samedi 28 février 2015

Les Français sensibles à la montée de l'islamophobie et de l'antisémitisme


  lefigaro.fr

 


Selon un sondage Odoxa, 77% des Français ont l'impression que l'islamophobie progresse et 68% estiment que c'est également le cas pour l'antisémitisme.


Les Français ressentent plus fortement l'antisémitisme et l'islamophobie, à en croire un sondage Odoxa pour i-Télé etLe Parisien. Quelques jours après la profanation du cimetière de Sarre-Union, et alors que plusieurs chiffres font état d'une hausse des actes islamophobes, 77% estiment que l'islamophobie progresse; ils sont 68% à considérer que c'est également le cas pour l'antisémitisme.

«Ces résultats ne signifient pas que l'antisémitisme et l'islamophobie progressent en réalité en France», tempère Gaël Sliman, président de l'institut Odoxa. «Mais cela nous indique que les Français ressentent, eux cette progression de l'un et l'autre dans leur pays.» Le sondeur souligne par ailleurs que «malheureusement, ce sentiment rejoint effectivement une réalité» décrite par le baromètre de CSA puis LH2, qui mesure le taux de racisme et d'antisémitisme en France. «Comparés aux statistiques objectives et aux sondages permettant une mesure sur le racisme, l'islamophobie et l'antisémitisme, on observe que, malheureusement, ce sentiment rejoint effectivement une réalité», résume Gaël Sliman.

Les résultats de ce sondage permettent également de constater que l'idée d'une progression de l'islamophobie en France est partagée à droite et à gauche: 75% des sympathisants de droite estiment qu'elle est une réalité, tout comme 84% des sympathisants de gauche. Un constat rare, souligne Odoxa.

LES MESURES POUR RÉFORMER L'ISLAM DE FRANCE DIVISENT

L'institut de sondage a également interrogé les 1.003 sondés sur la polémique qui a entouré le 30e dîner du Crif et la tentative de François Hollande de réconcilier le président de l'instance représentative juive, Roger Cukierman, et le président du CFCM Dalil Boubakeur. Ils sont 63% à approuver la démarche du président français dans cet épisode de tensions en vue de réconcilier les deux responsables. Du côté des sympathisants de gauche, 83% jugent que le chef de l'État était dans son rôle en recevant les deux représentants. Ils ne sont que 49% à le penser à droite.

Dernier sujet abordé par le sondage: les mesures annoncées pour renforcer le dialogue avec l'islam. Les sondés sont très partagés: 49% estiment que l'État doit prendre des mesures pour réformer l'islam de France tandis que 51% pensent au contraire que c'est aux musulmans de décider eux-mêmes de l'organisation de leur culte. L'écart se creuse selon les appartenances politiques. À droite, 55% pensent que l'État doit intervenir, tandis qu'ils ne sont que 43% parmi les sympathisants de gauche.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA DOUBLE INCOMPETENCE.


Une vieille militante laïque française me dit un jour que la meilleure définition de la laïcité était celle de la double incompétence : incompétence de la politique en matière de religion et de la religion en politique. Mais attention : la charia islamique affirme exactement l’inverse. Comment résoudre ce dilemme ? Par le dialogue ? Les résultats ne sont guère concluants.  Par les sondages ? On sonde avant de décider de ce qu’il faut faire pour heurter le moins de gens possible. C’est absurde parce qu’au total on mécontente tout le monde. Résultat : montée spectaculaire et de l’islamophobie et de l’antisémitisme. Il faut bien voir qu’il s’agit d’une conséquence observée ici d’un conflit qui dégénère là-bas, retombée d’une politique américaine pour le moins erratique.

La responsabilité américaine  dans toute cette évolution est écrasante. La suprême incompétence c’est celle des administrations américaines successives qui ont créé le chaos au Moyen-Orient.

MG

 

 

 

Ja, de fotoshoot van Zuhal Demir is historisch... maar niet helemaal

Peter Van Aelst is politicoloog aan de Universiteit Antwerpen en doceertPolitieke Communicatie.

De Morgen



Zuhal Demir op de cover van P-Magazine. ©p-magazine

Kamerlid Zuhal Demir (N-VA) veroorzaakte de afgelopen dagen een bescheiden(online) mediahype met haar gewaagde fotoreportage in P-magazine. De reacties van collega-politici waren eensgezind positief, of minstens erg mild. Dat zijn politici over de partijgrenzen heen zelden voor elkaar en daarvoorbestaat meer dan één reden.

