mercredi 7 janvier 2015

Un carnage, si proche

BERNARD DELATTRE, CORRESPONDANT DE LA LIBRE À PARIS



Toujours pas d'attentats en France". "Attendez, on a jusqu'à la fin janvier pour présenter ses vœux". Le dernier dessin de Charb dans Charlie Hebdo.



Douze morts. Quatre blessés dans un état d'"urgence absolue". Et une vingtaine d'autres, moins grièvement atteints. C'est le dernier bilan qu'a dressé le procureur de Paris, François Molins. Le bilan de l'attentat terroriste qui a été commis ce matin à Paris – le plus grave jamais perpétré en France depuis plus de cinquante ans.

 

(…)

Arrivé sur place dès 12h45, en compagnie de la maire de Paris, François Hollande a qualifié la fusillade contre "Charlie Hebdo" d'"acte d'une exceptionnelle barbarie", et a fait rehausser le plan d'alerte antiterroriste "Vigipirate" à son degré de vigilance maximal.

Après avoir vu et écouté le Président détailler le bilan si effarant de la tuerie, Guillaume, retraité du quartier, ayant longtemps tenu une droguerie très populaire rue Saint-Sabin, n'en revenait pas. Complètement sous le choc, il ne parvenait qu'à répéter, hagard: "Mais quelle société de sauvages! Mais quelle société de sauvages!"

On ne savait trop quoi lui répondre.

 


COMMENTAIRE DE  DIVERCITY

LES SALOPARDS, ILS ASSASSINENT LA PENSÉE LIBRE. 


« Il n'y a rien à faire contre des barbares qui viennent avec des kalachnikov".Des barbares djihadistes revenus du front irako-syrien où ils se sont entraînés au maniement des armes ?

"C'est un journal qui ne fait que défendre la liberté d'expression, la liberté tout court, notre liberté à tous et aujourd'hui, des journalistes, des dessinateurs, de simples dessinateurs ont payé le prix fort pour ça",

Et dire que c’est aujourd’hui que Houellebecq sort son roman « soumission »

« Est-ce que ce monde est sérieux ? »

« Charlie Hebdo c’est la radicalité anticléricale, c’est pour ça qu’ils ont été tués. Notre civilisation ce qu’on veut défendre, c’est le droit à cette radicalité »Cohn Bendit

« Un courant d’idées né avec le protestantisme, qui a connu son apogée au siècle des Lumières, et produit la Révolution, est en train de mourir. Tout cela n’aura été qu’une parenthèse dans l’histoire humaine.

Aujourd'hui l’athéisme est mort, la laïcité est morte, la République est morte."Houellebecq

Ah non, pas question d’accepter cela, il faut relever le défi du désenchantement du monde et tout de suite, aujourd’hui et chaque jour contre toute forme de totalitarisme et en particulier sa forme islamiste qui est actuellement la plus virulente et la plus pernicieuse.

Il ne s’agit pas de tomber dans l’islamophobie primaire  mais de comprendre que ce combat ne peut pas se gagner sans les musulmans : « Si Dieu a créé l’humanité, il l’a créée créatrice. L’humanisme musulman est là, et pas dans la soumission. » Abdennour Bidar Philosophe  

Répétons-le une fois encore, « le salut ne viendra pas des esprits au garde à vous » (Burgers)

Lutter aussi contre la zemmourisation des esprits qui est induite par les guerilleros d’Allah, ces monstres qui veulent soumettre les femmes et anéantir la liberté de penser en hurlant « viva la muerte » comme les phalangistes de Franco.

MG

 


DANY COHN-BENDITcompagnon de route de la bande de Charlie a également répondu aux questions de nos journalistes : «C’est notre génération ,c’est la génération des caricaturistes, l’une des dernières formes de l’esprit de mai 68 qui a été assassinée. Il y a un islamofascisme, ça existe. Ce sont des fascistes, il ne faut pas tourner autour du pot. Comme il y a eu un fascisme venu de la civilisation occidentale, il y a un fascisme venu de la civilisation de l’Islam. Il faut tenir bon maintenant. On a toujours dit: 'le fascisme ne passera pas». L'ancien leader de mai 68 a ensuite ajouté : «C’est dur mais il faut rester clair dans sa tête et ne pas tout mélanger. CE QUI EST ATTAQUÉ LÀ C’EST LE DROIT À LA CRITIQUE RADICALE DE TOUTES LES RELIGIONS. 

