jeudi 22 janvier 2015

NOUS SOMMES EN GUERRE DE RELIGION

Jean Daniel, Obs

Et puis, il y a deux facteurs qui sont intervenus. D’une part, c’est évidemment la France. Nous avons été les colonisateurs d’une grande partie des pays islamiques. Nous leur avons montré leur infériorité sur presque tous les plans, sauf peut-être celui de la prière. Lorsque nous les avons adoptés, mais avant, en même temps, humiliés, et qu’ils se sont sentis obligés de venir chez nous, c’était en se courbant. Les temps ont changé. Des millions d’entre eux sont venus s’intégrer dans notre communauté, mais ils n’ont pas eu le moyen de faire profiter leurs enfants des progrès qu’ils pouvaient faire.

Restait le grand lien, le lien inaltérable et sécuritaire, c’est-à-dire l’islam. La grande crise est arrivée lorsque les échecs de l’intégration ont fait disparaître le bénéfice de la protection. Pourquoi les assassins sont-ils si jeunes, sont-ils si étrangers à leur famille ? Vont-ils chercher ailleurs, en islam bien sûr, les armes de la réhabilitation par le meurtre ? Il arrive de plus que, séjournant dans des pays d’accueil, il semble que les blessures n’aient été encore cicatrisées. Alors, ce sont les juifs qui captent leur désir de vengeance. Tuer un juif français, c’est supprimer un représentant d’une race maudite, parce qu’elle est présentée comme supérieure. Oui, nous sommes en guerre, et qui plus est en guerre de religion.

 

Jean Daniel Nouvel Obs


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PRISE DE CONSIENCE MUSULMANE


Jean Daniel jamais ne prend la parole à la légère. Son texte est d’une gravité inouïe. Nous avons vécu et nous vivrons sans doute encore des événements tragiques. Nos jeunes gens et nos jeunes filles issus de la diaspora musulmane nous donnent beaucoup de fil à retordre. Pas tous, bien évidemment, mais une minorité que l’école ne parvient pas à sensibiliser aux valeurs républicaines -en France, aux valeurs du vivre ensemble chez nous- qui sont celles d’un humanisme européen dont ces révoltés ne veulent pas.

 

Ce débat franco-français ou devons-nous dire islamo-républicain percole en Belgique avec le débat autour du départ de la dernière élève juive d’un athénée de la ville de Bruxelles dont le Vif se plait à souligner qu’il est devenu «judenfrei ».

Les juifs de France et de Belgique sont-ils vraiment résolus à quitter le territoire pour émigrer vers l’État d’Israël ? Ils en parlent de plus en plus car ils ont peur pour leur vie et celle de leurs enfants. Certains préciseront que la majorité des juifs du Maghreb ont immigré vers l’Europe ou vers Israël alors qu’autrefois ils vivaient en bonne intelligence au milieu des musulmans. The times are achangin comme dirait Elio Di Rupo. 

 

« Pourquoi les assassins sont-ils si jeunes, sont-ils si étrangers à leur famille ? Vont-ils chercher ailleurs, en islam bien sûr, les armes de la réhabilitation par le meurtre ? »(JD)

Il ne faut en effet pas se voiler la face car c’est au nom du Dieu de l’islam que ces jeunes pratiquent leurs crimes en référence à des textes et des prophéties que récusent la grande majorité des musulmans.

Et voilà qu’enfin un groupe d’intellectuel musulmans élèvent la voix contre « une guerre conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam. » Chaque mot de cette phrase doit être pesé sur une balance en or. « Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente. » Reste à savoir si ces hommes et ces femmes qui forcent notre respect seront écoutés au sein deleurs communautés.

« Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables. Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. » 

Et voilà que des musulmans modérés, à leur tour parlent de guerre de religion donnant toute sa force à la terrible théorie de Huntington sur le choc des cultures et des civilisations auquel, grands naïfs que nous sommes, nous avons voulu pouvoir opposer avec DiverCity le dialogue des civilisations. Oui ce dialogue est possible mais seulement, jusqu’ici, je le crains, avec des intellectuels musulmans réfléchis, éclairés et modérés. Autrement dit avec une toute petite minorité d’hommes et de femmes qui rêvent de moderniser l’islam tandis que les djihaddsites et les salafistes ne rêvent que d’islamiser la modernité occidentale.

Si « Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels. »

Ce sont des paroles fortes qui donnent chaud au cœur. Nous les avons entendues quelquefois dans  la bouche de musulmans sincères. Mais elles sont malheureusement contredites par les actes des mal-agissants qui ternissent l’image de leur religion.

MG 

 



DÉCLARATION

 

NOTRE RESPONSABILITÉ À L’ÉGARD DU TERRORISME AU NOM DE L’ISLAM

 

Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes qui se réclament de l’islam. En Syrie, en Irak, en Libye, en Tunisie, au Nigéria, en France, etc., cette guerre est la même. Elle est conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam.

 

Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente.

 

Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables.

 

Aujourd’hui, la réponse à cette guerre ne consiste à pas à dire que l’islam n’est pas cela. Car c’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. Non, la réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. Et à en tirer les conclusions.

 

Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations.

 

L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias.

 

Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels.


Il n’existe pas de religion supérieure à une autre. L’humanité est une et indivisible.

 

Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté

 

Le 11 janvier 2015

 

 

Premiers signataires :

 

Raja Benslama, psychanalyste, universitaire, Tunisie

 

Fethi Benslama, psychanalyste, professeur des universités, Tunisie, France

 

Ali Mezghani, Professeur agrégé en droit, Tunisie

 

Salah Elouadie, poète, président du Mouvement Damir, Maroc

 

Hella Lahbib, journaliste, Tunisie

 

Naceureddine Elafrite, journaliste, Maroc, Tunisie

 

Latefa Aharrare, actrice, Maroc

 

Aziz Al-Azmeh, universitaire, Syrie

 

Munaim Alfakir, poète, Irak

 

Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des Libertés, Algérie, France

 

Azzeddine Allam, professeur universitaire, Maroc

 

Zoubir  Arous, professeur  et directeur du laboratoire « Religion et Société », Université d'Alger 2, Algérie

 

Ahmed Assid, écrivain, Maroc

 

Fouzia Assouli, militante associative-Fédération de la Ligue des Droits des Femmes, Maroc

 

Houari Baki, psychanalyste, Algérie, France

 

Slimane Bedrani, Professeur à l'ENSA, Directeur de recherche associé au CREAD, Algérie

 

Yagoutha Belgacem, directrice artistique Siwa, Tunisie

 

Souhayr Belhassan, journaliste, Tunisie

 

Yadh Ben Achour, vice-président du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques. Tunisie

 

Ghaleb Bencheikh, islamologue, France

 

Ali  Bencheneb, professeur émérite, ancien recteur d’académie, Algérie

 

Kmar Bendana, historienne, Tunisie

 

Cherif Bennadji, professeur à l'université d’Alger 1, Algérie

 

Basset Ben Hassan, président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Tunisie

 

Tabrizi Ben Salah, professeur de droit international, Doyen honoraire, Algérie

 

Lotfi Ben Slama, stomatologue, Tunisie, France

 

Nédra Ben Smail, psychanalyste, Tunisie

 

Sophie Bessis, agrégée d’histoire, journaliste, Tunisie, France

 

Jawad Boulus, écrivain et avocat, Palestine

 

Abdelaziz Boumeshouli, professeur d’université, écrivain, Maroc

 

Mohamed Chafiq, académicien, Maroc

 

Saloua Charfi, professeur de journalisme, Tunisie

 

Khedija Cherif, universitaire, Tunisie

 

Mohamed Ali Cherif, cinéaste, Tunisie

 

Moulim El Aaroussi, écrivain, Maroc

 

Said Elakhal, Chercheur, militant associatif, Maroc

 

Abdallah El Hariri, artiste peintre, directeur artistique, Maroc

 