1. DE GRENZEN TUSSEN PRIVÉ EN POLITIEK WAREN IN 1961 OOK AL VERVAAGD

DE NIET-ALLEDAAGSE FOTO'S VAN DE POLITICA WERDEN GENOMEN IN HET PARLEMENT. DAT IS ONGEZIEN, EN MINSTENS EEN POTENTIËLE AANLEIDING VOOR KRITISCHE BEDENKINGEN VAN COLLEGA-POLITICI

Dat politici zich niet enkel als ernstige bestuurders of hardwerkendedossiervreters willen presenteren is allerminst nieuwPolitici tonen zichzekerin verkiezingstijdook graag op een anderemeer persoonlijke manierAls mensen zoals u en ikals mensen van vlees en bloed.

De indruk dat het allemaal te persoonlijk isis van alle tijdenZo vroeg De Standaard-journalist Gaston Durnez, in de onwaarschijnlijke vrouw-achter-de-schermen-rubriek uit 1961 aan de vrouw van een minister: "Vindt u ook dat de kiescampagnes tegenwoordig zo pijnlijk scherp tegen personen worden gevoerd, in plaats van over ideeën gaan?"

Midden jaren 80 verschoof de liberale politica Annemie Neyts de grenzen doorzich in haar campagne 'Annemie' te tonen als vrouw die haar opmaakte voor de spiegel. In de jaren 90 etaleerde Bert Anciaux gretig zijn gezin en zijn emoties. In het volgende decennium was er de discussie rond de zogenaamde 'babes' in de politiek, met Freya Van den Bossche (sp.aals meest opvallendeverschijningSamen met partijgenoten Caroline Gennez en Kathleen Van Brempt poseerde ze ooit op een tijdschriftcover als Charlie's Angels.

Kortompolitici die zich (een beetjebloot geven is niet nieuwToch bestempeltP-magazine de fotoshoot met Demir niet helemaal ten onrechte als historischDe niet-alledaagse foto's van de politica werden genomen in het parlement. Datis ongezienen minstens een potentiële aanleiding voor kritische bedenkingenvan collega-politiciCdH-politica Catherine Fonck plant dan ookKamervoorzitter Bracke hierover te interpelleren. Maar dat voorlopig niemandvan de Vlaamse politici die kritiek lijkt te steunengeeft aan dat er meer aan de hand is.

2. DE STEVAERTSTRATEGIE BIJ N-VA

GEEN ENKELE PARTIJ VAN ENIGE BETEKENIS PLEIT VOOR MEER SÉRIEUX IN DE POLITIEK. HET ZOU OOK NIET GELOOFWAARDIG ZIJN

Dat Demir Kamerlid is van N-VA is in deze niet onbelangrijk. De N-VA was in het verleden namelijk de partij die het meest openlijk inging tegen de popularisering van de politiekPolitici zouden zich beter bezighouden met politiek en moeten niet te veel te koop lopen met hun persoonlijkeontboezemingen of deelnemen aan spelprogramma'sDit waren de hoogdagenvan de paarse coalitie met Steve Stevaert als vaste gast in De laatste show. Die kritische stellingname heeft de N-VA al langer verlaten en na de succesvollepassage van Bart De Wever in De slimste mens helemaal opgeborgen.

Momenteel pleit geen enkele partij van enige betekenis voor meer sérieux in de politiek. Het zou ook niet geloofwaardig zijn want alle partijen hebben mensenin hun rangen die zich in het verleden al in meer of mindere mate hebbengetoond als vrolijke franstoffe papa of knappe madam. Bovendien heeft de N-VA al enkele jaren de wind in de zeilenEen partij die het goed doet kan en mag net iets meer.

