gamins manipulés qui sont partis sur un coup de tête en Syrie et dont on est sans nouvelles. Qui, sans doute, paieront de leur vie un engagement d'ados en détresse, victimes de dénégateurs intégristes sans scrupules.
Est-il envisageable que musulmans, chrétiens, juifs et libres penseurs s'unissent pour créer ensemble et par le dialogue une éthique du XXIème siècle qui soit démocratique et citoyenne?

UN ISLAM DU CRU
Même si entre huit à quinze millions de musulmans vivent actuellement dans les pays de l’Union européenne, l’Islam européen demeure aujourd'hui à l'Etat virtuel. 
Quel genre d’Islam est de fait pratiqué de nos jours dans les familles, qu'est-ce qui est prêché dans les mosquées de Belgique, de France, d'Europe?

Il faut bien voir que la majorité des musulmans d'ici et d'ailleurs ne connaissent pas l’arabe, en tout cas pas assez pour pouvoir lire le Coran dans le texte et surtout le comprendre. La plupart des musulmans vivant en Europe, ceux qu’on continue, à tort, d'appeler les «immigrés», appartiennent aux classes les moins lettrées, au prolétariat de leur pays d’origine. Ces croyants n’ont aucun recul, aucune possibilité de démarche critique par rapport aux discours manipulateurs proférés dans certaines mosquées. De plus, les dirigeants de la plupart de ces mosquées, les imams et les prédicateurs appartiennent souvent à ces mêmes couches sociales et possèdent un bagage intellectuel à peine supérieur à celui de leurs ouailles. Conséquence: le discours des mosquées n’a bien souvent rien de vraiment progressiste.
Quand décidera-t-on de former enfin les imams dans nos universités?
Certes, on en parle depuis longtemps mais rien concrètement ne semble se faire.

La mosquée peut-elle devenir un jour, (elle le fut par moments), un espace de dialogue et d’échange d’idées, un lieu d’enseignement et un centre de rayonnement architectural et culturel, bref, un creuset de potentialités créatrices? 
Trop de mosquées belges, se sont transformées, pour des raisons historiques et sociologiques, en lieu de «ressassement» d’une tradition aléatoire, souvent rétrograde, l'inverse même de ce que prescrit le Coran. Autant dire, des lieux de repli sur soi identitaire. Or, pour jouer son véritable rôle, la mosquée se doit d’être un centre ouvert sur le monde et ses réalités, en tant que véritable reflet d’un Islam vivant, à l'exemple de la mosquée Adda’wa (le mot signifie accueil, invitation) du recteur Larbi Kechat de la rue de Tanger à Paris. Cette mosquée devenue un vrai centre culturel, un lieu important d’ouverture au monde et de rencontres entre religions.

Larbi Kechat"Ici, la priorité est donnée à la pédagogie ; elle est primauté de l’intelligence du cœur sur les élucubrations mentales, de la qualité morale sur la fulguration intellectuelle. Le ton, la langue de communication (arabe-français) et les thèmes (parmi les derniers séminaires, on relève « La laïcité et l’islam : le cas de la Turquie kemaliste », « Bioéthique : l’homme sujet non objet) favorisent chez nos fidèles, très nombreux, l’élévation spirituelle, la promotion intellectuelle et l’intégration constructive.
Notre auditoire est composé de Français chrétiens, laïcs, agnostiques, musulmans et autres, reflète admirablement la France miniaturisée. Evoquer la communauté, c’est évoquer son opposé, le communautarisme.
Notre ambition: élargir le débat sur la pratique et l’expression islamiques à la totalité de notre communauté ; s’appliquer à questionner les universaux islamiques pour vivre en bonne intelligence avec la collectivité globale, multiconfessionnelle et multiculturelle, en harmonie avec l’intérêt général."
Même malentendu pour beaucoup de jeunes musulmans que pour leurs parents. Parmi ces jeunes, beaucoup se sentent musulmans par héritage ou tradition. L’Islam n'est-il pas avant tout un choix de vie, une manière d’exister, de conduire sa vie au sein d'une communauté?
"Les jeunes musulmans de France vivent l’islam non pas par imitation mais par conviction ; pour eux, l’islam est une foi capable d’intégrer toutes les parties de l’être et de l’aider à trouver sa place parmi ses semblables. Les efforts qu’ils déploient se centrent sur leur fidélité à l’islam et sur les moyens à utiliser pour une pratique concordante avec les principes immuables et les contextes sociaux en perpétuelle mutation."