Nabile Farès, psychanalyste, écrivain, Algérie, France

 

Cherif Ferjani, professeur des universités, Tunisie, France

 

Claudette Ferjani, militante associative, Tunisie

 

Habib Gherar, professeur à l’université d’Aix-Marseille, France

 

Nacer-eddine Ghozali, professeur agrégé en droit, Algérie, France

 

Nedim Gursel, écrivain, Turquie, France

 

Selma Hajri, médecin, Tunisie

 

Mohamed Ham, psychanalyste, professeur des universités, Maroc, France

 

Salem Hamza, psychiatre, Tunisie, France

 

Ahmed Henni, professeur des universités, Algérie, France

 

Mahmoud Hussein, écrivain, France, Egypte.

 

Kadhem Jihad Hassan, écrivain, professeur d’université, Irak, France

 

Marcel Khalifé, artiste, Liban

 

Abdellatif Laâbi, poète, Maroc

 

Kamal Lahbib, militant associatif - Collectif Démocratie et Modernité, Maroc.

 

Slim Laghmani, professeur de droit à l’université de Carthage, Tunisie

 

Delenda Largueche, historienne, Tunisie

 

Ali Magoudi, psychanalyste, psychiatre, France

 

Ahmed Mahiou, professeur de droit, ancien doyen, Algérie

 

Faïka Moujahid, psychanalyste, Algérie

 

Hatem Mrad, professeur d’université, Tunisie

 

Kalthoum Meziou, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Politique et Sociales de Tunis. Tunisie

 

Hamad Nazir, psychanalyste, France

 

Mounira Nessah, psychologue clinicienne, Tunisie, France

 

Hamadi Redissi, professeur d’université, Tunisie

 

Nouredine Saadi, écrivain, Algérie

 

Hachem Saleh, écrivain, traducteur, Syrie

 

Rajaa Stitou, psychanalyste, enseignante Université Montpellier 3, Maroc, France

 

Wassila Tamzali, écrivain, Algérie

 

Georges Tarabichi, écrivain, traducteur, Syrie

 

Adnane Yassine, poète, Maroc

 

Yahya Yakhlef, écrivain et romancier, Palestine

 

Lahcen Zinoun, chorégraphe et cinéaste, Maroc

 

"NOTRE SILENCE RELATIF DOIT CESSER"

Dans un texte publié dimanche dernier dans le New York Times, 23 intellectuels influents aux Etats-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne appellent également à "s’engager dans la promotion de réformes", comme "une réinterprétation honnête et critique des écritures et de la charia, utilisées par les islamistes pour justifier la violence et l’oppression".

UN ISLAM À RÉFORMER ?

Le Monde.

Comment forger une théologie islamique qui, tout en restant fidèle à l'esprit de la foi, et offrir un contre-modèle convaincant face au djihadiste et autres interprétations violentes des textes sacrés ? Des intellectuels musulmans ou non musulmans s'interrogen dans le Monde des Idées :

LA VRAIE SAGESSE DE L'IMAM

par Bruno Latour, philosophe et sociologue, directeur adjoint de Sciences Po,

AUX ÉLITES MUSULMANES DE CRÉER UNE ALTERNATIVE LIBÉRALE CRÉDIBLE, par Zafer Senocak, écrivain, le débat intellectuel sur l'islam brille par son indigence. Il faut renouveler l'étude des textes traditionnels de la foi islamique en les confrontrant a notre monde contemporain.

 

LE CORAN EST UN TEXTE À REPENSER, par Waleed Al-Husseini, fondateur du Conseil des ex-musulmans de France. Il faut que les musulmans éclairés s'unissent pour délivrer l'islam de la déformation congénitales du djihadisme.

 

N'IGNORONS PAS LA VIOLENCE DANS LES TEXTES SACRÉS, par Edward N. Luttwak, chercheur associé au think tank américain Center for Strategic and Onternational Studies, Dirigeants et chercheurs ont créé une religion qui n'existe pas à force de répéter que l'islam est SYNONYME DE PAIX.