3. MEVROUW DEMIR WEET WAT ZE DOET

ALS POLITICUS VAN VANDAAG IS MEDIA-AANDACHT BROODNODIG OM KIEZERS TE BEREIKEN EN POLITIEK TE OVERLEVEN

Zuhal Demir lijkt zich zeer bewust van wat ze doet. De reportage is doordachten met mensen binnen en buiten de partijen goed doorgesprokenZo geeft ze in een interview aan dat ze een gelijkaardige vraag enkele jaren geleden heeftgeweigerd. Ze moest zich eerst bewijzen als politica. Door een uitgesprokenvisie op sociaaleconomisch vlak heeft ze zich alvast geprofileerd alsparlementslidVandaar dat ook de vergelijking met Kim Geybels, die al op haareerste dag volgens partijgenoot Sigfried Bracke iets te kortgerokt was, nietopgaatDemir lijkt ook te beseffen dat dit soort aandacht moet gevolgd wordendoor aandacht voor haar parlementair werkDe overkill van Freya Van den Bossche tien jaar terug zit nog bij velen vers in het geheugen. Zij was meer BV dan politica geworden en dat wreekt zichvooral als de wind niet meer meezit.

Als politicus van vandaag is media-aandacht broodnodig om kiezers te bereikenen politiek te overlevenVoor 'gewoneparlementsleden is die media-aandachteen zeldzaam goed. Je kunt daar op twee manieren iets aan proberen te doen. Door dossierkennis op te bouwen en uit te groeien tot de specialist ter zake die de media met kennis van zaken te woord staat. Of door 'aantrekkelijkte zijnvoor de media door vlotheidschoonheid of humor. Demir volgt nu de dubbelestrategie en dat is begrijpelijk, al blijft het een zeer delicaat evenwicht. Net alsmedia-aandacht is immers ook geloofwaardigheid van levensbelang voor eenpoliticus met ambitie.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

HARO SUR LE PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE

Pourquoi bouder son plaisir? La parlementaire est jolie, d’origine turque , elle joue les sex-symbol et surtout ne porte pas le foulard. Un vrai signal d’intégration à la communauté turque de Belgique en principe très renfermée sur elle-même.  On imagine que les réactions d’Ankara seront très négatives. Mais surtout, on imagine que Siegfried Bracke , président de la Chambre et membre du même parti que Demir a donné son autorisation à cette mascarade. Bracke est  homme des medias (ancien journaliste vedette de la VRT), il sait le poids des images. Il se pourrait bien que ses collègues aient une toute autre approche du problème et organisent une fronde contre lui pour ce casting audacieux. L’imprévisible, toujours l’imprévisible.

MG

 

 

École Da Vinci: Joëlle Milquet prolonge l’enquête jusqu’au 15 mars

P.Bn

Le Soir

Un élève de l’athénée avait été molesté par des camarades et avait mis un professeur en cause.



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Le 27 janvier, Amadou, un élève de l’athénée Leonardo Da Vinci (Anderlecht) s’est fait violemment molester par une bande de jeunes, à la sortie de l’école. Selon lui, ce passage à tabac était dû à ses prises de position en faveur de Charlie Hebdo et sa mésaventure aurait été téléguidée par un professeur de religion islamique de l’établissement, Jacob Mahi. Joëlle Milquet (CDH), la ministre de l’Education, a aussitôt dépêché sur les lieux le préfet coordonnateur de la zone.

Celui-ci a remis son rapport remis le 5 février. Il n’établit pas de lien entre les mésaventures d’Amadou et le professeur en question. Mais le préfet admettait avoir eu peu de temps pour enquêter valablement. La ministre a alors décidé d’envoyer à l’école quatre préfets-enquêteurs.

Ils avaient jusqu’à la fin du mois de février pour éclairer la ministre. On a appris vendredi qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’interroger tous les protagonistes de l’affaire. La ministre leur a dès lors offert un nouveau délai. Ils ont jusqu’au 15 mars pour clôturer leur enquête.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES QUATRE MOUSQUETAIRES


En fait avec la préfète de l’établissement, ils sont cinq à être mobilisés sur cette affaire qu’un bon directeur règle en une heure ou deux. Cela en dit long sur l’efficacité de ces fonctionnaires dont on se demande quand ils font le boulot administratif pour lequel ils sont, en principe, correctement rémunérés. On retiendra que la victime est noire (donc chrétienne) et que les agresseurs sont musulmans, comme leur prof de religion. On marche sur des œufs.

MG

 

jeudi 26 février 2015

L'Etat islamique saccage des vestiges archéologiques (PHOTOS)


J. LGG. La Libre Belgique



Le groupe jihadiste a publié une nouvelle vidéo sur les réseaux sociaux, montrant quelques fanatiques détruire les collections archéologiques d'un musée à Ninive, dans le nord de l'Irak. Des sculptures assyriennes (certaines pouvant dater de 7 siècles avant notre ère) et des plâtres sont renversés sur le sol et sont fracassés à coups de marteau. Et comme si cela ne suffisait pas, les parties intactes subissent les assauts d'un marteau-piqueur.

