lundi 5 janvier 2015

Quel 2015 choisirons nous?


Paru dans L'Express | Publié dans Géopolitique - 

A priori, l’année prochaine s’annonce fort mal.
Pour le monde, où rien n’indique qu’aucun des conflits en cours (en Ukraine, au Proche Orient, au Moyen Orient, en Afghanistan, en Afrique Sub-Saharienne) ne s’arrêtera. Rien ne laisse penser non plus qu’il y aura moins de prises d’otages, d’attentats- suicide, de femmes enlevées et violées, d’épidémies (le choléra menace déjà en Afrique centrale, la peste revient à Madagascar). Rien n’indique non plus que la croissance mondiale ne continuera pas à ralentir, sous les coups de la déflation, de la concurrence et des innovations. En conséquence, continueront de s’exacerber les déséquilibres économiques et financiers, à s’alourdir les dettes publiques et privées, à s’aggraver les inégalités, le sous-emploi de la jeunesse, sans que ralentisse pour autant l’émission de gaz a effet de serre.
Il est même possible que, au-delà de la simple poursuite des tendances actuelles, on assiste en 2015 à des chocs d’une toute autre ampleur : des catastrophes naturelles, des épidémies, des guerres, des attentats géants, des explosions de bulles financières.
Par exemple, un guerre pour l’Ukraine, engageant l’Otan face à la Russie, par l’engrenage des alliances, n’est pas du tout exclue.
En Europe, en particulier, exposée à tous les enjeux du monde, rien n’indique qu’aucun des problèmes de fond qui lui sont spécifiques ne sera réglé, ni même adressé en 2015 : La gouvernance de la zone euro restera fragile, á la merci de la moindre crise en Grèce, en Italie, ou en France. En clair, une crise majeure de la zone euro reste tout à fait possible.
(…) En France, une croissance qui ne sera pas au rendez vous ; un chômage et une dette publique qui augmenteront inexorablement, et plus encore si on tente de les réduire par des économies brutales. Et à droite, des querelles de personnes qui révéleront plus clairement encore qu’il y a de l’extrême droite dans la droite.
A la fin de cette année 2015, le monde, l’Europe, la France, épuisés, connaîtront des crispations sans doute de plus en plus violentes.
Et pourtant, le meilleur est aussi possible.
On peut imaginer que Russes et Occidentaux s’entendent pour stabiliser l’Ukraine et se rapprocher; que l’alliance de toutes les forces du monde réussissent à éradiquer Daesh; que la baisse du coût du pétrole ait un impact positif sur la croissance mondiale ; que des découvertes scientifiques nous émerveillent ; que les Israéliens comprennent que la création d’un État palestinien est dans leur propre intérêt ; qu’Ebola soit vaincu sans qu’aucune autre épidémie ne vienne le remplacer. On peut imaginer aussi que l’Europe, après que la BCE aura tiré sa dernière cartouche, avec l’achat de bons souverains, se décide à se lancer dans une réforme institutionnelle, aboutissant à la création d’une capacité d’emprunt et d’investissement massive. On peut encore espérer que le gouvernement français, soucieux de laisser une trace dans l’histoire, lance, dans un élan inattendu, de vraies réformes ; en remettant en chantier la loi sur la formation permanente, en réformant l’école primaire, pour que plus personne ne sorte de l’école sans savoir lire et écrire ; en décidant enfin d’une reforme courageuse du système des retraites ; et en réduisant tous les gaspillages de l’État et des collectivités territoriales.
Et comme je ne veux pas en rester à présenter une alternative, je veux croire, pronostiquer même, que 2015 ne sera pas l’année d’une entrée dans l’enfer, mais du début d’une renaissance. Parce que chacun de nous prendra les choses en main, pour nos vies personnelles, celles de ceux qui nous entourent et les générations à venir.
Sans doute faut-il parfois, pour l’humanité, qu’elle frôle la catastrophe, pour qu’elle prenne conscience du privilège d’être vivant.
j@attali.com

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

COMME UN DÉBUT DE RENAISSANCE ?

« 2015 ne sera pas l’année d’une entrée dans l’enfer, mais du début d’une renaissance. Parce que chacun de nous prendra les choses en main, pour nos vies personnelles, celles de ceux qui nous entourent et  les générations à venir. »

Ce volontarisme est tout à fait stimulant intellectuellement, gageons que cet appel sera entendu par la sphère politique pour qu’elle sorte enfin de l’obsession du court terme. « Nos sociétés sont maintenant pilotées, le nez dans le guidon, sans vue d’avenir, au gré des humeurs successives de l’opinion » Michel Rocard.

J’ai beaucoup aimé l’article de Gérald Papy intitu le retour du courage qui est comme une réponse à celui de Jacques Attali. Je vous en recommande la lecture.