Charlie Hebdo c’est la radicalité anticléricale, c’est pour ça qu’ils ont été tués. Notre civilisation ce qu’on veut défendre, c’est le droit à cette radicalité.»

(propos recueillis par Matthieu Ecoiffier)



CHARLIE HEBDO, UN LIBRE-PENSEUR DEVENU UNE CIBLE DEPUIS SES CARICATURES DE MAHOMET


La Libre

AFP 



Symbole d'une presse libre et frondeuse, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, victime mercredi d'un attentat meurtrier, avait déjà été la cible ces dernières années de menaces et d'un incendie criminel après la publication de caricatures de Mahomet.

Créé en 1970, Charlie Hebdo n'a jamais hésité à publier des dessins provocateurs, se moquant des dirigeants et des stars comme des religions.

En février 2006, l'hebdomadaire, comme plusieurs journaux européens, reprend 12 caricatures de Mahomet publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten, au nom de la liberté de la presse. Ces dessins ont suscité des manifestations violentes dans le monde musulman et Charlie Hebdo a été depuis l'objet de menaces récurrentes de groupes islamistes.

"Il y a des menaces constantes depuis la publication des caricatures de Mahomet", a expliqué l'avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka, mercredi sur RTL ."Ca fait huit ans qu'on vit sous la menace, qu'il y a des protections mais il n'y a rien à faire contre des barbares qui viennent avec des kalachnikov".

"C'est un journal qui ne fait que défendre la liberté d'expression, la liberté tout court, notre liberté à tous et aujourd'hui, des journalistes, des dessinateurs, de simples dessinateurs ont payé le prix fort pour ça", a-t-il souligné.

La justice française avait donné raison, en 2008, au journal, poursuivi pour "injure aux musulmans", estimant que les dessins visaient "clairement une fraction", à savoir les terroristes, "et non l'ensemble de la communauté musulmane".

En novembre 2011, malgré les menaces, Charlie Hebdo persiste et signe en publiant un numéro spécial rebaptisé "Charia hebdo" avec, en Une, la caricature d'un prophète Mahomet hilare. Il se vend à 400.000 exemplaires. Le jour de la publication, les locaux de Charlie Hebdo sont détruits par un incendie criminel. Le gouvernement parle alors d'"attentat" et pointe du doigt des "musulmans intégristes".

Le directeur de l'hebdomadaire, Charb, menacé de mort, est alors mis sous protection policière. Celle-ci s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui.

Le site internet du journal a aussi été victime de plusieurs piratages. En 2011, sa page d'accueil avait été remplacée pendant plusieurs heures par une photo de la mosquée de La Mecque avec ce slogan: "No God but Allah" ("Pas d'autre Dieu qu'Allah"). Un autre piratage massif a eu lieu en 2012.

En 2012, de nouvelles caricatures publiées par le journal avaient suscité des critiques virulentes dans de très nombreux pays musulmans, au point de faire réagir le gouvernement français.

Mais "Charlie" reste fidèle à sa ligne de conduite: "il y a de la provocation comme toutes les semaines, pas plus avec l'islam qu'avec d'autres sujets", avait alors fait valoir Charb.

Son ancêtre Hara Kiri, fondé par Cavanna et le Professeur Choron, avait choqué la France de 1970 avec une Une ironique sur la mort du général de Gaulle, qui avait abouti à son interdiction. L'équipe décide de faire reparaître le journal avec des bandes dessinées et sous un nouveau titre: Charlie Hebdo, référence à Charlie Brown, le célèbre "comics" américain de Schultz. "Charlie" accueille dans ses colonnes une multitude de dessinateurs irrévérencieux, de Cabu à Wolinski en passant par Reiser.

Habitué des procès, le journal, qui croule sous les procédures, doit s'arrêter de 1981 à 1992.

