mardi 27 janvier 2015

Yvan Mayeur attend l'aide de Milquet et Jambon pour lutter contre le radicalisme

la Libre

BELGA 



Il revient aux pouvoirs subsidiants d'aider les pouvoirs locaux, pas l'inverse, estime le bourgmestre de Bruxelles.

Il ne faudrait pas renverser la logique selon laquelle il revient aux pouvoirs subsidiants de venir en appui du terrain local dans le cadre de la lutte contre le radicalisme, a affirmé lundi soir le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur (PS), clôturant une série d'échanges sur les initiatives prises par la Ville dans ce domaine. De son côté, l'échevine de l'Enseignement FaouziaHariche (PS) a fait le point sur les très nombreuses initiatives prises dans les écoles de la Ville, mais elle a également souligné qu'au-delà du rôle que peut et doit jouer l'école, "il faut que le jeune ait des perspectives en la quittant".

Tout comme l'échevine, M. Mayeur répondait à plusieurs conseillers communaux sur les mesures prises en matière de prévention du radicalisme dans les écoles.

Il a indiqué que le collège des bourgmestre et échevins entendait poursuivre sur la voie qu'il a empruntée après l'attentat commis en mai dernier au Musée juif, à savoir celle d'une intervention de type philosophique "et non politique" sur l'importance des valeurs, dans les écoles.

Mais au-delà de cela, la Ville attend "un soutien d'en haut, dans la logique des pouvoirs subsidiants, et non l'inverse", a-t-il dit, à l'attention tant de la ministre de l'Enseignement Joëlle Milquet (cdH) et du ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) pour les aspects davantage liés à la sécurité.

En la matière, la Ville de Bruxelles a adopté également plusieurs mesures comme l'installation d'un portique de détection, à l'entrée de l'ex-maison communale de Laeken qui donne à la fois accès aux bureaux de la police locale et aux services décentralisés de l'administration accessibles à la population locale.

En comité secret, les conseillers communaux ont par ailleurs débattu des mesures de renforcement de la sécurité à l'Hôtel de Ville et sur la Grand Place.

De son côté, le Premier échevin MR Alain Courtois s'est plu à souligner qu'il n'y avait "pas la moindre faille au sein du collège" socialiste-libéral sur ce dossier. "Tous les services de la Ville sont en éveil", a-t-il ajouté.


70 BRUSSELAARS VERTROKKEN AL NAAR SYRIË

De Morgen Belga

Zeventig mensen met hoofdverblijfplaats in de politiezone Brussel HoofdstadElsene zijn al naar Syrië vertrokken. Van negen van hen is geweten dat ze zijnteruggekeerdEnkele inwoners van de politiezone zijn ter plaatse overleden. Dat zei de Brusselse burgemeester Yvan Mayeur (PS) vanavond op de gemeenteraad.

Er kwamen verschillende vragen van oppositie én meerderheid over de maatregelen die het stadsbestuur neemt om de radicalisering van de jongeren in de hoofdstad aan te pakkenHet was schepen van onderwijs Faouzia Hariche(PS) die het grootste deel van het antwoord voor haar rekening namHet Brussels stedelijk onderwijs doet volgens de schepen alles wat binnen haarfinanciële mogelijkheden ligt. Het de leerlingen toelaten om zich uit te sprekenover maatschappelijke kwesties is daar een belangrijk onderdeel van, waarvoorHariche de scholen en leraren bedankte voor hun initiatieven.

BEGELEIDINGSCEL

MEN VERWEET ONS TOEN LEERLINGEN OVER POLITIEK TE DOEN PRATEN, MAAR DEZE SESSIES GAAN MEER OM ENGAGEMENT

Mayeur benadrukte dat de stad al na de aanslagen op het Joods Museum in meide filosofische begeleidingscel van vier naar acht leden uitbreiddeVanuit die cel worden ateliers georganiseerd die leerlingen aanzetten om na te denken over burgerschapvooroordelen en extremisme. "Men verweet ons toen leerlingenover politiek te doen praten, maar deze sessies gaan meer om engagement", aldus Mayeur. 



AUMÔNIERS MUSULMANS ET SURVEILLANTS DÉMUNIS FACE À LA RADICALISATION EN PRISON

Le Monde.fr 



« Ils ont crié “Allah Akbar” pendant deux jours. On a aussi eu des menaces : “Si ça t'a pas suffi, à la sortie, on va faire comme les frères Kouachi”. » Du 7 au 9 janvier, la maison centrale hypersécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne) a vécu au rythme des cris de gloire de certains prisonniers, exaltés par les attaques terroristes en région parisienne, qu'ils suivaient en direct à la télévision et à la radio.

Mais pour Emmanuel Guimaraes, surveillant pénitentiaire (FO) depuis deux ans dans cet établissement, « le rejet de l'autorité et des valeurs de la République » par des détenus qui se disent musulmans est loin d'être nouveau. Ce type d'incident a souvent lieu en fonction de l'actualité. La dernière fois, c'était lors du regain de tension dans le conflit israélo-palestinien, à la mi-2014, explique-t-il d'une voie posée.