Questions indiscrètes et (im)pertinentes: combien de Larbi Kechat en France et dans nos mosquées belges? 
Peut-on espérer voir apparaître enfin un Islam tourné vers un demain à construire et non pas obsédé par la tradition et par conséquent piégé par un passé lointain?

L’Islam européen peut-il se concevoir comme une véritable éthique, comme une foi affranchie de ses servitudes à l’égard d’un droit et d’une tradition figés; comme autre chose qu'un code de la route avec des sens interdits, du licite et de l'illicite et des prescrits afin que personne ne s'éloigne de la Voie de Rectitude?

De la même manière que l’école a intégré l’évolution historique de la lecture religieuse en Occident – plus particulièrement depuis la Renaissance : la Réforme, le protestantisme mais aussi plus tard le jansénisme pascalien –, de la même manière qu’elle a intégré, au-delà de cette lecture critique des Écritures, l’influence profonde de celle-ci sur la littérature française tout entière, pour déboucher sur la philosophie des Lumières, de même une lecture émancipée du texte coranique pourrait-elle être regardée comme un objectif possible pour l’école d’aujourd’hui? Est-ce cela que veulent les partisans d'un réseau d'école islamique ou veulent-ils autre chose? Quelle sphère de socialisation, quelle structure éducative pourrait offrir une telle approche ? 

Une meilleure compréhension de l’Islam, non seulement par les musulmans mais aussi par les non-musulmans, y compris les plus islamophobes, ne serait-elle pas de nature à constituer une riposte efficace aux constructions tendancieuses des partisans de l’extrême droite ?
L’Islam n'a-t-il pas, lui aussi un rôle autocritique à jouer? Menacé de caricature par les expériences historiques des régimes saoudien, iranien ou afghan, de Sharia 4 entre autres, ne devrait-il pas soigner son image en toute transparence et veiller à se mettre en accord avec lui-même, c’est-à-dire avec les préceptes de son texte fondateur?

Est-il déraisonnable de penser que des musulmans émancipés, libérés du carcan des conservatismes jettent les bases d’une conception contemporaine, humaniste et en fin de compte vivante du Coran, comme l'y invite le célèbre hadith : «Prends le Coran comme s’il t’était révélé à toi-même»?

À ces conditions, le texte fondateur de l’Islam, ne pourrait-il pas se détacher enfin d’une interprétation par trop dogmatique qui, dans le meilleur des cas, est mue par l’ignorance rétrograde de quelques fondamentalistes et dans le pire, par les desseins totalitaires des groupes ou régimes intégristes, c'est à dire islamistes?
L'islamisme est-il autre chose qu'une instrumentalisation de l'Islam et du Coran à des fins politiques agressives et dominatrices?

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York et en Europe, et aujourd’hui avec le sanglant conflit en Syrie, n'est-il pas indispensable de tout faire pour éviter un amalgame entre terrorisme et Islam en allant puiser des arguments à la source même du texte qui fonde la religion musulmane, à savoir le Coran? Ne pose-t-il pas le principe de non contrainte en matière de religion (cf., II, 256) et ne recommande-t-il pas le dialogue des civilisations et la reconnaissance entre les peuples (cf., XLIX, 13) ?

DiverCity, blog de l’actualité interculturelle compte dans son lectorat aussi bien des jeunes d'origine étrangère que des Belges : tous sensibles à une culture plurielle et vivant le cosmopolitisme de notre société bruxelloise comme une richesse.
D'aucun objecteront, chez les musulmans et les non musulmans (surtout chez les politiques volontiers communautaristes) que cette thèse est tout sauf représentative de l'opinion générale.
Peu nous chaut, c'est celle à laquelle nous adhérons en toute rigueur et en toute transparence.