DiverCity s’efforcera, c’est promis, d’identifier dans le frémissement du changement quelques signes de renaissance  rapportés par les médias.

MG



2015, LE RETOUR DU COURAGE ?


Gérald Papy

Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

INAUGURER 2015 PAR UNE POUSSÉE D'INSTABILITÉ POLITIQUE EN GRÈCE, QUAND ON SAIT LE RÔLE JOUÉ PAR LE PAYS CREUSET DE LA DÉMOCRATIE DANS LA CRISE EUROPÉENNE DE LA DETTE, N'EST PAS LE MEILLEUR PRÉSAGE D'UNE ANNÉE DE SÉRÉNITÉ ET DE RENAISSANCE.

Après 2008, 2015 ? L'Europe serait-elle vouée à subir ce cycle maléfique qui, depuis un quart de siècle, distille une grande déflagration économico-financière tous les sept ans ? En économie comme en politique, il n'y a pas de fatalité qui vaille. Quelle qu'en soit l'issue, la campagne électorale qui s'ouvre à Athènes, avec le pouvoir de psychose qu'elle génère dans toute l'Europe, aura au moins pour vertu de questionner, par la voie démocratique, la politique d'austérité budgétaire à laquelle l'Union européenne s'accroche en dépit des mises en garde de plus en plus pressantes d'éminents économistes. Ne cédons pas à la sinistrose qui a trop imprégné 2014. Deux actualités des derniers jours de l'année écoulée invitent, malgré leur gravité, à l'optimisme.

En dressant le diagnostic des "maladies" de la Curie, le pape François a franchi une nouvelle étape dans la démarche faite d'audace et de questionnement qu'il mène, depuis son élection, pour revivifier une Eglise catholique sclérosée, en Europe en tout cas. "Une Curie qui n'essaie pas de s'améliorer est un corps malade..., a-t-il asséné. C'est la maladie [...] de ceux qui deviennent maîtres et qui se sentent supérieurs à tout le monde et ne sont pas au service de tous." Qui osera prétendre que le saint des saints du Vatican n'avait pas besoin de ce rappel aux bienfaits de l'humilité ? Il fallait pourtant une bonne dose de courage pour secouer de la sorte une institution aussi puissante. François l'a eu et n'a pas fini d'en subir les conséquences. Le courage n'est pas sans risque. Un autre acteur en a fait la démonstration fin 2014.

LE BONHEUR, CE SENTIMENT GLOBAL QUE NOTRE VIE VAUT LA PEINE D'ÊTRE VÉCUE

La Belgique ne mesure sans doute pas encore à sa juste valeur le privilège qu'elle a eu, depuis l'affaire Julie et Mélissa, de connaître des parents d'enfants martyrs aussi dignes et aussi étrangers au sentiment de vengeance. Hassan Jarfi, père du jeune Ihsane assassiné une nuit d'avril 2012 par des voyous homophobes, n'a pas dérogé à cette tradition de respect des institutions. "Ces gens qui croyaient avoir le pouvoir savent maintenant qu'il y a un pouvoir supérieur au leur. C'est le pouvoir de la justice et de la société tout entière", a-t-ilcommenté à l'annonce du verdict. Dignité encore donc pour cet ancien professeur de religion islamique fondateur - parce que "se taire, c'est être complice" - d'une association de lutte contre l'homophobie en dépit des critiques auxquelles il sait s'exposer de la part de certains de ses coreligionnaires.

Pépites trop rares dans un monde de violence, les attitudes du pape François et d'Hassan Jarfi redonnent espoir en l'être humain, en sa capacité à influer sur le cours des choses, et démontrent que l'audace et le courage peuvent payer. Pour que leurs exemples inspirent les hommes politiques en 2015, on leur soumettra opportunément la définition que le chercheur belge en psychologie des émotions Ilios Kotsou donne du bonheur: "Ce sentiment global que notre vie vaut la peine d'être vécue."

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

C’est promis, Divercity va s’efforcer de rendre compte aussi de ce qui se fait de positif et annonce une renaissance du « principe espérance » cher à Ernst Bloch.

 


 SYRIE : LE SACRIFICE DU PÈRE PAOLO

Par Christophe Boltanski Le Nouvel Obs

Ce jésuite italien œuvrait à rapprocher chrétiens et musulmans. Disparu depuis juillet 2013, il tentait de négocier la libération d'otages au siège de Daech en Syrie. Enquête.