Le reste du temps, ce sont des tensions devenues banales entre détenus, pour la plupart dans les lieux de vie collectifs. De Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, à Ensisheim, en Alsace, les surveillants énumèrent les mêmes anecdotes. Les brimades infligées à ceux qui fument ou qui écoutent de la musique, des appels à la prière, de vives incitations à lire le Coran, le prosélytisme auprès des détenus les plus isolés. Et le personnel a peu de marge de manœuvre pour agir face à ces comportements inadaptés — qu'il a appris à repérer en formation —, si ce n'est les signaler au bureau du renseignement pénitentiaire. Chargé de détecter les signes de repli identitaire, ce bureau est actuellement composé d'une trentaine de personnes — trop peu, selon plusieurs responsables syndicaux du personnel pénitentiaire. Mercredi, le premier ministre, Manuel Vallsa annoncé le renforcement de ses effectifs, parmi la série de mesures prises pour lutter contre le terrorisme.

A force de voir conversions et radicalisations en milieu carcéral, Emmanuel Guimaraes parle de l'islam en détention comme d'une « sorte de mode ». « Certains nous disent “Allah va te punir” alors qu'ils ne sont pas musulmans. Quelques-uns sont juste en colère, d'autres veulent avoir des avantages, comme pour le ramadan par exemple », poursuit-il. Si environ un détenu sur quatre observe le jeûne traditionnel dans les prisons françaises, nombre d'entre eux le font pour bénéficier du dîner plus copieux. « Mais la plupart se convertissent pour avoir la paix », lâche le surveillant sur un ton d'évidence.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/23/surveillants-et-aumoniers-musulmans-demunis-face-a-la-radicalisation-en-prison_4561589_3224.html#sutdS7oYIS1iEbWh.99

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« LA PLUPART SE CONVERTISSENT POUR AVOIR LA PAIX » 


De là à dire que le les salafistes de tendance jihadiste font la loi dans les prisons, il n’y a qu’un pas. « Les terroristes ou djihadistes, se construisent un statut de héros, de guerriers qui vengent le Prophète, ils se mettent en scène (vidéos, caméras GoPro), ne préparent ni leur fuite ni de lendemains qui chantent, et meurent en direct à la une des journaux télévisés, dans un bref spasme de toute-puissance. Leur nom est sur toutes les lèvres : « héros ou barbares, ils s’en fichent, l’effet de terreur et de renommée est atteint. En ce sens, ils sont bien le produit d’une culture nihiliste et individualiste de la violence que l’on retrouve dans d’autres secteurs de la jeunesse (chez les jeunes qui attaquent leur propre école, le « syndrome de Columbine »).

« Un meurtre au nom de l’islam a un autre impact qu’un mitraillage dans une école commis par un élève, ou qu’une séance de torture ordonnée par un petit trafiquant de drogue. »

(…) « Tout montre que ce religieux n’est pas importé d’une culture étrangère, mais est reconstruit à partir d’une déculturation profonde des nouvelles générations. Le salafisme, qui en est l’expression la plus pure, rejette toutes les cultures à commencer par la culture musulmane et sa propre histoire. »

Déculturation et absence de transmission conduisent toute une génération à se construire un islam réduit à des normes explicites (charia) et à des slogans détachés de tout contexte social (djihad) »

En somme, il y a ceux qui se convertissent pour avoir la paix et puis ceux qui adhèrent au jihadisme pour pouvoir assouvir leur syndrome « orange mécanique ».

Plus on y réfléchit et plus on se rend compte que tous ces jeunes desperados mûris pour la plupart dans la délinquance et la toxicomanie sont animés par Thanatos, le syndrome de mort et un islam sans racines ni cultures.

70 Bruxellois sont partis là-bas, neuf sont rentrés au pays, une dizaine ont été tués. On ose imaginer que ces neuf personnages sont sous haute surveillance.

Ce qui est certain c’est que tout une série de mesures sont prises par l’exécutif pour assurer la protection des lieux les plus vulnérables, pour repérer les imams importés les plus louches et envisager enfin de façon très concrète une formation sérieuse par nos universités d’une nouvelle génération de religieux musulmans, que l’école s’interroge sur sa responsabilité, que les intellectuels musulmans reparlent à nouveau de forger un islam européen compatible avec nos valeurs démocratiques.  Tout cela est de bon augure.