Le commentaire accompagnant ces images fustige l’idolâtrie et explique qu'il s'agit de respecter l'injonction du prophète qui, à son retour de La Mecque, aurait demandé à sa communauté de retirer les statues et reliques proches de la Kaaba (lieu en Arabie saoudite vers lequel les musulmans se tournent pour prier) car elles constitueraient des objets d'adoration. 

La démarche est d'autant plus absurde qu'il semble peu probable qu'un croyant se rende dans un musée pour se recueillir auprès de vestiges archéologiques... La furie germanique a voulu anéantir la cathédrale de Reims et la folie hitlérienne dynamiter Paris. 






 

Des millénaires d'Histoire ont donc été détruits en quelques minutes, comme les fameux taureaux ailés qui servaient à garder l'entrée des palais assyriens.






Les islamistes s'en prennent régulièrement à des vestiges architecturaux et monuments historiques. En 2012, de telles pratiques perpétrées à Tombouctou avaient énormément fait réagir la communauté internationale après que de nombreux tombeaux et mausolées anciens aient été détruits. Les intégristes se référaient à la principale sourate du Coran, "Il n'est de Dieu que Dieu"; aucune autre entité ne peut donc recevoir les prières de croyants.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TABULA RASA

 

Non seulement ils sont cruels, ignares, barbares mais plus que tout, ils sont suprêmement cons. Comment peut-on suivre ces gens-là si on a un atome de cervelle? Et pourtant, on s’aperçoit de plus en plus que ce ne sont pas que des cancres et des illettrés en décrochage qui rejoignent les rangs du califat autoproclamé mais aussi, des ingénieurs des mines, des informaticiens de haut vol, bref des gens instruits et avertis mais aveuglés par leur haine de l’Occident. Selon la belle expression de Goya, souvent cité ici, le sommeil de la raison engendre des monstres. La furie teutonne a tenté de dynamiter la cathédrale de Reims et la folie hitlérienne a voulu réduire Paris en cendres. C’est aussi cela le totalitarisme aveuglé et aveuglant. Le ciel nous préserve de cette engeance de vipères..

MG  

Mémona Hintermann : «Les télés ont peur de montrer des Noirs et des Arabes»


Figaro




LE SCAN TÉLÉ - Dans une interview, la membre du CSA se montre particulièrement critique envers les groupes de médias.

Elle dénonce. Dans une interview pour l'Agence France Presse, la journaliste Mémona Hintermann n'hésite pas à appuyer là où ça fait mal à la télévision française: la diversité. Selon elle, «les télévisions ont peur que montrer des Noirs et des Arabes dans des rôles importants n'éloigne les téléspectateurs».

La membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel depuis 2013, où elle préside un groupe de travail dédié à ce sujet, n'hésite d'ailleurs pas à dénoncer les clichés véhiculés par certains groupes à l'heure où, pourtant, le gouvernement appelle à une plus grande écoute entre les communautés. Ainsi, selon elle, «année après année, on se rend compte que ça bouge très lentement sur la représentation des minorités, notamment des Noirs et des Arabes. Quand on les voit, ils sont quoi? Ils sont délinquants! Lorsqu'on réunit tous les patrons de télévision, ils se ressemblent tous. Tous sont blancs, tous viennent de la même société. Est-ce qu'ils ont déjà pris le bus 128 qui va à Bagneux? Est-ce qu'ils vont faire leurs courses à Auchan?».

L'ancienne grande reporter de France 3 se dit d'ailleurs «effarée» sur la frilosité - parfois assumée - des télévisions publiques et privées. «Lorsque je rencontre, dans le cadre du CSA, tous ces grands hiérarques des télévisions, ils s'assoient très poliment dans mon bureau. Quand je leur parle de la question de la diversité, en privé ils reconnaissent qu'il y a un problème, mais ils ne bougent pas, parce qu'au niveau politique, la France n'a pas donné le signal. Les gouvernements, de droite ou gauche, n'ont jamais travaillé en profondeur sur ces sujets».