Le 29 janvier 2014 à l'église Saint-Joseph à Beyrouth, lors d'une veillée appelant à la libération de Paolo Dall'Oglio, prêtre jésuite italien enlevé en juillet 2013 en Syrie. (Bilal Hussein/AP/SIPA)

 

Il est prêtre et il vient voir le diable. Le 27 juillet 2013, Paolo Dall'Oglios'avance vers les vigiles vêtus de noir plantés devant l'ancien gouvernorat de Raqqa. Dans un arabe parfait, il demande à rencontrer "l'émir" Abou Bakr al-Baghdadi, chef d'un prétendu "État islamique en Irak et au Levant", un groupe armé plus connu sous l'acronyme de Daech, qui déjà fait régner la terreur.

Les gardes, tous cagoulés, s'écartent devant ce visiteur si sûr de lui, un géant à la barbe poivre et sel. Rares sont ceux qui osent réclamer une entrevue avec le nouveau maître de la ville, plus encore pénétrer de leur plein gré dans son repaire. Bientôt, les portes vont se refermer sur lui.

De nationalité italienne, le père Paolo considère la Syrie comme sa seconde patrie. Trente ans plus tôt, ce jésuite a fondé une communauté unique au monde, mixte, œcuménique, dédiée au rapprochement islamo-chrétien, dans un lieu tout aussi exceptionnel, un très vieux monastère qu'il a rebâti en plein désert, au nord de Damas : Mar Moussa.


Le monastère de Mar Moussa. Crédit : Ivo Saglietti)

Un homme de "rage" et de "lumière", pour reprendre le titre de son livre (1), qui a pris le parti des insurg&ea

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Le geste de Paolo dall'Oglio, (ce jésuite italien œuvrait à rapprocher chrétiens et musulmans, il tentait de négocier la libération d'otages au siège de Daech en Syrie) démontre que certains croyants sont mus par leur foi dans le dialogue (interreligieux en l’occurrence), qui leur confère un courage exceptionnel lequel nous fait penser à celui des moines de Tiberi.
Son interlocuteur obstinément sourd, Abou Bakr al-Baghdadi, prêche une tout autre musique un vrai chant de Thanatos.  Leur opposition radicale rend tout dialogue impossible.
Intolérance et fanatisme intransigeant, immuable sont à l’opposé de toute forme d’échange interculturel ou interreligieux. Faut-il désespérer du dialogue, se résigner au choc des civilisations ?

MG

 

DAECH A EXÉCUTÉ LE PÈRE PAOLO DALL’OGLIO, SELON UN DISSIDENT DU GROUPE


Le père Paolo Dall'Oglio. KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Le prêtre jésuite italien Paolo Dall'Oglio a été exécuté en prison, a annoncé cette semaine un communiqué de la Ligue syrienne de défense des droits de l'homme, diffusé par la chaîne al-Arabiya. Le communiqué cite un officier dissident de l'État islamique en Irak et à Damas (Daech), Abou Mohammad le Syrien. C'est l'un des hauts responsables de ce groupe à Raqqa qui a personnellement exécuté le prêtre jésuite, après son incarcération au siège du mohafazat, deux heures après son arrestation, le 29 juillet 2013, a précisé le témoin.
Ce dernier a précisé aussi que le père Dall'Oglio est arrivé à Raqqa le 28 juillet et a participé à une manifestation hostile au régime syrien organisée le soir même. Ce soir-là, il avait sollicité une rencontre avec l'émir de l'organisation, dans l'intention de demander la libération de journalistes étrangers. Mais sa demande avait été rejetée. Le lendemain, le père Dall'Oglio avait décidé d'insister et avait demandé à nouveau à rencontrer des responsables de Daech. Conduit au siège du mohafazat de Raqqa, où Daech avait établi son QG, il avait été arrêté à son arrivée, puis liquidé.


La Ligue syrienne des droits de l'homme a condamné « le meurtre » du prêtre jésuite, précisant que les indications d'Abou Mohammad le Syrien doivent être considérées comme « crédibles », et recoupent des données qu'elle possédait déjà. Elle a précisé que ce dissident est prêt à témoigner en public des données en sa possession, mais qu'entre-temps, son identité véritable serait gardée secrète pour des raisons de sécurité.
Rappelons que des proches du père Paolo Dall'Oglio avaient récemment lancé un appel en faveur de sa libération. Le prêtre jésuite avait découvert la Syrie, dans les années 80, et avait pris en charge, dans les années 1980, le monastère de Mar Moussa, où il prônait un discours interreligieux.

 

 

OPTIMISTAN, ETAT DE CONSCIENCE

Tous les membres des associations d'optimistes qui œuvrent sous l'égide de l'association internationale Optimistes Sans Frontières1 sont les citoyens de l'Optimistan, Etat de Conscience. (www.optimistan.org)

Les citoyens de cet Etat métaphorique entendent participer à l'élévation de l'Etat de Conscience avec optimisme et enthousiasme.