LE PROPHÈTE, LUI, AVAIT DE L'HUMOUR, par Malek Chebel, anthropologue des relgions et psychanalyste, Les djihadistes se trompent de religion, car Dieu n'a nul besoin de martyr.

IL FAUT REFONDER LA PENSÉE THÉOLOGIQUE DE L’ISLAM, par Ghaleb Bencheikh, islamologue membre du CEPS, Le discours incantatoire ne règle rien. Ce n’est plus possible de pérorer que l’islam c’est la paix,


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/19/un-islam-a-reformer_4559220_3232.html#8pVmpyuVls5hlWsT.99

 

LES AUDACES DE GHALEB BENCHEIKH



Malgré l’adversité, Ghaleb Bencheikh n’a pas peur des mots. Le théologien, invité hier du forum du journal Liberté, a dénoncé «l’hystérie» affichée par les musulmans qui ont dénoncé les caricatures de Charlie Hebdo sur le Prophète Mohamed. «C’est un spectacle affligeant qu’ont montré les musulmans hier», indique le philosophe.

«Il y a des manières plus intelligentes de revendiquer», a-t-il dit. «Lorsque le Prophète lui-même avait été arrêté, humilié et agressé, il avait répondu : ‘‘Laissez-les, ils ne savent pas’’, paraphrasant ainsi Jésus», rappelle le conférencier. Mais plus que des manifestations, Ghaleb Bencheikh s’est dit choqué par les slogans pro-terrorisme, tenus à Alger. «Ceux qui ont laissé faire cela sont responsables et comptables de la violence qui peut toucher les Algériens», a-t-il répondu sans ambages. «Nous n’avons pas retenu les leçons de la décennie noire», a-t-il ajouté.

Pour le président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, l’apparition des terroristes en France est due au fait que pendant plus de 20 ans, «nous n’avons rien fait» pour expliquer aux jeunes la religion musulmane. «La nature ayant horreur du vide, les mosquées sont livrées à des imams ignares» qui ont donné une «mauvaise image de la religion».

Pour lui, même les imams envoyés d’Algérie ne sont pas la solution : «Ils sont envoyés dans un environnement qui n’est pas le leur. Déjà qu’ici, leur niveau est limité. La solution est donc une formation sur place, en France.» «Les musulmans ne veulent pas voir que dans leur yeux, il y a des points noirs», a-t-ildit. «Nous sommes dans la croyance, sans la connaissance», a-t-il encore ajouté.

Pour Ghaleb Bencheikh, «il est faux de dire que la religion n’a rien à voir dans tout cela. Le problème est dans le corpus. La référence de Daech est le wahhabisme en acte et le salafisme le plus belliqueux, le plus destructeur». Mais, regrette-t-il, les promoteurs de ces idéologies «font partie de la coalition internationale» qui combat les djihadistes, référence à l’Arabie Saoudite. Malgré la situation du monde musulman, Ghaleb Bencheikh ne désespère pas ; il pense que le travail de pédagogie peut être fait : «La plus grande des marches commence toujours pas un pas.» «Il faut doter les intellectuels musulmans d’une intelligente croyance», préconise-t-il.



LE CORAN EST UN TEXTE À REPENSER

LE MONDE | Par Waleed Al-Husseini (Fondateur du Conseil des ex-musulmans de France)


En analysant les derniers événements qui ont endeuillé la France, il est aisé de comprendre que ceux qui ont attaqué Charlie Hebdo sont idéologiquement liés à ceux qui m’ont emprisonné et torturé pour outrage à la religion en Cisjordanie, à ceux qui ont condamné Raëf Badawi en Arabie saoudite et à ceux qui ont condamné à la peine capitale Mohamed Al-Cheïk en Mauritanie.