14% DE PERSONNES «NON-BLANCHES» À LA TÉLÉ

Une «simple» question de politique? Pas si sûr. Depuis l'arrivée du gouvernement socialiste, le nombre de personnes «non-blanches» présentes à l'écran est en baisse, comme le démontre le dernier baromètre de la diversité du CSA. Ainsi seuls 14% de ces personnes passent à l'antenne (en tant que journalistes ou en tant que sujets): un recul de 2 points par rapport au précédent sondage.

Réponse agacée de la «sage» du CSA: «En France, nous parlons beaucoup, nous faisons beaucoup de rapports, beaucoup de réunions, nous nous gargarisons de la diversité mais à l'arrivée qu'est-ce qu'on fait? Très peu! Il suffit de regarder les écrans. La diversité de la population, on la croise dans les transports, dans les hôpitaux, dans les écoles. Il faut qu'on la croise aussi à la télévision ou à la radio. La diversité doit se distiller à travers les chaînes! Si la télévision publique donne le la, les autres ne pourront pas rester à l'écart. Mais je crois qu'ils n'ont pas envie de prendre ce qu'ils estiment être des risques. Qu'ils aillent dans les écoles, qu'ils aillent dans les universités, qu'ils aillent dans les hôpitaux, ils verront qu'il y a bien des médecins avec des gueules d'Arabes, ou des gueules de Noirs ou de Réunionnais! Il y a vraiment urgence...»

Pourtant, TF1 va lancer une plateforme consacrée au cinéma «afro»... «Ça ne peut pas être une mauvaise chose, réplique-t-elle. Cependant, je suis résolument contre les «chaînes ghettos». Ce que j'attends de la télévision, ce sont d'abord des programmes qui nous rassemblent. A la télévision allemande, vous avez une présentatrice d'origine turque avec un co-présentateur de culture hébraïque. Les Allemands parlent beaucoup moins de la diversité que nous, mais qu'est-ce qu'ils font comme boulot!».

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE MYTHE DE LA CAVERNE


Igor Recht que tout le monde a oublié, disait que la télé était un miroir aux alouettes. Il la comparait volontiers au mythe de la caverne de Platon : un théâtre d’ombres regardé par des esclaves enchaînés. Des esclaves qui une fois libérés ne supportent pas l’image de la réalité. On nous trompe tous les jours on nous faisant miroiter un cliché de la réalité sociale qui ne colle pas à ce que nous voyons dans le métro, à l’école, à l’hôpital. Quand allons-nous nous réveiller enfin ?

MG

 

mercredi 25 février 2015

En quoi l'État islamique diffère d'Al-Qaïda


Le Vif

Rudi Rotthier

Correspondant en Amérique du Nord pour Knack.be

Les adversaires de l'État islamique, à l'intérieur et à l'extérieur du monde musulman, ont souvent qualifié l'EI de non islamique. Mais est-ce vraiment le cas ? Le magazine américain The Atlantic donne la parole à des spécialistes qui trouvent justement que l'État islamique a tout à voir avec l'Islam. Les leaders sont islamiques avec "un sérieux assidu et obsessif".


Abou Bakr al-Baghdadi © REUTERS

Lors du sommet contre l'extrémisme organisé à Washington, le président Barack Obama et le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte (sp.a), ont tenté de faire la distinction entre le véritable islam et la croyance des extrémistes.

Alors que les politiques occidentaux qualifient l'État islamique de non islamique, The Atlantic, un mensuel américain qui essaie de stimuler le débat sociétal depuis plus d'un siècle, publie une analyse approfondie de la théologie de l'EI. Si l'article a immédiatement fait l'objet d'une polémique, certains éléments peuvent aider à mieux comprendre l'EI. Leur première, et peut-être principale conclusion, c'est que l'Occident sous-estime la différence entre l'état islamique et Al-Qaïda.

PREMIÈRE DIFFÉRENCE : L'IMPORTANCE DU TERRITOIRE

Si l'organisation Al-Qaïda ambitionne la création d'un califat à terme et croit à la fin des temps, elle poursuit surtout des objectifs politiques (tels que l'élimination de non-musulmans du monde arabe ou la destruction d'Israël). Jusqu'à un certain point, Al-Qaïda est un mouvement moderne.

Mohammed Atta, l'homme qui a dirigé les actions du 11 septembre 2011 est allé faire du shopping chez Walmart et manger chez Pizza Hut, une chaîne pas vraiment connue pour son halal traditionnel, la veille des attentats.