Aujourd'hui, l'hebdomadaire est menacé de faillite: déficitaire, il vend en moyenne environ 30.000 exemplaires et vient de lancer un appel aux dons pour ne pas disparaître.

Mais il reste tout aussi mordant et irrévérencieux: son numéro de cette semaine est largement consacré à Michel Houellebecq dont le livre, "Soumission", qui imagine une France islamisée en 2022, paraît ce mercredi en France.

En une, un Houellebecq caricaturé lance: "en 2015, je perds mes dents... En 2022, je fais Ramadan!" Un autre dessin fait dire à l'écrivain: "en 2036, l'Etat islamique fera son entrée dans l'Europe".



L’IMAGINAIRE DE LA «SOUMISSION» À L’ISLAM


Liberation 

ABDENNOUR BIDAR PHILOSOPHE 



Photo AFP)

ANALYSE

Dans son roman, l’écrivain oppose l’Occident ruiné par ses libertés individuelles à la civilisation islamique, qu’il conçoit comme basée sur la domination et l’ordre.

La nature a horreur du vide et, en lisant ce dernier Houellebecq, on peut ajouter qu’elle a horreur de la vacuité. Là où la vie des hommes n’a plus de sens ni de saveur - pas de projet de civilisation, individualisme absurde, solitude généralisée, misère sexuelle -, la nature recrée un nouvel ordre, l’histoire se relance selon une nouvelle dynamique. C’est ce qui arrive à l’Occident dans ce livre. Sa civilisation épuisée est remplacée par celle de l’islam, ou plutôt par l’image erronée que Houellebecq s’en fait : soumission à Dieu, femmes au foyer, voile, polygamie. Comment cependant un islam aussi régressif arrive-t-il à s’imposer, d’abord en France, puis en Europe ? Houellebecq ne s’en tient pas à l’idée banale qu’un islam politique pourrait finir par profiter de l’effondrement total de nos partis de droite et de gauche. Selon lui, la véritable explication serait anthropologique : si l’islam doit finir par l’emporter, c’est que «le sommet du bonheur réside dans la soumission absolue», qu’il reposerait justement sur «la soumission de l’homme à Dieu», mais aussi «l’absolue soumission de la femme à l’homme» et une société dirigée par des «mâles dominants» soumettant tous les autres. L’islam selon Houellebecq viendrait ainsi relever l’Occident de sa plus grave erreur historique, cause de sa perte, qui est de s’être édifié sur l’illusion que l’homme aime la liberté. La modernité occidentale se serait donc établie sur un mythe, celui de l’individu autonome, du sujet libre et fier de l’être.

Folie des grandeurs. Or, ce mythe est bien le véritable ennemi de notre auteur, ne nous y trompons pas : ce n’est pas tant l’islam qui est visé ici que l’humanisme, à commencer par celui de tous les humanistes athées qui «se faisaient une haute idée de la liberté humaine». L’islam qui prend le pouvoir en France est lui-même un humanisme, et Houellebecq s’inquiète non pas de l’islam meurtrier des jihadistes mais d’un islam «modéré», fondé sur le souci humaniste du bonheur de l’homme - dont cet islam aurait compris qu’il réside non pas dans la liberté mais, à l’inverse, dans la soumission la plus complète ! Humanisme religieux ou athée, pour l’antihumaniste Houellebecq, c’est tout un : dès que l’homme se réfère à une image supérieure de lui-même, le résultat est toujours le meurtre du réel au nom de l’idéal, puisque «c’est au nom de ces questions que les êtres humains meurent et qu’ils tuent, qu’ils mènent des guerres sanglantes, et cela depuis l’origine de l’humanité». L’islam de Houellebecq est une simple variété de cette folie des grandeurs totalitaire.