Les tueurs des attentats du 7 au 9 janvier à Paris ont puisé leur idéologie radicale à la même source qui nourrit mes tortionnaires et tous les autres oppresseurs de la libre-pensée. Tous confisquent la liberté, combattent la libre-pensée, interdisent la liberté d’expression. Ils veulent briser nos stylos, plus percutants que leurs armes. Ils veulent soumettre l’humanité et ramener les hommes et les femmes à l’état de brebis dociles.

Ces oppresseurs n’ont pas seulement visé Charlie Hebdo, ils ont ciblé le concept et la valeur même de la liberté. Paradoxalement, ils s’octroient la liberté de juger et d’exécuter quiconque ose les critiquer.

UNE KYRIELLE DE FATWAS

Ce qui a été moins dit, c’est que les extrémistes puisent leur idéologie dans certains passages du texte coranique qui véhiculent la haine et prônent l’assassinat de l’autre. Ils s’appuient sur une kyrielle de fatwas, elles-mêmes inspirées du Coran ou présentées comme son interprétation. Ils disent appliquer les enseignements des oulémas.

Il est dangereux de continuer à caresser le monstre dans le sens du poil pour éviter de le provoquer. Il est temps d’abandonner le politiquement correct.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/19/le-coran-est-un-texte-a-repenser_4559173_3232.html#jKjGlZ9MKDJsP17W.99

 

MANIFESTE POUR UN ISLAM DES LUMIÈRES : 27 PROPOSITIONS POUR RÉFORMER L'ISLAM 

Associer l'islam aux Lumières peut paraître ambitieux et téméraire. Il n'en est rien. Cette relation est inscrite dans la dynamique amorcée au XIXe siècle et poursuivie par les nombreux réformistes qui ont voulu changer le visage de cette religion en s'appuyant sur le travail de la raison. Ces penseurs ont été taxés d'hérésie.

En vingt-sept propositions, Malek Chebel répond à ces interrogations sans masquer les contradictions de l'islam ni éluder les questions difficiles. Interprétation des textes, guerre sainte et fetwa, statut de la femme, corruption, châtiments corporels, crime d'honneur et assassinat politique, démocratie, liberté d'expression et de conscience... tels sont quelques-uns des thèmes qu'aborde l'auteur de ce manifeste appelé à devenir la charte d'un islam nouveau.




Auteur

Malek Chebel

Edition

Fayard

Année

2013

Du même auteur


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

POUR LA MODERNISATION DU CORAN ET CONTRE L’ISLAMISATION DE LA MODERNITE 

 

"Au nom d’Allah", des personnalités issues du monde musulman se mobilisent, appelant à une "révolution" dans l’islam.

"Le temps de la modernité est arrivé. Il faut aller vers la raison, la rationalité, l’Etat de droit." 

C’est dire que ces intellectuels musulmans  optent résolument pour une nécessaire modernisation de l’islam et contre une islamisation de la modernité comme la prêchent les mercenaires jihadistes aussi ignorants, médiocres que  sanguinaires. "Mais la parole n’est plus suffisante, il faut agir", indique M. Elafrite, qui explique que des actions plus formelles seront prochainement prises au niveau panarabe, regroupant un certain nombre d’intellectuels ou de militants défenseurs de la laïcité. Selon ces derniers, la réponse consiste "à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane", jugés dépassés et inadaptés. "Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations", indiquent-ils.

Pour eux, "les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels."

Reste l’éternelle question : en quoi sont-ils représentatifs de l’opinion générale ?

Aujourd'hui, le débat est plus que jamais d'actualité : l'islam est-il compatible avec la république ? quelle est la place et le statut de la parole libre, de la laïcité, de l'égalité des sexes, de la tolérance ou de la démocratie ? faut-il adapter l'islam à la modernité ou au contraire adapter la modernité à l'islam, ainsi que le prétendent les fondamentalistes ? Malek Chebel et une poignée de musulmans éclairés  se font les défenseurs d’un islam fondé sur le réel, dynamique et moderne, tolérant et positif, mais surtout capable de s'insérer dans le monde d'aujourd'hui et de demain. Osons espérer qu’ils auront le dernier mot.

 

MG




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