En un seul moment, le XIème et le début du XIIème siècle, en un seul lieu, l'Andalousie, les trois monothéismes choisirent de se respecter, de s'admirer, de se nourrir les uns des autres. En toute liberté, leurs plus grands philosophes dialoguaient alors entre eux et avec les philosophes grecs. Sciences et religions faisaient bon ménage.
En été, hommes et femmes, le visage découvert ou à peine masqué d'un voile blanc, se saluaient ou se défiaient d'un sourire ou d'un mot. En hiver, quand le soleil peinait à s'élever au-dessus de la tour occidentale de la grande mosquée, musulmanes, juives et chrétiennes, sortant du bain, habillées de longs sarouals rouge et or, croisaient sans baisser les yeux le regard des jeunes gens…
On entendait parler toutes les langues, de l'arabe au berbère, du romance à l'hébreu; certains de ceux qui venaient du Nord continuaient même à se disputer en français, en flamand ou en génois.
Des marchands venus du royaume franc, de Toscane, des mers du Nord, des rivages de l'Inde, d'Afrique et de Chine avaient fait de Cordoue, cette ville perdue au milieu des terres andalouses, la cité la plus prospère d'Occident, le premier centre commercial à l'ouest de l'Inde, le point de confluence de toutes les intelligences, le lieu de rencontre de toutes les religions, le refuge de ceux qui fuyaient l'obscurantisme.
Nulle part ailleurs on ne voyait autant d'échanges entre hommes de foi, savants, médecins et marchands, pour le bénéfice de tous.
L'Andalousie sut vaincre ses conquérants, qui eurent tôt fait de tomber amoureux de la douceur de vivre et ils renoncèrent à leur intégrisme, laissèrent les trois confessions cohabiter en paix et s'éprirent de poésie et de musique.
L'Optimistan est ce que Cordoue fut il y a un millénaire, le point de confluence de toutes les intelligences, le lieu de rencontre de toutes les langues, de toutes les couleurs de peau, de tous les courants de pensée, le refuge de ceux qui fuient l'obscurantisme.
L'Optimistan est un Etat fondé sur des valeurs morales et dont les citoyens sont des hommes responsables, car être homme, écrivait Saint-Exupéry, c'est précisément être responsable, c'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde, un Etat d'espérance aussi, car nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré.
Il ne revendique aucune indépendance, mais au contraire une totale appartenance aux valeurs universelles.
L'Optimistan est un Etat où chaque citoyen est enrichi de la différence de l'autre. 
L'Optimistan enfin est un Etat itinérant, sans territoire, un Etat caravanesque, si l'on ose ce néologisme, dont la capitale est établie chaque année dans une autre ville.
L'Optimistan est un Etat dont la musique constitue l'unique langue officielle. La vie, disait Sofia Gubaidulina, réduit l'homme en tant de pièces que je ne connais pas de tâche plus sérieuse que de l'aider, par la musique, à recomposer son unité spirituelle. 

Luc Simonet
Président



OPTIMIAM

Le Point - 

CONTRE LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE, OPTIMIAM MET EN RELATION LES CONSOMMATEURS ET LES COMMERÇANTS SOUHAITANT ÉCOULER LEURS PRODUITS FRAIS INVENDUS.

Par RAND A. KHALEK ET PAULINE TISSOT

 

Ces chiffres sont inquiétants et toujours d'actualité : selon le ministère de l'Écologie, les Français jettent 20 kilos de déchets par an et par personne, dont 7 kilos de produits alimentaires non consommés encore emballés. À l'échelle de la planète, "de grandes organisations, comme la FAO ou l'Institut de l'eau de Stockholm, ont mené des études démontrant que jusqu'à 50 % de la production alimentaire est gaspillée, perdue ou jetée entre le champ et l'assiette".

Pour lutter contre ce fléau, trois étudiants ingénieurs ont fait appel au numérique et ont imaginé l'application Optimiam, disponible gratuitement sur l'App Store et Android. Lancée en octobre dernier, il s'agit, selon le site promotionnel, d'une "application mobile géolocalisée qui connecte en temps réel les commerces de proximité aux consommateurs autour d'eux afin de vendre à temps leurs stocks de produits frais sous forme d'offres flash exclusives". Gagnant-gagnant. 

En revanche, l'application étant encore assez jeune, les propositions de commerces restent maigres et éloignées de l'endroit où Le Point l'a testée. En outre, les photos des produits alimentaires en promotion ne sont pas très alléchantes. Mais, dans l'ensemble, Optimiam reste une application innovante et qui a le mérite de s'attaquer au problème du gâchis alimentaire en proposant un mode de consommation plus responsable.

 

 


 

 

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