Ainsi, le président musulman élu par les Français, Mohamed Ben Abbes, «souhaite avant tout incarner un nouvel humanisme, présenter l’islam comme la forme achevée d’un humanisme nouveau, réunificateur». Mais là, soudain, Houellebecq manque d’imagination. En fait d’«humanisme nouveau», il décrit la restauration par le pouvoir musulman d’une société fondée sur «les hiérarchies naturelles», «la soumission de la femme», «le respect aux anciens», «le cadre chaleureux de la cellule familiale» - bref, le retour aux anciens ordres sociaux, où l’individualité de chacun restait prise dans des cadres collectifs ; la rupture moderne, initiée avant mêmes les Lumières, dès la Renaissance, correspondant à une nouvelle phase de l’histoire, marquée par la revendication de chaque individu à exister par lui-même.

Houellebecq imagine que le triomphe d’un islam politique en Occident mettrait fin à cette parenthèse historique, ouverte par le fantasme de l’autonomie personnelle, et marquerait le retour au réalisme anthropologique d’une vie humaine gouvernée par la soumission aux chefs et aux groupes. L’islam viendrait ainsi, en ce début de XXIe siècle, rappeler l’Occident à la vérité de l’invariant socioanthropologique du système dominants-dominés.

Sauf que, comme l’antihéros de son roman, Michel Houellebecq devrait avoir l’humilité de dire de l’islam qu’«au fond, c’est une religion que je connaissais mal».Résultat, la fonction historique qu’il lui fait jouer est tout simplement impossible : jamais l’islam ne ramènera l’Occident à un système de soumission. Pour la bonne et simple raison que l’islam n’est pas la religion de la soumission, contrairement à un préjugé répandu, y compris dans la sous-culture religieuse de bien des musulmans. Si, dans l’islam, l’être humain est abd Allah («serviteur de Dieu»), ce n’est pas au sens d’esclave mais d’agent de la miséricorde, de la justice, de la puissance créatrice divine. Le Dieu de l’islam agit par l’intermédiaire de l’être humain, doué de conscience, de raison, de volonté… et de liberté. C’est l’humain qui fait exister le divin. Si Dieu a créé l’humanité, il l’a créée créatrice. L’humanisme musulman est là, et pas dans la soumission.

Intuition commune. Dès lors, les civilisations de l’Occident et de l’islam ne sont pas antagonistes. Au contraire, elles sont fondées toutes deux sur l’intuition que l’être humain est bel et bien fait pour la liberté, ce que redécouvrent les sociétés civiles du monde musulman depuis les printemps arabes de 2011. Et elles font face aujourd’hui au même défi, qu’elles doivent apprendre à affronter ensemble : fonder une société humaine planétaire dans laquelle chacun - y compris le plus modeste - est mis en possession d’une véritable liberté de choisir et de créer sa vie, au-delà de toutes les misères et contre tous les autoritarismes politiques ou religieux. Mais aucun de ces deux mondes n’a encore su maîtriser le génie de cette intuition commune.

Le livre de Houellebecq témoigne de la crise en miroir de deux civilisations qui passent leur temps à s’accuser parce qu’elles ne se souviennent plus de leur fondement partagé, qui est l’affirmation de la liberté humaine - chacune renvoyant à l’autre l’image insupportable d’une trahison de ce fondement… que l’islam trahit lorsqu’il dégénère dans le préjugé de la soumission, et que l’Occident trahit lorsqu’il ne produit qu’une liberté mal distribuée, sans transcendance, et vaine.

Auteur de «l’Islam sans soumission : pour un existentialisme musulman», Albin Michel, 2008, 288 pp., 8,50 €, et «Histoire de l’humanisme en Occident», Armand Colin, 2014, 288 pp., 25 €.



 MICHEL HOUELLEBECQ : "LA RÉPUBLIQUE EST MORTE"


Par Aude Lancelin Nouvel obs

La polémique qui entoure la sortie de "Soumission", son dernier roman, le retour de la foi, la place des femmes en Occident... L'écrivain se soumet aux questions de "l'Obs". Extraits.



Michel Houellebecq (Photo Philippe Matsas © Flammarion)

 

Alors que son dernier roman, "Soumission", soulève une vive polémique(son action se déroule en 2022 dans une France dirigée par un gouvernement islamiste), Michel Houellebecq se soumet aux questions de "l’Obs".