Al-Qaïda n'a pas besoin d'un territoire. C'est même le contraire, l'organisation survit parce qu'elle n'est pas ancrée à un territoire. En revanche, pour l'EI le territoire est primordial.

Un musulman ne peut être sauvé et ne peut vivre comme un musulman que s'il vit dans un califat. Cela signifie donc que selon la philosophie et théologie de l'EI, entre 1924, la fin du califat ottoman et 2014, le début du califat de l'EI, tous les musulmans étaient damnés. Et comme l'EI ne considère pas les califes ottomans comme authentiques, les musulmans le sont depuis beaucoup plus longtemps.

Le calife doit être intègre, faire preuve d'autorité (sur sa région, car un calife sans territoire est impensable) et appartenir à la tribu du prophète, les Quraychites. Selon ses partisans, le calife de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi remplit ces exigences.

Par contre, ni le leader d' Al-Qaïda Oussama ben Laden, ni les califes ottomans n'étaient membres de la bonne tribu. Les disciples ont le devoir de destituer leur calife s'il ignore les directives du prophète. Ainsi, un calife peut accepter des frontières pendant dix ans maximum et uniquement pour des raisons tactiques. Une trêve de plus de dix ans est non islamique et se paie par la tête du calife (même si les trêves peuvent être prolongées sous certaines conditions).

DEUXIÈME DIFFÉRENCE: ILS SE MOQUENT DES MODERNES

Il existe, selon The Atlantic, une deuxième différence importante avec Al-Qaïda : les membres de l'EI se moquent de ce qu'ils appellent les 'modernes'. S'ils utilisent avec talent les moyens de communication et de propagande modernes, ils veulent vraiment retourner à la situation du temps du prophète et ses successeurs immédiats. Ce que beaucoup, et de nombreux musulmans, considèrent comme les atrocités et les pratiques médiévales de l'EI, ils voient comme un retour au véritable, ou plus précisément à leurs yeux, le seul véritable islam.

"LES MEMBRES DE L'EI SONT EN PLEIN COEUR DE LA TRADITION MÉDIÉVALE ET LA TRANSPOSENT À L'ÉPOQUE ACTUELLE"

Bernard Haykel, professeur à l'université de Princeton et "expert le plus éminent en théologie de l'EI" (d'après The Atlantic) affirme que l'État islamique réintroduit fidèlement les règles de guerre de l'ancien islam. "L'esclavage, la crucifixion et la décapitation n'ont pas été cueillis dans la tradition médiévale par quelques djihadistes excentriques" estime Haykel. Pour lui, les membres de l'EI "sont en plein coeur de la tradition médiévale et la transposent à l'époque actuelle". D'après le professeur, le Coran spécifie que la crucifixion constitue l'une des punitions à infliger aux "ennemis de l'islam".

Dans la neuvième sourate, on trouve une taxe spéciale pour les chrétiens où l'on lit également que les musulmans doivent affronter les chrétiens et les juifs jusqu'à ce, soumis volontairement, ils paient cette taxe et se résignent à leur sort. Le prophète, qui vivait une situation de guerre difficile, a imposé ces règles et possédait lui-même des esclaves.

"Ce qui frappe, c'est non seulement leur interprétation littérale, mais également le sérieux avec lequel ils lisent ces textes" s'étonne Haykal. "Avec un sérieux assidu, obsessif qu'habituellement les musulmans n'ont pas".

"Les musulmans qui qualifient l'EI de non islamique" conclut Haykel, "sont gênés et politiquement corrects, et ont une vision édulcorée de leur religion".

Haykel n'éprouve pas de sympathie pour autant pour l'EI. Après la parution de l'article, il a précisé qu'il ne croyait pas qu'il s'agit de la seule interprétation et loin d'être celle de la majorité. Il s'agit d'une lecture littérale, non historique et sévère du Coran, de la tradition et de l'histoire des premiers califes, avec une prédilection pour les passages violents. Cependant, on y trouve tous les moyens utilisés par l'EI. À tort, selon Haykel, dans le sens que "brûler un infidèle" figure comme punition dans les écrits.

Il estime qu'il peut être utile d'étudier la théologie de l'EI car le groupe s'inspire de sources islamiques pour sa tactique de guerre et planifie ses agressions selon l'exemple du prophète.