MG 



UN ISLAM SANS RACINES NI CULTURE


Le 1 Hebdo


Olivier Roy, politologue 



Il s’agit d’abord d’une dérive. Dérive de jeunes souvent venus, mais pas toujours, des zones grises et fragiles de la société – seconde génération d’immigrés, en précarité sociale, ayant tâté de la petite délinquance. Mais la dérive peut être plus personnelle, plus psychologique et moins liée à l’environnement social, comme on le voit chez les convertis (qui représentent 22 % des jeunes Français qui rejoignent le djihad en Syrie). Ce n’est pas une partie de la population française musulmane qui se tourne vers le djihad et le terrorisme, c’est une collection d’individus, de solitaires, qui se resocialisent dans le cadre d’une petite bande ou d’un petit groupe qui se vit comme l’avant-garde d’une communauté musulmane, laquelle n’a pour eux aucune réalité sociale concrète, mais relève de l’imaginaire : aucun n’était inséré dans une sociabilité de masse, qu’elle soit religieuse, politique ou associative. Ils étaient polis mais invisibles : « avec eux, c’était juste bonjour-bonsoir » est un leitmotiv des voisins effarés. Ils parlent pêle-mêle de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Tchétchénie, des musulmans massacrés dans le monde, mais aucun n’évoque le racisme, l’exclusion sociale ou le chômage, et ils ne citent la Palestine que parmi la litanie des contentieux. Bref, il faut se méfier d’une explication, populaire à « gauche », selon laquelle l’exclusion sociale et le conflit israélo-palestinien radicaliseraient les jeunes.

Terroristes ou djihadistes, ils se construisent un statut de héros, de guerriers qui vengent le Prophète, l’oumma, la femme musulmane ; ils se mettent en scène (vidéos, caméras GoPro), ne préparent ni leur fuite ni de lendemains qui chantent, et meurent en direct à la une des journaux télévisés, dans un bref spasme de toute-puissance. Leur nom est sur toutes les lèvres : héros ou barbares, ils s’en fichent, l’effet de terreur et de renommée est atteint. En ce sens, ils sont bien le produit d’une culture nihiliste et individualiste de la violence que l’on retrouve dans d’autres secteurs de la jeunesse (chez les jeunes qui attaquent leur propre école, le « syndrome de Columbine »).

Il y a beaucoup de rebelles en quête d’une cause, mais la cause qu’ils peuvent choisir n’est évidemment pas neutre. Un meurtre au nom de l’islam a un autre impact qu’un mitraillage dans une école commis par un élève, ou qu’une séance de torture ordonnée par un petit trafiquant de drogue.

Merah, les frères Kouachi ou le « djihadiste normand », Maxime Hauchard, se sont radicalisés selon une référence religieuse, celle de l’islam. Et dans cette mouvance ils ne sont pas les seuls. C’est cette radicalisation qu’on désigne sous le nom de « communautarisation ». On fait de la communautarisation une dérive collective et non plus individuelle, et qui serait dans le fond le terreau qui conduirait à « ça ». En somme, une partie de la population musulmane ferait sécession pour se replier sur une identité culturelle et religieuse qui en ferait désormais la cinquième colonne d’une civilisation musulmane en crise.

Le « retour du religieux » casserait ainsi le consensus national sur les valeurs de la République. La réponse spontanée de l’opinion publique et le discours explicite des dirigeants politiques ont consisté à mettre en avant un consensus national (tolérance, laïcité, citoyenneté) dont la manifestation du 11 janvier a été une remarquable « mise en scène » spontanée et populaire.

On pourrait s’interroger sur ce consensus national, dont on exclut le Front national. On pourrait se demander si les participants à la « Manif pour tous » en font partie, eux qui croient qu’il y a un sacré que la liberté des hommes ne saurait remettre en cause. On pourrait enfin se demander si la « laïcité » ne fabrique pas à son tour un sacré qui échapperait à la liberté d’expression.

Mais revenons au « retour du religieux » et au communautarisme. Tout montre que ce religieux n’est pas importé d’une culture étrangère, mais est reconstruit à partir d’une déculturation profonde des nouvelles générations. Le salafisme, qui en est l’expression la plus pure, rejette toutes les cultures à commencer par la culture musulmane et sa propre histoire. L’Arabie saoudite vient de détruire tout ce qui reste des sites historiques et archéologiques de La Mecque pour y construire des centres commerciaux à l’américaine consacrés au consumérisme contemporain. La Mecque aujourd’hui, c’est Las Vegas plus la charia.

Déculturation et absence de transmission conduisent toute une génération à se construire un islam réduit à des normes explicites (charia) et à des slogans détachés de tout contexte social (djihad) ; la « communauté » n’a aucune base sociologique réelle (institutions représentatives, réseaux scolaires ou associatifs) : elle est la mise en scène d’elle-même et rentre en ce sens dans la société du spectacle. Le fanatisme, c’est la religion qui n’a pas, pas encore ou plus de culture. Historiquement, l’islam comme le christianisme se sont« enculturés », aujourd’hui religion et culture se séparent. 

La question est donc non pas de « réformer » l’islam, mais de « culturer » l’islam en l’insérant dans la société française. En mettant en avant une conception de la laïcité qui exclurait le religieux de l’espace public, on contribue à « fanatiser » le religieux. 


Olivier Roy, politologue. (le 1)

 

 

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