Au programme : le malaise qui entoure la parution de ce roman, le retour de la foi, Podemos, Nietzsche ou encore la place des femmes en Occident. Retrouvez l'interview complète dans vos kiosques jeudi 8 janvier ou, dès aujourd'hui, dans la zone "abonnés" de l'Obs. En voici quelques extraits :

UN ROMAN QUI "POURRAIT DEVENIR UNE RÉALITÉ" ?

"C’est de la 'politique-fiction', une fiction plausible ; mais j’accélère un peu les événements, 2022 c’est trop tôt. Je ne sais pas au juste ce que craignent les droites extrêmes, mais probablement pas du tout ce qui est décrit dans ce livre, à savoir : la constitution d’une grande puissance islamique occidentale et méditerranéenne, modérée, sur le modèle de l’empire romain, où la France et la francophonie joueraient un rôle moteur. Cette politique d’alliance avec les pays arabes n’aurait pas forcément déplu à De Gaulle."

UNE VISION DONT L'EFFET POURRAIT ÊTRE DÉLÉTÈRE?

"Je capte une situation, c’est tout. Je parviens à capter parce que je n’ai pas d’a priori, je suis neutre.

JE FAIS COMME SI LE POLITIQUEMENT CORRECT N’AVAIT JAMAIS EXISTÉ. JE NE SUIS PAS UN INTELLECTUEL DE CENTRE-GAUCHE, QUOI. (RIRES)

Je n’ai rien d’autre à délivrer qu’une vision du monde ; mais je tiens à la délivrer. […] Je fais davantage confiance à l’intelligence de la masse qu’à celle des élites. Je suis tranquille : ce roman suscitera peut-être des polémiques chez ceux qui gagnent leur vie en polémiquant, mais sera perçu par le public comme un livre d’anticipation, sans rapport réel avec la vie."

LES THÈSES DE RENAUD CAMUS SUR "LE GRAND REMPLACEMENT" ?

"Il n’est quasiment pas question de l’immigration dans mon livre. L’immigration est un léger accélérateur, mais l’islamisation se produit de l’intérieur. […] Marine Le Pen peut arrêter l’immigration, mais elle ne peut pas arrêter l’islamisation : c’est un processus spirituel, un changement de paradigme, un retour du religieux. Donc, je ne crois pas à cette thèse du 'Grand remplacement'. Ce n’est pas la composition raciale de la population qui est en question, c’est son système de valeurs et de croyances."

LA RÉPUBLIQUE BOUGE-T-ELLE ENCORE ?

"Il me paraît difficile de nier, aujourd'hui, un puissant retour du religieux. Un courant d’idées né avec le protestantisme, qui a connu son apogée au siècle des Lumières, et produit la Révolution, est en train de mourir. Tout cela n’aura été qu’une parenthèse dans l’histoire humaine.

Aujourd'hui l’athéisme est mort, la laïcité est morte, la République est morte."

VERS UN PARTI MUSULMAN ?

"Les musulmans sont, sur le plan 'sociétal' comme on dit de nos jours, plus proches de la droite, voire de l’extrême-droite. Qui, en même temps, les rejette avec violence. Donc ils sont dans une situation intenable. Qu’est-ce qu’ils peuvent voter, les musulmans de France ? Ils ne peuvent pas voter pour des socialistes qui mettent en place le mariage homosexuel. Ils ne vont quand même pas voter non plus pour des gens de droite qui veulent les virer. La seule solution serait effectivement la constitution d’un parti musulman."

HOUELLEBECQ ET LA GAUCHE : FIN DE LA LOVE STORY ?

"Probablement c’est mon talent qui a rendu impossible de faire de moi un ennemi possible. Le fait est aussi que je ne corresponds pas, pour la gauche, à l’ennemi classique. Je n’agresse pas le politiquement correct ; je le traite comme un phénomène étrange, saugrenu, que je vois de très loin, comme s’il ne me concernait pas vraiment. Ceci me permet de traiter les choses avec humour tout en les prenant au sérieux. Je pose des questions auxquelles la gauche ne peut pas répondre. La droite non plus, d’ailleurs."

Propos recueillis par Aude Lancelin

 

 

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