TROISIÈME DIFFÉRENCE: L'EI QUALIFIE LES MUSULMANS PLUS RAPIDEMENT D'INFIDÈLES

Selon The Atlantic, il y a encore deux grandes différences avec Al-Qaïda

L'EI a beaucoup plus tendance à qualifier des musulmans d'infidèles. Les 200 millions de chiites sont infidèles et pour l'IE, ils doivent donc être tués. Mais parmi les sunnites l'EI voit également plein d'infidèles : ceux qui fument, participent à des élections, boivent de l'alcool, ne prient pas, etc.

QUATRIÈME DIFFÉRENCE: AL-QAÏDA NE S'OCCUPE PAS DE LA FIN DES TEMPS

Al-Qaïda ne s'occupe pas de la fin des temps, tout comme la majorité des musulmans, mais l'EI y croit et prêche qu'elle est proche.

D'après ses propres comptes, Al-Baghdadi est le huitième (véritable) calife, et il a été prédit qu'après douze califes Jésus viendra sauver les musulmans assiégés et inaugurera l'Apocalypse.

L'EI s'inscrit dans une tradition musulmane d'apocalypse qui dit que les musulmans livreront une bataille décisive à Dabiq en Syrie contre l'impuissance des autres, les "croisés".

Tout cela ne signifie pas que les leaders de l'EI n'ont pas de desseins politiques et n'utilisent pas la religion pour attirer des jeunes vers leur califat. Cependant, ce qui est certain d'après Haykel, c'est que les leaders connaissent leurs écrits religieux et souvent mieux que leurs opposants. Ils savent formuler leurs pensées d'une façon souvent convaincante et attirante pour leur public cible.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"LES MEMBRES DE L'EI SONT EN PLEIN COEUR DE LA TRADITION MÉDIÉVALE ET LA TRANSPOSENT À L'ÉPOQUE ACTUELLE"


Voilà qui devrait clouer le bec une fois pour tous à ceux qui affirment que l’Etat Islamique n’a rien à voir avec l’islam. « les membres de l'EI se moquent de ce qu'ils appellent les 'modernes'. S'ils utilisent avec talent les moyens de communication et de propagande modernes, ils veulent vraiment retourner à la situation du temps du prophète et ses successeurs immédiats. Ce que beaucoup, et de nombreux musulmans, considèrent comme les atrocités et les pratiques médiévales de l'EI, ils voient comme un retour au véritable, ou plus précisément à leurs yeux, le seul véritable islam ».

L'État islamique « réintroduirait fidèlement les règles de guerre de l'ancien islam. L'esclavage, la crucifixion et la décapitation n'ont pas été cueillis dans la tradition médiévale par quelques djihadistes excentriques seraient en plein coeurde la tradition médiévale et la transposent à l'époque actuelle". 

"Les musulmans qui qualifient l'EI de non islamique" seraient selon Haykel, " gênés et politiquement corrects, et auraient une vision édulcorée de leur religion".

Il pratiqueraient « une lecture littérale, non historique et sévère du Coran, de la tradition et de l'histoire des premiers califes, avec une prédilection pour les passages violents. » Haykel estime qu' « il peut être utile d'étudier la théologie de l'EI car le groupe s'inspire de sources islamiques pour sa tactique de guerre et planifie ses agressions selon l'exemple du prophète. »

L'EI s'inscrit dans une tradition musulmane d'apocalypse qui dit que les musulmans livreront une bataille décisive à Dabiq en Syrie contre l'impuissance des autres, les "croisés". C’est dire qu’on assiste en cinémascope à une représentation mondialisée de la théorie du choc des civilisations de Huntington. Voilà qui marque pour longtemps le recul de notre thèse favorite, celle du dialogue des civilisations.

Ceci dit, une telle constatation devrait entraîner une « croisade » du « monde libre » contre ce cruel  Etat Islamique or les Etats-Unis répugnent à intervenir de manière énergique pour détruire cette redoutable dérive islamique. Est-ce à dire que, comme le pense Jacques Attali, l’Amérique est en plein déclin ? « Il est possible, dit-il, que le prochain président, qu’il soit un Bush, une Clinton (qui ne peut gagner qu’en se distanciant d’Obama), ou tout autre, tente de redonner un rôle de superpuissance à l’Amérique. Cela ne sera pas la première fois. Mais cela ne sera sans doute qu’un dernier sursaut, car c’est trop tard : le budget militaire chinois, comme son PIB, dépassera bientôt largement leurs équivalents américains. Et le peuple américain, à la différence des peuples français, russe, chinois, et bien d’autres, n’est plus prêt à risquer la vie de ses soldats sur un théâtre d’opération.
La perspective est alors claire : l’empire américain s’effacera. »

Conclusion : « il nous appartient, à nous Européens, d’apprendre à vivre, et à nous défendre, sans l’Amérique. »

Qu’on se le dise.