DiverCity

 


DE ONWIL OM ONS IN EEN PUUR WIJ-ZIJVERHAAL TE LATEN OPSLUITEN, IS GROTER DAN OOIT

YVES DESMET



Yves Desmet©Wouter Van Vooren

Wat deze keer anders was: de oproepen aan 'gematigdemoslims om stelling tenemen tegen de moorden van criminele jihadisten bleef uitHet is een vraag die ik nooit goed heb begrepenwaarom zouden voetbalsupporters zich moetendistantiëren van hooligans? Maar blijkbaar bestaat de behoefte aan geruststellingdat de miljoenen in vrede levende moslims ook daadwerkelijk zeggen engetuigen dat ze met de extremisten niets te maken willen hebben.

Ditmaal zijn de mensen die deze bede herhalen prompt op hun wenken bediend: in alle media is een heuse stoet gepasseerd van moslims - van gewone gelovigentot woordvoerders van de meest representatieve organisaties - om hun afschuwuit te spreken van de laffe moord op tekenaars die hun godsdienst nochtansbehoorlijk op de korrel namen. De schrijver Joost Zwagerman vergeleek het met de situatie na de moord op Theo van Gogh en stelt vast dat het met onzeweerbaarheid tegen moslimextremisme misschien relatief slechter gaat dan toen, maar dat het relatief beter gaat met het multiculturele Nederland, waar eenmoslimburgemeester in Rotterdam het meest uitgesproken zijn afschuw voor de moordenaars uitspraken waar zowat alle moslimprominenten de aanslagafkeurden.

ER ZIJN TE VEEL PURE FEITEN DIE HET ONMOGELIJK MAKEN OM NOG IN PURE TERMEN VAN WIJ EN ZIJ TE SPREKEN

Er zijn nog tekenen aan de wand: op de Place de la Républiquewaartienduizenden samenhang zochtendroegen meisjes met een hoofddoek de slogan mee dat dit niet in naam van hun god mag gebeurenen werden jongensdie de Koran in stukken scheurden uitgejouwd

Moslimagent Ahmed Morabet stierf om de waarden van de Republiek teverdedigenvoor het recht van de redacteuren van Charlie Hebdo om scherpekritiek op zijn godsdienst te mogen uitenEr zijn te veel pure feiten die het onmogelijk maken om nog in pure termen van wij en zij te spreken.

Nee, natuurlijk zullen we morgen niet allemaal vredig en harmonieus in eenparadijs wakker worden. Natuurlijk zullen er verschillen blijvenandereopvattingen en meningenandere gevoeligheden. Zullen sommigen meerworden gediscrimineerd dan anderenen zullen we verdomd hard moetenblijven werken om de boel bij elkaar te houden.
Maar tochanders dan bij Theo van Gogh is de ditmaal veel grotere onwil om zich in een puur wij-zijverhaal te laten opsluiten, om de agenda en de atmosfeerte laten bepalen door fanatici met kalasjnikovs of anderen die hakenkruisen op moskeeën gaan kliederen. Is er het besef dat we - naast krachtdadig optredentegen wie denkt dat hij zijn verknipte wereldbeeld aan anderen kan opleggen - onze vrijheid en rechten alleen echt kunnen beschermen door de terroristen niettoe te laten deze te laten wegvegen met angst.

DAT DE SAMENLEVING MULTICULTUREEL DE AANVAL OP CHARLIE HEBDO VEROORDEELT, IS EEN LICHTPUNTJE IN DEZE WEEK VAN VERDRIET

De doden van Charlie - cartoonisten en moslims -waren niet alleen het doelwitvan moslimextremisme, maar ook van een aanval op een multiculturelesamenlevingDat die nu ook multicultureel deze actie veroordeelt, is in dezeweek van groot verdriet misschien een klein lichtpuntje.

 

 

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