samedi 17 janvier 2015

Une Europe sociale doit être construite au départ de la zone euro

Le Vif

 

Source: Belga

Le parti socialiste a fait de l'enjeu européen la principale de ses priorités samedi à l'occasion de la présentation de ses voeux. Il appelle à former une "Europe renforcée" sur les politiques sociales au départ de la zone euro.

"Nous n'aurons jamais de politique commune ambitieuse avec les pays ou avec les leaders fondamentalement hostiles à toute avancée vers une réelle Europe de la solidarité", a souligné le président du PS Elio Di Rupo, s'en prenant à certains leaders, "en particulier les libéraux conservateurs", qui ne voient l'Europe que comme un grand marché économique et financier, un "single market", un marché unique.

Le Royaume-Uni en particulier est dans le collimateur des progressistes et des fédéralistes européens qui souhaitent étendre les compétences communautaires aux politiques sociales. "D'autres, et nous appartenons à cette catégorie, pensent que l'Europe doit mener des politiques communes dans de nombreux domaines essentiels", a réagi samedi Elio Di Rupo.

Dix-neuf pays ont ensemble la monnaie commune, l'euro, a-t-il rappelé. "Il faudrait que ces dix-neuf pays, ou à tout le moins une partie d'entre eux, décident de former une Europe renforcée. Une Europe plus solidaire, plus sociale, plus forte. Une Europe avec une politique fiscale plus harmonisée, des socles sociaux communs, une politique monétaire plus cohérente". Selon le président du PS, une telle Europe renforcée serait "le centre d'une Europe plus large à vingt-huit".

Elio Di Rupo a également appelé à considérer l'actuelle crise et la faible inflation comme autant de "circonstances exceptionnelles" qui mériteraient d'être prises en compte à l'aune des Traités européens (de rigueur budgétaire) de manière à pouvoir favoriser l'investissement et permettre un "bol d'oxygène" pour les régions et communes.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ET QU’EN PENSE HOLLANDE ?


Comme on aimerait que François Hollande dise exactement cela et prenne le leadership avec pareille feuille de route.

L’Europe a besoin d’un New Deal plus que de pain, autrement dit plus que de rage consumériste.

Un New Deal pour mettre sa jeunesse au travail, renouveler ses infrastructures et créer une économie durable fondée sur des énergies renouvelables. C’est, avec une réforme de l’enseignement, le meilleur moyen, sinon le seul, de donner espoir à la génération perdue des jeunes désoeuvrés issus de l’immigration. Ce New Deal sera européen ou il ne sera pas.

Oui, le rêve américain continue à stimuler la jeunesse américaine. A quand un vrai rêve européen ?

MG 


POUR RESTER DEBOUT, POSONS-NOUS LES VRAIES QUESTIONS

Olivier Mouton

Journaliste politique au Vif/L'Express

Le drame de Charlie Hebdo révèle aussi les fractures du monde actuel, entre cynisme, provocation, mercantilisme et tensions profondes. Pour se lever et résister, il conviendra aussi d'être lucide.



© Belga

L'écrivain français Marek Halter mettait en exergue au lendemain des attentats la volonté des terroristes d'importer une forme de guerre civile chez nous. (…)

L'essayiste Jean-Claude Guillebaud, qui sera prochaine fait docteur honoris causa à l'UCL, a écrit voici quelques années un livre fondateur dont le titre, très beau, fait écho à ce que nous vivons: "Le commencement d'un monde". Son raisonnement, à la fois simple, dépouillé, évident, est pourtant trop souvent nié. Oui, vous avez raison d'avoir peur tant l'accélération du monde a de quoi nous faire chavirer, entre globalisation, libéralisation totale générée par Internet, immigration accélérée et, fondamentalement, remise en question du modèle occidental qui dominait le monde depuis 400 ans.

A-t-on pris suffisamment conscience de cette mutation fondamentale dont la lame de fond remet en question notre vivre ensemble? 

(…)"Nous avons besoin d'une marche de millions de personnes dans le monde arabo-musulman, organisée par les Arabes et les musulmans", écrit l'essayiste Thomas L. Friedman, dans le New York Times. L'ONU doit retrouver droit de citer, les dirigeants du monde doivent mettre leurs intérêts de côté pour éteindre les foyers de plus en plus nombreux qui s'allument comme des signaux d'alarme. En auront-ils la carrure et la capacité?

(…)Sans remettre en question les fondements de nos démocraties, voici venu le temps d'en refonder l'esprit face à la menace: elles doivent être plus ouvertes, plus sages, plus fraternelles, plus intégrantes, plus sûres dans le respect, plus claires dans leurs convictions, plus fortes dans leur identité plurielle. C'est en y veillant que nous aurons vraiment réussi à faire échouer les terroristes de Paris dans leur lugubre mission. Tel doit être notre mot d'ordre constant, après avoir peut-être acheté le Charlie de la renaissance.

 

 

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