MG
 

 

QUAND L’AMÉRIQUE S’ENDORMIRA

Paru dans L'Express | Publié dans Géopolitique - 

Pour avoir, depuis longtemps, évoqué le déclin relatif de la puissance américaine, il est fascinant d’observer son accélération récente.
Certes, on peut se laisser aveugler par les statistiques triomphantes de l’économie américaine, ces derniers mois ; il n’empêche: le chômage réel y est le double de ce que disent les agences officielles, de l’aveu même de la présidente de la Fed ; le système économique y est très largement dopé par la masse de monnaie qu’y déverse la banque centrale et par les spéculations insensées du  » shadow banking’ qui réinvente chaque jour d’avantage les folies des subprimes ; et la concentration des richesses y est telle que la démocratie n’est presque plus qu’une mascarade .
La réalité diplomatique est, elle, des plus claires: depuis que, le 28 Aout 2013, le président Obama a, à l’ultime seconde, refusé de déclencher des représailles contre le président syrien qui venait de faire usage d’armes chimiques contre son propre peuple, personne dans le monde ne prend plus au sérieux l’engagement américain. Sur aucun front. Et les frappes efficaces de drones américains au Yémen et au Pakistan en fournissent une preuve supplémentaire: pas d’engagement humain.
Ainsi s’expliquent bien des choses: la baisse du prix du pétrole, décidée , sans peur, par l’Arabie Saoudite contre la volonté et les intérêts américains ; le refus du président égyptien d’acheter des avions américains, pourtant leur fournisseur attitré depuis 50 ans ; le compromis accepté à Minsk, contre son gré, par le président ukrainien, quand il a compris qu’il ne pouvait pas compter sur un réel soutien militaire américain, malgré les moulinets irresponsables de responsables (américains) des organes de commandement militaire de l’OTAN en Europe. Enfin, comme un symbole aveuglant de ce désengagement, l’absence du président américain et de tout autre haut représentant de ce pays, à la marche du dimanche 11 Janvier 2015 à Paris après les attentats.
Si cela continue, le monde comprendra que la puissance américaine s’assoupit. On verra alors le dollar baisser, la Chine prendre le contrôle de la mer de Chine, la Corée du nord avancer ses pions et le Japon chercher à s’armer.
Il est possible que le prochain président, qu’il soit un Bush, une Clinton (qui ne peut gagner qu’en se distanciant d’Obama), ou tout autre, tente de redonner un rôle de superpuissance à l’Amérique. Cela ne sera pas la première fois. Mais cela ne sera sans doute qu’un dernier sursaut, car c’est trop tard : le budget militaire chinois, comme son PIB, dépassera bientôt largement leurs équivalents américains. Et le peuple américain, à la différence des peuples français, russe, chinois, et bien d’autres, n’est plus prêt à risquer la vie de ses soldats sur un théâtre d’opération.
La perspective est alors claire : l’empire américain s’effacera. Il ne sera pas, comme l’a été l’Empire Britannique, remplacé dans la conduite des affaires du monde, par un empire rival, mais plus certainement, comme le fut l’empire romain, par un chaos multipolaire dans lequel une partie des voisins voudront reprendre à leur compte le mode de vie américain, et une autre voudra le combattre, pour des raisons religieuses, en s’organisant en théocraties. Et même si un autre empire parvenait, à la fin, à remplacer l’américain au sommet du monde, il ne serait pas, pour la première fois dans l’histoire humaine, occidental.
L’Occident est donc, pour la première fois, sans défense. Et rien n’est plus dangereux, en particulier pour nous, Européens, que de voir nos ennemis cesser d’avoir peur de nous. Il est temps de réaliser que personne d’autre que nous ne défendra nos valeurs, notre mode de vie et nos libertés. Aussi, sans attendre qu’un prochain président américain comprenne peut-être l’importance d’être fort, et accepte de partager la direction des affaires du monde avec l’Europe, il nous appartient, à nous Européens, d’apprendre à vivre, et à nous défendre, sans l’Amérique.
j@attali.com